‹ Cours complet d'histoire universelle à l'usage des collèges et des maisons d'éducationChapitre 33 sur 107 · I. — LES ÉTATS DU MOED JUSQd’a LA GRANDE GUERRE DU NORD · texte numérisé non relu

I. — LES ÉTATS DU MOED JUSQd’a LA GRANDE GUERRE DU NORD

(l»48-lG89).

Le DANEMARK JUSQU’a LA MORT DE CHRISTIERN V (1648- 1699). — Le traité de Wesphalie avait affermi la prépondérance de la Suède dans le nord de l’Europe et réveillé l’ancienne rivalité entre cette puissjmce et le Danemark. Les projets de conquête du roi de Suède, Charles X, menaçaient l’indépendance du Danemark. Frédéric III, (jui avait succédé dans ce dernier pays à son père Chris-

Dévcloppements. — A consulter : Les ouvrages de Schœll, et Cantu. De Lamberiy , Mémoires pour servir à l'histoire du dix -huitième (1700-1718) A la Haye. 1724. 14 vol. Heermann, Histoire de Russie, vol. 3-4. CarlsoD, Histoire de Suède, vol. 4 (dans la collection Hecroii et ükert.

Rois de Danemark : Frédéric lll (1648-1670). Christiern V (1670-1699). Frédéric IV (1099-1730).

I. Etat du Danemark sous le règne do Christiern / V (voyez plus haut, page 142). Grande puissance de la Suède après le traité de Westphalie (voyez page 24l). Ambition du chancelier Ulfeld, qui avait déjà joui de toute la confiance de Christiern IV et qui tenait Frédéric III sous une véritable tutelle. 11 est destitué et s'enfuit en Suède (l’an 1651) auprès du roi Charles X, qu’il pousse à la guerre contre le Danemark. Ce prince tourrtfe d’abord sos armes contre la Pologne. La Hollande et le (Danemark se

U. IRIV. V. ..

mSTOIRE UNIVERSELLE.

liern IV, fit alliance avec la Hollande contre Charles X. Mais il fut attaqué à l’improviste par ce prince guerrier, qui vint mettre le siège devant Copenhague, après avoir passé la mer sur la glace pendant un hiver rigoureux. 11 se vit forcé de lui céder, dans la paix de Rœskild, plusieurs iles de la Baltique et une partie de la Norwége. Le peu de résistance que Charles X avait rencontré décida ce prince à reprendre la guerre ; il se porta de nouveau avec une armée sous les murs de Copenhague. Mais cette fois les habitants de la ville résistèrent vaillamment. L’arrivée d’une flotte hollandaise et la mort subite du roi de Suède sauvèrent le Danemark, qui conclut la paix de Copenhague sur les mêmes bases que celles de Rœskild. — Cette longue guerre avait ruiné les finances du royaume ; pour les relever, le roi convoqua une diète générale des Etats à Copenhague et proposa d’établir un impôt sur la pro> priété foncière. La proposition fut adoptée par le clergé et la bourgeoisie, mais elle rencontra une vive opposition chez la noblesse, qui invoqua ses anciens privilèges. Les deux premiers Ordres, jaloux des prérogatives de la noblesse, offrirent alors au roi la souveraineté absolue et héréditaire sur tout le Danemark. Cet acte fut imposé de

liguent contre la Suède et lui déclarent la guerre (l'an 1667). Victoires rapides de Charles X ; d s'empare du Jutland, traverse sur la glace le petit et le grand Bel t et marche sur Copenhague (l'an 1658). Paix d$ Rmtkild: la Scanie, Blekingue, Drontheim et l’Ile de Bornholm sont cédées è la Suède, et le dw. de Holstein est reconnu en qualité de prince souverain. Cinq mois après, Charles X recommence la guerre et court assiéger Copenhague. Belle défense des habitants sous le commandement du roi en personne (1658-1660). Une Ootte hollandaise arrive dans le Sund ; elle remporte une victoire sur la flotte suédoise et ravitaille Copenhague. Insurrection en Norwége et dans l'ile de Bornholm contre les Suédois. Mort subidede Charles X; paix de Copenhague (l'an 1660) : Bornholm et Drontheim sont rendus au Danemark. — Epuisement des flnances; les Etats-Généraux, qui n'avaient pas été assemblés depuis plus d’un siècle, furent convoqués k Copenhague Ü'an 1639, ; ils étaient composés des trois Ordres du royaume, la clergé, la noblesse et la bourgeoisie (voyez 4* vol., page 399). Grande puissance de la noblesse depuis l'introduction du protestantisme en Danemark (voyez plus haut, page 142) ; k leur avènement, les rois étaient tenus, de signer un acte, appelé capitulation électorale, par lequel ils confirmaient tous les privilèges de la noblesse. Dans la diète de Copenhague les nobles

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force à la noblesse, et changea la constitution aristocratique du royaume en monarchie absolue. La loi royale sanctionna définitivement ce changement, et la Norwége dut également s’y soumettre. La trop grande puissance de la noblesse, qui s’était enrichie par la confiscation des anciens biens ecclésiastiques, arrêtait le développement de la prospérité du pays; l’abolition de ces privilèges fut donc un bonheur pour le Danemark.

