‹ Cours complet d'histoire universelle à l'usage des collèges et des maisons d'éducationChapitre 10 sur 107 · I. — MAHOMET II. (14S5-I48I · texte numérisé non relu

I. — MAHOMET II. (14S5-I48I

Son règne (1453-1481). — La prise de Conlantinople parles Turcs fit disparaître la dernière puissance chrétienne en Orient. Les sultans turcs songèrent alors à étendre leur domination vers l’ouest et commencèrent une longue série de guerres et d’invasions, qui anéantirent complètement la prospérité des pays limitrophes de la Turquie ; le royaume de Hongrie et les paj'S qui en dépendaient, la Transylvanie, l’Esclavonie et la Dalmatie eurent beaucoup à souflifir des Turcs ; c’est de ce moment que date pour ces contrées une décadence qui ne devait s’arrêter qu’au bout de deux siècles. — Après la prise de Constantinople, Mahomet II assujettit les provinces européennes de l’empire grec et soumit successivement la Grèce, la Servie, la Valachie et la Bosnie. L’Epire et l’Albanie purent lui résister, grâce au vaillant Scanderheg, prince d’Epire. Mahomet songea

DcveloppenicntM. — A consulter: Sdiocll, cilé plus haut. Ziiikuiseu, Histoire de (Empire ottoman. Gotha 1856. vol. 2, 3 et 4 (dans la collection de Heren et üherl.) — llammer, Histoire de l’empire ottoman, traduite de l’allemand dans le Panthéon historique. Paris 1845.

1. Prise de Conslanlinopte et établissement de l'empire ottoman en Europe (voyez la 4' partie chap XIV. § 2). Malgré la promesse que Mahomet avait faite aux habitants de Constantinople de leur laisser leurs propriétés et la liberté religieuse, il s’empara d’un grand nombre d’églises, entre autres du la magnifique cathédrale de Saiiite-ÿophie, et les changea en mosquées. Le patriarche grec de Constantinople releva dès lors du sultan, qui se réserva le droit de le confirmer dans sa dignité après son élection. — Conquêtes de Mahomet II en Europe : la plus grandd partie des provinces grecques en Europe étaient déjà tombées au pouvoir des Turcs, qui avaient fait aussi de nombreuses invasions dans la Hongrie (voyez la 4c part. chap. XIV. g .Mahomet II expulsa de la Grèce les fapiilles vénitiennes, espagnoles et françaises, qui gouvernaient des Etats indépendants depuis la fondation de

alors à faire la conquête de la Hongrie, mais il échoua devant Belgrade: cette ville était défendue par Jean Hunyade et S. Jean Capistran, (\}xi étaient accourus à son secours avec une armée de croisés, rassemblée par les soins du pape Calixte III. Mahomet ne fut pas plus heureux dans une expédition contre Rhodes; il fut repoussé par les chevaliers Hospitaliers, maîtres de cette ile. Mais il alla ravager la Carinthie, tandis que sa flotte faisait des descentes sur les côtes de V Italie et s’emparait de la ville d’Otrante. Les conquêtes de Mahomet II en Asie portèrent un coup funeste au commerce des Vénitiens et des Génois, qui furent à peu près exclus de la mer Noire. Après la destruction de Vempiregrecde Trébizonde, le puissant sultan setrouvaitmaiire de toute l’Asie-Mineure. Ses contemporains lui ont donné le surnom de Conquérant.

Mahomet II ne négligea pas do prendre des mesures pour organiser son empire qu’il dota d’une administration régulière; il établit un grand nombre de fonctionnaires publics, sous l’entière dépendance du sultan dont la volonté devait être la loi suprême. Pour prévenir les troubles qui pouvaient éclater à la mort d’un sultan, il porta cette loi barbare qui oblige chaque prince turc de mettre à mort, lors de son avènement, tous ses frères et parents dônl les

