I,A PRUSSE ET LA QUERRE DE SEPT-ANS
les Français au delà du Rhin et les défit près de Crefeld. De son côté, Frédéric II ayant aussi repris l’offensive, ravagea la Moravie et mit le siège devant Olmullz. La ville so défendit avec beaucoup d’énergie jusqu’à ce que le maréchal Daun vînt la délivrer. Le roi de Prusse se jeta alors sur les Russes, qu’il vainquit dans la bataille de Zomdorf. Après cette grande victoire, Frédéric n’éprouva plus que des revers. Il voulut encore tenir tête aux Autrichiens dans la Lusace; mais ses succès l’avaient enorgueilli ; il était devenu trop confiant en lui-même et plein de mépris pour ses ennemis. Daun le surprit dans unie position désavantageuse, le défit près de Hochkirch et le força à se retirer dans la Silésie.
Revers de Frédéric n. paix de paris et de huberts- BOURG (1759-1763). — Les revers de Frédéric II pendant les quatre dernières années de la guerre furent la conséquence de l’épuisement de la Prusse par suite des énormes sacrifices que nécessitait la lutte contre tant d’ennemis à la fois. Ses armées ne se composaient que de troupes merce-
d’une nouvelle arnuie autrichieiiDC, qui s’assemble dans la Moravie et va au secours do Prague. Elle prend une forte position prèsdeüTonm. Frédéric U l’attaque, mais il perd la bataille et est obligé de lever le siège de Prague pour SC retirer dans la Saxe. Succ.ès des Français, qui remportent une victoire sur l’armée anglo-allemande prés de Haslenbeck. Convention de Kloster- Zeven, par laquelle les Anglais s’engagent é abandonner l’alliance prussienne. Le maréchal de Soubise marche contre la Saxe, mais les Autrichiens, au lieu de seconder ce mouvement, envahissent la Silésie. Prise de Momcl par les Russes. Frédéric 11 attaque les Français à l’iraproviste et les défait complètement prés de liosbach. Prise de Breslau par les Autrichiens. Frédéric 11 te lirige h marches forcées vers la Silésie, où il remporte la belle victoire de Leuihen sur prés do 70,000 Autrichiens, avec une armée do 30,000 hommes seulement. L’armée autrichienne, commandée par le prince Chat^s de Lorraine est presque totalement anéantie, elle reste est chassé de la Silésie. Le prince Charles est dépouillé du commandement et nommé gouverneur de la Belgique ; le feld-maréclial Paun le remplace. — 3“ campacsë ne BRASDEtiBocnc et de SoÆe (l’an 1758). L’Angleterre rejeta la convention de A'ioster-Zeren,une nouvelle armée se rassembla dans le Hanovre sous le commandement du prince Ferdinand de Brunswick qui força les Français à repasser le Rhin. Bataille de Crefeld et prise de Dusseldorf. Le vainqueur envahit la Belgique. Frédéric II en Moravie : siège d’OImutx et doleiise héroïque de la ville par * ses habitants. Manœuvres habiles de Daun qui contraint le roi de Prusse h quitter la Moravie. Horrible dévastation du Brandenbourg par les Busses, qui pienneiit et brûieut la ville de Kustrin. Frédéric II marche contre eux et
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uaires recrutées dans toutes les parties de l’ÂUemagne; les ressources financières diminuaient de plus en plus ; bien des fois le roi éprouva des difficultés presque insurmontables. D'un autre côté, ses ennemis déployaient une grande activité. La monarchie prussienne était près de succomber sous les efibrts réunis de l’Autriche, de la Russie et de la France. Mais elle fut sauvée par l’infatigablo énergie de Frédéric II, les talents de ses généraux et la mort de l’impératrice Elisabeth de Russie. — Après la victoire de Hochkirch, les Autrichiens firent leur jonction avec les Russes qui avaient défait, près de ifay, un corps prussien envoyé contre eux. L’armée alliée se retrancha à Kunnersdorf en Silésie dans une forte position. Frédéric II l’attaqua et fut complètement défait. Mais les Russes, jaloux des Autrichiens auxquels revenait sur tout la gloire de cette journée', refusèrent d’aller plus loin. Cependant la ville de Dresde tomba au pouvoir du maréchal Daun et un corps de quinze mille Prussiens, envoyé au secours de cette ville, fut obligé de «e rendre.
