I. — notions PBKT.TMINAIRES
Chez les peuples de l’antiquité la navigation était restreinte à la Méditerranée, aux côtes -de l’Océan Atlantique et au littoral de la mer des Indes. Faute de moyens pour s’orienter, ils étaient obligés de se tenir à proximité des côtes ou de se diriger d’une ile à l’autre. Il en fut de même pendant le moyen-âge. Cependant les Arabes, après avoir étendu leur domination jusqu’à la Chine et aux Pyrénées, donnèrent un grand essor à la navigation et au com-
nouveau .Müu$ta|jiia sur ie iruiie. Ce doriiier, au boui de dix-!iu.i mois, dut eeder le trône à Mourad l V, frère d'Osman (1623-1640). Caractère cruel de Mourad : dans une guerre contre la Perse, il commit les plus grandes horreurs, faisant périr tous les habitants des villes dont il se rendait maître et dévastant par le fer et le feu les pays conquis. Massacre à Ccnsianiinople; le sultan fait tuer tous ses frères, excepté le plus jeune, ibrahii-t, qui lui succède ensuite (1640-1648). Aucun événement remarquable ne signale le règne d'ibrahim.
Dévoloppcmciita. — A consulter. Cantu, Histoire uniitrselle. — Robertson, Histoire de l’Amérique; traduit de l’anglais par Suard. Paris 1818. — Irwiog. La vie et les voyages de Colomb; Paris 1836. — Hoselly do Lorgues, Hütoire de Christophe Colomb; Paris, 1836, 2 vol.
I. On peut diviser en deux catégories les découvertes et les conquêtes des nations européennes.
HISTOIRE UNIVERSEIXE.
merce maritime. Les croisades contribuèreut également à étendre le commerce européen, qui était entre les mains des grandes républiques italiennes, Vénise, Gênes et Pise ; la ligue hanséatique avait le monopole du commerce dans le nord de l’Europe, et celui de la navigation sur toutes les mers septentrionales. Malgré le prodigieux développement de la marine, aucun peuple n’avait encore tenté d’entrer en pleine mer, et d'explorer le grand océan. La boussole qui apparaît pour la première fois dans le douzième siècle, sans que l’on puisse dire où, ni par qui elle a été inventée, amena de grands changements dans la navigation. Avec la boussole les navigateurs n’eurent plus à craindre de ne pas retrouver le chemin de la patrie et ils commencèrent à s’éloigner des côtes.
Les premiers voyages de découverte furent dirigés vers les côtes de l’Afrique. Vers la fin du treizième siècle ot dans la première moitié du quatorzième, des Génois, des Vénitiens, des Portugais et des Espagnols, explorèrent le littoral africain et découvrirent les Ües de Canaries. Mais ce n’étaient là que des expéditions entreprises par des particuliers, aussi les renseignements qui nous en sont restés sont-ils très-incertains et très-défectueux. Au commencement du quinzième siècle, les rois de Portugal firent exécuter des voyages réguliers le long des côtes do l’Afrique ; c’est de cette époque que datent les grandes découvertes maritimes. Les Espagnols n’eutrerent dans cette voie que vers la fin du quinzième siècle. Les Hollandais ne commencèrent leurs expéditions maritimes qu’à ki fin du seizième siècle, et les Anglais au commencement du dix-sepiièrae. Les conquêtes des Français dans les
10 Les découtfrlea et les conquêtes en Afrique et dans les Indes, auxquelles il faut ajouter les relations conmerrialos avec la Chine et le Japon.
2“ Les conquêtes en Amérique et dons les lies do l'/lrcA«p«l on»«'ricaw.
Ce chajiitre renferme riiistoire de ces découvertes et de ces conquêtes jusque vers le milieu du dix-sepiièmo siècle, époque ii laquelle cessèrent les découvertes proprement dites. — Il est probable que la toussote comme la poudre li canon, fut apportée en Europe de la Chine, où elle a été connus k une époque Irés-ancicune, comme le constatent les annales chinoises.
bÉCOUVEKTBS ET CONQUÊTES DES EUROPÉENS. 85
Indes eurent seulement lieu dans le courant du dix-septième siècle.
