I. — LES COLONIES EUROPÉENNES DANS LES INDES. (l«00-I
Les colonies portugaises et hollandaises (1618-1780). — Les colonies fondées par les Portugais dans les Indes
Choiseul (l’an 1761). — Mort de Geor^ts II et avènement de Georg$i III (l’an 1760}. Pitt reste ministre malgré, l’influence exercée sur le jeune roi par lord Bute. Démission de Pitt, et ministère tory (l’an 1761). Congvtétes des Anglais en Amérique et dans les Indes (l'an 176'2). Paix de Parts (i’uo 1763). Opposition de Pitt, et chute du ministère Bute; cependant lord Bute conserve un grand ascendant sur le roi (l’an 1766). Les Wighs reviennent au pouvoir. Embarras financiers: la dette publique s’élève b 146 millions de livres sterling. Impôts votés sur le commerce des colonies d’Amérique. Ministère de lord iVortb J1770-1782). Insurrection des colonies (voyez p. S20). Premier ministère de William Piit fils (1783-1801). — L’émancipation des colonies amena aussi une nouvelle ère pour l’Irlande (voyez p. 103). •
Les lois oppressives des Tudors lurent abolies (1782). Une insurrection éclata, mais fut étouffée dans le sang (1798). Enfln le parlement d’Irlande vota lui-mème sa réunion au parlement anglais et les trois royaumes forment depuis cette époque un seul Etat, sous le nom de RoyaumerUni dA la Grande-Bretagne et d’Irlande (1800).
0éveloppefDiejnts.— ^4 coi^t^Uer . Heeren, Bietoire du lyitèmejipmiqut et colonial de l'Europe, [traduit d,er l’ailemand). Roberstoo^ dp
rimèrüjus. i vol. (en anglais).
Orientales atteignirent un très-haut degré de prospérité dans le courant du seizième siècle ; mais dans la première moitié du dix-septième, après la réunion du Portugal à l'Espagne, elles tombèrent en pleine décadence et échappèrent presque toutes à la domination portugaise par suite de guerres avec les princes indigènes, qui firent cause commune avec la Hollande contre Philippe II. — La grande Compagnie des Indes donna une forte impulsion aux conquêtes des Hollandais dans les Indes ; la ville de Batavia devint le centre de leur possession, et une grande partie de l’archipel indien tomba successivement en leur pouvoir. Ils établirent de nombreux comptoirs sur les côtes des deux presqu'îles indiennes et étendirent leur commerce jusque dans la Chine et le Japon. Mais ils n’obtinrent accès dans ce dernier pays qu’à la condition de renier le christianisme, qui avait été persécuté et proscrit par les empereurs. L’établissement d’une colonie au cap de Bonne-Espérance fut d’un immense avantage pour leur commerce avec les Indes, comme station de relâche pour les vaisseaux pendant ce voyage lointain. En Europe ils conservèrent en quelque sorte le monopole du commerce des épices et des denrées coloniales, qui formaient les principaux produits des lies
I. Les cu/u/nei /lorluijinses : leur piuaiieiile et leur lieeadeiae plits
haut, pages9l-9i). Elles tombèreat, par la réunion du Portugal h l'Espagne, sous le sceptre de Philippe II (l'an 1581). Ce prince interdit aux Uollarutaie, qui s'étalent rendus indépendants, tout commerce avec les Indes. Première expédition hollandaise dans les Indes, entreprise par Corneille Houtman [Von 1595). La prospérité du commerce de la Hollande contribue il favoriser ces entreprises (voyez plus haut, page < 40). Création de la compagnie des Indes (l'an 1600), et guerre contre les Portugais Les Hollandais s’établissent dans les lies indiennes (l’an 1607). et h Java (l’an 1618). Fondation de fiataria (l'an 161-0). Ils enlèvent aux Portugais leurs possessions sur la cèle de Coromandel (l’an 161 5) et y fondent la colonie de Negapatam. Ils s’établissent ensuite à Ceylan (l’an 1638), dans la presqu’île de Malaca (l’an 1640) et sur la Cète de Malabar, où ils prennent Calicut (l’an 1656). Commencement de leur commerce dans l’empire du Japon (l’an 1639), où une violente persécution avait eu lieu et avait presque anéanti la religion I lirétienne (l'an 16S7j. Les Hollandais en profitèrent pour y obtenir le monopole du commerce, mais h la condition de renier le christianisme. Los territoires que possédait la Compagnie dans les Indes furent divisés en cinq gouvernements : Java, Amboine, Ternate, Ceylan et Macanar. Fondation
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indiennes. La prospérité des colonies hollandaises commença à décliner vers le milieu du dix-huitième siècle. La mauvaise administration de la Compagnie, le changement fréquent des gouverneurs généraux, et surtout la rivalité commerciale des Anglais, qui se rendirent maitres d’une grande partie des Indes Orientales, furent les principales causes de cette décadence. La Hollande conserva cependant Java avec plusieurs autres iles, ce qui lui assura un commerce important avec les Indes ; mais la dissolution de la Compagnie des Indes, qu’on remplaça par une commission du gouvernement , et la révolution française portèrent un coup funeste à ces colonies.
Les coionibs françaises (1664-1769). — Les Français n’avaient pas d’abord établi directement des relations avec les Indes. Ce fut Colbert, l’habile ministre des finances sous Louis XIV qui créa une compagnie des Indes; celleci entreprit plusieurs expéditions dans ce pays et établit des comptoirs à Madagascar, sur la côte de Malabar et à Pondichéry. Cette dernière ville devint le centre des établissements français dans ces contrées; mais la jalousie des Hollandais et des Anglais ne permit pas à la France d’étendre ses possessions. Cependant la domination française
de la colonie du Cay de lionne- Leydrunce, d'apres le conseil du cbirurgien l'an Riebeck (l’an 1 653). Etablissement de nombreux comptoirs sur les cotes du Bengale Les colonies hollandaises jouissent, pendant prés d’un siècle (1660-1740), d’une grande prospérité. Commencement de leur décadence. l'Les flnances sont mal administrées : les revenus do la Compopnie qui, sur une recette de 340 millions de florins, donnaient d’abord un bénéfice net de 40 millions, ne suEBsent plus pour couvrir les dépenses, et le déficit augmente d’année en année. 2® Changement fréquent des gouverneurs généraux : il y en eut onze dans l’espace de trente-sept ans (1704-1741 ^ 3" Les Anglais se rendent maîtres du commerce dans les Indes. Guerres entre l’Angleterre et la Hollande (voyez le chap. précédent). Le commerce hollandais en souffre. La Hollande incorporée h la république française.