gagne la sanglante bataille de Zorndorf, malgré la supériorité numérique des ennemis (37,000 Prussiens contre 70,000 Russes). Daun avait profité de cette diversion pour s’établir dans la Lusace. Frédéric l’y suivit pour le combattre, mais trop confiant dans ses forces, il prit une position désavantageuse près de Hochkirrh. C’est là que Daun l’attaqua et le défit complètement. Belle retraite de Frédéric en Silésie.
Fredériell éprouva de grandes difficultés pour combler les vides qu’avaient faits dans son armee les nombreuses batailles livrées pendant la guerre. Il fut obligé d’enrôler de très-jeunes soldats et surtout des troupes mercenaires. Mais cette armée ne connaissait pas le patriotisme et servait pour la solde, qui manqua plus d’une fois, parce que la guerre avait épuisé les finances et ruiné le pays. La France, où le duc de Choiseul remplissait alors les fonctions de premier ministre, la Russsie et l’Autriche poussèrent, la guerre avec une grande vigueur. L’Autriche eut le bonheur de trouver dans le général Laudon un capitaine très-habile, capable de lutter contre Frédéric II, qui fut secondé par son frère Henri et par le duc Ferdinand de Bruntwick, deux généraux d'un grand mérite. — La seconde période de la guerre de Sept-Ans (1759-1762) se divise en quatre campagnes :
loCtMPAGse SUR LE RHIN, en Silétie et en Save (l’an 1759). Une armée russe entre en Silésie. Frédéric, pour empêcher sa jonction avec les Autrichiens, la fait attaquer à Kay ; mais le corps d’armée chargé de celte opération est taillé en pièces. Laudon rejoint les Russes et prend une position forte sur les hauteurs de Kunnersdorf. Frédéric 11 ne craint pas d’engager te combat avec cette armée, d’ailleurs très-supérieure en nombre. U
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tA GROSSE ET LA QUERRE DE SEPT-AN3. 2tiî
Le prince Ferdinand de Brunstdick avait été plus beu* reux contre l’armée française, qu’il avait forcée à repas-' ser le Rhin. — Le théâtre de la guerre fut de nouveau transporté dans la Silésie, où Laudon, un des généraux les plus distingués de l'Autriche, prit la forteresse de Glatz et attaqua Breslau. Frédéric II, ayant rassemblé une nouvelle armée, arriva au secours de cette ville et contraignit les Autrichiens à en lever le siège, après les avoir battus à Liegnitz. Mais il ne put empêcher l’occupation de Berlin par un corps d’armée russe et autrichien, qui n’y resta cependant que huit jours. Dans la sanglante bataille de Torgau, que Frédéric II livra au feld-maréchal Daun, la victoire resta indécise, et les Autrichiens continuèrent à occuper Dresde pendant tout l’hiver. L’année suivante, Frédéric, qui s’était retiré dans un camp fortifié, résista avec cinquante mille hommes aux forces réunies des Russes et des Autrichiens au nombre de cent trente mille; mais il ne put défendre ni la Silésie contre les Autrichiens, ni la Poméranie contre les Russes. Il aurait bientôt succombé,
essuie une défaite complète. • Tout est perdu, écrivait-il alors à son ministre Fiukenstein, je ne survivrai pas à la chute de la patrie. Adieu pour toujours. » Le général russe Soltikow refuse de marcher sur Berlin. Le prince * Henri parvient à arrêter l’armée autrichienne dans la Lusace. Prise de Dretde par Daun; un corps de 15,000 Prussiens est fait prisonnier par les Autrichiens près de Uaxen. Campagne du prince Ferdinand de Brunnoick contre les Français commandés par le maréchal de Contadea, qui remporte la victoire de Bergen près de