DÉCOUVEBTES ET COXyUÈTES EN AUÉIUQUE (l 40Ï- I 66s
Christophe colomb (1492-1506). Pendant que les Portugais poursuivaient sans relâche leurs découvertes en Orient, un homme de génie, doué d’un caractère énergique et d’une grande foi dans la vérité do ses conceptions, ouvrit un nouveau monde au christianisme et à la civilisation. Christophe Colomb était né à Gênes ; il avait dirigé toutes ses études vers les observations géographiques faites par les anciens et il avait acquis la certitude que la forme do la terre était celle d’un globe et que, par conséquent, en partant des côtes de l’Europe et en se dirigeant vers
/ ' 111. Chrittopht Colomb, në & Gênestl’an 1 141 ) d'une Tamille noble niais pauvre, qui était originaire de Plaisance, embrassa dès sa jeunesse la carrière de marin : il commanda d’abord des navires napolitains et génois. La conjecture émise par les anciens, qu'un autre monde se trouvait à l’ouest de l'Europe et que la terre avait la forme d’un globe, firent naître en lui l’idée i|ue l'on pourrait arriver aux Indes en se dirigeant vers l’ouest. Il se rendit à Lisbonne et offrit ses services au roi Jean II, qui fit examiner ses projets, mais qui les traita d'insensés. Les républiques de Gtnes et de Venise le repoussèrent également. 11 alla alors en Espagne (l'an 1485); il y fut bien accueilli par le cardinal archevêque de Mendaxa, qui le présenta h Ferdinand et h Isabelle. Premier Voyage ( 1 492-1 493;. Après sept ans d’hésitations, on équipa enGn trois petits navires, avec lesquels il mit à la voile le 3 août 1499. Son équipage montra beaucoup de répugnance pour un voyage en pleine mer, se mutina plusieurs fois et demanda h retourner : l’anecdote très-répandue que Colomb aurait été menacé d'être jeté à la mer, si dans l'espace de trois jours on ne découvrait pas de terre, n’a pas de fondement historique. Rien de pareil ne se trouve dans le Journal de Colomb qui noue a été conservé. Mais Colomb resta inébranlable, et sa fermeté fut couronnée d'UD plein succès. Après 70 jours de navigation, il aborda h l'ile Cuanahani, appelée par Colomb .San Salvador (Saint-Sauveur), une des Lucayes : il découvrit ensuite Cuba et Sainl-Domingue (Haïti), où il bâtit un petit fort, appelé Hûpemiola, et laissa quelques hommes de son-équipage. Il perdit un navire et un capitaine le quitta avec son bitiment, pour être le premier h
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mSTOIRE UNIVERSELT.F.
rOuest, on arriverait également aux Indes. Cette vole, d’ailleurs, lui paraissait présenter moins de difficultés que celle qui longeait les côtes de l’Afrique ; de plus, il était convaincu que l'on rencontrerait dans l’Océan Atlantique des îles et des terres encore inconnues. Repoussé par la république de Gênes, sa patrie, et par la cour de Portugal* il finit par obtenir de la reine Isabelle de Castille trois navires, avec lesquels il se mit en mer ; après une navigation longue et périlleuse, il débarqua à San Salvador, une des îles de l’archipel américain : le Nouveau-Monde était découvert. Christophe Colomb, à son retour en Espagne, fut comblé d’honneurs. Dans un second voyage, il découvrit V archipel des Antilles, dont il prit possession pour la couronne d’Espagne. Un troisième voyage le conduisit jusqu’au continent américain sur lequel il mit pied à l’embouchure de YOrénoque. Mais sa gloire lui avait valu des ennemis puissants qui parvinrent, par la calomnie, à le perdre dans l’esprit de la reine Isabelle. Il fut destitué de sa dignité de vice-roi et renvoyé en Europe, chargé de
rapporter en Europe la nouvelle de la découverte. Colomb s^n retourna avec le troisième qui faillit être englouti dans une horrible tempête. Son arrivée en Espagne, où il est reçu avec les plus grands honneurs. Piété de Colomb, qui songe surtout a convertir au christianisme les habitants du Nouveau- Monde. Contestations entre la cour de Portugal et celle d'Eipagne concernant la possession des nouvelles terres découvertes : les deux cours choisissent pour arbitre le pape Alexandre VI qui fait tracer une ligne de démarcation uJlant du pôle-nord au pôle-sud et passant à la distance de cent lieues à l’ouest des Açores : tous les pays situés h l’ouest de cette ligne sont attribués aux rois d'Espagne. Second voyage de Colomb (1 4U4-1 496) : il découvre l’arciiipel des Antilles, où il rencontre les peuplades sauvages des Caratbea, qui se nourrissaient de chair humaine, et qui opposent une forte résistance aux Kspagnols. Calomnies