‹ Cours complet d'histoire universelle à l'usage des collèges et des maisons d'éducationChapitre 25 sur 107 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

I. — MINORITÉ DE LOUIS XIV. — MINISTÈRE DE UAZARIN. (l 0 i3- I 661 ;

La Régence d’anne d’autriche et la fronde (1643- 1653). — Louis XIII n’ayant laissé qu’un fils âgé de cinq ans, sa veuve Anne d'Autriche se fit nommer régente par le parlement de Paris. Elle plaça à la tête du conseil d’Etat le cardinal de Mazarin, qui était italien. Les hautes capacités de Mazarin l’avaient fait remarquer de Richelieu qui, avant de mourir, le recommanda au roi. Il resta fidèle à la politique de son prédécesseur, en poursuivant activement la guerre de Trente-Ans, et prit une grande part aux négociations du traité de Westphalie, dont il fut l’une des principales parties contractantes. Les frais de cette guerre et.

Développement*. — A rrmiullgr : Gabourd, Histoire de louis XI V. Rruzon de la Marti mère. Histoire de la vie et du règne de Louis XI V. La Haye, 1740. Reboulet, du rc^na de Loui« X/ F. Avignon 1747. Mé-

moires historiques et instructions de Louis XI K, dans les CEuvres de Louis XI V. Paris 1806. Mémoires du duc de Saint-Simon. Edition Chéruel. Paris, 1860.

— Chéruel, Saint-Simon considéré comme Ai»forien. Paris, 18ü5. Schmidt, Histoire de France 4« vol.

I. Récesce. — Avant de mourir (l'an <643), LouisXIII avait institué une régence composée des princes du sang et du cardinal Mazarin pour gouverner ' le pays au nom de son fils. Opposition de la reine-veuve, Anne d'Autriche. qui recourt au parlement de Paris : cette assemblée s'arroge le droit d'annuler les dernières dls|>ositions du roi et de conférer la régence à la reine-mère. Les princes du sang se soumettent h cette décision, et le prince de fonde' réconcilie la reine avec Mazarin, qui est nommé président du conseil d'Etat. Inférieur à Richelieu par le génie, Mazarin avait un esprit fin et pénétrant; il unissait une grande énergie h des formes conciliantes. Richelieu l'avait fait entrer dans le conseil d'Etat et l’avait recommandé h Louis XIII. Divisions parmi la noblesse et les princes du sang: deux partis, celui de Venéûme, ou des importants, et celui de Condê se disputent rinfluenco h la cour. La reine après avoir flotté entre les deux partis, finit par se rapprocher de Condé et exile les principaux membres du parti Venddme. — Continuation de la guerre de Trente- Ans: campagnes de Turenne et du jeune prince Louis II de Condé (voyez p. < 69). Richelieu avait eu pour but constant d’abaisser la maison d'Autriche (voyez plus haut, p. 194); Mazarin continua cette politique, et dicta la plupart des conditions du traité de Westphalie

d’un autre côté, les subsides considérables que la France ! payait à la Suède et aux princes protestants d’Allemagne, avaient épuisé le trésor; pour faire face aux dépenses, de nouveaux impôts devenaient nécessaires. Le parlement de Paris, dont la Régente avait elle-même augmenté l’influence en se faisant conférer le pouvoir par cotte assemblée, commença alors à s’arroger un droit qui ne lui appartenait pas : il refusa d’enregistrer les édits financiers. Le peuple de Paris, irrité par l’augmentation des impôts, se déclara pour le parlement. Mazarin ayant fait arrêter les chefs de l’opposition, une émeute éclata et la ville se couvrit de barricades. Paul de Gondi, coadjuteur de l’archevêque de Paris, plus connu sous le nom de cardinal de Retz, homme intrigant et ambitieux, se mit à la tête des rebelles. Cette révolte, à laquelle on donna le nom de Fronde, prenant des proportions plus grandes, rallia un parti considérable de gentilshommes avec plusieurs princes de sang, enir’autres le prince de Condé et son frère le prince de

(Tan 1648). Embarras flnanciers et création d’une foule de nouveaux impéts. Mécontentement du peuple; le parlement de Parts refuse d’enregistrer les édits financiers de .Mazarin.

