‹ Cours complet d'histoire universelle à l'usage des collèges et des maisons d'éducationChapitre 36 sur 107 · I. — l’eUI'IRE germanique jusqu’à La MOUT UE CHARLES VI · texte numérisé non relu

I. — l’eUI'IRE germanique jusqu’à La MOUT UE CHARLES VI

L’ALLEMAGNE après la guerre de trente -ANS. — La guerre de Trente-Ans avait complètement ruiné. l’Allemagne : des contrées entières étaient dépeuplées ; les villes libres impériales étaient déchues de leur ancienne prospérité, et même la plupart d’entr’elles se trouvaient réduites

Pierre-le-Grand H’an 1725): il laissait trois filles, Amie, Elitabeih et Nalutie et un petit-fils encore mineur, Pierre, fils du prince Alexis. Son frere Iwan V avait aussi laissé trois filles : Catherine, Anne et Praskowijah.

DcvcloppcmcntM. — A consulter : Les ouvrages do Menzel et Léo (on allemand). Scluell. Cours d’histoire moilerne. CanUi, Histoire universelle. Mailath, Histoire de l'Autriche, vol. 4-5. Stonzel, Histoire de la Prusse, vol. 2-5. Heermann, Histoire de la Russie, vol. 5-6 (dans la collection Heeren Cl l'Uert).

1. Empereurs ; Ferdinand III (f 637-1657;. Léopold 1 (1657-1705) Joseph 1 (.705-1711). Charles VI (1711-1740).

Etat malheureux de l’Allemagne après la guerre do Trente-Ans. La po ljulation était réduite de plus de moitié; une grande partie du pays, au nord, était changée en un véritable désert. Des bois et des bruyères couvraient d'immenses étendues de terrains autrefois cultivées. Des villes et des villagcs-avaieut entièrement disparu, ou bien ne se com|X)salant plus que

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à la plus affreuse misère. La dissolution de la ligue hanséatique entraîna la décadence du commerce et de l’industrie, qui passèrent entre les mains des Hollandais, des .Anglais et des Suédois. Le traité de Wcstphalie, d’autre part, avait rompu définitivement X%nité politique de l’Allemagne. L’empire n’existait plus que de nom; de fait il ne formait qu’un Etat fédératif composé d’un grand nombre de principautés souveraines et complètement indépendantes. Chaque empereur, lors de son élection devait promettre de ne pas attenter à leurs droits et privilèges, lesquels étaient consignés dans un document appelé capitulation perpétuelle . Une TÈLiôte permanente fut établie à Ratisbonne . Elle avait pour fonction de veiller aux intérêts communs de l’Allemagne; mai^,'‘la plupart du temps, ses décisions restaient sans effet, parce qu’elle n’avait pas les moyens de les faire respecter. En outre trois maisons princières d’Allemagne obtinrent des couronnes royales : Auguste //, prince-électeur de Saxe, fut élu roi de Pologne-, Georges Z®’’, prince-électeur de Hanovre, hérita du trône ^Angleterre après la mort de la reine Anne, et Frédéric, prince-électeur de Brandenbourg , prit le titre de roi de Prusse du consentement de l’empereur Léopold La rivalité entre la Prusse et V Autriche ne tarda pas à se manifester, la première de ces puissances était protestante, tandis que l’Autriche avait conservé un

d’un pclil nombre de misérables cabanes. Leurs habiluiits avaient à combattre presque continuellement contre les loups et autres hôtes féroces qui s’étalent prodigieusement multipliés pendant et depuis la guerre. — Décadence du commerce et de l’industrie ; dissolution définitive de la ligne hbntéalique. Grande puissance commerciale de V Angleterre et de la Hollande (voyez plus haut. chap. Vil). Dissolution politique de l’empire d’Allemagne; anéantissement du pouvoir impérial par l’adoption de la rnpiiulation perpétuelle et par l’institution de la diète permanente , composée do 240 membres; le nombre des Etats de l’empire s’élevait h 370. En vertu de la capitulation, il était défendu de procéder du vivant d’un empereur b l’élection de son successeur ; en outre tous les différends entre l’Empereur et l’un des Etats de l’Empire devaient être soumis il la diète. L’éiévation des trois maisons princières de Saxe, de Hanovre et de Brandenbourg h la dignité royale contribua encore ti diminuer l’autorité de l'empereur, qui eut désormais un rival dangereux dans le roi de Pruese, devenu le chef de rAlIcmagne pro-