Création de la Compagnie des Indes par Colbert (l’an 1664); elle Obtient le monopole du commerce pour cinquante ans, avec un capital de quinze millions de francs. Carron s’établit dans l’ile de Madagascar (l’an 1665) ; comptoirs à Surale, dans l’ile de Malabar (l’an 1675). Fondation de Pondichéry sur la côte de Coromandel (l’an 1679). Les Français prennent possessiop des Iles de France (l’an 1690) et Bourbon (l’an 1720) abandonnées par les Hollandais. Décadence de la Compagnie des Indes, parce qu’elle ne
fut affermie par les traités que Dumas , gouverneur de Pondichéry, conclut avec le Grand-Mogol des Indes. Dumas s’empara en outre de plusieurs îles dans l’archipel indien, telle que Y'tle de France, et Vile de Bourbon, qui acquirent une assez grande importance commerciale. Dupleiœ, successeur de Dumas, se rendit maître d’une partie du Bengale ; mais il excita par là la jalousie des Anglais et la guerre éclata entre les deux puissances rivales. Les différends qui surgirent entre Dupleix et de Labourdonnais, gouverneur des îles de France et Bourbon, devinrent fünestes aux armes françaises. Les deux gouverneurs furent rappelés ; mais cette mesure n’arrêta pas les conquêtes des Anglais, qui s’emparèrent de la plus grande partie des possessions françaises. Au traité de Paris, les Anglais rendirent Pondichéry et quelques iles; mais un coup mortel avait été porté à la prospérité des colonies françaises dans l’Inde.
Les COLONIES anglaises (1600-1784). — Les premières expéditions des Anglais dans les Indes Orientales remontent à la fin du seizième siècle. La compagnie des Indes fût créée sous le règne d’Elisabeth. Les Anglais établirent d’abord quelques factoreries dans les îles indiennes d’où ils
trouve pas dans les productions des colonies de quoi alimenter son commerce. Système de Lato, qui fond en une seule les Compagnies des Indes et d’Amérique (l*an 1717) et obtient de grands privilèges pour cette nouvelle société. Nécessité pour la France d’étendre ses possessions territoriales dans les Indes. Dumas est nommé gouverneur de Pondichéry (1735-174.2) et Labourdonnais, des lies de France et Bourbon (1736-1746). Dumas conclut une alliance avec le Grand-Mogol, dont l’autorité était ébranlée par des insurreettonsî il prend une part active aux guerres contre les rebelles et inspire par sa bravoure une grande estime aux Indiens. Dupleix devient gouverneur de Pondichéry (1742-1757). Grands projets des conquêtes des Français ; jalousie Am Anglais. Commencement de la guerre (l’an 1744). Labourdonnais attaque et prend Madrps (l’an 1746). Mécontentement de Dupleix, qui le fait rappeler en France (l’an 1746). Siège de Pondichéry par les Anglais (l’an 1748). Dupleix les repousse et résiste avec succès, bien qu’il se trouve presque dans un abandon complet et qu’il ne reçoive pas les renforts dont il a besoin. Les revenus de la Compagnie ne suffisant pas pour couvrir les dépenses do la guerre, il en résulte un déficit dans les Hnances^, c’est ce qui engage les açtionnaires h demander le rappel de Du|deixs.(l’an' I TOT). L’Irlandais Xa/fÿ est envoyé pour le remplacer (l’an 1768). Prise de
TÆS COLOmpS EUROPÉENNES DANS I.’lNDE. 217
furent ^ns^it^ chassés par les Hollandais. Ils allèrçAt alors se fixer, sur la côte de Coromandel et y acquirent la ville et le territoire de Madras. Mais leurs progrès dans les Indes furent ralentis par la révolution qui bouleversa l’Angleterre vers le milieu du dix-septième siècle. Charles II augmenta les privilèges de la compagnie des Indes, qui parvint à se mettre en possession de Vile de Saint-Hélène, ainsi que de Bombay. L’acquisition du district de Calcutta et rétablissement du fort William achevèrent de consolider les possessions anglaises. C’est vers cette époque qu’eut lieu la création d’une seconde Compagnie des Indes. Une rivalité dangereuse pour les conquêtes des Anglais ne pouvait manquer de s’élever entre les deux Compagnies, si l’on n’était parvenu à les fondre en une seule. Le capital de la nouvelle Compagnie fut ainsi doublé. — La dissolution de Vempire des Mogols dans les Indes fournit aup Anglais l’occasion d’étendre leur domination. Mais la guerre contre les Français retarda d’abord leurs conquêtes. Ce ne fut qu’après avoir pris Pondichéry aux Français et s’être fait céder le Bengale par le Grand-Mqgol, . que la Compagnie régna sans contestation dans les Indes. Uempire britannique ainsi fondé dans ces contrées fut
Pondichéry par les Anglais (l’an 17G0], qui démolissent les fortifleatipn^ de cette ville. Rappel et condamnation de Lally. Pondichéry, Chandernagor et quelques comptoirs sont rendus aux Français par le irtUlé de Paris (l’an 1763), mais h la condition que les fortifications ne seront pas relevées.
Première expédition anglaise dans les Indes (l’an 1591). Création de la Compaynie des Indes; elle obtient le monopole du commerce dans ce pays, (l’an 1600) et y établit quelques comptoirs ou factoreries d’an 1612). ta jalousie des Hollandais force les Anglais h quitter les lies Moluques (l’an 1633) après l’assassinat de tous les Anglais installés h Amboine. Us s’établissent h Madras, où ils bâtissent le fort St-Georges (l’an 1640). Charles II étend les privilèges de la Compagnie (l’an 1661). Occupation de l’tle Ste- Hélène, très-importante comme lieu de relâche pour les navires qui reviennent des Indes. Acquisition de Bombay (l’an 1 663} ; cette ville est fortiflée et devient le chef-lieu des possessions anglaises dans l’Inde (l’an 1685). Comptoir h Calcutta (l’an 1 687). Achat du district de Calcutta et fondation du fort WiUtam (l’an 1699], Mécontentement des fabricants et des commerçants anglais, qui se plaignent des faveurs accordées h la Compagnie des Indes (l’an 1693). Celle-ci achète le renouvellement de ses privilèges (l’an 1693). Création d’une seconde Compagnie des Indes (l’an 1698)| elle obtient de
a. cmv. V. W
divisé en quatre provinces. Chacune d’elles était administrée par un gouverneur ; celui du Bengale occupait le premier rang et portait le titre de gouverneur-général : ce dernier dépendait lui-même des directeurs de la Compagnie, qui résidaient à Londres et qui exerçaient l’autorité suprême, sauf la ratification du secrétaire d’Etat pour les mesures qu’ils arrêtaient. Le gouvernement cruel et despotique de la Compagnie, qui ne visait qu’à augmenter ses revenus, provoqua de nombreuses guerres entre les Anglais et les princes et peuples indépendants de l’Inde. Hyder-Ali, sultan de Mysore, et les Marottes luttèrent avec succès contre les Anglais et les forcèrent à rendre une partie de leurs conquêtes. Ces guerres épuisèrent les finances de la Compagnie, qui ne se trouva plus en état de remplir ses obligations envers le gouvernement anglais. Pitt régla, par son Mil des Indes, les rapports entre l’État et les directeurs de la Compagnie, qui furent dans la suite soumis à une commission du gouvernement, chargée d’examiner
grands privilèges, grâce h l’appai du parti wigh. Les Torys soutiennent l’ancienne Compagnie. Fusion des deux Compagnies (l’an 1702), qui mettent leurs fonds en commun. Grand essor du commerce et nouvelles plaintes des fabricants anglais contre les privilèges de la Compagnie (l'an 1721 ), qui sont renouvelés pour trente-sept ans par un acte du parlement (l’an 1733).