TiUNSFORMÀTioas DU piRLEHEST DE PARIS. — Institué par S. Louis comme simple cour de justice (voyez le 4« vol. p. 324), le parlement fonctionna comme tel jusqu’au règne de François I ; son influence grandit è mesure que les Etats-Généraux du royaume furent plus rarement convoqués. Il commença é s’arroger le droit d’examiner les édits royaux qui lui étaient communiqués pour être enregistrés, c’est-h-dire pour être inscrits sur ses registres, et pour servir ensuite de base et de règle à ses décisions. L’an 1516, le parlement s’opposa pour la première fois à l’enregistrement d’un édit royal et proposa d’y introduire des changements. Une espèce de lutte s’établit ainsi entre l’autorité royale et le parlement; les rois, pour forcer cette assemblée à enregistrer leurs édits, se rendaient dans son sein et tenaient ce que l’on appelait on lit de justice. Pendant les guerres de religion, le parlement de Paris se transforma en véritable assemblée politique et intervint comme telle dans la lutte entre la Ligue et les rois Henri III et Henri IV. Après la mort decedernier prince (l’an 1610), la reine-mère Marie de Hédicis se fit conférer par le parlement la régence du royaume et la tutelle de son fils Louis XIII, ce qui augmenta considérablement l’influence de cette assemblée. (Voyez p. 122). Richelieu réprima les empiétements politiques du parlement et fit enregistrer les édits royaux en tenant fréque'mment des lits de justice. Nouvelle intervention du parlement de Paris dans les affaires publiques è la mort de Louis XIII ; il confère la régence 5 Anne d’Autriche (l’an 1643 ). — Mararîn force le parlement à enregistrer ses

ÇontikjLe premier présideat. du parlement^ Molé, ouvrit des. négociations avec la cour élans le but d’obtenir quel-> quest concessions, mais sans succès, et la Régente quitta Paris. Ce fut dès lors une guerre, ouverte, qui dura cinq ans. Entre temps Louis XIV, ayant atteint l’âge de quar torze ans, se fit proclamer majeur. Turenne, que Mazarin avait placé à la tête des troupes royales, vainquit les rebelles et se rendit maître de Paris. On publia. une amnistie, dont on n’exclut que les chefs de l’opposition dans le parlement, ainsi que le cardinal de Retz et le prince de Condé: ce. dernier se rendit en Espagne et offrit ses services à Philippe ly contre la France. . . i

La QUERRE CONTRE L’ESPAGNB JUSQU’AU TRAITÉ DES, PY- RÉNÉES. MORT DE MAZARIN (1653-1661). — La paix de Westphalie n’avait pas mis fin à la guerre entre la, France et l’Espagne : Philippe IV refusait en effet de céder les territoires que Mazarin réclamait en Belgique et dans la

édits financiers. Le parlement se met à délibérer sur une réforme radicale de l’Etat (l’an 1645). Mazarin et la reine s’opposent aux délibérations. Le peuple se prononce pour le parlement, qui arrête une union avec la Chambre de> comptes, la Cour des aides et le Grand Conseil de Paris. La reine, intimidée par ce mouvement général, cède et autorise les délibérations, qui sont présidées par Molé (l’an 164'?). Elaboration d’une constitution ou loi fondamentale, qui attribue au parlement de Paris les droits et prérogatives d’une assemblée politique. La reine interdit alors les délibérations; arrestation de plusieurs conseillers, chefs de l’opposition (l’an 16Ù).

Guerre de la prorde (1648-1653). — Emeute h Paris, fomentée par le cardinal de fl«i»,qui aspirait é jouer le rôle de Richelieu et que la reine avait repoussé. Des barricades couvrent les rues ; la reine effrayée charge le parlement de veiller à la sûreté de l’Etat. Elle se retire avec la cour à St.-Germaiu. Le prince de Condé s’entremet comme négociateur entre le parlement et la reine, qu’il décide enfin à signer la loi fondamentale (l’an 1648). Cependant le parlement continuant l’opposition contre la reine, Condé rassemble •des troupes, et la cour se retire de nouveau a St.-Germain (l’aii 1649). Le parti Vendôme et le prince de Conti, frère de Condé, se laissent gagner par le cardinal de Retz et se réunissent aux Frondeurs-, on donnait ce nom aux rebelles par assimilation aux gamins de Paris qui se servaient de frondes dans leurs rixes. Siège de Paris par Condé. Scission dans la Fronde. Molé, chef d’un parti modéré,- veut la paix,' h laquelle s’opposent les exaltés et surtout les membres de la noblesse. La reine et Mazarin négocient avec la Fronde et coiicluent la paix (l’an 1649). Retour de la cour à Paris et mécontentement de Condé, qui devient le rival de Mazarin. Arrestation du prince de Condé, de son frère et de plusieurs seigneurs (l’an 1650). Le peupla v applaudit d'abord ; mais Mazarin. s’étant de nouveau brouillé avec le cardinal

