LA HOLLANDE
portugaise. Mais ils conservèrent Ceylan et Malabar, dont ils s’étaient emparés pendant la guerre contre le Portugal, et fondèrent au cap de Bonne-Espérance une colonie qui leur fut d’une grande utilité pour le commerce avec les Indes Orientales, la Chine et le Japon. Ces avantages commerciaux et les succès obtenus par De Rtiyter et le fils de Tromp dans deux expéditions contre les Etats harbaresques âf Afrique, excitèrent la jalousie de l’Angleterre. La guerre éclata de nouveau, et les deux amiraux hollandais remportèrent plusieurs victoires signalées sur les flottes anglaises. De Ruyter pénétra jusque dans la Tamise et brûla huit vaisseaux anglais à la vue de la capitale. La paix de Bréda termina la guerre, avec avantage pour la Hollande. — Jean De Wil parvint à conclure avec l’Angleterre et la Suède la Triple-alliance, qui força Louis XIV à signer la paix éf Aix-la-Chapelle . Peu de temps après, le roi de France, de concert avec l’Angleterre, déclara la guerre à la Hollande. Les armées françaises envahirent le territoire de la république, le conquirent et allèrent camper sous les murs d’Amsterdam. Ces circonstances favorisèrent les projets de Guillaume lll d’Orange. Les De Wit, accusés d'être la cause de ces revers, furent jetés en prison et massacrés par le peuple do
Ceylan et de plusieurs autres lies dans l’archipel indien | looS-lübl). Leurs relations commerciales avec la Chine et le Japon. — Pirateries exercées par les Etats harbaresques de Tunie et à' Alger : le commerce de la Méditerranée en souffre. La Hollande propose à l'Angleterre, à la France et à l'Espagne d’unir leurs forces aux siennes pour attaquer ces Etats (l’an 1664); cette proposition n’est pas acceptée. C’est alors que De Ruyler et Corneille Tromp, fils du grand amiral du môme nom, forcent les beys do Tunis et d’Ager à respecter le pavillon hollandais.
Seconde guerre contre l'Angleterre (1665-1667). — Revers des Hollandais : un grand nombre de navires marchands sont capturés par les Anglais. Le parti orangiste demande que Guillaume lll soit nommé stathouder : De 'Wit s’y oppose et conclut une alliance avec Louis XIV. Grande bataille naralequi dure quatre jours; la victoire reste à la flotte hollandaise commandée par De Ruyter et Tromp (l’an 1666). De Ruyter pénètre dans la Tamise et s’empare d’une partie de la flotte anglaise. Paix de Brida (l'an 1667;. — Conclusion de la Triple- Alliance, et paix d’Aix-la-Chapelle (voyez plus haut, page 180). Guillaume III fait des démarches pour obtenir le stathoudérat ; 11 entre dans le Conseil d’Etat (l’an 1668). — Gu«rr« avec la
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la Haye. Ouillaume, qui n’avait eu garde d’empêcher ce crime, fut alors proclamé lieutenant ou stathouder des Etats-Généraux.
Grandeur de la république et guerres contre la
FRANCE jusqu’au TRAITÉ DE LA BARRIÈRE (1672-1715).
Avec le rétablissement du stathoudérat commença pour la Hollande une période de grandeur et de gloire que Jean De Wit avait préparée et qui dura plus de quarante ans. Dans la grande lutte provoquée par l’ambition de Louis XIV, la république parvint à se placer à la tête des Etats européens, grâce au génie et à l’activité de Guillaume 111, qui fut l’âme de toutes les coalitions contre la France. La Hollande joua un rôle important dans les guerres de cette époque. Elle eut d’abord à combattre les forces réunies de la France et de l’Angleterre et sortit victorieuse de cette lutte. Lors de la paiœ de Nimêgue, Louis XIV lui rendit tous les territoires dont il s’était emparé pendant la guerre. — Les nouveàux empiétements du roi de France engagèrent Guillaume III à négocier la grande ligue à Augebourg qui donna lieu à la seconde guerre contre la France. Guillaume se mit à la tête des puissances alliées après son avènement au trône d’Angleterre, et parvint à se faire reconnaître par Loui? XIV à la paix de Rystoich. Guil-
Franot: conquête de la Hollande (voyez plus haut, page 181). Mécontentement du peuple; le parti orangiste en prollte pour mettre en accusation les Ot IÉ<(, Jean et Corneille, qui sont arrêtés et mis en prison. Conduite perfide du prince d’Oronge. On excite la populace contre eux, tandis qu'aucune mesure n’est prise pour les protéger. Une émeute éclate ; les portes de la prison sont forcées elles prisonniers sont massacrés par le peuple (l’an 1 67S) Ouillautne III est nommé ttatkouder à vie, et plus tard même kérédiUxire.