l'empire latio à Gonstautinople. Il força les princes de Sem> (l’an 1459), de Bosnie 'l’an 1463) et de ValacMe (l’an 1464) à reconnaître son autorité. Guerre contre l'Epire et l’Albanie (1464-1467). Invasion dans la Hongrie (l’an 1456) et siège de Belgrade (voyez la 4' part. chap. X.K. § î). I! attaque les possessions des Vénitiens dans l’Archipel et leur enlève plusieurs îles (1463-1479). Dévastation de la Carinthie et de la Sfi/ric (l’an 1479). Descentes dans le midi de ntalieet le royaume de Naples; prise d'Olraïue (l’au 1479). Mahomet assiège Rhodes (1 "479-1 480), cette lie est vaillamment défendue par l’Ordre des Hospitaliers qui s’y était retiré de()uis la perle de la Terre-Sainte. — Conquêtes de .Mahomet il en /liie; conquêtes de l'Asie- Uineure, et fin de l’empire grec de Trébizonde (l’an I46!dj, dont la dynastie des Commènes avait occupé le trône pendant plus de deux siècles et demi (120 4-1 462) (voyez la 4' part. chap. .\, § 5). Prise de la ville de Jaffa principal centre du commerce des üénois sur la mer Noire et la mer d’Azof. Le commerce des Génois et des Vénitiens sur ces deu.x mers est h peu près anéanti. — Organisation do l’empire; c’était une monarchie aljsolue ; le sultan réunissait en sa persoiitie tous les pouvoirs; sa volonté faisait loi; l’administntion civileétait calquée sur l'administration militaire, tous les fonetion-

l’orient.

prétentions pourraient être à craindre pour lui. Cependant le but que se proposait Mahomet II ne fut pas complètement atteint, et des guerres intestines déchirèrent fréquemment l’empire ottoman.

n. LES SÜCCESSBOaS DB MAHOMET JÜSQü’a l’aVÉNEMENT DE SOUMAN I®^ (liSl-USO.)

Bajazet n (1481-1512). — Les deux fils de MahometIT, Bajazet et Djem, se disputèrent le trône par les armes ; le premier triompha et se fit proclamer à Constantinople. Les armes musulmanes ne furent pas heureuses sous ce prince; il ne réussit pas à faire la conquête de la Syrie sur les sultans d’Egypte et il éprouva une défaite complète dans XsiStyrie. Il fit sans grand résultat la guerre aux Vénitiens et se vit forcé de conclure un traité de paix avec Ladislav VIII, roi de Hongrie. Sous son règne, un tremblement de terre détruisit une grande partie de Constantinople. Les dernières années dé Bajazet furent troublées par l’ambition de ses fils. Il destinait le trône à son second fils Ahmed ; mais Sélim, le troisième, ayant gagné les janissaires , le’ força d’abdiquer lui-mêmh. Bajazet mourut quelques jours après son abdication, empoisonné peut-être par ordre de son fils.

naires étaient nommés et destitués pur le sultan. Loi horrible ordonnant le fratricide h chaque sultan pour empêcher les guerres de succession.

11. Guerre entre Djem ou Zm'm,hla mort de Mahomet II : le pre-

mier était soutenu.par les janissaires; Djem est défait et se réfugie en Egypte; mais se voyant poursuivi par son frere, il se sauve à Rhodes d’où il se rendit plus tard en Italie; il fut empoisonné (l’an 149i) par un renégat que Bajazet avait suborné : c’est à tort que quelques auteurs rejettent ce crime sur le pape Alexandre VI. — Guerre de Bajazet en Egypte (1486-1490) : il perd deux batailles et conclut la paix avec le sultan des Mamelouks. — Invasion dans la Styrie (l’an l494) : Bajazeth est défait dans la bataille de Villach. — Guerre contre les feninens (i 499-1 o02j. Bajazeth prend Lépante, Navarin et Duras. Les Vénitiens s’emparent de l’ile de Céphalonia et la conservent pendant la paix. Constantinople est ébranlée par un terrible tremblement de terre qui se renouvelle pendant quarante-quatre jours et qui s’étend sur une grande partie de la Thrace (l’an 1509) *. la ville est détruite en grande partie; 5,000 personnes périssent. Guerre ctvi/a (1510-151^). Bajazet avait donné h ses fils et petits-fils des gouvernements en Asie ; 11 M. INIV. V. 7