Histoire de l’empire Mongol dans les Indes. Baber , descendant de Timour, et fondateur de cet empire au commencement du seizième siècle (voyez le 4» vol. chap. 1 4”, § 2), remplit les Indes du bruit de ses conquêtes. Après sa mort (l’an 1530), ses descendants prirent le titre de Grand-Uogol et étendirent leur domination sur presque toute l’Inde. La dissolution de cet empire date du dix-septième siècle. Les gouverneurs des provinces, qui portaient le titre de Mabob>, se rendirent de plus en plus Indépendants; d’autre part plusieurs peuples indiens, entre autres les Maralitt et les Sicks, refusèrent le tribut qui leur avait été imposé. Guerres intestines après la mort du Grand-Mogol Aureng-Zeb (l’an 1707). Les Français et les Anglais interviennent, et bientôt des hostilités éclatent entre eux (voyez page 216). Les Anglais ont d’abord le dessous et perdent la ville de Madras il’an 1746 ; Calcutta et le fort William tombent au pouvoir des Indiens (l’an 1736). Lord Clive rétablit la fortune des armes anglaises. Il reprend Calcutta (l’an 1757; et s’empare de Pondchérg (l’an 1761), dont les fortifications sont démolies. — Traité avec le Grand-Mogol, qui cède â la Compagnie le Bengale, où il a perdu toute autorité (l’an 1763). Organisation définitive du pays (l’an 1773). Warren Hatling* devient premier gouverneur-général (l’774-1785). Les Indiens sont en butte 6 toutes sortes d’exactions de la part des agents de la Compagnie. Première guerre de Hyder-Ali, sultan de Mysore, qui s'avancejut-
toutes les mesures politiques, militaires et financières, avant qu’elles fussent mises à exécution. Cette organisation donna plus de stabilité aux possessions anglaises, qui s’accrurent de plus en plus et finirent par embrasser la plus grande partie des Indes Orientales.
II. — LES COLONIES EOROPÉENNBS EN AMÉRIQUE JDSQC’a L’INSUBRECTIO.N des colonies anglaises. (f(i8-l7 7i).
Les colonies portugaises au Brésil (1525-1777). — Les Portugais, qui s’étalent fixés sur les côtes du Brésil, s’avancèrent dans l’intérieur de ce pays et le soumirent peu à peu à leur domination. Le christianisme j fit d’abord des progrès rapides, grâce au zèle apostolique des Jésuites- Malheureusement la cupidité des colons européens, qui voulaient réduire les naturels en esclavage, paralysa les efforts des missionnaires. La réunion du Portugal à l’Espagne sous le sceptre de Philippe II eut des conséquences ftines-
qu’aux portes de Madras (1767-1 769). On conclut la paix : les conquêtes sont rendues de part et d’autre. Premières incursions des Marattet dans les possessions de la Compagnie (1774-1776). Alliance des Marattes et de Hyder-Âli; nouvelle guerre (l'an 1779). La France fournit des secours aux alliés; mais les Anglais parviennent 4 les diviser et font la paix avec les Marattes (l'an <7Si). Mort de Hyder-Ali l’an 1782); Tippo-Saib, son flis et successeur, conclut la paix (l’an 1784). Un bill réorganise la Compagnie des Indes et règle ses relations avec le gouvernement (l’an 1784).
La Chine subit également à cette époque une grande révolution. La dynatiie des Ming», qui avait succédé à la dynastie étrangère des Mongols (l'an 1368), régnait depuis deux siècles et demi, lorsque l’empire fut envahi par de nouveaux barbares (1616). Les Tartares Uandchoux firent la conquête de la Chine, de la Mongolie et du Thibet. La dynastie tartare des Tai-Tsing, qui monta sur le trône (l’an 1644), est la 22»*. Arrivée en Chine de savants jésuites, parmi lesquels se distingue le belge Frrôieit (1660); conversions, qu’ils opèrent. Le christianisme est de nouveau proscrit (1724). — L’Auj<ra/is fut découverte par un Hollandais(1604) et reçut le nom de Nouvelle-Hollande (1643). Voyages du capitaine Cook (1768-1780). L’Angleterre y fonde une colonie pénitentiaire (1788).
11. Premier établissement des Portugais au Brésil (voy plus haut, page 9o). Le roi Jean UI accorde de vastes possessions h titre de lïefs aux nobles familles portugaises (l'an 1525). Commencement de la colonisation du pays et fondation de plusieurs villes, telles que St-Vincent, Maranham, Pernambucco, et surtout Sl-Salvador dans l’Etat de Bahia. Nomination d’ùn gouverneur-général (l’an 1549). Les Jésuite* fondent leurs premières missions;
220 HISTOIRE UNTYERSEM.ÎC.
tes po'ir le Brésil: les ,cp pays, et
en conquirent gr^pcle partie. Mais les persécutiops
qu’ils exercèrent contre la religion catholique provoquèrent une insurrection générale. Don Juan de Vieîra les expulsa et reconnut l’autorité de Jean de Bragance, qui venait de rétablir l’indépendance du Portugal. La découverte des riches mines d'or et de diamants, que les Portugais commencèrent à exploiter et qui devinrent pour eux une grande source de richesses, ^onna bientôt une grande importance au Brésil. Il est vrai que cette exploitation leur fit négliger la colonisation du pays et la civilisation du peuple. Le mérite d’avoir porté le christianisme parmi les peuplades sauvages de l’intérieur revient aux Jésuites seuls, qui organisèrent des missions florissantes sur les bords de Maragnon. La commerce devint très-actif entre ^e Brésil et le Portugal ; on exploita surtout la canne à sucre et le coton. De nombreuses villes s’élevèrent de tous côtés : Rio~Janeïro , par le mouvement commercial dont elle devint le centre, se plaça au premier rang. Pombal
ils ont à lutter contre les mœurs barbares .des indigènes et i’avarice des colons européens. — Réunion du Brésil aux possessions espagnoles en Amérique (l’an 1580). Les Anglais et les Hollandais attaquent le Brésil pendant la guerre contre Philippe U et ses successeurs. Création de la Compagnie des Indes Occidentales en Hollande (l’an 1 621 ). Conquête de la côte de Pernambucco par les Hollandais (l’an 1630). Maurice de Nassau est envoyé au Brésil comme gouverneur-général (l’an 1636); il fait la conquête d’une grande partie du pays ; il est repoussé de St-Salvador ; on le rappelle en Hollande (l’an 1643). Insurrection des Brésiliens (l’an 1645). Séparation du Portugal et de l’Espagne : Jean de Bragance (l’an 1648) envoie une flotte au Brésil. Les Hollandais sont expulsés par Don Juan de Vieîra (l’an 1654). Ils signent un traité de paix (l’an 1669) et renoncent h toutes leurs prétentions sur ce pays. — Découverte de riches mines d’or près de Villa Bicca (l’an 1696) par des espèces de brigands auxquels on donnait le nom de Paulistes ; s’était un ramassis de gens appartenant h toutes les nations, qui s'étaient réunis sur les conflns du Pérou dans le district de St-Paul, dépendant de la couronne d’Espagne. Ils sont soumis par le gouvernement portugais, qui tire un immense profit des mines. Environ 25 millions de francs, le cinquième du preduit annuel, sont versés dans le trésor public. Grande prospérité du Brésil; culture de la canne h sucre et du coton ; le commerce avec l’Europe prend un grand essor. Découverte des mines de diamants (l’an 1728). Ministère de Pombal: ses innovations violentes (voyez plus loin). Elles sont funestes h la prospérité du Brésil (l’an 1760). Ce pays est divisé ,en neuf provinces, dont les gouverneurs sont nommés directement par le
LES COLONIES EukoPÉNNES EN AMÉRIQUE. 221
mina par ses mesures violentes la prospérité, jusque là toujours croissante dti Brésil en détruisant les missions dés Jésuites et en confisquant au profit de la couronné les possessions de la noblesse portugaise. Ce fut là le signal de la décadence du Brésil et ce qui prépara sa séparation d’avec le Portugal.