Statbodoêbit oc GUILLAUME III (I673-170Î) et grandeur de la Hollande. Guillaume âit le principal défenseur du système de l'équilibre européen: il parvint à le maintenir contre Louis XIV, dont il fut le plus constant et le plu habile adversaire. — Première guerre contre la France (4678-1678); paix de Nimègue (voyez plus haut, page 188). Gouvernement énergique et parfois arbitraire de Guillaume III en Hollande; opposition des Etats-Généraux : ils refusent de voter les subsides nécessaires pour la guerre conte» Louis XIV. Guillaume se voit forcé d’accepter l'armistice de vingt ans pnposé par ce monarque (voyez plus haut, page 183). 11 négocie la ligue ^ÀUgtkourtt (Van 1686). — Seconde guerre contre la France (1688-1697); > d* ityewii (voyez plus haut, pa^ 187). — Révolution en Angleterre;
LA HOLtANDB.
laume ayaçt été obligé de transférer sa résidence dans son nouveau royaume, le parti républicain voulut profiler de cette circonstance pour ébranler son autorité en Hollande ; mais la sage fermeté du grand-pensionnaire Heinsins , digne successeur de Jean De Wit, préserva ce pays des troubles qui étaient sur le point d’éclater. A la mort de Guillaume III, qui ne laissait pour héritier qu’un cousin encore en bas-âge, Guillaume-le-Frison, le stathoudérat ne fut pas rempli, et le gouvernement passa aux dans lesquels dominait Heinsius. Fidèle à la politique de Guillaume III, le grand -pensionnaire prit une part active à la guerre de la succession d'Espagxie et resta constamment l’allié de Marlboroug et du prince Eugène. La paix éCUtrecht assura à la Hollande de grands avantages commerciaux, et en outre le droit de mettre des garnisons dans plusieurs forteresses de la Belgique qui formaient une barrière contre la France. Ce droit fut confirmé dans le traité de la Barrière que la l'épublique conclut avec la ' France après la mort de Louis XIV.
La république jusqu’à la conquête franç.\ise (1715- 1795). LES stathouders héréditaires. — Les guerres contre la France avaient épuisé les finances de la Hollande ; la dette publique s’était tellement accrue que les
Jacques II est détrôné (voyez plus loin); Guillaume 111, son gendre, monte ' sur le trône d’Angleterre (l’an 1689), tout en conservant en Hollande la dignité de stathouder. Opposition du parti républicain contre Guillaume; le grand-pensionnaire Heintiut réussit b maintenir l’autorité du stathouder. Jlort de Guillaume III (l’an 1702). Sou cousin Guillaume, surnommé le Frison, âgé de dix ans, hérite de toute la fortune de la maison d’Orange. Le stathoudérat reste vacant.
Guerre de la succestion d’Eejiague (l’an 1702-1713) : la Hollande y joue un rôle fmportaut; paix d'Utrechl (voyez plus haut, page 196), Traité de la Barrière (l’an 1715); la Hollande obtient le droit de mettre des garnisons en Belgique dans les forteresses de Mcnin, Tournay, Mons, Namur, Venloo, St-Micbel et Slevenswertb. L’Autriche s'engage à contribuer, pour les trois cinquièmes, aux frais d’entretien de ces garnison.s Conséquence des longues guerres contre la France : la dette publique, qui s’était continuellement accrue, s'élevait A 350 millions de florins, somme énorme pour cette époque; pour eu payer les intérêts, on dut augmenter les impôts; on diminua l’armée et l’on négligea d’entretenir la flotte sur un pied respectable. — Longue paix (1715-'7l0). Activité de 6'imon van b'finÿe-
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intérêts absorbaient une grande partie des revenus de l’Etat. La république se trouva dans la nécessité* de réduire considérablement les dépenses d’entretien de l’armée et de la flotte, et elle ne tarda pas à descendre du rang qu’elle avait occupé pendant le dix-septième siècle. Heureusement elle trouva dans le grand-pensionnaire van Slingelandt, digne successeur de Heinsius, un homme d’Etat aussi capable que désintéressé. Van Slingelandt entama des négociations avec l’empereur Charles VI et obtint la dissolution de la Compagnie des Indes, établie à Ostende, qui portait préjudice au commerce hollandais. C’est à ce prix que la Hollande reconnut la Pragmatiqvte-sanction, par laquelle l’empereur avait institué sa fille unique, Ma. rie-Thérêse, héritière universelle de ses Etats. Pendant la guerre de la succession d’Autriche, après la mort de Charles VI, elle resta l’alliée de Marie-Thérèse. Les événements de cette guerre amenèrent dans l’état intérieur de la république un changement important. Les Français ayant conquis la Belgique, menaçaient aussi la Hollande. Le parti orangiste profita de ces circonstances pour faire proclamer Guillaume IV-le-Frison stathouder héréditaire des Provinces- Unies. La paix d' Aix-la-Chapelle, qui termina la guerre, rendit à la république tout ce qu’elle avait
landl , grand-pensiouuaire de Hollande (l7ii7-l73C). Traile conclu avec l’empereur Charlet VI (l’an 1731), et suppression de la Compagnie des Indes, établie é Ostende. Guerre de ta succession d’Autriche. Conquête de la Belgique par les Français ; une armée hollandaise est envoyée au secours de Marie-Thérèse (l'an l'iis). Les Français envahissent la Hollande.