Francfort et s’avance jusqu’à Minden. Mais là ce maréchal est défait par le prince de Brunswick, qui le contraint de se replier vers le Rhin. — 3* Gaspacre de Silésie et de Saxe il’an 1760i. Nouveaux revers de Frédéric II. Laudon attaque la forteresse de Glati et force un corps de 8000 hommes, envoyé au secours de la ville, à se rendre près de Landthut. Frédéric marche sur Dresde et bombarde la ville; mais le maréchal Daun le force à se retirer. Prise de Glatz par Laudon, qui se porte ^ sur Breslau. Frédéric entre en Silésie; Daun l’y suit et fait sa jonction avec Laudon. Bataille de Liegnitz ; le corps de Laudon est défait par le roi de Prusse, et Daun se retire. Occupation de Berlin par les Autrichiens et les Russes sous les ordres du général Tottleben, qui empêche le pillage de la ville et la quitte à l’approche de Frédéric II. Bataille de Torgau en Saxe ; les pertes sont égales des deux côtés; mais le roi de Prusse restelmaltre du champ de bataille, tandis que Daun se retire à Dresde. — 3' Gahpagrc de Saxe, de Silésie et de Poméranie (l’an 1761). Jonction des Russes et des Autrichiens. Ils assiégèrent Frédéric II pendant vingt jours dans son camp fortifié de Bunzehoitz, et ils l’auraient forcé à se rendre, si le général russe
sans la mort de l’impératrice de Russie, qui fat remplacée sur le trône par son neveu Pierre III. Admirateur enthousiaste de Frédéric, le nouveau czar conclut immédiatement une alliance avec lui et fit passer toute l’armée russe de son côté. Il fut assassiné six mois après; sa veuve Catherine //, qui lui succéda, ratifia la paix avec la Prusse. La Suède ayant suivi l’exemple de la Russie, Frédéric put de nouveau enlever la Silésie aux Autrichiens, après s’être emparé de la ville de Schweidnitz . Fatiguées de cette guerre si désastreuse pour la prospérité de l’Europe, les puissances belligérantes résolurent enfin de conclure la paix. Elle fut signée à Paris et à Hubertsbourg. La paix de Paris laissa aux Anglais la plupart des colonies françaises qu’ils avaient conquises en Amérique ; par la paix de Hubertsbourg, Mario-Thérèse et Frédéric II recouvrèrent les contrées qu’ils avaient perdues pendant la guerre.
III. — LA POLOGNE, LA BUSSIE, LA PUCSSB BT L’AÜTBICaB jusqu’à LA MORT DE LÉOPOLD II (l7CS-I70î).
La POLOGNE jusqu’à la mort d’auguste ni (1696-1763). — La décadence de la Pologne commença avec le règne
Buturlin avait voulu suivre les conseils de Laudon. Le manque de vivres les obligea de se séparer et sauva le roi de Prusse. Prise de Schweidnitz par Laudon, qui se rend maître de )a plus grande partie de la Silésie. Les Russes s’emparent de Colberg, ville de la Poméranie, où ils prennent leurs quartiers d'hiver. — 4” Campacse oe Saxe et de Silésie (l’an 1762). Mort de l’impératrice Elisabeth de Russie : son neveu Pierre III, qui lui succéda, conclut la paix et fit même alliance avec la Prusse. Il mit toute son armée à la disposition de Frédéric II, qui se trouva alors en état d'envahir la Silésio et d'attaquer les positions fortes de Daun près de Burfeersdorf. Paix de Hambourg entre la Suède et la Prusse. Pierre III meurt assassiné par ordre de sa femme Catherine II, qui rompt l’alliance avec Frédéric II Bataille de Beichenbach ; grâce à la présence des troupes russes qui ne prirent cependant aucune part au combat, les Prussiens remportèrent la victoire. La paix ■que Pierre III avait conclue avec la Prusse fut ratifiée par Catherine II. Frédéric assiégea et prit Schweidnitz. Dans la Saxe, le prince Henri lutta avantageusement contre les Autrichiens, auxquels il fit essuyer une rude défaite près de Freiberg. Pendant les dernières années de la guerre, les armées françaises attaquèrent la Westphalie et le Hanovre; bien qu’elles eussent la supériorité du nombre, le prince Ferdinand de Brunswick leur résista avec succès Cette longue guerre avait épuisé toutes les puissances ;