H. catv. V.

ktsToitiE üniVersblLë.

attachement inébranlable à la foi catholique. C’est ce qui acheva la division religieuse et politique de l’Allemagne. ■La guerre de Sept-ans la remlit définitive, en élevant la • Prusse presqu’au rang de sa puissante rivale, qui avait déjà été affaiblie par la longue guerre de succession après la mort de l’empereur Charles VI. L’empire allemand cessa ainsi de figurer parmi les grandes paissances européennes. A côté de l’Autriche et de la Prusse se plaçaient encore la Saxe et la Bavière , mais seulement comme Etats de second ordre. Les autres princes laïcs ou ecclésiastiques , et les villes , qui en très-petit nombre avaient pu conserver leur indépendance, perdirent pour la plupart jusqu’au sentiment de nationalité, à tel point qu'ils n’hésitèrent pas à faire cause commune avec Louis XIV contre l’Autriche.

L’aUTRICHE et l’empire JUSQO’a la guerre de IA SUC- CESSION d’espagne (1648-1701). — L’empereur Ferdinand IJI avait immensément mérité de l’Allemagne en lui rendant la paix. Il mourut neuf ans après la conclusion du traité de Westphalie. Son fils Léopold /«'■ lui succéda et occupa le trône pendant près d’un demi-siècle. Ce prince

testante. AfTaiblissement de la nationalité allemande. L’empire cesse d’étre compté comme tel au nombre des grandes puissances occidentales, parmi lesquelles l’Autriche et la Prusse prennent rang.

Ferdinand III (1ti37-1t>57), qui dans la guerre de Trente-Ans avait fait preuve do bravoure et d’énergie, fut le principal auteur du traité de Westpbalie (voyez plus haut, page 169) : son caractère conciliant lui avait attiré l'estime de tous les princes allemands. Il mit toute sa sollicitude à réparer les maux que la guerre de Trente-Ans avait causés h l’Aliemagne. Sa mort (l'an 1657). — Intrigues de Mazarin pour faire élire Louis XIV empereur: Léopold l fut élu a l’unanimité. Le nouvel empereur était bon, loyal et pieux, mais incapable de lutter contre un rival tel que Louis XIV, qui avait encore gagné le comte de Lobkowitz, ministre et favori de Léopold. Guerres de Louis XIV contre l'Allemagne (voyez plus haut, pag. 180-191). Pendant que les Français enlèvent à l’empire plusieurs de ses plus belles provinces occidentales et détruisent sur le Rhin les grandes villes qui formaient comme un boulevard contre la France, les Suédois et les Turcs en envahissent le nord et l’est. Une armée suédoise envahit et ravage le Brandenbourg (l’an 1671), pendant que le prince-électeur se trouve occupé avec son armée à combattre les Français sur les bords du Rhin. L’électeur revient à i’improviale et gagne la Oalatlle de Fehrbellin (l’an 167<‘>) ; presque toute la Pomé-

l’aUTRICHE jusqu’à la mort de CHARLES vt. 255

n’avait pas assez d’énergie et d’habileté ppur défendre avec succès les intérêts de l’empire contre les vues ambitieuses . de Louis XIV, qui réunit la Lorraine et l'Alsace à la France et qui affaiblit encore l’Allemagne par l’horrible dévastation du Palatinat. Les Suédois et les Turcs, alliés du roi de France, attaquèrent en même temps l’empire. Les Suédois furent énergiquement repoussés par le princeélecteur de Brandenbourg, FrédéHc-Guillaume, qui les défit dans la bataille de Fehrbellin et leur enleva presque toute la Poméranie. Les Turcs, commandés par le grandvizir Kara Mustapha, ravagèrent la Hongrie et vinrent assiéger Vienne; l’empereur s’était enfui, abandonnant la défense de la ville au vaillant comte de Stahremberg. Déjà elle était réduite à la dernière extrémité, lorsqu’arrivèrent le roi de Pologne, Jean Sobieski , le duc Charles de Lorraine et le prince-électeur Georges de Saxe, qui la délivrèrent : les Turcs furent complètement défaits et perdirent tout leur butin. L’empereur confia le commandement de ses armées à Louis de Baden et au prince Eugène de Savoie ; ces deux grands généraux expulsèrent les Turcs de la Hongrie et de la Transilvanie , après avoir taillé