Chrûtiem V, qui succéda à son père Frédéric III, conclut une alliance avec la Hollande pour reconquérir les pays, cédés à Charles X par la paix de Copenhague. Victorieux d’abord, il dut cependant renoncer à ses conquêtes dans la paia; de Lund, et laisser la Suède en possession des contrées qu’il avait voulu lui enlever de nouveau. Christiern tenta aussi de s’emparer de la ville de Hambourg, mais il échoua; il ne fut pas plus heureux dans ses différends avec le duc de Holslein concernant le duché de Sleswig . Une alliance secrète, qu’il avait conclue avec la Pologne et la Russie, entraîna sou fils et successeur Frédéric 1 V dans une guerre contre Charles XII, roi de Suède.

La POLOGNE jusqu’au règne d’auguste u de saxe (I64’8-

reTusèrent de soumettre leurs propriétés é un imp6t; le clergé et lu bourgeoisie se prononcèrent contre eux et offrirent au roi l’hérédité de la cou- ^ ronne avec un pouvoir absolu. La noblesse voulut quilter la ville; mais on ferma les portes et on la retint de force. Elle signa l’acte du clergé et de la bourgeoisie (l’an 1660). Le même acte fut publié en Norwége (l’an 1661).

Loi royale, contenant la nouvelle constitution, rédigée en 1665 et publiée en 1670 : on y déclare le roi souverain absolu, supérieur h toutes les lois humaines; le royaume est indivisible, et la couronne strictement héréditaire; les femmes ne sont admises h succéder qu’à défaut de descendance mâle ; la majorité du roi est hxée h l’âge de treize ans; la confession d’Augsbourg est déclarée religion de l’Etat. — Chrisiiern V (1670-1699) recommence la guerre contre la Suède, (1675-1677) et remporte deux grandes victoires navales; la première près d’PEIand (l’an 1676), la seconde dans la baie do Kiupgue (l’an 1677). Paix de Lund (l’an 1679). Christiern enlève le Sleswig au duc de Holstein (l’an 1684) ; mais il échoue dans sa tentative pour soumettre Hambourg (l’an 1686). Il conclut une alliance secrète avec la Pologne et la Russie (l’an 1689). — Frédéric IV (1699-1730]. Commencemeut de la grande guerre du Nord.

Roi* de Pologne-, ieza Casimir (1648-1668). — Michel (1668-1673).—

HTSTOIRF, UNIVERSELLE.

1099). — La Pologne était arrivée à un haut degré de puissance sous les premiers rois de la dynastie de Wasa. Les troubles intérieurs causés par la trop grande indépendance de la noblesse, ainsi que les guerres contre la Suède, la Russie et les Turcs affaiblirent ce royaume. L’anarchie qui le désolait prépara fa chute et son morcellement, en facilitant l’intervention des puissances étrangères. — Jean Casimir, frère et successeur de Wladislav IV, fut obligé de reconnaître le droit de veto, en vertu duquel la voix d’un seul député sufBsait pour empêcher l’exécution des mesures arretées dans les diètes générales de là nation. L’insurrection des Cosaques de l'Ukraine entraîna la Pologne dans une longue guerre contre les Russes. Le roi de Suède, Charîés X, prince guerrier et entreprenant, en profita pour envahir ce pays et l'assujettir entièrement à âa domination, après une bataille meurtrière livrée aux Polonais sous les murs de Varsovie. Mais ses projets ambitieux provoquèrent contre lui une grande coalition entre l’empereur Léopold, le Danemark, la Russie et le Brandenbourg ; elle sàuva la Pologne. Cependant Jean Casimir renonça à la souveraineté sur la Prusse en faveur de l’électeur de Brandenbourg. Dans la paix d'Oliva,

Jean Sobieski (1674-1696). — Auguste U de Saxe (1696-1733). — Auteurs à consulter , Salvandy, Histoire de Sobieski et de la Pologne, $ vol. Paria 1 829. AbbéCoyer, Histoire de Jean Sobieski. Paris 1761.