Sélim I*' (1512-1520). — Le nouveau sultan était un prince énergique, mais cruel. 11 commença son règne par mettre à mort tous, ses frères avec leurs enfants ; ensuite il ât massacrer plus de quarante mille personnes appartenant à la secte des Alites et ordonna de tuer tous les chrétiens qui refuseraient d’embrasser l’Islamisme. Ceux-ci invoquèrent la promesse que leur avait faite Mahomet II de respecter leur religion, et l’ordre donné par Sélim ne fut pas exécuté ; mais un grand nombre d’églises leur furent enlevées. Sélim I" fit la conquête del’Assjrie et de la Mésopotamie sur le Shah des Perses, qui avait donné asile à quelques-uns des parents du sultan. Il porta ensuite ses armes contre les sultans dîEgypte et réunit ce pays à l’empire ottoman, ainsi que la Syrie et la Palestine. Le gouverneur de la Mecque reconnut son autorité et consentit à lui payer tribut. Sélim rétablit en partie l’ancien khalifat arabe et ajouta encore la Moldavie à ses Etats européens. Ses conquêtes préparèrent la voie à son fils Soliman sous lequel l’empire ottoman parvint au comble de sa puissance et de sa grandeur.

destinait le trône ë son second fils Ahmed ; mais Sélim, le troisième, prit les armes; vaincu d’abord, il fut proclamé ensuite par les janissaires, et Bazazet dut abdiquer. — Sélim I (Ibl:i-1o'i0) : Son caractère farouche; il lit périr ses deux frères et plusieurs de ses neveux; les autres s'etant sauves en Perse. Massacre des Alites ou Chiites (l’an 1514). Persécution des ctirétiens; elle cessa, grâce ë rinterventloii du patriarche qui prouva que Mahomet II, lors de la prise de Constantinople, avait promis la liberté religieuse aux chrétiens. — Itévolution en Perse; la dynastie de Soft monta sur le trône avec Ismail, et le conserva pendant deux siècles (1oOI-172i). Ismaxl, qui appartenait ë la secte des Alites, ayant donné asile aux neveux de Sélim. celui-ci lui déclara la guerre et se rendit maître des contrées comprises entre l’Euphrate et le Tigre (l’an 1514). Troubles en Egypte ; les sultans mamelouks de la dynastie des Djorides périrent presque toujours par la violence, de sorte que tres-souvent ceux qui devaient monter sur le trône le refusaient. Sélim profita de cet état de choses et fit la conquête de la Syrie, de la Palestine et de l’Egyptë (15 15- 151 7) où il fit massacrer 50,000 Mamelouks. Ces pays formèrent autant de provinces de l’empire turc. Le chérift ou gouverneur de la Mecqtie fit sa soumission ë Sélim (l’an 1518). La Moldavie tomba également sous la dépendance du sultan ottoman, tout en conservant un prince indigène (l'an 1516).

l'ouient.

ni. — RÈGNK DE SOLIMAN 1, SURNOMMÉ LE MAGNinQUK. (iBlO tB66.)

Soliman son caractère et ses guerres. — Les quarante-six années du règne de Soliman forment la période la plus brillante de l’empire turc-ottoman. Ce prince, qui a reçu de ses contemporains le surnom de Magnifique, se distinguait par une grande bravoure et par 'une rare générosité, malgré quelques actes de cruauté dont il se rendit coupable. Des vues larges et hardies, une activité infatigable, embrassant tous les besoins d’un vasto empire, firent de Soliman un grand souverain et lui inspirèrent des actes qui étaient de nature à illustrer son règne. Les principales guerres de Soliman furent celles contre la Hongrie, contre ïile de Rhodes, contre la Perse, contre les Vénitiens, et l’ile de Corfou, et contre la Moldavie.