U. — LES PORTUGAIS EN AFRIQUE ET DANS LES INDES, JOSQü’a LA DOUINATION DES HOLLANDAIS, (llil-4660.)
Les premières découvertes jusqu’à vasco de oama( 1412- 1487). — C’est au prince portugais Henri, fils de Jean que revient l’incontestable mérite d’avoir donné la première et la plus forte impulsion aux grandes découvertes en Afrique : ses contemporains lui ont décerné le surnom do Navigateur. Henri le Navigateur poursuivit ses projets pendant cinquante ans, malgré tous les obstacles et malgré les difficultés nombreuses qu’il rencontra. Il fit d’abord la conquête de Ceuta en Afrique, puis il commença à explorer la côte africaine ; il poussa ses voyages jusque près de l’Équateur, découvrit et colonisa ensuite l’île de Madère, les Açores, le cap Vert. Le pape Martin V lui fit, sur sa demande, donation de tontes les conquêtes qu’il ferait en Afrique. Les voyages de découverte continuèrent après Henri le navigateur, et l’on conçut le projet de faire le tour de l’Afrique pour arriver aux Indes. Barthélemy Diaz poussa une expédition jusqu’à l’extrémité méridionale de l’Afrique; mais les tempêtes l’ayant forcé à revenir, il appela ce promontoire cap des Tempêtes, nom que Jean II, roi de Portugal, changea en celui de cap de Bonne-Espérance. Ainsi se trouva découverte la nouvelle voie pour aller, par mer, dans les Indes, découverte qui devait avoir d’immenses résultats.
Conquêtes dans les indes. Vasco de gama et les deux
II. Premières cooquêtes des Portugais en AiVique (voyez la 4* ]iart. pag. V)'}). Activité infatigabie de Henri le Navigateur, fils du roi Jean 1 de Portug^ (1412-1463) : il entreprit des expéditions continueiles le long des côtes de l’Afrique, soit en personne, soit par les escadres qu’il mettait en mer et dont il réglait les voyages. Découverte de l’ile de Madère (l’an 1 41 9). Le cap bajador est doublé (l’an 1431). Le prince Henri se proposait un double but : faire des conquêtes et porter le christianisme dans les pays nouvellement découverts. 11 demanda et obtint du pape Martin V l’autorisaticn
inSTOlRK ÜNlVERbüLLB.
ALBUQOERQUE (1497-1515). — Vasco de Oama, genüliiomme portugais aussi brave qa'eQtreprenant, exécuta le premier voyage par mer dans les Indes, avec trois vaisseaux montés par cent soixante hommes et fournis par le roi Emmanuel. Il doubla le cap de Bonne-Espérance et arriva à Calicut ; il revint au bout de deux ans. Une nouvelle escadre, composée de treize navires, sous le commandement de Cabrai, fut alors envoyée dans les Indes. Cabrai cingla vers l’ouest pour éviter les dangers qu’offrait 4a côte africaine et aborda au Brésil dont il prit possession pour son souverain, sans toutefois s’y fixer. Il arriva à Calicut et conclut un traité avec le roi ou rayah indien ; il rapporta de grandes richesses en Portugal. Le roi Emmanuel confia une nouvelle fiotte à Vasco de Oama, qui fonda dans les Indes le premier établissement portugais et imposa on tribut à plusieurs princes indiens. Deux hommes contribuèrent surtout à étendre et à consolider la domination portugaise dans les Indes ; ce furent François Alhuqv/erqv.e et son fils Alphonse, qui a reçu avec raison
de conserver toutes les conquêtes qu’il ferait en Afrique (l’an 1 431 ). Décou» verte de la Cambietl’an 1 444), du cap Vert (l’an 1 445), du Sénégal (l’an 1 447). (les Açoret {Van 1448). L’opinion que l’Afrique se terminait en pointe, et que les anciens avaient déjà fait le tour de ce pays (voyez la l" part, de ce Cours, page IS?), devint de plus en plus générale : les peuples de l’Afrique en conflrmèrent eux-méraes la première partie. Mort de Henri le Navigateur (l'an 1 463). Les guerres du Portugal sous Alphonee V contre la Castille et les guerres intestines, qui troublèrent le commencement du règne de Jean II, interrompirent les expéditions maritimes. Jean 11 les fit recommencer l’an 1481), et pour la première fois une escadre passa l’Equateur (voyez la 4* part. p. 447). Expédition de Barthélemy Diai; il longea toute la côte occidentale de l’Afrique ; mais il rencontra de grands obstacles, se voyant souvent force par les tempêtes do chercher un abri dans les baies qu’il rencontrait, et ayant en outre à iutter contre les équipages de ses navires qui voulaient le forcer à rebrousser ciiemin. Découverte du cap de Bonne- Espérance [Van 1487).