ranie, qui avait été cédée à la Suède dans la paix de Westphalie, tombe au pouvoir du vainqueur. — Trouhle.s en Hongrie. Les rebelles, h la léte desquels se trouve le comte de Takmli, reçoivent des secours de Louis XIV {l an 1675), qui négocie une alliance avec les Turcs. Alliance de l’empereur et du roi de Pologne Jean Sobieski. Les Turcs traversent rapidement la Hongrie et arrivent sous les murs de Vienne (l’an 1683). Siège do la ville par le grand-vizir Kara Hustapha, avec une armée de 200,000 hommes. Plus de 60,000 habitants quittent la capitale avec la cour impériale. Vaillante défense de la ville; arrivée de l’armée allemande et polonaise. Piété et bravoure de Jean Sobieski, qui sert lui-mômo la messe avant d’engager la bataille. Il remporte une brillante victoire sur les ennemis. La guerre contre les Turcs dura encore seize ans (1683-1699) : elle se termina heureusement pour l’empereur, grâce aux talents militaires des généraux Charles de Lorraine, Louis de Baden et du prince Euyéne de Savoie. Prise de Bude, capitale de la Hongrie qui avait été au pouvoir des Turcs pendant un siècle et demi (l’an 1686). Victoire de JUohacz (l’an 1687), et couronnement de Joseph, fils de l’empereur, comme roi héréditaire de Hongrie Victoire de Salankemen (l’an 1691) remportée par Louis de Baden. La Transilvanie, délivrée de la suzeraineté des Turcs, qui jusqu’alors donnaient l’investiturô aux grands-ducs de celle province, est réunie k l’Autriche (l’an 1696). L>a

25d HISTOIRE UNIVERSELLE.

leur armée en pièces dans la grande bataille de Mnhacz. Le sultan renonça par la paiœ de Carlovitz à toutes ses prétentions sur la Hongrie, la Transilvanie et l’Esclavonie, qui furent définitivement réunies à l’Autriche. Dès lors les incursions des Turcs dans ces contrées cessèrent pour toujours. — La création d’un neuvième électorat, celui de Hanovre, l’avénement du prince-électeur de Saxe, Ai4guste II au trône de Pologne et la fondation du royaume de Prusse, par le prince-électeur de Brandenbourg, Frédéric I^, qui prit le titre de roi de Prusse avec l’assentiment de l’empereur, marquèrent les dernières années du règne de Léopold. Il ne vit que le commencement de la grande guerre pour la succession d'Espagne.

Ij’AUTRICHE ET l’empire JüSQU’a la mort de CHARLES VI (1701-1740). — Les dernières années du règne de l’empereur Léopold /*’■, qui réclamait pour son fils Charles l’immense héritage de Charles II, furent occupées par la guerre de la succession d'Espagne. Son fils aîné Joseph qui lui succéda sur le trône impérial, continua la guerre dans le même but. Il était sur le point de voir ses efforts couronnés d’un plein succès, lorsque la mort l’enleva tout à coup.

prince Eugène gagne la victoire de la Zentha (Tan 1697) et chasse les Turcs de toute la Hongrie, à l’exception de la ville de Belgrade. Paix de Carlovniz (l’an 1699); elle assura à l’Autriche la possession de la Hongrie, de la Transilvanie et de l’Esclavonie. La Pelogne et la république de Venise signèrent également la paix. avec les Turcs. A partir de cette époque les incursions de ces derniers en Hongrie cessèrent presque entièrement. La guerre contre les Turcs n’empêcha pas l'empire d’Allemagne de prendre une part active à la lutte contre Louis XIV, laquelle se termina par la paix de Pyswick (voyez plus haut, pag. 187). — Création d’un neurièfne électo~ rat, en faveur d’Ernest-Auguste, prince de Hanovre (l’an 1692). L’empereur Léopold I récompensa par lit l’attachement que ce prince lui avait toujours montré; mais les princes de l’empire protestèrent contre cette nomination et n’y souscrivirent définitivement que seize ans plus tard. — Election iV Auguste II de Saxe au trône de Pologne (l’an 1697); il se convertit A la religion catholique. — Agrandissement de la maison de Brandenbourg. Jean Sigismond réunit le duché de Prusse sous son sceptre, après la mort du fils de l’ancien grand maître de l’Ordre teutonique Albert II, qui était mort sans enfants (Tan 1618). Frédéric-Guillaume, fils et successeur de Jean Sigismond, affranchit le duché de Prusse de la suzeraineté des rois de Pologne (Tan 1667) et acquit par, héritage le duché de Clèves. On lui donna le