Premières guerres de soliman dans la honoris (1521-1533). — Les sultans de Constantinople, ayant par des conquêtes successives étendu leur domination jusqu’aux frontières de Hongrie, ne cessaient de convoiter ce pays riche et prospère : les guerres intestines et les troubles qui le déchiraient alors favorisèrent singulièrement les projets

lit. Soliman 1 est souvent appelé Soliman 1 1 par les auteurs contemporains ; mais les Turcs le considèrent comme le premier sultan de ce nom. Ce prince était aussi remarquable comme général que comme homme d’Ët-it. Il possédait toutes les qualités d’un parfait musulman: on ne peut pas dire cependant qu’il fut vertueux dans le sens chrétien du mot. Sa condescendance envers sa femme Roxelane et son visir Hotuiem, l’exécution de plusieurs de ses filles, et de plusieurs anciens favoris, par sou ordre, sont des taches dans sa vie. Soliman I déposa rarement les armes pendant son régne ; et il commanda en personne ses armées dans treize campagnes Voici ses guerres dans l’ordre chronologique :

I" Première guerre en Hongrie (l'an 1621).

S” Guerre contre l’ile de Rhodes (l’on 1522). it" Deuxième guerre en Hongrie (l’an 1626).

*“ Troisième guerre en Hongrie (l’an 1629).

5° Quatrième guerre en Hongrie (l’an 1432)

6" Première guerre contre la Perse ( l’an 1 535).

'i° Guerre contre Venise et Corfou (l’an 1537).

8° Guerre contre la Moldavie (l’an 1538).

9" Cinquième guerre en Hongrie d’an 1640-1547),

10 ° Sixième guerre en Hongrie ( 1662 - 1663 ).

HISTOIRE UNIVRRSELLS.

de Soliman. Irrité de ce que les Hongrois avaient jeté en prison un de ses ambassadeurs, Soliman marcha contre eux et s’empara de l’importante ville de Belgrade, considérée avec raison comme le principal boulevard contre les Turcs. L’armée qu’il laissa en Hongrie devait poursuivre ses conquêtes, pendant qu’il conduisait lui-même sa flotte contre Rhodes ; mais elle n’obtint que des succès insigniflants. Soliman entreprit ensuite une seconde expédition avec une armée formidable. Lejeune Louis //périt dans la sanglante bataille de Mohaez ; le vainqueur prit Bude, capitale du royaupoe, et donna la couronne à Jean Zapolya, gouverneur de la Transylvanie. Mais après la retraite des Turcs, une grande partie de la noblesse hongroise éleva sur le trône Ferdinand d'Autriche, frère de Charles-Quint, qui avait épousé la sœur de Louis II. Zapolya fut vaincu et implora le secour de Soliman, qui envahit la Hongrie pour la troisième fois. Rien ne put résister au conquérant: Bude se rendit et Zapolya y fut installé. Le sultan marcha alors sur Vienne et mit le siège devant cette ville : mais les habitants se défendirent vaillamment, repoussèrent tous les assauts et le forcèrent à se retirer. Ferdinand fut appelé dans la Hongrie ; il recommença la guerre con-

11° Deuxième guerre contre la Perse (l’an 1548).

19* Troisième guerre contre la Perse (l'an 1553).

13° Dernière guerre en Hongrie et mort de ^liman i«r devant Sigeth (l’an 1666)

Déjà avant la prise de Constanti.noplo, la Hongrie avait eu à souffrir des attaques des Turcs-Ottomana. Mahomet II en avait de nouveau tenté la conquête (voyez plus haut, p. 67). Après sa mort les attaques devinrent moins Iréquentes, sans cependant cesser entièrement. Mort de Wladitlav II (l’an 1516); la minorité de son flis Louis II fut signalée par de graves désordres. Louis 11 donne sa main à Marie sœur de Ferdinand itAultHche, qui de son cêté épousa Anne, sœur de Louis 11 (l'an 1691). Ce dernier mariage prépara la réunion de la Hongrie aux Etats de la maison de Habsbourg- Autriche. L’envoyé de Soliman est mis en prison et maltraité. Première guerre ert Hongrie (l’an 1591) -. elle a pour résultat la prise de Belgrade et de Semlin, les clés de la Hongrie. La guerre contre Rhodes interrompit l’expédition de Soliman. Louis II ne fait rien pour chasser les Turcs de Belgrade. Seconde guerre en Hongrie (l’an 1596). Soliman envahit ce pays à la tête de 100,000 hommes. Louis II n’en avait pu réunir que 95,000. Bataille de Mohaex ; bravoure des Hongrois et de Louis II, qui périt dans le combat. Prise de Bude ; Soliman confirme Jean Zapolga, gouverneur de la Transylvanio, dans la pos-