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Franche-Comté. Pendant les troubles de la Fronde, la France perdit presque toutes ses conquêtes en Belgique, dans, la Lombardie et en Espagne, et lorsque le prince de Condé alla offrir ses services au roi d’Espagne, Mazarin se rit obligé de rechercher l’alliance de Cromwell, qui régnait alors en Angleterre avec le titre de protecteur,: la ville de DunJierque en fut le prix. L’alliance anglo-française, la mort de l’empereur Ferdinand III, qui avait secouru Philippe IV en. Italie, et la bataille des Dunes, gagnée par Turenne sur Don Juan d’Autriche, gouverneur de la Belgique, forcèrent le roi d’Espagne à entrer en négociations. La paix des Pyrénées termina la guerre; elle fut trèsavantageuse pour la France, qui obtint d’importants territoires dans l’Artois, la Flandre, le Hainaut et le Luxembourg; de son côté la France promit de ne plus appuyer les Portugais, qui avaient reconquis leur indépendance; elle s’engagea en outre à restituer au prince de Condé tous

de Retz et les chefe de la Fronde, est proscrit par le parlement et forcé de se retirer en Allemagne (l’an <651 j. Les princes sont mis en liberté; Condé reprend son inQuence a la cour et dans le parlement. La reine parvient à le brouiiler avec le cardinal de Retz et les chefs de la Fronde ; il est obligé de quitter Paris. Louû XIV, âgé de quatorze ans, se fait proclamer majeur (l’an 1651). Révolu d» Condé dans la Guientie ; il rassemble une armée et marche sur Paris. Mazarin est rappelé et confle le commandement des troupes royales au maréchal de Turenne. Paris tombe au pouvoir de Condé (l’an 1653); Mazarin se retire h Sedan. Le peuple demande la paix; Condé s’y oppose, il est obligé de quitter Paris. Louis XIV y rentre et proclame une amnistie générale ; il n’en exclut que les chefs de la Fronde, le cardinal de Retz et le prince de Condé. Rappel et triomphe de Mazarin (l’an 16531.

La guerre entre la France et l’Espagne remontait à celle'de Trente-Xn.s, h laquelle le roi d’Espagne avait pris part comme allié de l’empcreür Ferdinand II. Lors des négociations qui précédèrent le traité de Westphalie, Mazarin réclama pour la France la plus grande partie des Pays-Bas espagnols et de la Franche-Comté; Philippe IV ayant refusé, la guen ? continua. Les troubles de la Fronde furent favorables aux Espagnols: l’archiduo Léo[>old-Guillaume, gouverneur de la Belgique, en profita pour expulser les Français de la Flandre (l'an 1650); l’année suivante, ils furent forcés d’évacuer aussi la Catalogne. Le prince de Condé se met au service do l’Espagne (l’an 1653); Il est envoyé en Belgique ; Mazarin lui oppose Turenue. Une armée française pénètre en Espagne sous le commandement de Conti . Mazarin fait alliance avec Cnmioell, malgré la répugnance qu’inspirait h Louis XIV uri homme qui avait renversé la monarchie en Angleterre. En même temps la guerre commence en Italie . où le duc de Modène s’est déclaré

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ses biens et toutes ses dignités ; il fut en effet réintégré dans le gouvernement de la Guienne. La stipulation la plus importante du traité des Pyrénées fut le mariage de Louis XIV avec Marie-Thérése, fille de Philippe IV, à la condition cependant pour cette princesse de renoncer à toute prétention héréditaire sur les Etats de son père. La paix des Pyrénées fut la dernière oeuvre de Mazarin ; il mourut peu de temps après. Son ascendant sur Louis XIV était tel que le roi n’entreprenait jamais rien sans avoir demandé et obtenu l’assentiment de son ministre. La mort de Mazarin eut des conséquences importantes pour la France.

n. — RÈGNE DE LOUIS XIV JDSQü’a LA PAIX DE NIMÈGUE. ( 1661 - I 67g).