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L’aUTRTCHK JUSQO’a la mort de CHARLES VI. 25T

Comme il ne laissait pas de ûls, son fi’ère Charles VI fut élu empereur et réunit d’abord sous son sceptre toute la mo- , narchie de Charles-Quint. Mais la crainte que sa puissance inspirait à l’Angleterre et à la Hollande ses alliées, ainsi que la chute de Marlborough favorisèrent les projets de Louis XIV. La paix d'Utrecht, qui fut confirmée à Rastadt et à Baden, ne laissa à Charles VI que la Belgique, les duchés de Milan et de Mantoue, la Sardaigne qu’il échangea plus tard contre la Sicile, et le royaume de Naples. A la suite d’une nouvelle guerre contre la France et l’Espagne, il perdit encore le royaume de Naples et de Sicile, qui passa au prince espagnol Don Carlos, moyennant la cession des duchés de Parme et de Plaisance. Le prince Eugène, qui s’était illustré dans la guerre de la succession d’Espagne , ne fut pas moins heureux contre les Turcs. Il leur imposa la paix de Passarovitz, qui valut à l’empereur la Servie, la Bosnie et la Valachie. Mais après la mort du prince Eugène, les Turcs reprirent la Valachie, ainsi que l’importante ville de Belgrade, qui était le boulevard do la Hongrie contre la Turquie. Ces guerres avaient élevé l’Autriche au rang des premières

surnom de grand-électeur, parce qu'il fonda la [missance de la maison de brandenbourg. Son fils Frédéric lU [1688-1713) demanda et obtint de l’empereur Léopold 1 le titre de roi de Prusse (l’an 1701), à la seule condition de prendre l’engagement, tant pour lui que pour ses successeurs, de ne jamais choisir un empereur en dehors do la maison d’Autriche.

Guerre de la succession d’Espagne (voyez plus haut, page 188j. Mort de Léopold I (l’an 1705), qui laisse deux fils, Joseph et Charles. Le premier est élu empereur et soutient avec la plus grande énergie les prétentions do son frère sur la monarchie espagnole. L’alliance de la Prusse et rafTuiblissemeui do la Bavière, qui avait fuit cause commune avec la France dans la guerre de succession, donnèrent à l’Autriche une grande influence en Allemagne. Mort de Joseph I, h l’ège de 33 ans. Ce prince s’était distinguo par son activité et l’énergie de son caractère. Sou frère Charles VI lui succède (171 1- 17i0): revirement dans la politique de ses alliés (voyez plus haut, page 191). Paix d'Utrecht (l’an 1713) et paix de Rasiadt et de liaden (l’an 1714). La maison d’Autriche étend considérablement sa puissance, en ajoutant à scs Etats la Belgique et une grande partie de l’Italie. Le prince-électeur Georges de Ilanocre monte sur le trône d’Angleterre (l’an 1714) sans perdre pour cela de son dévouement h l’empereur. Projets de conquête de la reine d’Espagne Elisabeth et de son ministre Alberoni, qui s’emparent de

puissances de l’Europe. Elle n’aurait pas eu à craindre la .rivalité de la France, ni celle de la Prusse, si Charles VI avait eu un fils. Malheureusement il n’avait pour héritière que sa fille Marie-Thérèse. Pendant les dernières années de son règne, il ne travailla qu’à lui assurer sa succession et à faire reconnaitre par les principales puissances de l’Europe la pragmatique sanction, qui Instituait Marie-Thérèse héritière de toute sa monarchie.