Le sTATHOcnéniT héréditaire. Rérorme de la constitution : Guillaume IV est proclamé stathouder héréditaire (1747-17M). Il conclut la paix d’Aixla-Chapelle (l’an 1748); mais le traité de la Ban iëre n’est pas renouvelé; les Hollandais conservent cependant des garnisons dans quelques-unes des forteresses de la Belgique. — Mort de Guillaume IV (l’an 1751); il laisse un ALs, Guillaume V, âgé de trois ans, sous la tutelle de sa veuve Anne, qui est reconnue en qualité de gouvernante de la république. Longue paix (1751-1180). Le commerce se relève. Grande renommée de Tuniversité de Leÿde. Guillaume V est déclaré majeur â l'âge de dix ans, et prend en mains le gouvernement de la république (l’an 1766); mais il manque d’activité et d’énergie. Décadence de la marine militaire. Les Etats-Généraux 'efusent les subsides nécessaires pour l’entretien de la Botte. Rivalité comnerciale entre les Anglais et les Hollandais. Insurrection des colonise
l’anglbterrb.
perdu . Guillaume IV mourut après quatre ans de gouvernement; il laissait un fils mineur, Ouillaume V, au nom duquel sa veuve Anne prit les rênes du gouvernement. Pendant la guerre de Sept- Ans, à laquelle elle ne prit aucune part, la Hollande fut tranquille à l'intérieur, et grâce à son commerce trés-florissant, elle parvint a un haut degré de prospérité matérielle. Mais pendant cette longue paix, on négligea complètement l'entretien de l'armée et de la fiotte. Il en résulta que, dans la guerre qui éclata avec V Angleterre à l’occasion de l’insurrection des colonies anglaises en Amérique, les Hollandais perdirent plusieurs de leurs colonies dans les Indes. Ils ne purent protéger leur commerce, ni empêcher les Anglais de capturer un grand nombre de leurs vaisseaux marchands. Sur la demande de l’empereur Joseph II, ils consentirent à retirer leurs garnisons des forteresses de la Belgique. Ces revers et la faiblesse du gouvernement de Guillaume V provoquèrent dans le pays un mécontentement général. Le parti républicain suscita des troubles qui ne purent être calmés que par l’intervention du roi de Prusse , beaufrère du stathouder. Les idées révolutionnaires qui, de la France se répandaient dans toute l’Europe, pénétrèrent aussi en Hollande et furent accueillies avec empressement
anglaises en Améiiquü il’uii i775,. Les révoltés sonl soutonus pur les colons hollandais. Réclamations des Anglais, et hésitations de Guillaume V. Guerre contre l'Angleterre (1780-1784): les Anglais s'emparent des colonies hollandaises en Afrique et dans les Indes, et portent par là un coup mortel au commerce de la république (1781-1782). D’autre part, la perte des côtes de Guinée et de Coromandel et des factoreries de Bengale occasionne la ruine de ia compagnie des Indes Orientales. Un grand nombre de navires hollandais sont capturés par les Anglais, qui dominent sur toutes les mers. La paix est conclue à Londrea (l’an 1784): les Anglais conservent leurs conquêtes. — La Hollande renonce au droit de barritre (l’an 1 781 .— Commencement de la révolution en Hollande ; le peuple est mécontent du gouvernement de Guillaume V ; le parti républicain ou patriote, comme il s'appelle luimême, suscite des troubles dans plusieurs provinces (l’an 1786). Guillaume V appelle à son secours le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume, son beau frere, qui rétablit la tranquillité (l’an 1787). La révolution brabançonne éclate eu Belgique (Voyez plus loin, cbap. X,g 3). Révolution liégeoiee: le prince-évêque Conetantin est forcé de s’enfuir et rentre avec l’appui des Impériaux (1791). La république française déclare la guerre à la Belgique et à la Hollande
par les républicains. La proclamation de la république à Paris et la révolution brabançonne en Belgique eurent un grand retentissement dans toute la Hollande. Guillaume V, abandonné par le parti républicain, se vit forcé de fuir devant l’invasion française et de chercher un asile en Angleterre : la Hollande fut organisée en république hatave.