La Pologne sous les premiers rois de la maison de M'osa (voyex plus haut, page l47j; l’avénemcnt de cette dynastie au trône fut la cause des longues guerres que la Pologne eut h soutenir contre la Suède. Ces guerres contribuèrent pour beaucoup à la décadence de ceroyapme; d'autre part, la position indépendante de la noblesse et l’affaiblissement du pouvoir royal le plongèrent dans une anarchie déplorable, qui finit par le livrer à la merci de ses ennemis. — Jean Casimir (1648-1668) ne manquait pas d’énergie; mais l’opposition de la noblesse paralysait l’activité de ce prince. Etablissement du liberum veto dans les diètes générales (l’an 1652); par ce veto une seule voix pouvait arrêter les délibérations de l’assemblée. Guerre contre les Cosaques de l’Ukraine (1654-1656); intervention des Russes, qui s’emparent de Smolensk. Abdication do la reine Christine de Suède en faveur de Charles X (voyez page 242). Jean Casimir réclame la Livonie. Guerre contre la Suède (1655-1660). Conquêtes de la Pologne par Charles X, bataille de Varsovie : les Polonais sont défaits après un combat de trois jours (l’an 1655). Alliance entre l’empereur L^pold, le Danemark, le

LE DANEMARK

conclue avec Charles X, il abandonna ses prétentions sur le trône de Suède, et céda à ce prince la Livonie, l’Esthonie et l’ile d’Oesel. La guerre qui avait recommencé contre les Russes, se termina par la perte de vastes territoires et de tout le pays des Cosaques, situé au-delà du Dnieper. — Jean Casimir n’avait pas d’enfants; il abdiqua dans l’espoir de faire élire pour son successeur le prince de Condé, parent de sa femme. Mais la noblesse éleva sur le trône Michel, descendant de l’ancienne dynastie des Jagellons. Ce prince faible ne sut pas faire respecter son autorité par la noblesse ; il aurait succombé dans une guerre contre les Turcs, sans la bravoure de Jean Sobieski, qui gagna sur lès ennemis la grande bataille de Choczim. Cette victoire t^alut à Sobieski les suffrages de la noblesse, qui le nomma roi après la mort de Michel.

Jean Sobieski se distinguait autant par sa piété que par son héroïsme ; sous son règne, la Pologne jeta son dernier éclat. Il fut d’abord contraint de conclure la paix avec les Turcs ; mais il la rompit de nouveau, lorsqu’ils attaquèrent Vienne. Il accourut au .secours de cette ville, força les assiégeants à se retirer et les poursuivit jusqu’en Hongrie, où il leur fit essuyer une terrible défaite. La noblesse.

prince-électeur de Brandenbourg et Jean Casimir (l’an 1657) : la PruM», qui était un flef de la couronne de Pologne, passe sous la souveraineté du princeélecteur de Brandenbourg. Paix d'Oiiva (l’an 1660). Guerre contre les Russes (1654-1667). Jean Casimir remporte plusieurs grandes victoires sur les Russes, il les chasse de Wilna et de Mohiiew et les poursuit jusqu’au delà du Dniéper. La paix est signée à Andruiiow : le Dnieper est fixé comme limite entre les deux pays. Abdication de Jean-Casimir, qui se retire en France (l’an 1668). — Election tumultueuse de Michel It'fejnoujiecA-i , qui n’à d’autres titres que sa descendance d’un frère de Jagellon (1668-1673). La haute noblesse le méprise, mais il est soutenu par la noblesse de second ordre. Insurrection des Cosaques, qui appellent les Turcs à leur secours. Sobieski est nommé général en chef; malheureusement, il ne parvient pas h réunir une armée suffisante, à cause de l’opposition des nobles. .Michel conclut une paix honteuse (l’an 167i); la diète refuse de la ratifier et la guerre continue. Victoire de Choczim, remportée sur l’armée turque par Sobieski, le jour même de la mort de Michel (l’an 1673). — Jean Sobieski, qui avait lui-méme proposé le prince de Condé, fut élu. Il était digne du trône par sa bravoure et ses vertus. La guerre contre les Turcs continue; mais le roi, mal secondé par la noblesse, est oblige de demander la paix et Tobtieiit en

ayant refusé de faire des sacrifices pour continuer la guerre, il se vit obligé de contracter une alliance avec les Russes en leur cédant toute la petite Russie, ainsi que les contrées arrosées par le Dniéper. Il mourut avant d’avoir pu terminer la guerre contre les Turcs. Le princeélecteur de Saxe, Auguste 11, se fit nommer par les électeurs, en leur distribuant de fortes sommes d’argent. Une partie de la noblesse s’était d’abord prononcée contre cette élection, qui augmenta encore ses privilèges et qui précipita la Pologne dans de grands malheurs, en l’entraînant dans une guerre contre Charles XII de Suède.

La RUSSIE jusqu’à l’avénement de pierre-le-grand (1613-1689). — Une nouvelle ère commengapour la Russie avec la dynastie de Romanof. Michel /**■ mit fin à l’anarchie qui désolait ce pays depuis plus de vingt ans. Attaqué à la fois par Gustave- Adolphe, roi de Suède, et par Sigismond III, roi de Pologne, qui avait pris le titre de czar de Russie, il fut défait et ne put obtenir la paix qu’en abandonnant à la Suède les provinces baignées par la Baltique, et à la Pologne celle de Smolensk. La cession de cette dernière province fit éclater, dans la suite, de nombreuses guerres entre les Polonais et les Russes; une ten-

