‹ Cours complet d'histoire universelle à l'usage des collèges et des maisons d'éducationChapitre 35 sur 107 · LA RUSSIE SOUS PIERRE-LE-GRAND · texte numérisé non relu

LA RUSSIE SOUS PIERRE-LE-GRAND

' des recrutements réguliers ; des officiers, venus de Hollande, d’Angleterre et d’Allemagne, y introduisirent la tactique européenne. L’administration civile fut réglée d’après le système de centralisation : des collèges se partageaient les différentes branches des affaires publiques ; ils dépendaient d’un sénat, qui était composé des présidents des collèges et d’un certain nombre de membres nommés directement par l’empereur. Celui-ci se réservait le pouvoir suprême absolu, législatif, administratif et judiciaire ; mais, comme il ne pouvait pas tout faire par luimême, il ouvrit la porte à tous les abus d’une bureaucratie nombreuse et qui finit par devenir toute-puissante. La création d’un système régulier d’impôts directs et indirects et l’augmentation des richesses, suite du développement de l'industrie et du commerce, relevèrent les finances de l’Etat. Des étrangers attirés en Russie par l’empereur y élevèrent de nombreuses fabriques, et le commerce russe pfit un grand essor lorsque les ports de la Baltique et de la mer Noire lui furent ouverts. — Pierre-le-Grand, qui avait complètement transformé l’administration intérieure de son empire, ne respecta pas non plus l’ancienne organisation de X Eglise russe; il dépouilla

dance dont elle a joui jusqu’alors ; l’armée forme, à partir de ce moment, la principale force de la Russie. — L’administration civile, réglée d’après les mêmes principes que l’organisation de l’armée, laissait beaucoup à désirer ; elle était entachée de tous les defauts d’un régime bureaucratique, dans lequel tout se fait d'après des règles prescrites sans égard pour les vrais besoins du peuple. — L’éjlise ru»ie perdit tout ce qui lui restait encore d’indépendance et de vie propre, et l'administration ecclésiastique fut assimilée é l’administration civile et militaire. Abolition de la dignité de patriarche, après la mort d'Adrien (l’an 1700); in.stitutioii du Saint-Synode (l’an 17i1), qui est composé de prélats et de membres laïcs, tous nommés par l’empereur et entièrement dépendants de lui. L’empereur conserve la direction suprême de toutes les allaires ecclésiastiques, ainsi que l’administration de tous les biens appartenant aux couvents. — Pierre-le-Grand s’attribua un pouvoir suprême absolu : il anéantit l’influence exercce jusqu’alors par les bolars sur la succession au trène, qu’il mit pour la suite a la disposition du souverain. Révolte de son Ris Alexis, qui quitta ia Russie et se rendit à Naples. Il revint sur la promesse d’une amnistie; mais il fut traduit, par ordre de l’empereur, devant un tribunal, déclaré coupable du crime de haute trahison, et eut la tête tranchée dans la citadelle do Pétersbourg. Mort de

le patriarche de Moscou de son autorité suprême et la confia au Saint-Synode, dont il nommait lui-méme les membres et qui dépendait entièrement de lui. Son fils Alexis s’étant montré ouvertement hostile à toutes ces innovations , il le fit condamner à mort et exécuter. Il porta alors une loi qui attribuait à l’empereur le droit de régler la succession au trône ; mais il mourut sans avoir rien déterminé à cet égard, laissant trois filles et un petitfils encore mineur du nom de Pierre. Sa veuve Catherine lui succéda.

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