PARTAGES DE LA POLOGNE
Auguste //, prince-électeur de Saxe. Dans les relations avec les autres puissances de l’Europe, les vrais intérêts du pays furent sacrifiés à la politique étrangère. A l’intérieur, l’autorité royale était presque anéantie par les droits et les privilèges de la noblesse, qui donnèrent lieu à une longue série de troubles et do désordres. La Russie et la Prusse, qui tendaient sans cesse à s’agrandir et qui convoitaient les provinces de la Pologne avoisinant leurs frontières, exploitèrent ces troubles pour l’alfaiblir de plus en plus. Auguste fJ, par son alliance avec Pierre-le- Grand, se trouva entrainé dans une guerre contre Charles XII, qui fit la conquête de la Pologne et donna la couronne à Stanislas Lesczynski : il remonta sur le trône après la bataille de Pultawa; mais il ne put faire respecter son autorité par la noblesse. A différentes reprises, il convoqua des diètes, qui furent troublées par les plus graves désordres et qui n’aboutirent à aucun résultat heureux pour le pays. A la mort d’Auguste II, Stanislas LesczynsM fut élu par une partie de la noblesse. Avec l’aide du roi de France Louis XV, son beau-père, il se mit d’abord en possession du trône ; mais il fut obligé de
(l'autre part le ministère anglais, dont lord Bute était le chef, désirait la cessation des hostilités. Ce furent les principales causes qui décidèrent de la paix. Elle fut signée h Paris entre la France et l’Angleterre, et à Huberlsbourg entre Marie-Thérèse et Frédéric 11, qui conserva la Silésie.
ni. Rois de Pologne : Auguste II (1696-1733). Stanislas I Lesczynski (1705- 1709). Auguste 111 (1734-1763). Stanislas II Poniatowski (1764-1795). Premier parlage-(l'an 1772). Deuxième parlage {Vdn 1193). Dernier partage (l’an 1795).
Avènement de la maison de Saxe au trône de Pologne (voyez plus haut, page 238). Auguste II (1696-1733) fit des tentatives pour diminuer les droits et privilèges de la noblesse on s’appuyant sur une armée de 20,000 Saxons, (lu’il avait fait venir en Pologne à l’occasion de la guerre contre les Turcs. •Mais la noblesse le força à renvoyer ces troupes, après la conclusion de la |)aix de Carlowitz (l’an 1699). Guerre contre Charles Xll (1702-1709). Les divisions qui éclatèrent parmi la noblesse furent cause que la Pologne sticcomba dans la lutte'(voycz plus haut, page 245). Dans les diètes aucune décision ne pouvait être prise, parce qu’en vertu du liberum veto chaque député pouvait empêcher l’adoption de toutes les propositions soumises h ces assemblées (voyez p. 236). "Tous les efforts pour changer cette constitution échouèrent, en sorte que la Pologne se trouva livrée h une véritable anar-
u. l’RiV. V,
le céder au fils du roi défunt, que l’Autriche soutenait. A uguste 111 cependant ne put obtenir aucun secours de la noblesse polonaise, ni pendant la guerre de la Succession d’Autriche, ni pendant la guerre de Sept-Ans. Il ne prit aucune part à la coalition contre le roi de Prusse, qui put d’autant plus facilement consolider sa monarchie. Frédéric II n’en devint pas moins le plus grand ennemi de la Pologne.