cédant l’iikrai ne et la Podolie l’an I(i7ü). Il conclut une alliance avec l'empereur Léopold (l’an 16S:t;. Siège de Vienne par les Turcs: cette ville est sauvée par Sobieski (voyez chap. X). Nouvelle guerre contre les Turcs (1684 1699). Désunion dans la noblesse polonaise; elle refuse de faire des sacriflces pour la guerre, et Sobieski est forcé de rechercher l’alliance de la Russie (l’an 1686) : Smolensk, Tcherningov, la petite Russie et la ville de Kiev, en sont le prix. Sobieski reconquiert la Podolie, mais il meurt avant d’avoir terminé la guerre (l’an 1696). La noblesse ne donne pas le trône a son MaJacqw, mais elle le vend k prix d’argent au prince-électeur de Saxe Àugutte II. Un parti, à la tête duquel se trouve le primat, éiit le prince de Contl. Auguste II parvient cependant à se faire reconnaître par la généralité des Polonais; mais son autorité sur ia noblesse est nulle, et l’anarchie va en augmentant. Il signe la paix de Carlowilz avec les Turcs (l’an 1699j. Une alliance contractée avec Pierre-le-Grand et le Danemark implique Auguste II dans la guerre contre Charles XII, roi de Suède.

Czars de Bussie : Michel 1 (1613-1646). — Alexis (1645-1676). — Féodor 111 (1676-1682). — Iwan V et Pierro-le-Grand, sous la régence de Sophie, soeur do ces princes (1682-1689). — Pierre-le-Grand (1689-1’’25).

Fin des guerres intestines en Russie, et avènement de la dynastie Borna-

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tative faite par Michel I®*" pour la conquérir, échoua complétement. Ce prince travailla alors à relever la prospérité intérieure de la Russie. Dans ce but, il conclut un traité de commerce avec la Perse. L’état des finances réclamait aussi ses soins. Pour les relever, il fut obligé d’augmenter les impôts; mais cette mesure provoqua des révoltes à Moscou et dans plusieurs grandes villes de la Russie. — Alexis parvint à rétablir la tranquillité. Il profila d’une insurrection des Cosaqxies de l’ilkraine contre le roi de Pologne, Jean Casimir, pour faire la conquête de Smolensh et étendre sa domination sur les Cosaques, reculant ainsi les frontières de son empire jusqu’au Dniéper. Il fut moins heureux dans une guerre contre la Suède et ne put conserver la Livonie, qu’il avait conquise. — Une guerre contre les Turcs remplit tout le règne de Féodor III, fils et successeur d’Âlexis, qui maintint cependant sa domination sur rUkraine ou la Petite-Russie. Ce prince eut encore le mérite de restreindre considérablement les privilèges de la noblesse. N’ayant pas eu d’enfants, il destinait le trône à Sbn frère Pierre; mais sa sœur Sophie, femme*ambitieuse, profita de la minorité du jeune prince pour faire proclamer son frère Iioan I V, dont la faiblesse

no^au trOne (voyez plus haut, page 151). Michel I eut de la peine h se maintenir. |I lui failut soutenir de iongues guerres contre les rois de Suide et de Pologne, qui élevaient des prétentions sur la couronne de Russie (voyez plus haut, pag. 14i et 147). Guerre contre Guttavt-Adolphe de Suède (1619-1617) : elle se termina par la grande victoire de Pikow, gagnée par les Suédois et suivie de la paix de Siotbowa, par laqueile Michel renonça & la Carélie, a l’ingrie et h la Livonie. Guerre contre le roi de Pologne Wladislav IV, flis de Sigismond III (16*9-1617). Wladislav Unit par renoncer au titre de czar de Russie, mais ii obtint en compensation les vastes provinces de Smolensk’, de Tchernigov et la Sévérie. Ambassades envoyées on Perse (1618-1699). Nouvelle guerre contre la Pologne et siège de SmofcnaA (1639-1684). Michel est repoussé et conclut la paix avec Wladislav. — Alexii (1645-1676), qui n’avait que seize ans a la mort de son père, abandonna le gouvernement a son favori Uorosof. Mécontentement du peuple a cause des impôts; des troubles éclatent a Moscou, a Novgorod nt dans d’autres villes. Le Czar abolit plusieurs impôts, après avoir congédié Morosof, et la tranquillité se rétablit d’an 1659). Guerres contre la Pologne (1654-1667). Les Cotaque* de l’Ukraine se placent sous la protection du Czar, qui proflte de cette occasion pour s’emparer de Stnolentk (l’an

d’esprit lui permettait de s’emparer du gouvernement en s’appuyant sur la garde impériale, qui portait le nom de Strélitz et qui se composait en grande partie de nobles. Lorsque Pierre eut atteint sa majorité, il réclama le trône. Sophie, qui avait formé le projet de le faire assassiner avec l’aide des Strélitz, fut enfermée dans un couvent, et Pierrele- Grand prit les rênes du gouvernement. Une ère nouvelle commença alors pour la Russie.