Louis XIV jusqu’à la paix d’ AIX-LA-CHAPELLE (1661- 1668). — Après la mort de Mazarin, Louis XIV déclara qu’il voulait se charger lui-même du gouvernement. Le jeune monarque révéla bientôt ce vaste génie qui le plaça à la tête de l’Europe et qui lui a valu l’admiration de la

pour la France. Siège de Pavie par l’armée française (l’an I65a), L’emporeur Ferdinand III envoie des secours aux Espagnols, parce qu'il considérait l’attaque du duché de Milan, qui était un fief de l’empire, comme une violation du traité de Westphalie. Combats entre Condé et Turenne en Belgique; les succès se balancent, grâce aux talents militaires de ces deux grands généraux. Mort de l’empereur Ferdinand III (l’an 1657); son successeur Léopold renonce à l’alliance de l’Espagne et retire ses troupes de l’Italie ll’an 1658). Haiaille det Dunes: l’archiduc Juan d'Autriche, gouverneur de Belgique, engage le combat contrairement a l’avis de Condé ; victoire de Turenne (l’an 1658). Négociations entre la France et l’Espagne dans une Ile formée par la Ridassoa, au milieu des Pyrénées; elles sont conduites par Mazarin et le comte de Haro, ministre de Philippe IV. Conclusion de la paix det Pyrénées (l’an 1659) à des conditions très-avantageuses pour la France. Mariage de Louis XIV avec une princesse espagnole. Mon de Mazarin (l’an 1661); il avait amassé une immense fortune, qu’il laissa en grande partie à sa famille. Il avait fondé le collège Mazarin, appelé aussi collège det Quatre-Nations, et lui avait légué sa belle bibliothèque.

11. L’éducation et l’instruction de Louis XIV avaient été très-négligées ; de plus il avait été sous l’entière dépendance de sa mère et de Mazarin ; sa résolution de gouverner par lui-méme étonna tout le monde ; il la fit connaître à l’archevêque de Rouen, president du synode ecclésiastique réuni â Paris : celui-ci demandant, après la mort de Mazarin, â qui il devait doré-

postérité. Il aurait mérité à juste titre le surnom de Grand, s’il n’eût terni sa gloire par une ambition démesurée et par le dérèglement de ses mœurs. Il eut le bonheur de trouver, pour l’aider dans l’exécution de ses projets, deux hommes d’une grande habileté : Colbert, auquel il confia la gestion des finances de l’Etat, sur la recommandation de Mazarin, et Louvoie, qui lui rendit un immense service par ses réformes militaires. Colbert donna, par ses mesures financières, un nouvel élan au commerce et à l’industrie, releva la prospérité intérieure du pays et créa ainsi des ressources qui mirent le roi en état de mener à bonne fin toutes ses entreprises. Cependant Louis XIV ne se laissa pas dominer par ses ministres ; son règne est caractérisé par ce mot devenu célèbre : ÏEtat c'est moi. — Louis XIV méditait depuis longtemps la réunion de la Belgique à la France. Pour réaliser ce projet, il conclut une alliance avec la république de Hollande et obtint du roi Charles II cC Angleterre la restitution de Dunkerque. Il ne prit aucune part à la guerre entre la Hollande et l’Angleterre, qui se termina par la

navant s’adresser ; A moi, répondit le jeune prince. C’était une révolution complète pour la France, qui pendant plus d’un demi-siècle avait été gouvernée par les premiers ministres. Cependant Richelieu et Mazarin avaient préparé la monarchie absolue que fonda Louis XIV : le premier, en anéantissant la puissance de la noblesse; le second, en abaissant le parlement de Paris à la suite des troubles de la Fronde. Le peuple se soumit volontiers è l’autorité d’un prince qui s’occupait activement de tous les intérêts publics. Le règne de Louis XIV forme la période la plus brillante de l’histoire de la France, qui parvint alors h son plus haut degré de puissance ei de prospérité. Ce prince mérite cependant de graves reproches : plus d’une fois il a sacrifié la justice h ses vues ambitieuses et violé les lois de la morale. Sa conduite trouva de nombreux imitateurs dans la noblesse et contribua à iémoraliser les classes élevées de la société.