Partages et destruction du royaume de Pologne (1763-1795). — Auguste III ne laissa en mourant, qu’un fils âgé de treize ans. C’est alors que commencèrent les malheurs de la Pologne. L’ambition de plusieurs grandes familles, qui aspiraient au trône, causa des troubles, et l’impératrice de Russie Catherine 11 en profita pour faire élire un de ses favoris le prince Stanislas Poniatowski. C’était un homme d’Etat habile et très-instruit, mais manquant d’énergie et entièrement dominé par sa puissante protectrice. A l’instigation de Catherine II, le nouveau rai accorda tous les droits politiques aux dissidents grecs et aux protestants établis en Pologne. Cet acte occasionna de nouveaux troubles. La noblesse catholique conclut la célèbre confédération de Bar pour la défense de la reli-
chie. — Troubles à la mort d’Auguste 11 (l’an 17.33). Son fils Augutie III est reconnu (1734-1763). Les désordres augmentent encore par suite des divisions religieuses; lutte et opposition entre le parti catholique dans la noblesse et le parti des dissidents, (ie dernier comprenait les grecs schismatiques, les luthériens et les réformés : la Russie le soutenait secrètement. Violences exercées par les dissidents contre les catholiques : h Thorn, les autorités non-seulement mirent des entraves au culte catholique, mais encore laissèrent la populace détruire impunément le collège des .lésuites. Les catholiques furent obligés de prendre des mesures pour sauvegarder les intérêts de la religion. Les droits des dissidents, qui recouraient déjà ouver- .ement à l'appui de la Prusse et de la Russie, furent restreints dans plusieurs diètes. Une foule d’écrits en leur faveur furent publiés à Berlin et à St-Pétersbourg; de là on les introduisit en Pologne dans le but de jeter l’agitation dans ce pays. A la mort d’Auguste III (l’an 1763), le pays se trouva livré aux troubles et à l’anarchie par suite de l’ambition des grandes familles nobles, des Czartoriski, Radzivil,' Lubomirski, Branizki. L’impératrice Catherine II, après s’étre concertée avec la France, l’Autriche et la Prusse, envoya une armée en Pologne et flt élire, à la diète de Varsovie, son favori Stanislas Poniatowski (l’an 1764). Les dissidents, appuyés par l’impé-
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gion : le comie de Poe fut élu maréchal. Les confédérés, incapables par eux-mêmes de résister à la Russie, parvinrent, avec l’appui de la France, à décider les Turcs à lui déclarer la guerre. Mais les Turcs furent battus sur njer et sur terre et conclurent la paix de Kainardgy. — Frédéric II avait formé le projet d’enlever à la Pologne les provinces limitrophes de la Prusse et de la Russie. Catherine II, irritée contre les Polonais, accueillit favorablement les propositions qu’il lui fit à ce sujet. Marie-Thérèse, menacée d’une guerre par les deux puissances alliées, consentit, après de longues hésitations, à participer à ce premier partage. La Pologne perdit par là environ cinq millions d’habitants. Les puissances copartageantes renoncèrent formellement pour l’avenir à toute prétention sur la Pologne. En même temps elles garantirent la constitution du royaume, qui maintenait la monarchie élective, en excluant du trône tout prince étranger, et exigeait l’unanimité des votes pour les décisions à prendre dans les diètes générales. Cette constitution fut une source continuelle de troubles, et l'on songea à la modifier. Une diète extraordinaire fut convoquée à Varsovie. Elle décréta l’hérédité de la couronne dans la maison électorale de
ratrice Catherine II, snscitentde nouveaux troubles et organisent une confédéralioii. Une armée russe envahit la Pologne et occupe Varsovie; une diète est convoquée dans cette ville (l’an 1767). Courageuse franchise de l’évéque de Cracovie et de plusieurs députés catholiques : ils sont arrêtés et emmeués en Russie. La diète accorde l’égalité politique aux dissidents; asservissement de la Pologne h la Russie. Grand mouvement national et confédéralion de Bar (l’an 1768): le comte de Pac est élu maréchal ; les confédérés prennent pour devise: vaincre ou mourir; ils portent sur leurs drapeaux l’image de la S'* Vierge. La Pologne, soutenue seulement par la France, est attaquée par des armées russes. Négociations a Constantinople, et conclusion d'une alliance avec les Turcs, qui déclarent la guerre a la Russie (1768- 1774). Us sont battus et acceptent la paix de Kaynardyy. — Frédéric II de Prusse convoite les provinces polonaises comprises entre le Brandenbourg et le duché de Prusse. Il négocie h cet effet avec Catherine 11 et conclut à Pétersbourg un traité de partage (l’an 177i). Marie-Thérèse, invitée à y accéder, s’y refuse d’abord; mais elle cede devant les menaces de guerre de la Russie et de la Prusse. Premier partace : les allies enlèvent à la Pologne environ 1500 lieues carrées et 5,000,000 d’âmes. Les puissances alliées s’arrogent le droit de régler les affaires intérieures de la Pologne. —
UISTOIIIE UNIVERSELLE.