La suède jusqu’à l’avénement de Charles xii (1648- 1697). — Le traité de Westphalie avait élevé la Suède au premier rang parmi les Etats du nord de l’Europe et lui avait valu en outre une grande influence en Allemagne. Mais la guerre de Trente-Ans avait épuisé ses finances, et la reine ChristinCf qui avait succédé à son père Gustave- Adolphe. aimait trop les lettres et les beaux-arts pour songer à faire des économies. Sa cour brillante fut le rendez-vous des savants et des artistes de tous les pays de l’Europe. Ils y trouvèrent un accueil généreux et furent comblés d’honneurs et de bienfaits. Son .esprit pénéwant, ses études sérieuses et ses rapports avec plusieurs savants catholiques, entre autres avec le philosophe Descartes, qui séjourna longtemps en Suède, ayant convaincu la reine Christine de la fausseté du protestantisme, elle résolut de

1 664) : la guerre dure treize ans et se termine par la paix d'Andrussoio, qui laisse les Russes en possession de l’Ukraine (voyez page 237). Guerre con~ Ire la Suide (1656-1661). Conquête de la Carélie, de l’Ingrie et prise de Dorpat par les Russes, qui échouent devant Riga (l’an 1657). En faisant la paix, Alexis dut renoncer à ses prétentions sur les provinces baltiques. — Alexis, en mourant, laissait trois fils, Féodor, Itoan et Pierre. L’atnë, Féodor [II, lui succéda (1676-1682). Guerre contre les Turcs, qui s’étaient emparés de l’Ukraine (1676-1681). Les Russes les en expulsèrent et gardèrent définitivement une partie de ce pays. Un des principaux privilèges de la noblesse russe était appelé Mestnitscheslwo. Voici en quoi il consistait : lorsqu’un noble russe avait occupé un emploi public, ses descendants ne pouvaient ètie nommés à des fonctions dans l’exercice desquelles ils auraient été soumis à quelqu'un dont les ancêtres avaient rempli une charge moins élevée d’un degré. Ce privilège avait occasionné de nombreuses con- . testations et avait eu de funestes conséquences. Le Czar l’abolit dans une assémblée générale des Grands, tenue à Moscou (l’an I682). Féodor désigna son frère Pierre, âgé de dix ans, pour lui succéder. Intrigues de sa sœur Sophie, qui fit proclamer son frère luxin IV, après avoir gagné les

LE DANEMARK

rentrer dans le sein de l’Eglise catholique. Mais elle rencontra une si vive opposition chez la noblesse et chez le clergé protestant, qu’elle se décida à abdiquer en faveur de son cousin, Charles-Gustave, prince de Deux-Ponts. Ce fut en Allemagne qu’elle abjura le protestantisme; de là elle se rendit à Rome, où elle vécut encore trentecinq ans, s’occupant presque exclusivement d’étude et de beaux-arts.

Charles X, premier roi de la maison de Deux-Ponts en Suède, prit pour modèle Gustave-Adolphe ; comme ce prince, il ne songea qu’à faire des conquêtes et déclara tour à tour la guerre à la Pologne, à la Russie et au Danemarh. Après avoir conquis la Pologne sur Jean- Casimir, il tourna ses armes contre le roi de Danemark, Frédéric III, auquel il dicta la paix de Rœskild. Alexis, czar de Russie, avait profité de ces guerres pour attaquer les provinces baltiques ; mais il dut rendre les conquêtes qu’il avait faites en Livonie. Le peu de résistance que Charles X avait rencontrée dans le Danemark, le porta à recommencer la guerre contre cette puissance. Il finit par mettre le siège devant Copenhague; mais les habitants se défendirent avec succès. Ce prince belliqueux mourut pendant la guerre, laissant le trône à son fils Charles Xl

Strélitî, et qui s’empara du pouvoir.au nom de ces deux princes (IG8î- If- 89). Elle gouverna avec énergie et conclut une alliance avec le roi de Pologne, Sobkski (l’an I68ü), qui renonça definitivenv'nt aux provinces cédées autrefois à la Russie (voyez page -238). MajoMé de Pierre. Une conspiration est tramée contre sa vie, mais elle est decouverte, et les conjurés sont punis. -Pierre-te-Grand monte sur le trône de Russie j’an 1689).

Souverains de Surefe : (Christine (1032-165*). — Charles X (1054-1660).-- Charles XI (1660-1697).