Gouversenkst iNTÉniECR. — Epuisement des finances, suite naturelle des dépenses faites pendant la guerre de Trente-Ans et de l’administration ruineuse de Mazarin. Destitution du surintendant Fouquel; Colbert, un des meilleurs financiers de son temps, le remplaça. Il comprit, comme dit Montesquieu a .]ue le secret de l’action de la force politique est dans la création des ressources. » Réformes introduites par Colbert dans le système des 'mpèts; il supprima ceux qui nuisaient h la prospérité publique, comme la taille et l’imposition sur le sel, et les remplaça par des impôts sur l’exportatlon et l’importation. Pour parer aux inconvénients qui devaient ré-

paix de Brédà; mais il eii profita pour ^emparer fie là Flandre et de la Franche-Comté, qu’il fit occuper militairement, sous prétexte d'un droit de dévolution âcÿils à la reine Marie-Thérèse par la mort de Philippe IV. Cés conquêtes rapides effrayèrent la Hollande. Jean De TF?#, qui gouvernait alors la république, comprit le danger du voisinage immédiat de la France pour sa patrie. Il négocia et conclut avec l’Angleterre et la Suède une triple alliance dont le but était, de s’opposer aux conquêtes de Louis XIT^. Ce prince se vit alors forcé de négocier et d’accepter la paix d' Aix-la-Chapelle, qui < uleva à la France la Franche-Comté, mais la laissa en possession d’une partie de là Flandre et du Hainaut.

Guerre contre la hollande jusqu’à la paix de nimè- GUE (1668-1678). — Louis XIV songeait à se véngeV de là Hollande qui avait fait échouer ses projets par Ia formation de la Triple- Alliance. Il conclut un traité secret avec le roi d’Angleterre Charles II et, deux années plus tard, avec la Suède, à laquelle il promit des subsides de guerre. Après s’être assuré encore de l’archevêque de

sulter de ces mesures pour le commerce, Colbert ,créa trois compagnies commerciales pour l’Amérique, pour lés Indes et pour l’Afrique, ensute il fit construire le canal du Languedoc. — La législation fut en même temps réformée par une série d’ordonnances royales, concernant la procédure, le commerce, la marine, les eaux et forêts etc. ~ Louvoie introduisit de grandes réformes dans l’organisation de l’armée : il donna des uniformes aux soldats, établit des magasins pour un approvisionnement régulier et releva la discipline. Caractère dur et impitoyable de Louvois, qni ne reculait devant aucun moyen pour parvenir h son but.

.Mort de Philippe IV, roi d’Espagne (l’an 1665) : son fils Charles // lui succède. Louis XIV réclame Une partie des provinces belges et de la Franche- Comté, en invoquant le droit de dévolution au profit de sa femme, fille de Philippe IV : ce droit n’était en vigueur que dans quelques contrées du Brabant, et d’ailleurs Marie-Thérése, en épousant le roi de France, avait renoncé à toute la succession de son père. Mais Louis XIV avait pour lui la raison du plus fort : il fit occuper la Flandre et le Hainaut par Turenne, et la Franche-Comté par Coudé (l’an 1667). Triple alliance conclue à la Haye, par les soins de Jean De Wit, entre la Hollande, l’Angleterre et la Suède, dans le but de s’opposer aux empiétements de la France. Louis XIV juge prudent d’entamer des négociations, qui aboutissent à la paix d’Aix-^lcf- Chapelles l’Espagne cède douze villes fortes dans la Flandre et le Hainaut, entre autres Douai, Tournay et Lille (l’an 1668j.

Cpjopne et de l’évêque de Munster, il déclara la guerre à la I^ollande. Une profonde scission divisait alors cette république : le parti républicain, dont les deux frères De Witt et l’amiral De Ruyter étaient les chefs, luttaient contre le parti orangiste, qui voulait conférer le stathoudérat à vie à Quillaume 111 d' Orange. Grâce à ces divisions et à la mauvaise organisation de l’armée hollandaise, les Français commandés par Turenne purent s’emparer, presque sans coup férir, de toute la Hollande et arriver jusque sous les murs d’Amsterdam. Une émeute éclata alors À, la Haye; le peuple tua les De Witt, qu’il accusait d’être la cause de tous ces revers, et nomma Guillaume III gouverneur à vie de la république. Ce prince, aussi actif que courageux, sauva Amsterdam en faisant percer les digues de la mer. Les Français furent forcés de se retirer pour ne pas périr sous les eaux. Guillaume conclut ensuite une alliance avec l’empereur Léopold 1^, le prince-électeur de Brandenbourg, Frédéric-Guillaume et le roi d'Espagne. H prit lui-même le commandement de l’armée et contraignit Condé à quitter la Hollande. De son côté, l’amiral de