Les colonies espagnoles en Amérique (1550-1777). — L’Espagne avait d’immenses possessions en Amérique. Elles étaient divisées en deux parties : le Mexique kvec la Californie et les îles formaient la vice-royauté du nord*, le Pérou avec le Chili, la vice-royauté du sud. Les mines d’argent du Mexique et du Pérou constituaient un des principaux revenus de la couronne d’Espagne, qui en avait abandonné l’exploitation à l’industrie particulière, se réservant seulement une part du produit. Les colonies espagnoles jouissaient d’une grande liberté ; des lois sages protégeaient les indigènes de ces pays contre les violences de la population européenne. Malheureusement ces lois n’étaient pas toujours observées, et l’opposition naturelle qui
ministre. Destruction des missions des Jésuites (l’an 1757) : confiscation des propriétés appartenant aux familles nobles du Portugal. Le commerce, qui avait été libre Jusque Ih pour tous les Portugais, devint.le monopole de deux Compagnie», auxquelles on accorda de grands privilèges fl’an 1759); ce fut la cause de sa décadence.
Grande étendue et prospérité des colonie» espagnoles en Amérique à la fin du seizième siècle et au commencement du dix-septième (Voyez plus haut, p. 92-95). Richesse» métalliques du Mexique et du Pérou. Les mines d’argent de Zacotecas dans le Mexique et de Potosi dans le Pérou étaient exploitées au moyen d’esclaves nègres amenés d’Afrique. C’est ce qu’on appelait la iraite de* noir». Elle était réglée par un contrat, désigné sous le nom d'/ls««n/o. que le gouvernement espagnol concluait avec des étrangers, parce qu’il ne voulait pas faire lui-même ce commerce ; en vertu de ce contrat, 4,000 esclaves nègres étaient amenés annuellement dans les possessions espagnoles. Opposition entre la population européenne et les indigènes. Ces derniers sont protégés par le gouvernement espagnol ; « Les lois en faveur des Indiens, dit le protestant Heeren, remplissent presque tout un livre dans la collection des lois espagnoles. Aucun antre gouvernement n’a fait autant pour les indigènes que ie gouvernement de l’Espagne : malheureusement ces lois ne furent pas toujours observées. » La réunion du Brésil aux colonies espagnoles du midi de l’Amcrique (l’an 1781) leur fut nuisible; elles se relevèrent après leur séparation d’avec ce pays. Lè commerce avec les colonies est restreint au seul [>ort âé Sérilte: deutt flottes sont envoyées annuellement, l’une h Portobèllo dans le Pérèu, fautre i
existait entre les deux races empêchait leur fusion. Les esclaves nègres, qui y étaient annuellement transportés d’Afrique, formaient une troisième race distincte des deux autres. 11 ne se forma pas de nouvelle nation ni dans le Mexique ni au Pérou, malgré la grande prospérité commerciale et agricole de ces deux pays. Le christianisme s’y répandit rapidement, grâce à l’activité du clergé catholique et surtout des Jésuites, qui firent de nombreuses conversions pàrmi les indigènes de l’intérieur ; les réductions du Paraguay parvinrent à un haut degré de prospérité. L’Espagne ajouta encore le Brésil à ses possessions, après la réunion du Portugal, mais son commerce souffrit beaucoup des guerres qu’elle eut à soutenir contre les Hollandais. Le retour du Brésil sous la domination portugaise fut avantageux pour les possessions espagnoles. Elles jouirent d’une longue et heureuse paix, malgré les guerres dans lesquelles la mère-patrie se trouvait engagée contre la France et contre* l’Angleterre. — Cette tranquillité fut troublée après l’avénement de Philippe d'Anjou au trône
Vera-Cruz ilaua le Mexique ; ces deux villes acquiéreut uue grande importance. Prospérité du christianisme et surtout des réductions des Jésuites dans le Paraguay, c Cest h tort, dit Heeren, que l’on a reproché aux Jésuites d'avoir voulu fonder un Etat indépendant dans le Paraguay ; comment des missions aussi étendues que les leurs pouvaient-elles être organisées autrement qu'elles ne le. furent? > La tranquillité dont jouissaient les colonies pendant le dix-septième siècle fut troublée au commencement du dix-huitième pendant la guerre de la succession d’Espagne (voyez plus haut, page 193). Attaques des Anglais contre le Pérou et prise de Portobello (l'an 1739). Philippe V et ses successeurs ne s'occupèrent presque pas des colonies américaines, si ce n’est pour augmenter les droits de douane qui entravaient le développement des relations commerciales. Dans le but de faciliter les communications maritimes, on transféra le commerce de Séville k Cadix. Gouvernement tyrannique des Espagnols dans l’ile de St-Dominguc. Des Oibustiers français s’étaient établis sur les côtes de cette lie (l’an 1630) et avaient fondé un Etat indépendant qui s’étendit de plus en plus et qui se mit sous la protection de la France {l’an 1664): l'ile tout entière tombe sous-la domination française; dans la paix de Paris (l’an 1763) l'Espagne cède cette lie k la France et reçoit en échange la Louisiane. — Les Jésuilet sont persécutés et expulsés de l'Espagne et de scs colonies (l'en 1767). Décadence rapide des mimona du Paraguay. Commencement delà décadence morale et religieuse des colonies espagnoles. La liberté commerciale pour tous les ports de l’Espagne et toutes les colonies donne une grande impulsion au commerce. Nouvelle organisation politique (l’an 1777);
d’Espagne. Les Anglais, dont la puissance maritime s’étendait de plus en plus, attaquèrent alors les colonies espagnoles et causèrent un tort considérable à leur commerce. Les Français s’emparèrent aussi de Mile de Üaint-Domingue, mais par le traité de Paris ils rendirent en échangé la Louisiane. L’expulsion des Jésuites de toutes les colonies espagnoles eut les conséquences les plus funestes : non-seulement elle arrêta la propagation du christianisme parmi les indigènes, mais elle prépara les révolutions qui finirent par amener la séparation des colonies d’Amérique d’avec leur mère-patrie. Une nouvelle division de ces colonies en quatre vice-royautés, celles du Mexique, àM. Pérou, de la Nouvelle-Grenade et de Buénos-Ayres, ainsi que la liberté du commerce accordée par Charles 111, retarda pendant quelque temps leur décadence matérielle, tandis que leur déchéance morale et religieuse faisait de rapides progrès.