La Suède après la pfiix de Wesiphalie (voyez plus haut, page 146). Christine joignait à un esprit distingué une éducation soignée. Elle connaissait les langues et les littératures tant anciennes que modernes; elle aimait les beaux arts et se plaisait surtout dans la société des savants, qui de tous les pays de l’Europe, se rendaient à sa cour de Stockliolm. Mais son goût pour les lettres et les beaux arts l’entraîna dans de grandes dépenses, qui épuisèrent les flnances de l’Etat. Le méconte.ntemem augmenta encore à cause de la préférence marquée qu’elle témoignait pour la haute noblesse. Ello distribua h cette dernière une partie des domaines de la couronne et lui confia presque exclusivement tous les emplois importants. Christine, dé-

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âgé seulement de cinq ans. La mère du jeune roi prit les j rênes du gouvernement : elle conclut avec le Danemark \&paix de Copenhague sur les bases de celle de Rœskild, et avec la Pologne la paix à'Oliva, qui laissa la Suède en possession de toute la Livonie ; enfin elle signa avec la Russie la paiæ de Cardis, qui confirma les traités antérieurs. La Suède conserva ainsi sa prépondérance dans le nord et prit une part active aux guerres allumées par l’ambition de Louis XIV. Charles XI accepta l’alliance que lui offrait ce monarque et s’engagea dans une guerre contre le prince-électeur de Brandenbourg, la Hollande et le Danemark. La Suède perdit une partie de la Poméranie, mais elle conserva dans la paioo de Lund, conclue avec le Danemark, toutes les contrées qui lui avaient été cédées par la paiæ de Rœskild. L’opposition de la noblesse de second ordre, jointe aux deux autres Etats du royaume d’une part , contre la haute noblesse de l’autre , amena un changement important dans la constitution du royaume. Les Etats conférèrent au roi un pouvoir absolu ; il en usa pour se mettre en possession des biens de la coufonne qui avaient été aliénés. La puissance de la haute noblesse fut

got^tée (les aflaircs et de plus convaincue de la vérité de la religion catholique, se décida k abdiquer (l’an 1654), après avoir fait reconnaître pour son successeur son cousin Charles-Gunlave de Deux-Ponts. Elle fit son abjuration publique k inspruck; puis elle alla se fixer k Rome, où elle mourut à l’àge de soixante-trois ans (l’an 1689). — Charles X (1654-1660), prince belliqueux, ne déposa guère les armes pendant son règne. Alliance avec le prince-électeur de Brandenbourg Frédéric-Guillaume Guerre contre la /’o/ogna (1655-1658) et conquête de ce pays (voyez plus haut, page i36,. Charles X cède au prince-électeur de Brandenbourg la souveraineté du duché de Prusse. La Pologne re|jrend son indépendance, et Jean-Casimir' ratiiio la cession de la Prusse au prince-électeur de Brandenbourg, qui abandonne l’alliance de la Suede (l’an 1657). Guerre contre la /tmsi>( 1656- 1658): conquêtes dos Russes; la paix est renouvelée (voyez plus haut, page 240). Première guerre contre le fJ'jnrmarA' (16.57-1658) ; conquête (les Iles danoises et paix de Itœskitd (l’an 1658). Seconde guerre contre le Danemark (I OoS- 1 060) et guerre contre la Hollande, la Pologne et la Russie. Siège de Copenhague et mort subite de Charles X (l’an i660). — Minorité de Charles XI (1660-1672). La paix est conclueavec le Danemark, la Pologne et la Russie. La Suède joua un rôle important dans les guerres contre la France pendant le règne do Louis XIV (voyez plus haut, page 180), d’abord comme membre de la Triple- Alliance (l’an 1668), et peu k près comme alliée de la France

liA GRANDE QUERRE DU NORD.

ainsi brisée, et Charles XI put laisser à son fils Charles XII un riche trésor, avec une armée bien organisée.

U. — CHARLES XII ET LA GRANDE GUERRE DU NORD. (lC07'< 7 48.)

Les premières guerres de Charles xii ( 1697 - 1708 ). — Charles XII, devenu roi à l’âge de quinze ans, était un de ces hommes extraordinaires qui ne reculent devant aucun obstacle; brave jusqu’à la témérité et doué de toutes les qualités d’un grand général; il ne lui manquait que la prudence pour mériter d’être placé au rang des plus grands conquérants du monde. L’occasion de montrer ses talents militaires se présenta bientôt : les anciennes inimitiés du Danemark, de la Pologne et de la Russie à l’égard de la Suède n’étaient pas éteintes ; ces puissances formèrent contre Charles XII une coalition formidable. Auguste II de Pologne envahit la Livonie, Frédéric IF de Danemark attaqua le duché de Sleswig , et Pierrele-Grand mit le siège devant Narva. Mais Charles XII débarqua avec une armée dans l’ile de Seeland et dicta au roi de Danemark la paix de Travendahl, sous les

dans la guerre contre la Hollande (1 672-1 (>69J. Guerre contre le prince électeur de Brandenbourg ; bataille de Ferhbellin, dans laquelle les Suédois essuyèrent une défaite complète (l’an 1675). Quelque temps après, ils se virent enlever la plupart de leurs possessions en Allemagne (1676-1678). Victoires des flottes réunies du Danemark et de la Hollande sur les Suédois. Mais Louis XIV, par la paix de Si-Germain en Laye (l’an 1679), força le prince-électeur de Brandenbourg à rendre ses conquêtes è l'exception de la Poméranie orientale, qui fut réunie à la Prusse. Paix de Lund aven le Danemark sur les bases de celles de Roeskild et de Copenhague H’an 1679). Cbangcment de la constitution du royaume. Le roi obtient un pouvoir absolu, et la puissance de la haute noblesse est brisée par l’elTet des résolutions prises dans plusieurs diètes (l’un 1693). Amélioration des finances, prospérité industrielle et commerciale de la Suède; organisation d’une forte armée et d’une marine militaire considérable. Charles XI ne prit qb’une part indirecte è la nouvelle guerre contre Louis XIV ; ce fut cependant par sa médiation que la paix de Jiyswick fut conclue (voyez plus haut, page 187).