l’orient. 7Î

tre Zapolya et négocia pour la paix avec Soliman. Mais celai-ci réclama tonte la Hongrie et, sur le refus de Ferdinand, il l’envabit de nouveau avec une armée innombrable, après avoir conclu une alliance avec François I®'’, roi de France. Charles-Quint, alarmé des progrès des Turcs, avait réussi à réunir de nombreuses troupes en Allemagne pour se porter à leur rencontre : Soliman n’osa pas accepter le combat et se retira à Constantinople. 11 consentit même à conclure la paix avec Ferdinand d'Autriche y qui fut toutefois obligé de partager la Hongrie avec Zapolya et de reconnaitre la suzeraineté du sultan pour la partie qu’il conservait lui-même.

Guerres contre les hospitaliers : conquête de Rhodes (l’an 1522). siège de bcaltb (l’an 1536). — Plusieurs motifs décidèrent Soliman 1 à entreprendre une expédition contre Vile de Rhodes. Les chevaliers de S.-Jean, maîtres de cette île, après avoir repoussé une attaque de Mahomet IJ, ne cessaient d’înquîéter les possessions turques dans l’Asie-Mineure, la Grèce et l’Archipel. La conquête de Rhodes devenait donc nécessaire pour assurer la domination des Turcs dans ces contrées. Soliman conduisit contre Rhodes une armée de trois cent mille hommes et une hotte

session du trdne, sur lequel l’avait élevé une fraction de la noblesse hongroise, tandis que une autre fraction avait -choisi Ferdinand d'Autriche. Guerre entre les deux princes ; la victoire reste à Ferdinand qui se fait éiire une seconde fois dans une grande assemblée solennelle à Bude. Zapolya ayant perdu la Hongrie se retire en Transylvanie. 11 s’adresse alors à Soliman qui entreprend sa troisième expédition contre la Hongrie (l’an 1 529). Uaibeureuses divisions parmi les Hongrois ; Zapolya et ses partisans s’unissent aux Turcs. Conquête du pays et prise de Dude. Soliman marche sur Fi«nn« et assiège cette ville avec une armée de 120,000 hommes : défense héroïque de la place par le comte de Salm avec 1 6,000 hommes ; le comte repousse les assauts des Turcs qui s’en retournent h Constantinople. Nouvelle guerre en Hongrie entre Ferdinand et Zapolya; celui-ci obtient le secours dos Turcs, qui commettent les plus grandes violences dans le pays. Tentatives faites pour amener la paix entre les deux princes. Armements de Soliman, qui déclare la guerre à Cbaries-Quint et entreprend sa guatrième expédition (l’an 1532) à la tête de 200,000 hommes. Charles-Quint rassemble une grande armée aveo le secours que lui accordent tous les princes d’Allemagne (voyez plus haut, page 16). Défense héroïque de la petite ville de Gunt ; pendant trois semaines cette ville arrêts la marche de Tarmée turque et donne ainsi à Charles-Quint le tempe d'arriver avec sou

HISTOIRR UNIVERSELLE.

de trois cents navires. Les chevaliers, sous le commandement de leur grand-maître, Vüliers deV Ile-Adam, quoique abandonnés de toutes les puissances chrétiennes, se défendirent longtemps avec le plus héroïque courage. Réduits à un petit nombre de guerriers après six mois de siège, ils obtinrent une capitulation honorable : l’ile de Rhodes fut incorporée à l’empire turc. Les chevaliers de S. -Jean se retirèrent dans les couvents qu’ils possédaient en Europe : le grand-maître s’étant rendu à Rome, obtint de l’empereur Oharles-Quint, par l’entremise du pape Clément VII, \'tle de Malte, qui devint ainsi le nouveau siège de l’Ordre. Celui-ci continua à faire la guerre aux Turcs sur la Méditerranée. Soliman envoya, vers la fin de son règne, une fiotte nombreuse pour faire la conquête de Malte, mais l’expédition échoua, et les Turcs furent obligés de se retirer après un siège de quatre mois, qui leur avait coûté vingt mille hommes.

