‹ Cours complet d'histoire universelle à l'usage des collèges et des maisons d'éducationChapitre 37 sur 107 · LA PRUSSE ET LA GUERRE LE SEPT-ANS · texte numérisé non relu

LA PRUSSE ET LA GUERRE LE SEPT-ANS

sur ce pays, qui appartint dès lors en toute souveraineté à Fredéric-Guillaume . Ce prince prépara la grandeur future de sa maison et mérita le surnom de Grand- Electeur par ses victoires sur les Suédois et par les bonnes mesures qu’il prit pour développer la prospérité de ses Etats. Frédéric, son fils et successeur, qui aimait le faste et l’éclat extérieur, voyant l’élévation de Guillaume d’Orange et du prince-électeur, Auguste de Saxe, aux trônes d’Angleterre et de Pologne, demanda pour lui-même et obtint de l’empereur Léopold I®'’ le titre de roi de Prusse, et se fit solennellement couronner à Kœnigsberg. Frédéric I®'’, trop occupé d’organiser sa cour sur le modèle de celle de Louis XIV, épuisa les ressources de son royaume par des dépenses exagérées et aussi par les frais que lui occasionna la part prise à la guerre de la succession d’Espagne. — Il laissa le trône à son fils Frédéric-Guillaume, prince d’un esprit étroit et tyrannique, qui gouverna d’une manière absolue. Ce prince eut cependant le mérite de créer une armée bien organisée et de relever les finances de l’Etat

Rois de Prusse : Frédéric l (1791-1713). Frédéric-Guillaume I (1713-1740). Frédéric 11 (1740-1786).

La Prusse, qui avait d’abord appartenu h l’Ordre Teutonique, était devenue un duché héréditaire par l’apostasie du grand-maître de l’Ordre, Albert de Brandenbourg (l’an 152b) (voy. plus haut, page 44). Cet acte ne porta pas bonheur à l’apostat Son fils et successeur Albert 11 M568-1518j perdit la raison et fut placé sous la tutelle de la maison de Brandenbourg. A sa mort, comme il n’avait pas d’enfants, la Prusse échut en héritage à Jean Sigùmond, prince-électeur do Brandenbourg (1618-1640). Toutefois le duché demeura (lefde la couronne da Pologne. Frédéric-Guillaume, surnommé le grand-électeur (1640-1688), profita de la guerre que la Pologne avait h soutenir contre le roi Charles -V de Suède (voyez plus haut page 237) pour rompre ce lien do féodalité. Lors do la yaix de M'elau (l’an 1637) le roi Jean-Casimir renonça à son droit de suzeraineté sur la Prusse, U condition qu’elle serait réunie à lu Pologne, si la descendance mâle de la maison de Brandenbourg venait a s’éteindre. Frédéric-Guillaume hérita encore des pays de Clives et de Mark sur le Rhin. Pendant tout son règne, il travailla activement h développer la prospérité de ses Etats. Guerre contre les Suédois et bataille de Fehrbellm (voyez plus haut, page 243) : une partie de la Poméranie orientale est réunie à la Prusse. — Frédéric III, son fils, lui succède (1688-1713) : il marche sur les traces de son porc en agrandissant ses Etats par l’acquisition des comtés de .Moers, de Tecklcnliourg et de Neufchâtel. — Avènement de Ouillnunie d’Orange h la couronne d’Angleterre (voyez plus haut, pa;,e 207) et élection d’Auguste de Saxe au Irène do Polo-

HISTOIRE UNIVERSEILE.

par des économies très-sévères, souvent même excessives. Il réunit à son royaume une partie du pays de Gueldre et de la Poméranie, et prépara à son fils les moyens de faire des conquêtes. — Frédéric 11 était doué de toutes les qualités qui distinguent l’homme d’Etat et le général. Il éleva la Prusse au rang des grandes puissances européennes, de sorte qu’elle partagea dès lors avec l’Autriche le protectorat de l’Allemagne, qui perdit toute importance comme empire. La conquête de la Silésie et la part prise à la guerre de la succession d'Autriche attirèrent sur le jeune roi de Prusse les regards de toute l’Europe. Il s’acquit une plus grande gloire encore dans la guerre célèbre connue sous le nom de guerre de Sept- Ans,

La guerre de sept-ans (1756-1763). — La guerre de Sept- Ans,, une des plus mémorables des temps modernes, fit briller du plus vif éclat le génie militaire de Frédéric II, qui résista presque seul à toute l’Europe coalisée contre lui. Marie-Thérèse, dans l’intention do reprendre la Silésie, ayant fait alliance avec la France, Frédéric s’en

gne (voyez plus haut, page 238). — Le désir d’occuper un rang aussi élevé que ces deux princes, les instigations de Louis XIV, qui désirait créer en Allemagne une puissance rivale de l’Autriche, enfin la vanité personnelle de Frédéric III l’engagèrent à demander le consentement de l’empereur Léopold I pour prendre la couronne royale. L’empereur y consentit, mais h deux conditions : la première, que la voix de Brandenbourg resterait toujours acquise h la maison d'Autriche dans tes élections pour la couronne impériale, la seconde, que la Prusse fournirait 10,000 hommes pour la guerre de la succession d’Espagne. Le prince Eugène bl&me vivement la condescendance de Léopold I : < l’empereur, dit-il, aurait dù faire pendre les ministres qui lui ont conseillé de consentir h cette demande. » Couronnement do Frédéric I a Kœnisberg (l’an 1701 j; il se pose lui-même la couronne sur la tête. Ses folles dépenses pour organiser sa cour. La nouvelle royauté est reconnue h la paix d'Ulrecht par les puissances européennes (l an 1713). — Fréderii.-Gutllaume I (1713-1740) consolide l’œuvre do sou père, en organisant une armée et en restaurant tes finances ; mais sa parcimonie, son gouvernement arbitraire et souvent tyrannique le rendent odieux. Sa manie d’enrôler dans son armée des soldats de grande taille, qu’il fait recruter par la force ou par la ruse dans tous les pays de l’Europe, lui suscita de nombreuses difllcultés avec les autres Etats. Sa sévérité excessive envers son fils Frédéric (loussa celui-ci à se soustraire par la fuite h ses mauvais traitements d'an 1730^. Il le fit arrêter et voulut même le faire condamner à mort : ce fut avec peine qu’il se décida à lui faire grâce. Agrandissement de la Prusse. — Frédéric II, qui hérita de son père une armée de 80,000

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