Les colonies françaises en Amérique (1600-1763). — Les Français établirent des relations commerciales avec
outre les qualro viue-ruyaiites on établit huit capuaiiienea yiinù aU'f, ïuvüir le Nouveau Mexique, Guatemala, Chili, Caraccas, Cuba avec la Havane, Porlorico, la Louisiane, la Floride. Ces mesures devaient avoir pour conséquence une augmentation considérable de ronctionnaires publics.
Premières expéditions des Français dans le Canada (l'an 1523); ils commencèrent par acheter aux indigènes, qui étaient encore antropophages et qui avaient les mœurs les plus sauvages, les peaux des animaux dont étaient peuplées les forêts du Nouveau-Monde. Un peu plus tard, des pêcheurs bretons se mirent à exploiter la pèche si abondante de la morue sur les côtes de Terre-Neuve. Fondation du petit village de Québec (l'an 1608) par des marchands de la Bretagne. Etablissement de Cayenne dans la Guyane (l’an 1604): son climat pernicieux força à différentes reprises les Européens de l'abandonner. Des colons français se fixent h la Guadeloupe et à la Marlinique (l'an 163.5). Ils font dans ces Iles des plantations de sucre, qui acquièrent en peu de temps une grande importance. Toutes ces colonies n'étaient d'abord que l’œuvre de simples particuliers, auxquels le gouvernement français ne prêtait aucun appui. — Colbert (l'an 1664) acquiert pour le ciimpte de l’Etat les colonies des AntilUs, du Canada et de St-Domingue, et crée la Compagnie det Indes Occidentales, qui est dissoute ' dix ans plus tard (l’an 1674). Soumission du Canada et de l’Acadie; contestations avec les Anglais au sujet de ce dernier pays, qui reste déflnitivement à la France (l’an 1667). Exploration du Mississippi et tentative infructueuse de colonisation dans la Louisiane (l’an 1 680) ; plus tard cette contrée est annexée au Canada. Les guerres de Louis XIV portèrent un coup fu-
HISTOIRE ÜNIVËRSELLE.
rAmériquo dans la seconde moitié du seizième siècle, mais ce fut seulement dans les premières années du dix-septième qu’ils y fondèrent quelques colonies. Ils se fixèrent d’abord à Cayenne, puis à Québec dans le Canada, et un peu plus tard à la Guadeloupe et à la Martinique. Ces premiers établissements eurent peu d’importance cômme colonies; ils servaient uniquement d’entrepôts pour le commercé. Colbert fut le fondateur des colonies françaises en Amérique; il acheta à des particuliers leurs établissements dans les Antilles et prit sous sa protection les flibustiers de Saint-Domingue . Il créa ensuite une compagnie des Indes Occidentales qu’il dota de larges privilèges commerciaux. La domination française ne tarda pas à s’étendre sur une grande partie du Canada, et la Lousiane se couvrit de nouvelles colonies. La culture du sucre et du café prit une grande extension dans les îles, et le commerce français reçut une forte impulsion par la liberté d’importation dans tous les pays. Le voisinage des Anglais devait cependant nuire au développement des colonies françaises. A \&paix
iicste il ia prospérité des colonies françaises : cession de la NouvelU-Ecostt et de Terre-Neuve aux Anglais par la paix d’Utrecbt (l’an 1713). Colonisation de la Louieiane. Prospérité des établissements français dans les Antilles et surtout i la Martinique et à St-Domingue. — Contestations entre la France et l’Angleterre touchant les limites de leurs colonies dans le nord de l’Amëriquo : les Français, d'ans le but de mettre le Canada et la Louisiane en communication directe, bâtissent des forts le long du .Mississippi (l’an 1731). Commencement des hostilités, les Anglais sont partout repoussés (1 733-1 75ti). Pitt devient ministre (voyez plus haut, page 212; et pousse la guerre avec beaucoup de vigueur. Expédition contre le Canada sous le commandement du général anglais, Wolf. Les Français, ayant h leur tôte le général Monlcalm, défendent le pays avec énergie. Prise de Quebec par les Anglais; le Canada est enlevé b la France (l’an 1738) avec la plupart des colonies françaises dans les Antilles. Paix de Parie (l’an 1763); cession définitive du Canada b l’Angleterre, et do la Louisiane b l’Espagne. Les lies sont rendues b la France, qui ne conserve comme principales colouies que les établissements de St-Domingue et de Cayenne. Une tentative est faite pour coloniser ce dernier pays sur une grande échelle, mais elle échoue par suite du mauvais climat et du manque de vivres, après avoir coûté la vie à près de 12,000 hommes. Prospérité des plantations b St-Domingue, dont les revenus s’élèvent annuellement b la somme de 170 millions de Iranos. Bordeaux et Nantes deviennent les deux grands marchés pour la vente des denrées importées de celte colonie.
i’remiéres expéditions des Anglais dans le Nouveau-Monde, allant a la
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éCUtrecht Louis XIV céda aux Anglais la Nouvelle-Écosse et nie de Terre-Neuve. Les progrès que la France fit à Saint-Domingue la dédommagèrent largement de ces perles, mais elle perdit le Canada dans la guerre qu’elle eut à soutenir peu de temps après contre l’Angleterre. Ensuite elle céda la Louiiane à l’Espagne, qui, de son côté, abandonna à la France le reste de ses possessions de Saint- Domingue. C’était la seule île de l’Amérique qui restât encore au pouvoir des Français avec la colonie de Cayenne, lorsqu’éclata l’insurrection des colonies anglaises, à laquelle la France prit une part très-active.
