MARIE-THÉRÈSE ET JOSEPH II
un profond mépris pour la littérature allemande et d’admirer aveuglément les productions impies de l’école antichrétienne qui dominait en France. Pendant plusieurs années, il accorda son amitig à Voltaire ; il finit cependant par se brouiller avec lui et l’expulser de ses Etats. Frédéric était lui-même auteur; ses œuvres écrites en langue française témoignent de son génie et en même temps de ses connaissances militaires et administratives. Mais sa prédilection pour la littérature française lui fit négliger de favoriser dans son royaume le développement intellectuel, qui resta en arrière de la prospérité matérielle. Actif jusqu’au dernier moment de sa vie, il mourut sans enfants, à l’âge de soixante-quatorze ans, laissant une monarchie puissante à son neveu Frédéric-Guillaume II. C’est pendant le règne de ce prince qu’éclata la révolution française.
L’aUTRICHE jusqu’à la mort de MARIE-THÉRÈSE (1763- 1780). — La grande guerre de la succession et la guerre de Sept-Ans avait puissamment contribué à consolider la
cependant la Prusse, que Frédéric 11 avait rendue si puissante, lui disputa la prépondérance. La rivalité de ces deux Etats paralysa souvent l'action de l’Allemagne au dehors et l'empêcha de reprendre en Europe la direction de la politique, qui avait échappe à la France depuis la mort de Louis XIV. — Transformation de l’Autriche en monarchie absolue. Marie-Thérèse en voulant introduire les réformes qu’exigeaient les circonstances, rencontra souvent de l’opposition dans les Etats de Hongrie, d’Autriche et des autres pays soumis h son sceptre. Par suite de cette opposition, les diètes ne furent que rarement convoquées et le système de centralisation fut introduit dans l’administration. On s’efforça dès lors ide tout soumettre h l’administration civile et Ton apporta des restrictions h la liberté et h l’indépendance de VEglne. Le fébrànianisme, qui attaquait l’autorité du Saint-.Siége et qui avait pour but de détacher l’épiscopat du Souverain-Pontife, pénétra en Autriche et fut enseigné à l'université de Vienne par plusieurs théologiens. Une ordonnance de Marie-Thérèse prescrivit de recourir à l’entremise du ministre des affaires étrangères pour toutes les communications avec Rome; par une autre, elle défendit de publier une bulle ou un bref du Pape avant qu’ils fussent revêtus du placetum regium. — Persécution desJésuiiet en Espagne, en Portugal, h Naples et en France. Marie- Thérèse prit leur défense et résista longtemps aux instances de son fils l’empereur Joseph II, et de son ministre le prince de Kaunitz, tous deux ennemis de l’Ordre. Elle ae consentit qu’à regret à les expulser de ses Etats, à cause des services qu’ils rendaient par l’éducation de lu jeunesse. Elle leur avait confié la direction du collège thèréiien qu’elle avait fondé à Vienne pour les fils de familles
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monarchie autrichienne, qui, malgré la perte de la Silésie, devait désormais remplacer \' empire dC Allemagne celui-ci, morcelé en une foule d’Etats indépendants, avait perdu toute importance politique. Marie-Thérèse avait sauvé la monarchie par sa fertheté ; elle s’appliqua ensuite à réparer les calamités causées par les dernières guerres. Tout en respectant les institutions des divers peuples réunis sous son sceptre, elle donna cependant une extension de plus en plus grande au principe monarchique, qui avait prévalu alors en Europe, au préjudice des droits politiques exercés par les Etats, c’est-à-dire par le clergé, la noblesse et la bourgeoisie. Les Etats ne furent presque plus convoqués; on ne les consulta que rarement, lors môme qu’il s’agissait de mesures importantes concernant l’organisation intérieure des divers pays de la monarchie. Marie-Thérèse prépara ainsi, sans le vouloir, la voie aux innovations arbitraires et violentes qui signalèrent le règne de son fils Joseph II. Le système gouvernemental qu’elle inaugura, infiua également sur les rapports entre l’Etat et
nobles peu fortunées. Maric-Thércse participa au premier partage de la Po~ logtte (voy. plus haut, page :27l), cependant ce ne fut qu’à son corps défendant et en déplorant cet acte, comme elle le dit dans une lettre adressée à Kaunitz. Elle donna son consentement en ces termes : < Placet, parce que tant d'hommes distingués et savants le veulent; mais après ma mort, on apprendra quelles seront les suites de cette violation de tout ce qui était sacré et juste. >
Relations avec la fur^uia. Marie-Thérèse fat obligée de prendre la défense do la Turquie, ennemie séculaire de l’Autriche, pour s’opposer aux envahissements continuels delà Russie; la conservation de l’empire turc devenait une garantie contre l’accroissement de plus en plus formidable de cette dernière puissance. Intervention de Marie-Thérèse dans la guerre qui éclata entre ces deux puissances et qui se termina par la paix de Kaynardgy (voyez plus haut, page 377). Acquisition de la RuAouana; établissements de la frontière militaire, qui s’étendait depuis la Croatie jusqu’à la Transylvanie et qui formait une ligne complète de défense contre les Turcs. Mort de François I (l'an 1765). Marie-Thérèse ne déposa plus le deuil le reste de ses jours. Joseph II est élu empereur; l’impératrice mero n’en continue pas moins à gouverner ses Etats. — Guerre de la succession de Bavière (1777- 1779). Extinction de la maison ducale de Bavière par la mort de Maximilien Joseph; il ne laissait pour seul héritier que le prince-électeur palatin Charles-Théodore, dont la parenté avec la maison de Bavière remontait à la fin du treizième siècle. Ce dernier n’avait pas non plus de descendants, et son héritier pr^mptif était un parent éloigné, le duc de Deux-Ponts. Charles-