IL A consulter : Adlerfeld, Histoire militaire de Charles XII, traduit du suédois. Amsterdam, 1740,4 vol. — Frédéric 11,* Aé/Zeurtona rur las tafanfa militaires et le caractère de Charles XII, Berlin, 1786.

Vharlee Xll fut déclaré majeur k la mort de sou père, quoiqu’il ne fût ègé

HISTOIRB UNIVERSETJ.E.

murs mômes de Copenhague. A la tête de huit mille hommes seulement, il défit et dispersa, à la bataille de Narva,\xne armée russe forte de quatre-vingt mille hommes et entra ensuite en Pologne. La prise de Varsovie et la victoire de Clissoto lui livrèrent tout le pays ; il y éleva sur le trône Stanislas Lesczinski ; mais cet acte mécontenta une partie de la noblesse polonaise et l’entraîna dans une longue guerre contre Auguste II de Saxe : il finit cependant par forcer ce dernier à renoncer à la couronne de Pologne et à reconnaître Lesczinski. Pierre-le-Grand avait profité de ces circonstances pour s’emparer de l’Ingrie, de l’Esthonie et de la Livonie et pour jeter les fondements de la ville de Pétersbourg à l’embouchure de la Néva. Les Russes avaient encore envahi la Lithuanie; Charles XII les en expulsa et marcha à la tête d’une armée considérable contre le czar, dont il rejeta toutes les propositions de paix, ne voulant négocier, disait-il, qu’à Moscou.

Revers de Charles xii. sa mort ( 1707 - 1718 ). — Les succès qui jusqu’alors avaient couronné toutes les entreprises de Charles XII lui inspirèrent une telle confiance dans ses forces qu’il n’hésita point à s’engager dans une

que de tSans (l’aii 1697). Ses brilhintes qualités se manirestèrent aussitôt qu’il fut parvenu au trône. Les trois puissances ennemies de la Suède, le Danemark, la Pologne et la Itufsie, s'unirent pour attaquer le jeune prince (l’an 1699). Frédéric IV de Danemark désirait rompre la paix de Copenhague, le roi de Pologne, Auguste II, voulait reconquérir la Livonie, et Pierre-le-Grand cherchait k obtenir un port de mer sur les côtes de la Baltique, potir ouvrir à la Russie le commerce sur cette mer. Une armée polonaise est envoyée dans la Livonie sans déclaration de guerre (l'an 1700); le roi de Danemark attaque le duc de Holtiein, beau-frere de Charles XII, et Pierre-le-Grand marche contre Nana. Activité de Charles XII, qui expedie des secours k son bcau-frére et attaque Copenhague avec une telle vigueur que, six semaines après, le roi de Danemark est contraint d'accepter h paix de Tratendahl {V AU 1700). Il s'embarque pour l’Ingrie et remporte sur les Russes la brillante cictoir* de Narra, dans laquelle 30,000 Russes sont faits prisonniers par 8000 Suédois. — Guerre contre la Pologne (1701-1706). Victoire de /tiga sur Auguste 11 (l'an 1 701), qui demande la paix. Charles XII envahit la Pologne; prise de Varsovie et victoire de CIikjop (l’an 1702); prise de Cracovie et de Thorn ; victoire de PuUuck et conquête de la Prusse (l’au 1703). Charles Xll prononce la déchéance d’Auguste II du trône do

LA (JRANÜt; GUERRE DU NORD. 245

lutte inégale, où il devait finir par succomber. Sa témérité et l’obstination qu’il mettait à poursuivre son plan malgré des difficultés insurmontables, furent les causes de ses désastres. Après avoir défait les Russes sur le Dniéper, il marchait sur Smolensk avec le projet d’aller attaquer Moscou, lorsque l’invitation de Mazeppa, chef des Cosaques de V Ukraine^ le décida à se rendre dans ce dernier pays. Il perdit une grande partie de son armée dans sa marche à travers des contrées désertes et dévastées par les Russes, qui étaient parvenus à soulever contre Mazeppa les Cosaques eu.\-mémes. Charles XII attaqua cependant la ville de Pultaioa avec les débris de son armée ; mais Pierre-le-Grand vint lui livrer bataille sous les murs de cette ville avec une armée nombreuse, et lui fit essuyer une terrible défaite. Le roi de Suède n’échappa qu’avec peine, après des prodiges de valeur ; il se réfugia sur le territoire turc, dans la ville de Bender.