Première expédition de Vasco de Gama dans les Indes (1497-1499). Il ne fit pas encore de couquéies, parce que d’abord il manquait de forces militaires et qu’ensuite il rencontra une assez forte résistance de la part des rayaht indiens, qui étaient mulsumans. Expédition de Cabrai (1500-1503) : il toucha au Brésil (voyez p. 91), mais il perdit une partie de sa Dotte par les tempêtes qui l’assaillirent au ca^ de Bonne-Espérance ; Barthélemy Diaz y trouva la mort. Cabrai ne put rien entreprendre contre le roi de Calicut, qui laùsa massacre'- ’tar le peuple les Portugais établis dans la ville. Second*
des Indiens eux-mêmes le surnom de Qrand. Alphonse construisit le premier fort portugais, celui de San lago. Ayant succédé en qualité de vice-roi, à Alméida, qui s’était rendu odieux par ses exactions, il commença une' série de conquêtes et fonda un vaste royaume portugais dans les Indes. Ce royaume s’étendait depuis l’Indus jusqu’aux golfes de Perse et d’Arabie, et comprenait en outre toutes les côtes de l’Afrique, où de nombreuses colonies portugaises avaient été établies ; la ville de Goa en devint la capitale. Albuquerque fut destitué par suite des intrigues que ses * ennemis avaient tramées contre lui à la cour de Portugal, et mourut de chagrin. Sa mort plongea l’Inde dans le deuil.
Grandeur et décadence de la puissance portugaise DANS les INDES. LE CHRISTIANISME (1515-1660). La domination portugaise ne tarda pas à s’étendre jusqu’à la Chine et au Japon ; elle dura dans les Indes un siècle et demi. Les Portugais conservèrent le monopole du commerce oriental jusqu’au commencement du dix-septième siècle et
expédition dt Vasco de Gama (150^-1505); il vainquit le roi de Calicut et imposa un tribut ë plusieurs princes indiens. Arrivée de François et d'Alphonte Albuquerque dans les Indes (l’an 1505). Fondation du Tort San lago. Alméida est nommé gouverneur des Indes 1507-1509); il étend la domination portugaise sur une partie de ces contrées; il ne réprime pas les exactions et violences exercées sur les vaincus par des employés subalternes. Gouvernement d'Alphonse Alburquerqtie(IS09'-t&1ti), qui fait la conquête de Calicut, de Goa, où il Axe sa résidence, de Malacca et d’une partie de la côte de Coromandel. Prise d’Ormuz, ville située ë l’embouchure du golfe Persique ; commencement de la conquête des lies Moluquee. Albuquerque est calomnié auprès du roi Emmanuel et destitué. Sa mort (l’an 1515).