II. — MARIE-THKHÈSE ET FRÉDÉRIC II. I.A GUERRE DF. LA SUCCESSION d’aUTRICHE et la guerre de SEPT-ANS. (l 7*0-1 78Ï.)

Guerre de la succession d’autriche ( 1740 - 1748 ). — La pragmatique sanction, à laquelle l’empereur Charles VI avait consacré vingt ans de sollicitude et de peines, fut annulée immédiatement après sa mort. Le prince électeur de Bavière éleva des prétentions sur toute la succession d’Autriche; d’autre part, le jeune roi de Prusse, Frédéric II, qui brûlait du désir d’agrandir sa monarchie, s’empara de la Silésie et vainquit les Autrichiens dans la

la Sardaigne et de la Sicile (l'an 1717). Intervention de l’Angleterre. La Sardaigne est donnée h la maison de Savoie, et la Sicile à l’Autriche; Don Carlos obtient les duchés de Parme et de Plaisance (l’an 1740). Nouvelle guerre entre l’Autriche d’une part, la France, l’Espagne et le Piémont de l’autre, au sujet du trône de Pologne (1733). Par la paix de Vienne, l’Autriche abandonne à Don Carlos le royaume de Naples et de Sicile, et à le Piémont une partie du Milanais. François, duc de Lorraine, reçoit la Toscane en échange de son duché, qui passe h la France. L’Autriche obtient les duchés de Parme et de Plaisance (l’an 1738). — Guerres contre les Turcs : première guerre (1716-1718) ; grands succès du prince Eugène, et conquête des pays slaves baignés par le Danube ; paix de Passarovitz (l’an 1718). Activité du prince Eugène pour consolider l’autorité de l’empereur dans ces contrées; sa mort (l’an 1736i. Seconde guerre (1736-1739). Défaites des armées autrichiennes : prise de Relgrade par les Turcs, qui conservent cette ville pendant la paix. — Edorts de Charles VI pour faire garantir par les principales puissances de l’Europe la succession de ses Etats èi sa fille Marie-Thérèse. Il réussit à obtenir l'adhésion générale b \a. pragmatique sanction. Marie- Thérèse épouse François de Lorraine, duc de Toscane (l’an 1736). Mort de Charles VI (l'an 1740), qui avait employé les vingt dernières années de son règne b relever la prospérité intérieure de ses vastes Etats.

II. Le prince Eugène avait prévu ce qui arriva après la mort de Charles Vl, lorsqu’il lui disait qu’une forte armée serait la meilleure garantie de la prag-

' r-A PRUSSE ET LA GUERRE DE SEPT- ANS. 259

bataille de Molwitz. La France, VEspagne, le Piémont et la Saxe firent cause commune avec les ennemis de Marie-Thérèse. Le prince-électeur Charles de Bavière, soutenu par une armée française, envahit l’Autriche, pénétra de là en Bohême et se rendit maître de Prague, où il se fit couronner roi de Bohème. Marie-TBérèse s’enfuit dans la Hongrie, qui se leva en masse pour elle. Elle rassembla une armée, qui chassa les ennemis de l’Autriche et prit la ville de Munich, pendant que le prince-électeur se faisait élire empereur d' Allemagne à Francfort sous le nom de Charles VII. Marie-Thérèse fut moins heureuse dans la guerre contre le roi de Prusse, auquel elle dut céder la Silésie par la paix de Breslau. Peu de temps après, la Saxe, la Hollande et le Piémont signèrent également la paix avec l’Autriche. Le prince Charles de ’ Lorraine qui commandait l’armée autrichienne, força les Bavarois à quitter la Bohême, tandis que les Anglais rejetaient l’armée française au delà du Rhin. Ces succès inattendus effrayèrent Frédéric II au point qu’il recommença la guerre sous prétexte de secourir l’empereur Charles VIL