Les COLONIES anglaises en Amérique ( 1600 - 1774 ). — Les premiers essais décolonisation faits par les Anglais en Amérique datent du régne ô^Élisabeth. Cependant ce ne fut que sous Jacques I qu’ils établirent une colonie sur les côtes de la Virginie; plusieurs Compagnies se formèrent alors en Angleterre pour exploiter l’Amérique et obtinrent de grands privilèges. Une seconde colonie s’établit à cette époque dans le pays situé au nord de la Virginie, et qui prit
recherche de l’or et de l’argent (l’an 1 578). Walther Ralcigh explore quelques contrées maritimes auxquelles il donne le nom de Kirgmt* en l’honneur de la reine Elisabeth (l’an 1587). Jacquet I concède certains privilèges à deux sociétés de commerce établies, l’une à Londres, et l’autre à Plymoulh (tan 1606). Fondation de Jamestown (ville de Jacques) dans la Virginie (Pan 1607) par la compagnie de Londres; celle de Plyinouth essaie de faire des établissements dans la Nouvelle-Angleterre (l’an 1614). — Emigration d'une secte puritaine, désignée sous le nom de Brownisies; ils s’étaient d'abord réfugiés en Hollande, d’où ils se rendirent en Amérique (l’an 1620; et se fixèrent dans la Nouvelle-Angleterre. — Une autre colonie de Puritains s’établit dans la baie de ilassachusels, et y fonda la ville de Salem. Fondation do Boston (l’an 1630) par de nouveaux colons, qui étaient venus d’Angleterre et n’avaient pas trouvé de place h Salem. — L’intolérance des Puritains de Massaebusets fit émigrer une partie de ces sectaires, qui se rendirent h Rhode-lsland (l’an 1634). — Fondation de Baltimore dans le Maryland par deux cents nobles catholiques émigrés d’Angleterre, qui s’y établissent sous la conduite de Calvert, frère de lord Baltimore (l’an 1632). Les Anglais professant la religion catholique vont chercher un asile dans cette contrée; mais les Puritains exilés de la Virginie y arrivent et s’y rendent maîtres (l’an 1660). Pendant le gouvernement de Cromwell, un grand nombre de royalistes et surtout de familles nobles quittent l’Angleterre pour se rendre dans la Virginie (1649-1658). L’assemblée générale, composée de deux députés de chaque ville, est réorganisée par le gouverneur Berkeley; elle lait uppusitiôn à‘ Cromwell, qui en décrète la dissolution (l’an 1650),
le nom de Nouvelle-Angleterre. Des puritains , pour se soustraire aux persécutions de Jacques I et de Charles I, émigrèrent dans le Nouveau-Monde et fondèrent la ville de Boston dans l’État de Massachusets. Des dissensions religieuses ayant éclaté entr'eux, une partie des sectaires alla se fixer à Rhode-Island. Vers la même époque une colonie, composée presque exclusivement de catholiques, quitta l’Angleterre pour échapper aux persécutious ; elle se rendit dans les contrées que le roi Charles I avait données à lord Baltimore, dont le frère se trouvait à la tête des émigrants ; ils appelèrent le pays Maryland (pays de Marie) et donnèrent à la ville qu’ils y bâtirent le nom de Baltimore. La population de la Virginie fut accrue par l’émigration des royalistes anglais qui n’avaient pas voulu reconnaître Cromwell. La culture du tabac fournit à ce pays un article important pour le commerce. Charles II donna au duc à' York certaines contrées occupées déjà par les Hollandais, et qui avaient pour chef-lieu la Nouvelle- Amsterdam. Les Anglais s’emparèrent de cette ville.
mais elle se maintient; les Puritains sont obligés de quitter la Virginie. — Ia Nouvelle-Belgique, co\on\sée par les Hollandais (l’an 16S1), est conquise par les Anglais, qui y fondèrent l’Etat de Neto-York, ainsi appelé du nom qu’ils donnèrent au chef-lieu (l’an 1664). La paix de BrédaM’an 1667) leur assura la ]<ossession de cette contrée (voyez plus haut, page 199). — Berkeley fonda i’Etat de New-Jeney dans les contrées qui lui furent cédées par le duc d’Vork (l’an 1665). — Lord Claretidon obtient du roi Charles II le pays arrosé par. le Qeuve S. Mathieu et y établit l’Etat de Caroline. Grandes concessions faites aux colons : ils obtiennent chacun 100 acres de terre, k la condition de les cultiver. Le sol était d’une grande fertilité; on y lit d’immenses plantations de riz, que l’on faisait cultiver par des esclaves nègres [l’an 1703). Sur la demande des chefs de la colonie, le philosophe Loce rédigea une constitution (l’an 1668); mais elle était impraticable. Plus tard la Caroline fut divisée en deux Etats, nord et sud. — Guillaume Penn, fondateur de la secte des Quakers, n’ayant pu obtenir la tolérance religieuse en Angleterre, accepta du roi Charles II, en paiement des sommes qu’il lui avait prêtées, les contrées riveraines du Delawarre, auxquelles il donna lo nom de Pennsylvanie. Philadelphte (la ville des frères) en devint la capitale l’an 1682).
Position indépendante des colonies anglaises en Amérique : chaque Etat avait un parlement, qui portait le nom de cour ginirate. Ce parlement était composé des députés des villes et des districts et partageait i’autorité avec le gouvernement. Il exerçait ordinairement le pouvoir législatif. Voisinage des colonies françaises dans le Canada au nord, et dans la Louisiane au sud. Les Français construisent des forts le long du Mississippi ; des conteetations
ainsi que de tout le pays, et lui donnèrent le nom de Neio-Yorh. Ils enlevèrent également aux Hollandais une contrée limitrophe, qu’ils appelèrent New- Jersey. Lord Clarendon fonda vers la même époque l’État de Caroline, ainsi nommé en l’honneur du roi Charles II. Il y a introduisit la culture du riz, qui ne tarda pas à devenir le principal article d'exportation. Quelques années plus tard, Guillaume Penn obtint un territoire étendu, la Penney valnie, où il établit une colonie de Quakers ; la ville de Philadelphie en devint le chef-lieu.
Vers la fin du dix-septième siècle, des colonies anglaises couvraient toute la côte orientale de l’Amérique, depuis les confins du Canada au nord jusqu’aux frontières de la Floride au sud. L’agriculture et le commerce étaient pour ces colonies les principaux éléments de prospérité. Elles jouissaient d’une grande indépendance : chaque Etat avait un gouvernement à part dans lequel l’Angleterre n’intervenait que pour régler leur commerce avec la mère-patrie et pour protéger leurs relations avec les colonies françaises.