Saxo et abolit la disposition concernant Tunanimité des votes dans les diètes. Elle institua ensuite deux Chambres législatives, le Sénat et la Chambre des Députés. — La nouvelle constitution aurait assuré à la Pologne une nouvelle ère de prospérité; mais elle déplut à l’impératrice Catherine II, qui engagea ses partisans parmi la noblesse polonaise à s’unir par la confédération de Targowice. Catherine fit envahir la Pologne par une armée russe et exigea du roi l’abolition do la constitution et da cession de vastes provinces qui devaient être partagées entre la Russie et la Prusse. Stanislas eut la faiblesse de céder. Ce nouveau démembrement provoqua une insurrection générale, à la tête de laquelle se plaça le bravo Kosciusko. La garnison russe de Varsovie succomba, et l’on prit partout les armes pour la patrie. Malheureusement les idées révolutionnaires qui venaient de triompher en France pénétrèrent en Pologne et jetèrent la division dans la nation. Un parti nombreux parmi la noblesse refusa de prêter son concours à l’insurrection, et l’impératrice Catherine réussit à gagner la Prusse et l’Autriche. Les Polonais perdirent la sanglante bataille de Macéjoioice ; Kosciusko tomba entre les mains dos vainqueurs. Praga, un des faubourgs
Un parti patriotique se forme et demande la convocation d’une dièU à Karsovie (l’an 1788). La nouvelie diète, aussitôt après sa réunion, se transforme en confédération, afin d’empêcher le liberum veto. Une nouvelle constitution est élaborée, ayant pour base l’hérédité de la couronne; deux chambres sont instituées : la chambre législative, formée do députés élus pour deux ans; et le sénat, composé de membres inamovibles et présidé par le loi, avec le droit de sanctionner ou de rejeter ies lois adoptées par l’autre chambre. Cette constitution est votée (l’un 1791) ; intrigues do l'impératrice Catherine pour la faire abolir. Confédération de Targowice (l’an 1792) formée par les partisans de la Russie. La Pologne est envahie par une armée russe; elle se voit abandonnée parle roi de Prusse, sur l’alliance duquel elle comptait. Divisions et revers des Polonais. Le roi Stanislas souscrit aux exigences de Catherine 11 et consent !i l’abolition de la constitution. — Secohd exiiTAGE de la Pologne (l’an 1793): la Russie et la Prusse lui enlèvent une grande partie du duché de Posen et la moitié de la Lithuanie. Grande insurrection des Polonais : Kosciusko est nommé général en chef, et investi d’un pouvoir dictatorial (l’an 1794); la garnison prussienne est chassée de Cracovie et les troupes russes succombent li Varsovie après un combat meurtrier contre le peuple. Malheureusement de nouvelles divisions
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de Varsovie, fut pris d’assaut par Je farouche Soutoarow, qui en fit massacrer les habitants ; la ville de Varsovie s’étant rendue, les trois puissances alliées arrêtèrent le dernier partage de la Pologne. La plus grande partie de ce malheureux pays fut incorporée à l’empire russe ; Stanislas Poniatowski abdiqua et alla mourir en Russie.