contre Colomb, qui est obligé de retouruer en Europe pour se justifier. Troitiéme voyage ( 1 498-150i) : il aborde au continent même de l’Amérique, k l'embouchure de l’Orénoque, Désordres dans la colonie d’Hispraiiiolu; Colomb punit les coupables. Il est de nouveau accusé kuprès d’Isabelle, qui envoie Hobadilla pour examiner sa conduite. Bobadilla le fait charger de chaînes sans l’entendre et ie fait transporter en Europe. Celte arrestation fai: éclater en Espagne une indignation générale ; Bobadilla est rappelé, et Colomb est mis en liberté par oidre de la reine, mais il n’est pas réintégré dans sa dignité de vice 'roi. Quatrième voyage (1603-1604) entrepris aussi dans le but de chercher une roule vers les Indes. Colomb fait naufrage sur les côtes de la damaf^ut et levieot en Espagne, où il perd sa pro-
chaînes, par Bohadilla qui avait été nommé à sa place. Son innocence fut reconnue, mais il ne fut pas réintégré dans la place qu'il avait perdue. Il fit, dans un quatrième voyage, la découverte de la Jamaïque et mourut, après son retour, à VaïladoUd, pauvre et abandonné, tandis que d’heureux aventuriers profitaient de ses découvertes pour acquérir d’immenses richesses et une gloire peu méritée.
Découverte du Brésil (l’an 1500). Tour du monde (1519-1522). — Les découvertes de" Christophe Colomb eurent un immense retentissement en Europe; une foule d’aventuriers se mirent en route pour aller à la recherche de l’or, de l’argent et des perles précieuses que recélait le Nouveau-Monde. Plusieuis d’entr’eux avaient déjà touché au continent américain, lorsque le Portugais Cabrai, en faisant route avec une flotte pour l’Inde et en s’éloignant trop des côtes de l’Afrique aborda au Brésil, dont il prit possession au nom du roi de Portugal. Quelque temps après, le Florentin Amêric Vespuce, qui avait fait une descente avec plusieurs autres marins espagnols sur le
tectrice, la reine Isabelle (l’an 1504). Ferdinand le traite avec ingratitude; Colomb meurt délaissé é Valladolid (l’an 1500).
La peinture souvent exagérée des richesses que l’on avait trouvées dans le Nouveau-Monde, et la gloire que ces découvertes avaient value à Colomb excitèrent une loulo d'aventuriers à entreprendre des expéditions pour leur propre compte. La plupart d'entr’eux périrent avant de parvenir au terme de leurs voyages; d'autres furent plus heureux, sans cependant pouvoir laire des conquêtes durables. Ainsi Alonzo Ojéda aborda aux cotes de Vénézuela (l'an 1 499) ; Niyno découvrit la Colombii d'où il rapporta de l’or et des perles; Pinçon de Palos toucha au Brésil et s’avança jusqu’à l'embouchure du fleuve des Amazones (l’an 1300); dans la môme année Cabrai prit possession de ce pays pour le roi de Poriugul. Jean Cabot, natif de Venise, avait découvert, quelques années auparavant (l'an 1497), la Tetre-Seuvt et le Labrador et les avait occupés au nom du roi d’Angleterre Henri VU, dont il avait obtenu quelques navires pour explorer ces mers. Ainéric Vespuce de Florence, s’étant embarqué pour un voyage avec Pinçan de Palos, toucha au Brésil et publia à son retour (l’an 1499) riiistoire de ses voyages : son nom fut donné au nouveau continent dans une cosmographie publiée (l’an 1509) en Lorraine; de la il a passé ainsi dans les geographics modernes. Ponce de Léon découvrit la Floride d’an 1612), et Alvarez de Piveta le littoral du golfe du Mexique (l’an 1319). L’intrépide Balboa pénétra le premier duos l'intérieur de l’isthme de Panama et monta sur la cime des Cordiliicres, d’où il aperçut l’immense Océan Pad-
continent américain, publia une relation de ses vojages, ce qui lui valut l’honneur peu mérité de donner son nom au Nouveau -Monde. Mais les deux vojages de découverte les plus importants furent ceux de l’Espagnol Balboa et du Portugais Maghellan. Le premier traversa, avec un petit nombre de braves, l’isthme de Panama ; arrivé sur les hauteurs des CordilUêres, il découvrit le vaste Océan qui sépare l’ Amérique de l’Asie et lui donna le nom de Mer du sud qui fut dans la suite remplacé par celui d’Oc^an Pacifique. Maghellan, qui avait quitté le service du roi de Portugal pour celui de Charles-Quinte cherchait également la route vers l’Inde. Il fit le tour de l’Amérique et passa par le détroit qui a conservé son nom ; il périt malheureusement aux iles Philippines. Un navire de sa flotte revint en Europe par le cap de Bonne-Espérance, après avoir fait, pour la première fois, le tour du monde en trois ans et quinze jours.