s’élèvent entre eux et les Anglais au sujet de la pèche de la morue sur les côtes de VAcadie et de l’ile de Terre-Neuve. Ces deux pays sont abandonnés aux Anglais par la paix (TUtrechl (voyez plus haut, page 196). L’Acadie reçoit dès lors le nom de Nouvelle-Ecoue. — Fondation de l’Etat de Géorgie (l’an <73i); elle donne lieu k des différends assez graves avec les Espagnols qui réclament cette contrée comme faisant partie de la Floride. — Le nombre des Etats est ainsi porté à treize, savoir: la Virginie, Neio-Hampthire, Conneclicul, Maaiachutels, Rhode-lsland, Maryland, New-York, New-Jertey, la Penmylranie, le Delatoare, la Caroline du nord, la Caroline du tud, la Géorgie. — De nouvelles contestations s’élevèrent entre la France et l’Angleterre. Elles avaient pour cause la délimitation de la Nouvelle-Ecoue et l’occupation de plusieurs Iles neutres du groupe des Antilles par les Français (l’an 1764) Une autre cause encore, c’estque les Français prétendaient avoir ledroit d’élever des forts sur les bordsde l’Ohio, tandis que les Anglais le leur contestaient. Les Anglais, sans déclaration préalable, commencent les hostilités en capturant des navires français (l’an 1753). Succès des Français; ils repoussent une attaque contre le Canada, s’emparent, en Europe, de Port- Mahon et de l’Ile de Minorque (l’an 1738). Avènement de William Pitt an ministère; sa politique énergique (voyez plus haut, page 324). Conquête de i’ile du cap Breton par les Anglais (l’an 1738). Victoire du général Wolf sur Montcalm et priu de Québec (l’an 1739); les Anglais font la conquête du Canada, et peu après, de la Guadeloupe (l’an 1761) et des autres Iles françaises dans les Antilles. Paix de Paris (l’an 1763); le Canada et la Floride sont réunis aux possessions anglaises. — Il n’existait qu’un faible lien entre
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La Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve furent laissées aux Anglais par la paix d’Utrecht; ils obtinrent ainsi une pai^t dans la pêche de la morue, qui avait dé(jà pris une grande extension. La fondation d’une, nouvelle colonie dans la Géorgie, au sud de la Caroline, porta à treize le nombre des provinces anglaises en Amérique. La guerre avec la France, à laquelle les colonies américaines prirent une part active, valut encore à l’Angleterre la possession du Canada et de la Floride, qui avait appartenu à l’Espagne, et elle étendit ainsi sa domination sur la plus grande partie du nord de l’Amérique. Mais cette guerre fit naître chez les Américains l’esprit d’indépendance , et lorsque le parlement anglais, dans le but de relever les finances du ro.yaume, voulut établir des impôts dans les colonies, il y rencontra une très- vive résistance. Les députés de neuf États se réunirent en congrès à Neic-York et protestèrent contre la décision de parlement, qui fut obligé de retirer \imp6t du timbre. Il le remplaça par des impôts indirects sur l’importation du thé et de différentes autres marchandises en Amérique. Ces impôts provoquèrent une nouvelle opposi-
l'AngleteiYe et ses colonies d'Amérique ; celles-ci avalent pour la plupart des gouvernements très-indépendants et formaient des espèces de républiques. Le gouvernement de la mère-patrie s’était borné jusqu’alors à régler les relations commerciales; mais ses embarras financiers lui inspirèrent i’idée d’imposer ces colonies prospères. Le parlement, sur la proposition de lord Granville, vota \'imp6l du timbre, qui devait être prélevé sur tous les actes soumis aux tribunaux (l’an 1765). Cette mesure provoqua un vif mécontentement dans toutes les colonies d’Amérique. Les députés des Etats de New- York, Massachusets, Rhode-lsland, Connecticut, Now-Jersey, Pennsylvanie, Delaware, Maryland et Caroline du sud se réunirent en congrès à New- York et protestèrent contre le droit que s’arrogeait le parlement anglais d'imposer les colonies, attendu qu’elles n’étaient pas représentées dans cette assemblée. On y prit la résolution de ne plus acheter de marchandises anglaises. Le parlement abolit Vimpéi du timbre, mais il déclara en même temps qu'il avait le droit d’imposer les colonies (l’an 1766). Etablissement d’impôts indirects sur l’importation du thé, du papier, du verre et des couleurs (l’an 1767). Nouvelle agitation dans les colonies, qui protestent contre ces impôts. Lord North propose de les supprimer, h l'exception de celui qui est perçu sur le thé (l’an 1770). Les colonies sont décidées èi ne pas acheter du thé importé d’Angleterre. ErAeuie à Boston (l’an 1773): le peuple jette h la mer la cargéison dé thé d'un naVire anglais. Lé gouvernemè'nt anglais fait fériAer lépbrt dé cette viite et mét une garnison dans la citad^e. insurrection des colonies.
GUERRE d’indépendance DES ÉTATS-UNIS. 229
tioç : une R^^euablée, composée ^es députéE ,de pjlus de quatre-vingt-seize villes, se réunit à Boston et déclara que le parlement anglais n’avait aucun droit d’imposer les colonies américaines. Le parlement vit dans cette conduite une atteinte à son autorité, et sur la proposition du ministre lord North, il maintint l’impôt sur le thé. Les colonies refusèrent alors d’en acheter. Un navire anglais chargé de thé étant entré dans le port de Boston, le peuple de la ville s’ameuta et jeta toute la cargaison à la mqr. Le gouvernement anglais ordonna la fermeture de ce port et 'prit des mesures pour faire respecter ses ordres par la force des armes. Ce fut là le signal de l’insurrection générale des colonies.
m. — LA GQ[ERRB ENTRE l’aNGLKTERRE ET LES COLONIES JL'SQD’a LA CONSniDTION DÉFLNITIVE DES ÉTATS-ÜMS (l^7*-178ï).
Commencement de la guerre jusqu’à l’intervention DE LA FRANCE (1774-1778). — La nouvelle des événements de Boston se répandit rapidement dans toutes les
lll. Conflit entre le général Gage, gouverneur anglais de Boston, et le parlement de Massachusets. Ce dernier envoya cinq députésau congrès général de toutes les colonies et prohiba par un décret l'entrée du thé et de toutes les marchandises venant d’Angleterre. Réunion du premier conpréa général des colonies anglaises d'Amérique (l’an 1774). Dans cette assemblée, dont Randolpbe fut nommé président, chaque Etat ne disposait que d’une .voix, quel que fût le nombre dé ses députes. Le congrès protesta par uamanifetle contre la fermeture du port de Boston et contre le droit que s’arrogeait le parlement anglais d’imposer les colonies, ou d’y entretenir des troupes en temps dé paix. Il y revendiquait en outre pour les Anglais établis dans les colonies les mêmes droits qui leur étalent accordés dans leur patrie. Le parlement de Massachusets décrète un enrôlement de troupes et fait préparer des magasins pour 1 2,000 hommes. Le parlement anglais, malgré les représentations de William Pitt, qui a pris chaudement la défense des colonies, déclare Massachusets en état de rébellion et augmente l’armée anglaise d’Amérique. Commencement des hostilités : combat de Lexington entre les troupes anglaises et les milices américaines (l’an 1770). Une armée de 30,000 hommes se réunit sous le commandement da général américain Ward ; mais elle est mal disciplinée, manquant d'armes et de munitions. Des renforts arrivent aux Anglais ; le général Gage répand une proclamation par laquelle il exige la soumission des colonies. Bataille de Breedehill. Les Anglais restent vainqueurs, mais non sans éprouver des pertes sensibles (l’an 1776). — Réunion d’un second congrès h Philadelphie. Washington eat
HISTÛIRË ONIVBRSËLLS.