La RUSSIE jusqu’à L’ avènement DE CATHERINE II (1725- 1762). — A partir du règne de Pierre-Ie-Grand, la Russie s’agrandit sans cesse aux dépens des Etats voisins, la Turquie, la Suède et la Pologne. Elle s’affermit de plus en plus dans sa position de grande puissance; plus d’une fois son intervention décida des affaires de l’Europe. Cependant son développement intérieur ne marchait pas de pair avec sa grandeur extérieure. Les dispositions arrêtées par Pierre-le-Grand touchant la succession au trône causèrent souvent des troubles à la mort du souverain, et l’intrigue fut le moyen ordinaire pour parvenir à la couronne. Les plus graves abus s’introduisirent dans l’administration, où Pierre-le-Grand avait fait prévaloir le régime de la centralisation. La noblesse devint française, adoptant le luxe, les mœurs légères et l’indifférence religieuse qui régnaient à la cour de France sous le règne de Louis XV. Quant à
éclatèrent ; d’un cAté, le roi Stanislas était sous la dépendance de la Russie ; de l’autre, une partie de la noblesse refusait son concours à l’insurrection, à cause des idées révolutionnaires françaises qui avaient pénétré en Pologne et qui menaçaient le pays d’un bouleversement générai. L'Autriche, qui d’abord était demeurée dans la neutralité, fit alliance avec la Russie et la Prusse. Les insurgés succombèrent, malgré des prodiges de bravoure. Bataille Je Macejowice; captivité de Kosciusko. Prise de Praga et massacre des habitants par ordre de Souwarow: reddition de Varsovie; fuite de Stanisias Poniatowsky. Dersiür partace et fin du royaume de Pologne (l’an 1795J.
Souveraine de Buesie: Catherine 1 (1725-1727). Pierre 11 (1727-1730). Anne (1730-1740). Iwan VI (1740-1741). Elisabeth (1741-1762). Pierre 111 (1762). Catherine 11 (1762-1796).
Etat de la Russie à la mort de Pierre-le-Grand (voy. plus haut, page 262). Ce prince mourut sans avoir réglé sa succession. Sa veuve Catherine I, qui avait été couronnée avec lui, fut proclamée par l'induence du prince Mentcbikow , auquel Pierre-le-Grand avait accordé toute sa confiance. Fille d’un paysan et veuve d’un sergent de l’armée russe, puis épouse de Pierre-le-Grand, Catherine se montra digne du trône par la sagesse et la madéiatiou dont elle lit preuve dans toutes les occasions. Elle déclara vouloir
la masse de la nation, elle resta plongée dans l’ignorance et la barbarie. Ce fut là le résultat de l’inactivité du clergé schismatique, qui depuis la séparation de l’église grecque avait perdu son indépendance, surtout après l’institution du Saint-Synode par Pierre-le-Grand, institution qui avait porté une profonde atteinte à la hiérarchie ecclésiastique.
A la mort de Pierre-le-Grand, sa veuve Catherine /” se fit proclamer impératrice avec l’appui du prince Mentchikow. Elle marcha dans la voie que son mari lui avait tracée, et conclut une alliance avec l’Autriche. Elle mourut après avoir régné deux ans et avoir désigné pour successeur son petit-fils Pierre //, âgé de douze ans ; le prince Mentchikow devait gouverner l’empire pendant la minorité du jeune empereur, auquel il fiança sa fille. Mais le prince Dolgorouki parvint à le renverser et l’exila en Sibérie. Il songeait à faire épouser sa soeur à Pierre II, lorsque celui-ci mourut. La noblesse offrit la couronne à la princesse Anne, nièce de Pierre-le-Grand, qui abandonna le gouvernement à son favori le duc de Biron. Homme énergique et cruel, Biron retira toute infiuence à la famille Dolgorouki et fit mourir sur l’échafaud plus de douze mille personnes. Les Russes entreprirent contre les
conserver la couronne h Pitrrt II, fils d’Alexis (voici le tableau généalogique des empereurs de Russie de la maison de komanow). — Punt II (1727-1730). Menschikow, qui lui avait fiancé sa fille, fut renversé par