Conquête du Mexique, du Pérou et du Chili, cortbz ET l’iZARKE (1518-1548). — La description faite du Mexi-
figue, dont il prit possession au nom de l'Espagne en se jetant tout armé dans les flots (l’an 1513). Toutes ces découvertes avaient fait renaître l’idée de trouver la route vers l’Inde en traversant ces mers. Uayhcllan exécuta ce grand projet et entreprit le premier de faire le tour du monde (1619- 1522). 11 découvrit la PaiaQonie, au sud de l’Aiiiérique, et mit trois mois ji passer le détroit qui a reçu son nom. Il arriva ainsi dans l’Océan Pacifique ei découvrit plusieurs des nombreux groupes d’iles qui se trouvent dans cette mer. 11 périt dans une guerre à laquelle il prit part aux \Ut Philippines, uü il avait baptisé le roi Zébu. La Victoire, le dernier des cinq navires de l’escadre, doubla le cap de Bonue-Espcrancc et revint ainsi en Espagne. Etonnement des marins de ce qu'ils se trouvent en retard d’un jour dans leur calendrier.
Conguête du Slexique (1518 1521). — Ferdinand Cartes, qui appartenait h une iamille noble, mais pauvre, s'étail rendu fort jeune b Hispaniola (l’an 1 509) ; il prit part b plusieurs expéditions entreprises par les Espagnols. Son courage le fit remarquer et il lut mis b la tête d'une flottille du dix petits navires, montés pur sept cents hommes, avec lesquels il fit voile pour le golfe du Mexique (l’an 1518). Il aborda près de la ville de ilexteo (l’an 1519), dont la niaguificeuce et les richesses l’étonnèrent : celte ville comptait ’70,000 luaisous et une enceinte garnie de 15,000 tours. Pendant que le roi Monte- 7uraa, qui n’osait pas l’attaquer ouvertement, négociait avec lui, il bbtit le fort de l'eraC’rux. Conquêtes de Coïtez dans l’intérieur du pays; il renverse partout les idoles et il entre b Mexico, où il se fortifie dans un piUis que le
Diaitiz«j zy I O'Oqle
ffue par quelques marins qui y avaient abordé, engagea VelcLiqueXf gouverneur espagnol de l'ile de Cuba, à y envoyer une escadre sous le commandement de Fernand Cortex. Celui-ci y trouva un royaume très-bien organisé que gouvernait le roi Montezuma. Ayant pu entrer dans la grande ville de Mexico, il s’y fortifia et finit par s’en rendre maitre, après avoir fait le roi prisonnier. Mais les Mexicains se révoltèrent, et il fallut toute l’énergie de Cortez et la bravoure héroïque de ses soldats pour triompher des rebelles. Après la mort de Montezuma, tué par les Mexicains eux-mêmes, Cortez proclama la souveraineté du roi d’Espagne ; il soumit successivement tout le pays et en fut nommé gouverneur général par Charles-Quint. 11 découvrit encore la Californie et étendit ainsi la domination espagnole sur une grande partie de l’Amérique du nord. Cependant, devenu victime de la calomnie, il revint en Espagne pour se justifier et prit part à l’expédition de l’empereur contre Alger ; il mourut à Séville, où il s’était retiré. — Tandis que Cortez soumettait le Mexique au roi
roi lui avait cédé. Un général mexicain ayant attaqué Vera Cruz, Cortez se saisit de la personne de Montezuma, qu’il arrache de son palais, et auquel il impose un tribut annuel Insurrection des Mexicains, qui forcent Cortez h sortir de la ville s ayant reçu quelques renforts, Cortez met l’armée ennemie en fuite et prend la ville de Mexico avec 600 Espagnols (l’an 1631). Montezuma ayant été tué, Cortez fait proclamer la souveraineté du roi d’Espagne. Conquête du royaume du Mexique, qui reçoit le nom de Nouvelle Eepagne. Découverte et prise de possession de la Californie. Un grand nombre de colons espagnols viennent se fixer dans le royaume du Mexique ; les indigènes sont bientôt traités avec rigueur et cruauté. Cortez est calomnié auprès de l’empereur Cliarles-Quint (l’an 16S5) ; mais, de retour en Espagne, fl parvient h se disculper et il est confirmé dans sa charge de gouverneur. Plus tard cependant il est rappelé et meurt h Séville dans une obscure retraite (l’an 1647).