oolonies. On s’entendit alors pour réunir Philadelphie d un congrès, auquel tous les États devaient envoyer des députés. Le congrès publia un manifesté où il exposait les droits des Américains et revendiquait pour eux les garanties dont les Anglais jouissaient dans leur propre pays. On organisa partout une milice nationale. Des magasins ayant été établis à quatre lieues de Boston, le général Qage, commandant de cette ville, envoya des troupes pour les détruire, et la guerre se trouva déclarée. Les Américains eurent le dessus dans le combat de Lexington, : ce succès excita parmi eux un enthousiasme général. Une armée de trente mille hommes fut mise sur pied, mais elle était mal disciplinée et manquait de tout ; aussi fut-elle défaite dans la bataille de Breedshill. — Un second congrès se réunit et nomma Washington général en chef de l’armée américaine. La prudence, l’énergie et les talents militaires de ce grand homme sauvèrent sa patrie ; c’est à lui que revient la gloire d’avoir fondé l’indépendance des États- Unis d’Amérique. Il marcha sur Boston et força les Anglais à l’évacuer ; mais tandis qu’il obtenait ces avantages si importants, l’expédition du Canada échouait complètement contre Québec. — Le congrès proclama alors solennellement \'i)idépendance des treize États américains et
nommé général en chef de l’armée, mais avec des pouroirs très-restreints. Son armée se compose de milices non exercées, s’élevant à peine è 15,000 hommes et manquant de tout. Il marche sur Botton, qui est défendu par une garnison de 13,000 hommes. Une armée américaine envoyée contre le Canada prend Montréal; mais elle échoue devant Québec (l’an 1775). Le général Hotoe, successeur de Gage, quitte Boston avec ses troupes, et la ville est occupée par les Américains (l’an 1776). Le congrès déclare les treize Etate- Unis d'Amérique indépendants (l’an 1776), et se charge du gouvernement général. Succès des Anylaie sous le général Howe : ils prennent successivement New-York, New-Jersey, Rhode-Ieland. Washington, dont l’armée est complètement désorganisée, a encore à lutter contre les méflances du congrès, qui d’ahord s’est réservé le droit de nommer les officiers de l’armée. — Mission de Franklin en France, où la guerre contre l’Angleterre excite un enthousiasme général. Arrivée de Lafayetle en Amérique (l’an 1777). Les Anglais défont encore les Américains sur le Brandynine et prennent PhHadelphie (l’an 1777), mais ils sont tout h coup arrêtés au milieu de leurs succès par les désastres du corps d'armée commandé par le général Bourgoyne, qui est obligé de capituler avec la reste de ses troupes h Sara-
QUERRE d’indépendance DES ÉTATS-UNIS. 23l
établit entr’âux un lien fédéral, tout en leur laissant une complète indépendance pour le gouvernement intérieur de chaque Etat. Sur ces entrefaites une nouvelle armée anglaise, sous le commandement du général Howe, arriva en Amérique et se rendit maîtresse de New-York, de Rhode-Island et de New-Jersey ; d'autre part, l'armée de Washington était entièrement désorganisée. Ce fut dans ces circonstances que le congrès envoya à Paris le célèbre Franklin, qui s’était déjà montré à Londres le défenseur zélé des intérêts américains. Plusieurs jeunes Français se rendirent en Amérique pour prendre part à la guerre d’indépendance; parmi eux se distinguait surtout le marquis de Lafayette, qui devint aide-de-carap de Washington. Les insurgés n’avaient pu empêcher Howe de s'emparer de Philadelphie ; mais la défaite du général anglais Bourgoyne, qui fut obligé de capituler à Saratoga, ranima leur courage. Ils conclurent, peu de temps après, un traité d’alliance avec la France, et la guerre entra dans une nouvelle phase.
Seconde période de la guerre jusqu’à la paix de VERSAILLES (1778-1783). — L’intervention active de la France dans la guerre obligea les Anglais à redoubler d’efforts et à diviser leurs forces. Le général Howe, qui
loga, après deux combats malheureux (l’an 1777). Traité d'alliance entre la France et les Américains (l’an 1778).
L’intervention de la France lit prendre à la guerre de plus grandes proportions; en outre elle exerga une grande innueiice morale sur les Américains. L’armée américaine manquait cependant toujours de discipline et d’approvisionnements. Démission du général anglais Howe (Via (778). Ctin~ ton lui succède; évacuation de Philadelphie par les Anglais. Baiatlle natale d'Oueseant entre les flottes anglaise et Irançaise (l’an 1778); la victoire reste indécise. La flotte française arrive en Amérique, mais elle n’y apporte qu’un faible secours. Clinton reprend l’ofleosive, et Washington est r^uit à défendre les bords de l’Uudson. Guerre dans l'Inde entre les Français et les Anglais (voyez plus haut, page 837). — Alliance de l'Espagne avec la France, et guerre sur la Méditerranée (l’an 177b). Siège de Gibraltar (iJ19- 1783). L’Angleterre déclare la guerre h la Hollande qui appuyait les Américains (voyez plus haut, page 303). Brillants succès de la flotte anglaise, qui avait A lutter contre toutes les forces maritimes de l’Europe. Conquête de la Géorgie (l’an 1779) et de la Caroline (l’an 1780) par Clinton : le général Comwaliia occupe ces pays avec une armée anglaise. L’armée de Was-
232 HISTOIRE universelle.
était resté inactif à Phüadelphie, donna sa démission. Son successeur, Clinton, évacua cette ville et ramena l’armée à New-York. Une flotte française arriva au secours des insurgés; mais elle avait beaucoup souffert dans une bataille livrée aux Anglais près de l'ile à'OuessanU et Washington fut réduit à se tenir sur la défensive, pendant que les Anglais faisaient la conquête de la Caroline et de la Géorgie. — Ce fut alors que l’Espagne et la Hollande s’allièrent avec la France et les Américains contre l'Angleterre, et qu éclata cette grande guerre mariüme dont les côtes de l’Amérique, la Méditerranée et les Indes Orientales furent à la fois le théâtre. Les Anglais montrèrent, U est vrai, leur supériorité sur mer ils vainquirent les flottes de l’Espagne et de la France, et Elliot défendit Gibraltar avec succès pendant deux ans contre les forces réunies de ces deux puissances. Mais Washington remporta des avantages dans la Caroline et força le général anglais Cornwallis à capituler et à déposer les Ivmes En Angleterre le ministère fut changé et confié a des hommes qui étaient partisans de l’indépendance des colonies, tels que Fox et Burhe. Ces .événements amenèrent la paix : elle fut signée à Versailles entre 1 Angleterre d’une part, les Etats américains, la France, l’Espagne et la Hollande de l’autre. L’Angleterre y reconnut {'indépendance des Etats-Unis, qui obünrent en outre les vastes
hii.KLüu se Jü.ul sux l.ouijes Irançuises commaeaeos ^di uuUiembeau (I an 1781 r Expédition dans la Caroline; le général Comtoa/is est forcé de irn.Iiler avec son armée à EorsWcmm (l'an 1781 ^ Conquête de Mmorque ^ Français (l'an 178Î). Changement de ministère en Angleterre (lan avSen du Stère Wnla.qm est appuyé par Ckarlee Foœei Burte. NSciation eTconclusion du traite de VereailUe, par lequel l’Ang eterre re- /.«rfnnit l'inrfeDendonce des Etats-Unis et fait en môme temps la paix avec la FranS ’EspTgneTîa Holl^ (l’an 1783). - La constitution fédéraledes SSnifest définitivement réglée, et WaeWnpton est nommé pres.d^ de la république. Le gouvernement central, composé du preeidwt, du serM ït Je la ÏÏmhre des r%préser^tar,ts, est établi dans la vâle dej^è.^
• avop cnn fj^rritoird. un Etât à part SOUS 1 sutorité ÎIDtDéaiatO uU
président, èt du pouvoir central. Accroissement rapide de la prospérité et de la puissance des Eiats-Unis (l’an 1789).
LE DANEMARK
contrées de l’ouest et prirent ainsi une grande extension. Washington fut le premier président du nouvel Etat fédératif, qui s’était donné une constitution définitive : on institua un Sénat et une Chambre des représentants, qui devaient partager avec le Président le pouvoir législatif. A dater de là, les Etats-Unis s’élevèrent au rang des grandes puissances maritimes et commerçantes.