Guerres contre la république de venise ( 1537 - 1539 ). — Les Turcs n’avaient pas encore pu établir leur domination sur la Méditerranée, où les Vénitiens leur opposaient des forces navales supérieures. Soliman eut le bonheur de trouver un puissant auxiliaire dans le célèbre corsaire

armée. Hetraite de Soliman qui n'oaait pas accepter la bataille. Des négociations ont lieu il Constantinople entre Ferdinand et Soliman: la paix qui en résulte impose à Ferdinand l’obligation de reconnaître le sultan comme père et comme suzerain de la Hongrie. Cette paix dura neuf ans(1532-1Si1).

L'Ut de Rhodes était avantageusement située dans l’Archipel, entre l’Asie- Mineure et la Grèce pour faire la guerre aux Turcs. Les Hospitaliers ne cessaient de combattre les ennemis du christianisme : leurs vaisseaux inquiétaient ceux des Turcs et entreprenaient des descentes nombreuses sur les côtés de l’Asie-Mineure et de la Grèce. Mahomet 1 1 avait tenté sans succès de s’emparer de Rhodes (voyez plus haut, page 67). Grande expédition de Soliman: il marche en personne contre Rhodes (l’an il attaque à

la fois la ville par terre et par mer. Héroïsme des chevaliers : plus de 100,000 Turcs i-érissent. Soliman fut saisi d'admiration pour le courage des chevaliers s il reçut dans son camp avec les plus grands honneurs le grandmaltre Villiersde File Adam, et lui accorda la liberté de se retirer avec tous les chevaliers et les chrétiens qui voudraient le suivre. Une partie de la population chrétienne de Rhodes émigra alors ; le reste se soumit aux Turcs. I.e grand-mattre se rendit h Rome auprès du pape Clément VII. L’empereur, de concert avec le pape, céda l’Us de Malle (l’an 1527) h l’Ordre des Hospitaliers, qui en prit possession trois ans plus tard (l'an 1630) et conti-

l’orient.

Barberovsse, qui s’était rendu maître de Tunis et à' A Iger, et qui s’était fait remarquer par ses exploits sur mer. Il le nomma amiral de toute la flotte turque, mais il ne put cependant pas empêcher Charles-Quint de faire la conquête de Tunis. Barberousse fut chargé de faire la guerre aux Vénitiens : Yüe de Corfou lui résista; mais il s’empara de plusieurs îles dans la mer Ionienne, qui appartenaient aux Vénitiens. Ceux-ci furent vaincus dans un combat naval près de Prévésa et n’obtinrent la paix qu’en cédant aux Turcs plusieurs îles dans l’Archipel et deux ports sur les côtes de Dalmatie. Ces conquêtes assurèrent de plus en plus aux Turcs la domination sur la Méditerranée.

Les dernières guerres dans la Hongrie jusqu’à ia MORT DE SOLIMAN (1541-1566). — Jean Zapolya, ayant réuni à la Transylvanie la partie de la Hongrie que Ferdinand d’Autriche avait été forcé de lui céder, épousa la Allé de Sigismond I, roi de Pologne. Il mourut peu de temps après, laissant un fils mineur, et sa veuve, la reine Isabelle, appela Soliman à son secours contre Ferdinand qui réclamait toute la Hongrie. Le sultan arriva avec une armée, s’empara de Bude et déclara la Hongrie province turque ; il donna au fils de Zapolya la Transylvanie sous condition

nua la guerre saiule comre les mulsunidDi d’Afngue etd'Asie. Toiitulive de à'oliman I pour faire la conquête de .Malte (l'an 1oG5). Malte demeura siège de l’Ordre jusqu'à la fin du dix-huitième siècle.