Conquête du Pérou et du Chili. (1 624-1 53Î). — Balboa, qui le premier avait traversé l’isthme de Panama, avait déjà entendu parler du Pérou, comme d’un pays riche en or et en argent. Il échoua dans une première tentative qu’il fit pour y pénétrer, à cause des obstacles qu’opposaient à cette expédition les montagnes presque inaccessibles des Cordillères, ainsi que les forêts impénétrables et les peuplades sauvages qui habitaient ces contrées. Un aventurier, François Pizarre, un vieux soldat, Diego AlTtiagro, et un prêtre, Ferdinand Lacques, conçurent le projet de faire la conquête du Pérou i le premier partit de Panama avec un navire monté par 1 10
Dicitizîd -V l'O'Tqle
HISTOIRE UNIVERSEIXB
d’Espagne, deux aventuriers, Pizarre eX Almagro, partaient de l'isthme de Panama et pénétraient dans les vastes contrées de l’Amérique méridionale qui avoisinent la mer Pacifique, et où existaient alors les deux grands royaumes, le Pérou et le Chili. Ils y étaient attirés par l’or qui s’y trouvait en abondance, et par les perles que l’on pêchait sur la côte. Leur première entreprise échoua; ils en revinrent après avoir vu périr presque tous ceux qui les avaient accompagnés. Pizarre se rendit en Espagne et obtint le titre de gouverneur des pays qu’il allait conquérir. Il ne put cependant réunir que quelques centaines d’hommes pour entreprendre la conquête du Pérou. Il se saisit de la personne du roi Atàbalipa, qui était venu au devant de lui avec trente mille hommes, et se rendit maître de la ville de Cusco : les armes à feu, qui étaient complètement inconnues de ces peuples, les effrayaient au point qu’ils n’osèrent taire aucune résistance. Pizarre fonda alors la ville de Lima, qui devint la capitale du nouveau royaume espagnol. Almagro, jaloux do la gloire de Pizarre, fit la conquête du Chili et en fut nommé gouverneur. La guerre
hommes (l’an 152i) : mais il tie pul riou enlreprcnJie et leviul apres u\oir lait pendant trois ans d'infructueuses tentatives de concert avec Almagro. Alors Pizarre se rendit en Espagne et fit une si belle description du pays qu’il avait visité, qu'il fut nommé par Cliarles-Quint gouverneur des contrées qu'il allait conquérir. Mécontciiteinent d'Almagro. SecaïuU expédition de Pizarre (163l-fb33), avec trois petits navires de 130 hommes : il arrive dans le royaume de Quito. Le roi Atabalipa, auquel il avait envoyé des présents, vint à sa rencontre accompagné de 3i),üU0 hommes et d'un brillant cortège. Pizarre exigea qu’il reconnût l'autorité du roi d’Espagne; atabalipa s’y étant refusé, Pizarre se saisit de sa personne après avoir effrayé et dispersé les indigènes par les détonations de fusils et de quelque? petits cauous il'an 1532). Il marcha alors sur, Cusco et s’empara de cette ville, qui renfermait d’immenses richesses en or et eu argent. Il devint ainsi maître d’un pays très-étendu : ce royaume était déjà en partie civilisé; de grandes et belles routes le traversaient et reliaient entre elles plusieurs villes considérables. Partage du pays conquis entre Pizarre et Almagro : le premier conserva le Pérou, et le second fut nommé gouverneur du CAi.i dont il avait fuit la conquête. Ils commirent sur les naturels les plus atroces cruautés pour leur extorquer les trésors qu'ils pouvaient posséder. Guerie entre Pizarre et Almayro. Ce dernier est fait prisonnier et exécute (l’an 1538). Pizarre périt dans une révolte des colons espagnols contre lui (l’an 1641 ). Les autres contrées de l'Amérique méridionale' furént découvertes
éclata bientôt entre ces deux hommes, dont les territoires se touchaient. Almagro fut vaincu et mis à mort ; quant à Pizarre, il périt dans une révolte des colons espagnols, qui avaient choisi pour chef le fils d’Almagro. Charles-Quint intervint alors et envoya un nouveau gouverneur au Pérou. Maîtres des côtes, les Espagnols s’avancèrent vers l’intérieur du continent et firent la conquête de la Colombie, du pays de la Plata, du Paraguay et de la P a tagonie, et y établirent des colonies fortifiées : ils ne purent cependant soumettre entièrement les peuples sauvages qui habitaient ces contrées et auxquels ils apportaient le christianisme et la civilisation.