La paix d'Aitc-la-ChapelU avait été, comme la Triple-Alliance, l’oeuvre de Jean De Witt. Pour rompre celte alliance, Louis XIV entama des négociations avec Charles II d’Angleterre. Ce prince était hostile à Ja France, à cause de l’alliance qu’elle avait contractée avec Cromwell sous Mazarin. Traité de Douvret (1670}. Louis s’empare des Etals du duc de Lorraine, Charles IV. Il fait alliance avec la Suède et avecdeux princes allemands dont les territoires touchaient h la Hollande, savoir Maximilien-Henri, électeur de Cologne elévéque de Liège et l’évéque de Muneier. La France et l'Angleterre déclarent la guerre i la république ; les deux prélats rassemblent une armée et envahissent la Hollande. L’armée hollandaise est en mauvais état, parce qu’on l’a négligée pour soigner la flotte. Plusieurs places sont rapidement emportées et Coudé marche sur Annstcrdam. Bataille navale de Solebay livrée par de Ruyter à la flotte anglo-française fl’an 1672} : la victoire reste indécise. Guillaume III d’Orange est nommé staihouder (voyez plus loin page 200). Alliance de la Hollande avec l’empereur et le prince électeur de Brandenbourg. L’armée impériale commandée par Montécuculi s'avance vers le Rhin. Pour la repousser, Turenne quitte la Hollande. Percement des digues et inondation générale de la Hollande. Amsterdam est sauvée (l’an 1673). L’Espagne se joint à la Hollande contre la France (1673). Le prince d’Orange attaque Condé et l’oblige h évacuer la Hollande. De Ruyter et Tromp soutiennent glorieusement, dans trois combats maritimes différents, le choc des forces supérieures de la France et de l’Angleterre. Paia de Wtttmintitr entre la

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Ruy ter, qui s’était réconcilié avec lui, livra quatre batailles navales à la flotte anglo-française : il fut deux fois vainqueur et maintint dans les deux autres rencontres l’honneur du pavillon hollandais. L’Angleterre se détacha alors de la France et fit la paix avec la Hollande. — Cependant Turenne luttait avec succès sur les bords du Rhin contre les armées impériales ; mais la cruauté avec laquelle les Français avaient ravagé une partie du Palatinat, décidèrent l’électeur de Cologne et l’évéque de Munster à rompre avec eux. D’autres événements encore, comme la victoire de Fehrbellin, remportée par l’électeur de Brandenbourg sur les Suédois, la mort de Turenne, tué à Sasbach au milieu de son triomphe, et l’épuisement des finances déterminèrent enfin Louis XIY à accepter la médiation de l’Angleterre et à ouvrir des négociations à Nimégue. La paix de Nimégue laissa à la France douze villes fortes de la Belgique, la ville de Fribourg en Brisgau et la Franche- Comté. La Hollande conserva toutes ses possessions et conclut avec la France un traité de commerce très-avantageux. Ce traité éleva encore la puissance de Louis XIV.

Hollande et l’Angleterre (l’an 1674). L’électeur de Cologne et l’évéque de Munster renoncent li l’alliance française. — Les Français quittent les Provinces-Unies, et n'y conservent que la ville de Maestricht. La guerre se fait en Belgique et sur le Rhin. Bataille indécise de S»ntf entre le prince d’Orange et Condé (l’an 1674). Succès de Turenne dans le Palatinat; dévastation de ce pays. Batailles d’£fuùA«<m et de Uulhoute gagnées par les Français (l’an 1674). Les Suédois envahissent le Brandenbourg ; ils sont défaits & FekrbelUn. Mort de rurenne, tué dans une reconnaissance è Sasbach (l’an 1675). Condé se retire de l’armée pour cause de maladie. Ces deux grands généraux sont remplacés par Créqui et Luxembourg, formés h leur école. Bataille navale gagnée par de Ruyter sur la flotte française prés d’Agosia en Sicile ; l’amiral hollandais est tué pendant le combat (l'an 1676). Ouverture du congrét de Nimégue (l’an 1677). Louis XIV se met lui-méme à la tète de l’armée en Belgique et fait la conquête du Hainaut et d’une partie de la Flandre. Nouvelle dévastation du Palatinat par les Français Colbert insiste sur la nécessité de conclure la paix et menace de donner sa démission. Paix de Nimégue {l’a .0 1678) entre la France et la Hollande; rétablissement du alatu quo ante beUum. Paix entre la France et l’Espagne; cette dernière puissance cède à la France la Franche-Comté et douze villes de la Belgique avec leurs territoires, entre autres Valenciennes, Douai, Cambrai, Ypres. Paix entre la France et l’Empire (l’an 1679) : la France conserve Fribourg et ne restitue au duc de Lorraine qu’une partie de scs Etats. Paix conclue

JJl FRANCK SOUS LOUIS XIV.

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