Conquêtes de Chaindin Barberousse (voyez plus haut, page 69). Soliman ie nomme amiral en chef de ses forces navales. Expédition de Charles- Quint contre Tunis (voyez plus haut, ibid.). Les Vénitiens refusent d’entrer dans l’alliance que Soliman avait conclue avec François I contre l’empereur. La guerre leur est déclarée (1537-1540). Barberousse échoue dans son expédition contre Corfou. Conquête des Mes d’Egine, de Haros, de Naxos, de Scyros et de PaUimos; Candie est ravagée. Les Vénitiens perdent ainsi leurs possessions dans l’Archipel. Victoire navale de Prévésa, près d’Actium, remportée par la flotte turque. La paix est conclue avec Venise : Soliman conserve ses conquêtes et se fait payer les frais de la guerre (l’an 1 540).

Traité de partage entre Ferdinand et Zapolya (l'an 1537; : il y était stipulé qu’à la mort de ce dernier toute la Hongrie reviendrait à Ferdinand ou à son successeur, même dans le cas où Zapolya laisserait un fils. Mariage de Zapolya avec la princesse polonaise Isabelle (l’an 1539): il meurt quinze jours après la naissance d'un fils (l’an 1540). La reine Isabelle refuse d’exécuter le traité conclu par son mari. Elle implore le secours du sultan. I.a guerre recommence alors et dure sept ans. (1640-1647). Siège de Bude par

de reconnaitre la suprématie du sultan. Ferdinand d'Autriche fut obligé, pour obtenir un armistice, de renoncer à la plus grande partie de la Hongrie. Il parvint cependant à s’emparer de la Transylvanie, ce qui amena une nouvelle guerre. Pendant huit ans, la Hongrie fut horriblement dévastée par les Turcs. La paix fut enfin conclue, et les Turcs conservèrent une grande partie de leurs conquêtes ; Jean Sigismond, fils de Zapolya, ajouta aussi, par ce traité, des provinces hongroises à la Transylvanie, sans prendre toutefois le titre de roi. Maximilien II, fils et successeur de Ferdinand, chercha à rétablir son autorité dans la Hongrie; Soliman accourut au secoure de Jean Sigismond avec une nombreuse armée. Il mourut pendant qu'il assiégeait la ville de Sigeth, vaillamment défendue par le brave Zriny. Les Turcs s’en emparèrent cependant après la mort de Soliman, mais ils n’y trouvèrent que des ruines. — Les guerres de Soliman contre la Perse n’avaient eu d’autre résultat que la dévastation d’une partie de l’Asie centrale. Il avait porté ses armes victorieuses jusqu’au Tigre, mais les contrées qu’il avait assujetties ne lui restèrent pas ; le Shah do Perse y rétablit son autorité après la retraite des Turcs.

Kerdinand : Soliman le force à se retirer et accueille dans son camp la reine Isabelle; il s'empare ensuite de la ville et fait la conquête de la Hongrie; il laisse la Traniylvanie d Jean Sigiemond, fils de Zapolya. Dévastation de la Hongrie. Ferdinand obtient un armistice moyennant un tribut annuel. Intrigues de ce prince pour se mettre en possession de la Transylvanie. Martinuzzi, ministre de la reine Isabelle, lui livre ce pays. Mais les Turcs, appelés par la reine, envahissent la Transylvanie et alors commença une guerre sanglante qui dura dix ans (1553-151)2). Jean Sigismond récupère la Transylvanie et obtient une partie de la Hongrie, ilaximilien II, fils de Ferdinand, est élu roi de Hongrie par une notable partie de la noblesse. Mort de Ferdinand (l'an 156i). La guerre recommence entre Maximilien et Jean .Sigismond : ce dernier s’adresse à Soliman, qui entreprend sa dernière expédition en Hongrie (l’an 1566). Entrevue de Soliman avec Jean Sigisraond à Belgrade. Siège de Sigelk et défense héroïque de cette ville par Zriny, qui résiste pendant plusieurs semaines avec une poignée de braves à une armée innombrable ; Zriny périt dans une dernière suiiie, après avoir mis le feu h la forteresse. Sofïman / mourut pendant le siège. La décadence de l’empire turc commença presque immédiatement.

L’oaiENT.

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