liE CHRISTIANISME EN AMÉRIQUE. — Les Européens, en arrivant en Amérique, y trouvèrent tous les peuples plongés dans la plus grossière idolâtrie. Le culte chez ces nations était souillé de fréquents sacrifices humains, leurs mœurs étaient corrompues, et plusieurs se repaissaient avec délices de chair humaine. Les premiers navires qui abordèrent en Amérique portaient déjà des missionnaires qui allaient répandre les lumières de l’Évangile parmi ces
Buccessivtüuuul et souaii^es !i la couronne d’Espagne, k l'exception du Brésil qui resta aux Portugais.
Ixirsque les Européens arrivèrent en Amérique, les peuples du Nouveau- Monde se trouvaient dans la plus triste siiuatiou sous le rappuit moral et religieux. Presque partout le culte était souillé desacnnccs liumuiiis, même dans des Etals les moins barbares, comme au Mexique et au Pérou : les plus grands vices régnaient chez tous ces peuples, dont un grand nombre étaient descendus au dernier degré de la dégradation morale. L’authropa/ihagie existait dans une partie des lies ainsi que sur le continent américain ; sou- ^ent les guerres entre les tribus sauvages, avaient pour unique but de faire des prisonniers destinés au repas des vainqueurs. Cet état d’abrutissemeut des tribus sauvages eu Amérique explique le mépris que conçurent pour eux les Européens qui doutèrent même si ces peuples appartenaient à la Tuce humaine cl qui les traitèrent parfois avec une grande cruauté. L'Eglise, lldele k sa mission dnine, s’empressa de porter les lumières de l’Evangile iu milieu de ces épaisses tenebres du paganisme. Douze liéneUictiwi de la datùlogne furent envoyés par le pape Alexandre VI en Amérique (l'au 1493,, immédiatement après que Lulomb fut de retour de son premier voyage D'autres ordres religieux suivirent ect exemple ; les Dominicain», lea Francucaiiu et les Augustin» établirent de nombreuses missions dans les tlea et sur ie continent américain. Ce fuient les l'i ancucaint qui se rendirent dans ie Mexique ^l’an t5ü) et qui aidèrent Cortex à civiliser le
Di-"- -
peuplos sauvages. Aussitôt que des établissements européens eurent été fondés dans ces contrées, l'activité des missionnaires se déploya sur une vaste échelle. Les Ordres religieux surtout se distinguèrent par leur zèle à propager le christianisme en Amérique; les Bénédictins, les Domi- Hicains, les Franciscains rivalisèrent d’efforts pour la conversion des païens ; mais rien n'égala les magnifiques résultats obtenus par les Jésuites. Les missionnaires n’avaient pas seulement à combattre la barbarie sauvage des peuples américains, ils rencontraient un obstacle plus grand encore dans la corruption des mœurs des Européens qui, pour la plupart, no s’y étaient établis que par le désir de s’enrichir et qui foulaient aux pieds toutes les lois divines et humaines.