Conquêtes des Portugais dans les Indes sous les successeurs d’AIbuquerque. Ils fondent des établissements dans les Moluquee, ainsi que dans l’archipel indien ë Sumatra, Java, Bornéo. Leur première expédition en Chine remonte ë l’an 1517. Dans la suite, ils établirent des comptoirs à Canton et pénétrèrent même jusqu’ë la cour de l’empereur à Péking. Vers le milieu du seizième sièrle, ils abordèrent au Japon et établirent des relations commerciales avec ce pays. Etendue des possessions portugaises : les Portugais occupaient, le long des côtes de la Perse et de la mer des Indes, presque tous les ports et les Iles de quelque importance; de plus, la côte du Malabar, du cap Romez au cap Comerin, la côte de Ceromandel, celle du Bengale et la presqu’île de Malacca ; ils avaient en outre un pied dans ta Chine et la liberté du commerce au Japon. Leurs établissements se
mSTtJinii L'NIVERSELLE.
virent d’immenses richesses affluer à Lisbonne, qui devint une des premières villes commerçantes de l’Europe. Ils portèrent Y Évangile aux Indes et aidèrent à y fonder des missions importantes. S. François Xavier surtout évangé- 'isa ces contrées pendant dix ans et y fit d’innombrables conversions. Les Jésuites continuèrent l’œuvre, commencée par un de leurs saints fondateurs, et créèrent de nombreuses chrétientés dans l’Inde. Grâce à leur zèle, le christianisme fit de grands progrès dans la Chine et pénétra même dans le Japon où il devint bientôt très-florissant. — La décadence de la puissance portugaise dans l’Inde entraîna celle de la religion chrétienne. Elle eut pour principale cause le gouvernement arbitraire et souvent tyrannique des vice-rois portugais. Ceux-ci ne songeaient qu’à s’enrichir. Comme ordinairement ils ne restaient en charge que pendant trois ans, ils usaient des moyens violents pour parvenir à leur but et provoquaient ainsi au sein de la population indigène des insurrections qui ébranlèrent la domination portugaise. Une seconde cause, c’est la démoralisation et le luxe des Portugais, établis dans l’Inde. La
déployaient sur une étendue de cent cinquante degrés, de Madère au Japon : de chacun de leurs ports ils trafiquaient avec l’intérieur des contrées voisines. Importance de ces conquêtes sous le rapport religieux : des missionnaires s’étaient rendus dans les Indes avec les flottes de Vasco de Gama et d'Albuquerque. La oonduite des chrétiens, leurs mœurs dépravées, leur avidité pour s’enrichir mirent obstacle à la propagation rapide de la religion chrétienne. S. Franco» Xavier donna une nouvelle impulsion aux missions en Orient: il y travailla pendant dix ans (15iS-1553) et baptisa seul plus d’un million d’idolâtres. Il porta l'Evangile au Japon (l’an 1549) et y fit de nombreuses conversions. Il mourut dans l’Ile de Sancian, au moment où il allait entrer en Chine (l’an 1553). Zèle actif dt* Jétuiut pour propager le christianisme dans toutes ces contrées. De nombreuses chrétientés se formèrent dans toutes les grandes villes des Indet, au Japon et dans la Chine, où les Pères Jésuites furent bien accueillis h la cour impériale. — Décadence de la puissance portugaise dans l’Inde; les principales causes furent: 1° l’administration des possessions portugaises par les gouverneurs ou vicerois que dévorait une soif insatiable des richesses; ces vice-rois exerçaient ‘un pouvoir illimité, mais ne restaient ordinairement en charge que pendant trois ans ; ils se hâtaient d’en profiter pour s’enrichir par des exactions ; les employés subalternes suivaient l’exemple donné par les gouverneurs; 3* la dépravation des mœurs des Portugais établis dans l’Iude, dépravation qui les faisait mépriser des indigènes i 3» les conquêtes des Hollandais et des Anglais (voyez cbap. Vlll).
DBCOÜVERTES BT CONQUÊTES DES EUROPÉENS. 8&
condaito des Européens rendait la religion chrétienne odieuse aux Indiens. Enfin une troisième cause de cette décadence, ce sont les conquête des Hollandais et des Anglais qui, dans le courant do dix-septième siècle, supplantèrent les Portugais et les Espagnols dans les Indes, et y dominèrent suocessivement.