Trop fier pour retourner en fugitif et sans année dans ses Etats, il resta pendant cinq ans dans sa retraite, négociant sans cesse auprès du sultan pour tâcher d'armer la Turquie contre les Russes. 11 y réussit enfin : une arméeî turque envahit la Moldavie et rencontra le czar sur les

Pologne et l'orce la noblesse d'élire le comte Stanislas Lesrzinski, gouverneur de Posen (l’an 1704j. Mécontentement d’un grand nombre de nobles |X>lonais, qui soutiennent Auguste 11 et le mettent en état de continuer la guerre. Charles Xll chasse enfin lo» Saxons de la Pologne, envahit la Saxe et oblige Auguste 11, sous les murs de Dresde, h signer la paix d'Aliranstedt (l’an 1700). — Conquêtes de l'ierre-te-Grand : lise rend maître de ringrie et commence la construction de Pélersbourg [Van 1703). Les Russes pénétrent ensuite dans la Courlande (l’an 1705) et occupent définitivement îes provinces de la Basique. Ils envahissent la Lithuanie, mais Charles XII les force b se retirer (l’an 1707). Grands armements pour la guerre contre les Russes. Pierre-le-Grand négocie: tel était le prestige qui entourait lu roi de Suède, que le czar, malgré la supériorité de ses forces, n’osait s’engager dans une guerre contre lui. Charles Xll repousse les négociations.

Campagne de Charles Xll en Hussie (1708-1709); Il est détourné do sa marche sur Smolensk, d'abord par les dévastations des Russes et ensuite (Kir les propositions de Mazeppa, hcinian des Cosaques de l’Ukraine, qui lui promet do se joindre à lui avec 30,000 hommes. Il se dirige à marches forcées vers l’Ukraine. Revers du général Lœsoenhaupt, qui devait rejoindre le roi b Smolensk avec une armée et des provisions : il perd la bataille de U. UMV. V.

HISTOIRE UNIVERSELI.E.

bords du Pruth ; mais le grand-visir se laissa gagner par des présents et conclut la paix. Charles XII persista encore dans ses projets et continua de négocier jusqu’à ce qu’enfln le sultan lui enjoignit de quitter la Turquie. Il refusa d’obéir à cet ordre et fut expulsé de force. Sa longue absence de la Suède avait servi les desseins de ses ennemis, et l’alliance entre la Russie, le Danemark et Auguste II de Saxe avait été renouvelée ; le roi de Prusse Fré.déric- Quillaume J” y était aussi entré. Auguste II avait fait la conquête de la Pologne, d’où il avait expulsé Stanislas Lesczinski , et Pierre-le-Grand s’était rendu maître de toute la Livonie, de l’Esthonie et d’une partie de la Finlande. Il est vrai qu’une attaque du roi de Danemark contre la Scanie avait été repoussée ; mais le roi de Prusse s’était emparé de la plus grande partie de la Poméranie et assiégeait Stralsund, lorsque Charles XII arriva dans cette ville, accompagné d’un seul aide-de-camp. Incapable de lutter contre tous ses ennemis à la fois , il négocia la paix avec Pierre-le-Qrand, auquel il laissa toutes ses conquêtes. Libre de ce côté, il tourna ses armes contre le Danemark et la Prusse et pénétra dans la Norwége pour

avec toutes ses provisions, et n’amène à Charles XII que les débris de son armée. Les Russes gagnent les Cosaques de l’Ukraine et dévastent les contrées par où doit passer le roi de Suède. Charles XII perd la moitié de son armée par le froid, la faim et les maladies. Il arrive devant PuUawa, qu'il assiège. Arrivée de Pierre-le-Grand à la tête d’une nombreuse armée; bataille meurtrière de PuUaioa (l’an 1709) : défaite des Suédois; 14,000 hommes sont faits prisonniers par- les Russes. Charles XII se sauve avec quelques cavaliers et se réfugie sur le territoire turc, è Bender. Son séjour en Turquie (1709-1714). Il négocie à Constantinople, cù il envoie le général Poniatowski, pour décider le sultan Ahmet III è déclarer la guerre aux Russes. Une armée turque envahit la Moldavie (l’an 1711) sous le commandement du Grand-Vizir; déjà elle cernait le czar et l’armée russe sur les bords du Psuth, lorsque l’impératrice Catherine donna le conseil de gagner le Grand-Vizir, en lui envoyant tous les joyaux qu’elle avait apportés avec elle. Ce moyen réussit; les Turcs conclurent la paix à la condition qu’on leur abandonnât la ville d’Asow. Le sultan ordonne au roi de Suède de quitter ses Etats. Charles XII s’obstine à rester encore trois ans; il ne cède qu’à la force et après avoir défendu, les armes à la main, contre tout un corps d’armée turc la maison qu’il habitait (l’an 1714). La Suède perd presque toutes ses possessions en Allemagne et sur les bords de la Baltique. La Prusse, l’Angleterre et le Hanovre se joignent aux ennemis de Charles XII. Siège

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