Dans le Mexique, la religion chrétienne devint très-florissante : vers le milieu du seizième siècle, on y comptait déjà six millions de naturels baptisés ; plusieurs conciles y furent tenus, et le clergé tant séculier que régulier se fit remarquer par sa piété et son zèle pour la conversion des païens. Les missionnaires jésuites pénétrèrent dans l’intérieur du pays et portèrent l’Évangile aux tribus nomades qui fuyaient devant l’invasion européenne. Un grand nom-
peuple. L’Eglise y fut régulièrement constituée par Martin de Valence, légat du pape Clément VU (l’an I5%4) : la polygamie fut abolie ; ou établit des séminaires pour former un clergé indigène. Commencement des missions des Jésuitei dans le Mexique, d’où ils s’avancèrent dans l’intérieur et arrivèrent jusque dans la Californie; ils apprirent les langues des tribus sauvages et en convertirent plusieurs; dans le dix-septième siècle ils dirigeaient soixante-dix missions dans le Mexique seul. — Obstacles b la l>ropagation du christianisme de la part des Européens, qui se signalaient par leur cupidité, le relâchement de leurs mœurs et la cruauté avec laquelle ils traitaient les naturels; ceux-ci déclamicnt aux missionnaires « qu’ils ne voulaient pas d’un paradis où il y avait des Européens. » Les gouverneurs espagnols réduisirent d’abord tous les indigènes à l’état d’esclaves; il fallut toute l’activité et le zèle de l’évèque Lae Casas pour obtenir do Charles- (juiut des lois (l’an I6i2) en faveur de la liberté des naturels on Amérique. Malheureusement la (rafte de* iVoir», qui consistait h transporter en Amérique des nègres de l’Afrique pour les employer b la culturedes terres, pr t un très-grand développement ; toutes les nations européennes, les Espag-’cls, les Portugais, les Anglais, les Français, les Hollandais firent ce trafic qui donnait d’énormes bénéfices, mais tpii était une honte pour l’humanité.
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découvertes et conquêtes des européens. 07
bre de ces dernières furent gagnées au chrislianisnie, qui se répandit jusque dans la Californie. Dans les commence* ments, les missions dans l’Amérique méridionale n’eurent pas le même succès. Au Brésil, dans le Pérou et le Chili le christianisme ne put d’abord être introduit que dans quelques villes des côtes; les tribus de l’intérieur le repoussèrent, surtout à cause de la corruption morale des premiers européens arrivés dans ces contrées. L’Évangile leur fut porté par les Pères de la compagnie de Jésus qui, pour cela, ne reculèrent devant aucune difficulté. Los Jésuites convertirent les habitants sauvages et farouches du Paraguay, pays situé entre le Pérou et le Brésil, et y fondèrent ces chrétientés florissantes, connues sous le nom de réductions, où l’on vit briller dans tout leur éclat les vertus pratiquées par les chrétiens des premiers siècles de l’Église. Au commencement du dix-septième siècle, on comptait déjà en Amérique cinq archevêchés, vingl-Sept évêchés et plus de quatre cents couvents. Un clergé natiô-, nal commença à se former dans les séminaires ; les sciences et les lettres furent cultivées dans les collèges des Jésuites, ainsi que dans les universités de Mexico et de
Lima. Une nouvelle ère s’ouvrit pour l’Amérique.
L’Eglise s’éleva avec force contre ce commerce; déjà le pape Pit II (l’an 146S) avait publié un bref contre les Portugoais qui réduisaient en esclavage les habitants de la côte de Guinée ; un grand nombre de pontifes élevèrent la voix contre la traite des nègres : Paul III d’an 1537); Urbain VIll (l’an 1639); BtnoU X/K(l’an 1741); Pit VII et Grégoire XVI (Van 1839).
La propagation du christianisme dans l’Amérique méridionale, au Pérou et au Chili, fut très-lente, d’abord à cause de la conduite cruelle des Espagnols à l’égnrd des naturels de ces contrées, ensuite à cause des mœurs barbares des tribus sauvages qui habitaient l’intérieur du pays et qui étaient la plupart anthropophages. Commencement des missions des Piret Jétuiut dans le Paraguay (l’an 1586) : progrès rapides du christianisme ; les missions étant menacées par l’arrivée d’aventuriers espagnols, les Jésuites firent reconnaître par le roi Philippe III d’Espagne (l’an 1610) l’indépendance du Paraguay et défendre aux Espagnols d’y pénétrer sans leur auto- Nsation. Etat florissant du Paraguay pendant le di.x-seplième siècle : les célébrés réduetions ont excité à juste titre l’admiration générale (voyez Vhiti. du Paraguay par le P. Charlevoix.) Sur tout ce chapitre, compares, dans l’Altas, la carte u* XXI.
fe. tHiv, r.
08 Uldl'OIHE UNIVERSELLE.