matique sanction. Le prince-électeur de Bavière basait ses prétentions sur sa descendance de la fille aînée de l’empereur Ferdinand. Il agit surtout è l’instigation de la France, qui reprit alors le projet d’abaisser la maison d’Autriche. Frédrnc // de Prusse saisit aussi cette occasion pour agrandir sa monarchie et envahit la SiVésie, en prétextant d'anciens droits do sa maison sur quelques principautés qui y étaient situées. Il ne rencontre presque pas de résistance et fait la conquête de toute cette province (l’an 1740). Le maréchal Neiperg est envoyé contre lui, mais il e.st défait dans la balailU lie Molwitz (l’an 1741). Coalition contre Marie-Thérèse, organisée par le cardinal Fleury et le maréchal Helle-lsle : l’Espagne, la Bavière, la Saxe et la Prusse y entrent. Deux armée.s françaises passent le Khin. La première force le roi d’Angleterre Georges II, prince-électeur de Hanovre, h renoncer à l’alliance autrichienne ; la seconde se joint aux Bavarois et fait avec eux la conquête d’une partie du duché d’Autriche; conquête de la Bohême et prise de Prague (l’an 1741). .Mario-Thérèse se rend en Hongrie où la no-, blesse se lève pour elle et met une armée sur pied. Le comte Mailath' (dans son Histoire de l'Autriche, tom b, page 1 1), a prouvé la fausseté du récit généralement admis, qui fait entrer Marie-Thérèse dans la salle de la diète hongroise, ponant dans ses bras son fils Joseph, et la représente accueillie avec enthousiasme au cri de; « Moriamur pro reqe nostro Maria- Theresia.» Election du prince-elecleur Charles Albert de Bavière comme empereur h Francfort (l’an 1743). La France et la Prusse lui promettent

Il envahit la Bohême et s’empara de Prague; mais le prince Charles de Lorraine le contraignit de quitter ce pays. Après la mort de Charles VII, Marie-Thérèse réussit à faire élire son mari, François /", empereur d’Allemagne. Elle voulut aussi reprendre la Silésie, mais elle échoua. Frédéric II la vainquit dans trois batailles successives et la força d’accepter la paix de Dresde, qui confirma celle de Breslau. La guerre contre la France continue encore pendant trois ans. Elle se termina par la paix d'Aix-la-Chapelle, dans laquelle la France reconnut à son. tour Marie-Thérèse comme héritière de son père. C’est ainsi que la maison d’Autriche sortit victorieuse de la guerre de succession, qui ne lui avait coûte que la Silésie.

Le R0YA.UME DE PRUSSE JUSQU’a LA GUERRE DE SEPT-

ANS (1701-1756). — Au commencement du dix-septième siècle, le duché dé Prusse avait été réuni aux Etats des princes-électeurs de Brandenbourg. Lors de la paix de Wélau, le roi de Pologne avait renoncé à sa suzeraineté

leur aopui. Les Bavarois sont chassés de l’Aulriche. et l’empereur est obligé d’établir sa résidence à Francfort (l’an 17i2). liataUle de Czaslau, Iiyee par le prince Charles de Lorraine à Frédéric H, qui reste maître du champ do bataille sans avoir cependant remporté une victoire complété. Patx de «re»fau entre Marie-Thérèse et le roi de Prusse (l’an 1742) : elle est confirmée à Berlin. Siège et prise de Prague par le prince de Lorraine (1 an 1742). Campagne des Anglais contre les Français ei batatlle de DeUtngen, dans laquelle ces derniers sont entièrement défaits (I an 1743). — Seconde nuerre de Silésie (1744-1743). Frédéric 11 craignait que cette province ne lui fût enlevée. 11 envaliit la Bohême et prend la ville de Prague ; mais le prince Charles le force à quitter ce pays. Mort subite de l’em;,çreur Charles VII Paix de Fussen , par laquelle Maximilien de Bavière, fils de Charles A H, renonce b toutes ses prétentions sur l’Autriche. Le prince Charles envahit la Silésie et perd la bataille de Hohenfriedberg (l’an 1744). L année suivante, Frédéric II remporte encore les deux victoires de Sor et de kessehJor/ el s’empare de Dresde. François I de Toscane est élu empereur, maigre les protestations de Frédéric 11 (Han 1745). La Silésie est definitivement cedee U la Prusse par la paix de Dresde (l’an 1745). Guerre conlre la France en Belgique, en Hollande et en Italie. Victoires du maréchal de Saxe a Fontenoi (l’an 1743) et à Raucourl (l’an 1746). Prise do Tournai, Uruxe les, Anvers, Mons, Charleroi et Nainur par le maréchal, qui gagne encore la bataille de Lawfeld sur les Hollandais. Prise de Berg-op-Zoom et siege de Macslrichl par les Français (Pan 1748). Paix â' Aix-^la-Chapelle (Pan 1748). Manc-Therèsô cède les duchés de Parme et de Plaisance h Philippe, prince d Espagne.

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