‹ Cours complet d'histoire universelle à l'usage des collèges et des maisons d'éducationChapitre 38 sur 107 · LA PRUSSE ET LA GUERRE DE SEPT-ANS · texte numérisé non relu

LA PRUSSE ET LA GUERRE DE SEPT-ANS

alarma et commença les hostilités avant d’avoir été provoqué. Il sortit victorieux de la lutte, sans avoir perdu même un seul hameau, tandis que l’Allemagne se trouva affaiblie et épuisée par les ravages cruels qu’y avaient exercés les nombreuses armées étrangères.

Victoires de Frédéric ii (1756-1759). — Aussitôt que Frédéric II apprit qu’un traité d’alliance avait été conclu entre l’Autriche, la France et la Pologne, il pénétra avec une armée dans la Saxe, occupa Dresde et força l’armée saxonne à se rendre à discrétion. Les Autrichiens, qui étaient venus au secours des Saxons, furent taillés en pièces dans la bataille de Lowositz et durent se retirer en Bohême. Frédéric alla les y attaquer l’année suivante; il les vainquit d’abord dans une sanglante bataille sous les murs de Prague. Mais pendant qu’il assiégeait cette ville, une armée française entra en Allemagne, et soixante mille hommes envoyés par Elisabeth de Russie arrivèrent au secours de Marie-Thérèse. Frédéric II, assailli par cette masse d’ennemis, ne put conserver tous ses avantages et

hommes et un riche trésor, fut un des princes les plus remarquables des temps modernes. Grand homme d’Etat, il fut aussi le premier capitaine de son epoque. Avec des connaissances extrêmement vastes, il aimait l’étude, recherchait la société des hommes d’esprit. Malheureusement il s’éprit d’une folle admiration pour Voltaire et ses partisans, dont il partagea les idées anti-chrétiennes. La religion n’était pour lui qu’un moyen de gouverner et de contenir les passions du peuple. La guerre de la succeuion d’Aulriche (voyez pige '258) lui fournit l’occasion de faire la conquête de la Silésie et d’élever la Prusse au rang des grandes puissances de l’Europe.

La guerre de Sept- Ans eut d’importants résultats pour l’Allemagne et fait époque dans l’histoire de ce péys. D’abord elle amena de graves changements dans les rapports entre les puissances européennes, et notamment elle produisit l’alliance entre la France et l’Autriche, dont la rivalité remonlait à plusieurs siècles. Ensuite elle assura définitivement h la Prusse une place parmi les grandes puissances continentales. — Cette guerre, dans laquelle le génie de Frédéric II se montra dans tout son éclat, se divise en deux périodes : la première embrasse les trois premières années (i75ü- 1759), pendant lesquelles Frédéric 11 fut presque toujours vainqueur ; la seconde se termine a la paix de Huberisbourg , qui mit Ün à la lutte t1759- 1763j. Cette seconde période est marquée par les revers du roi de Prusse, qui aurait succombé sous le nombre de ses ennemis si la mort de l’impératrice Elisabeth de Russie n’eiait venue le sauver.

La FHSHièRE pÉRioos 1 1 755- 1 759) 80 divise en trois campagnes, signalées chacune par de nombreuses batailles. 1> cisri'.oe os saxe (l’an 1756).

éprouva quelques revers. Le feld-maréchal Daun le défit près de Kollin et l'obligea à se retirer dans la Saxe. Le roi do Prusse perdit encore l’appui des Anglais, qui conclurent Y armistice de Kloster-Zeven après avoir été vaincus à Uasteriberg par les Français. En même temps l’armée française, commandée par Soubise, se dirigea vers la Saxe, pendant que Daun envahissait la Silésie et qu’une armée russe occupait le duché de Prusse. Frédéric II, abattu pour un moment par ces revers, se ranima et déploya toutes les ressources de ses talents militaires. Il marcha contre les Français et leur fit essuyer" une défaite complète près de Rosbach. En Silésie les Autrichiens s’étant emparés de Breslau, après avoir battu le corps d’armée qui défendait la ville, Frédéric les contraignit, par la brillante victoire de Leuthen, d’évacuer cette province. Pendant ce temps, le roi d’Angleterre, qui avait refusé de ratifier l’armistice conclu avec les Français, envoya en Allemagne une nouvelle armée sous le commandement du prince Ferdinand de Brunswick; elle rejeta

Frédéric II, ayant eu connaissance des négociations secrètes entre Marie- Thérèse, la cour de France, l’impératrice Elisabeth de Russie et Auguste lll do Saxe, roi de Pologne, (ces négociations n’avaient pas pour objet d'attaquer le roi de Prusse, mais de résister aux envahissements de ce prince, toutefois un article stipulait qu’en cas d’une attaque de Frédéric 11 contre la Saxe ou la Russie, Marie Thérèse se mettrait de nouveau en possession do la Silésie. Voyez Menzel. /iùtoire moderne des Allemands, tom, XI, pag. 227) commença la guerre sans déclaratiun préalable, en se jetant sur la Saxe et en s’emparant de Dresde. Il traita la Saxe en pays conquis et alla assiéger le camp l'ortiûé de Pirna. L’ai mée saxonne, qui s’y était retirée, se défendit vaillamment. L’Autriche et l’empire déclarent la guerre au roi de Prusse. Une armée autrichienne est envoyée au secours des Saxons. On en vient aux mains à Loumiiz. Frédéric reste maître du champ de bataille, sans avoir remporté cependant une victoire complète. Les Autrichiens se retirent dans leur pays et l’armée saxonne est obligée de se rendre au roi do Prusse, qui en incorpore les soldats dans ses régiments. — 2“ cturtuae de oouème, d ' Saxe et do Silésie (l'an l7o7). Alliance de Frédéric 11 avec Georges 11, prince-électeur de Hanovre et roi d’Angleterre. La guerre qui avait éclate entre l’Angleterre et la France au sujet des colonies américaines, engage-i Georges U à contracter cette alliance (voyez plus haut, page 21 2i. Activité de Frédéric 11 qui envahit la Hohôme et marche sur Prague. Brillante victoire sur les Autrichiens commandés par le prince Charles de Lorraine; ü0,000 hommes se jettent dans la ville de Prague, qui se défend heureusemeut cunlrc le roi de PrussC. Le génorci Dann est chargé du commandement

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