MARIE-THÉRÈSE ET JOSEPH H
nîglise ; de nombreuses entraves paralysèrent l’action du clergé, auquel toute communication directe avec le Saint- Siège était interdite. Lorsqu’éclata la grande persécution contre l’Ordre des Jésuites, Marie-Thérèse résista longtemps aux instances des oours de France et de Naples, et ne consentit qu’à regret à la suppression de l’Ordre dans ses Etats. La Prusse et la Russie la forcèrent aussi en quelque sorte à prendre part au premier partage de la Pologne. La paix avec la Turquie, cette ancienne ennemie de l’Autriche, ne fut pas troublée pendant le règne de Marie-Thérèse, qui établit sur les frontières de la Turquie une ligne de colonies militaires.* Après la mort de son mari François 1 ", elle fit couronner empereur Joseph II, son fils ; mais elle continua à gouverner et ne lui laissa qu’une faible autorité. Cependant ce fut à l’instigation de l'empereur qu’elle éleva des prétentions sur une partie de la Bavière après la mort du prince-électeur Maximilien-Joseph. La guerre qui éclata alors se termina par la paix de Teschen, que l’impératrice accepta, mal-
Tbéodore céda à Mane-Tborese la moitié de la Bavière, qu'elle réclamait en vertu d’anciens droits féodaux datant de l’empereur Sigismond. Le roi de Prusse, Frédéric 11, qui voulait empêcher l’Autriche de s’agrandir, se déclaia contre cet arrangement et gagna h son parti le prince-électeur de Saxe. La guerre éclata, mais des deux côtés elle se lit avec peu de vigueur. Médiation de la France et do la Rus.sie, et conclusion de la paix d« Teschen (l’an 1779). L’AutricIie se contente d’une portion peu importante de territoire sur la rive droite de l’Inn. — Grandes vertus privées de .Marie-Thérèse, qui était et avec raison, l’idole de ses peuples, au bien-être desquels elle sacriliait tout. Son activité infatigahle ne l’abandonna qu’avec la vie. Elle mourut eu 1780.
.loseph II avait puisé dans renseignement des Jésuites un attachement sinccre aux dogmes de l’Lgl.se catholique; mais il était partisan des idées fébronieitnes concernant la hiérarchie du l'Eglise et la suprématie du Saint- Siège. En outre, cette suprématie lui paraissait incompatible avec les priucipcs de gouvernement absolu et centralisé que lui avait inculqués Barlensiein, le vieux secrétaire d’Etat de l’empereur Charles VI. U'aprùs ces principes, le souverain devait travailler au développement des forces mate ricllps de l’Etat, en prenant pour base l’armée et les finances, sans aucun égard pour les intérêts et le bien-être individuel de scs sujets. Joseph II avait aussi embrassé la plupart des idées antireligieuses et économiques expo.sées par les encyclopédistes français, et qui ne tendaient a rien moins qu’au bouleversement total, religieux et politique, de la société. — Réformes reliÿieuses de Joseph II : il donna un édit de tolérance en faveur
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gré l’opposition de son fils. Par ce traité elle renonça à ses prétentions et se contenta d’un territoire peu important qui lui fut cédé. Marie-Thérèse était aimée de tous ses sujets et respectée de tous les souverains de l’Europe ; sa mort laissa des regrets universels.
JOSEPH II (1780-1790). — Les qualités du cœur et de l’esprit ne manquaient pas à l’empereur Joseph II, mais il était imbu d’idées fausses et de préjugés, avec un caractère vaniteux et violent; il manquait de connaissances solides comme aussi de sentiments religieux. De plus il accordait une confiance illimitée au prince de Kaunitz, partisan du système de gouvernement ayant pour base l’omnipotence de l’Etat. 11 se proposait d’arriver à cette omnipotence d’abord au moyen d’une bureaucratie fortement organisée, ensuite en introduisant dans tous ses Etats une complète uniformité d’administration et de législation. Pour y parvenir, il ne tint aucun compte ni de l’indépendance do l’Eglise, ni des institutions politiques les mieux établies, ni de la nationalité des peuples soumis à son sceptre.
des protestants et des calvinistes, leur accorda la liberté du culte, autorisa les mariages mixtes et établit que les fils seraient élevés dans la religion de leur père. Mesures violentes ti l’égard des catholiques: les séminaires épiscopaux furent supprimés et remplacés par des séminaires généraux sous la direction du gouvernement. Il fut défendu de publier les bulles papales et les mandements des évéques sans le plar.elumregium; il fut également défendu aux évéques de communiquer avec le Saint-Siège et aux Ordres religieux de correspondre avec leurs généraux siégeant à Rome. Plus de 700 couvents furent supprimés par la force, leurs biens confisqués et plus de 36,000 religieux et religieuses réduits à la plus affreuse misère. Les vases sacrés des églises, les châsses des reliques furent vendus aux juifs ; on profana les tombeaux des morts dont on vendit les cercueils. Voyage du pape Pie VI à Vienne (l’an 1783,i. Il fut reçu avec de grandes démonstrations, mais gardé au palais impérial comme un prisonnier. Toute communication avec les évêques d'Autriche lui était interdite. 11 ne put faire renoncer l’empereur aux mesures de violence. Les ordonnances concernant les mariages mixtes furent sur le point d’amener une rupture ouverte entre le Saint- Siège et l’Autriche. L’Empereur se rendit U Home (l'an 1785) et dans un eiilrctieu avec l’ambassadeur d’Espagne Azara, il fit connaître son intention do détacher entièrement du Saint-Siège l’Eglise dans son empire. Azara parvint U lui faire abandonner ce projet, en insistant sur le danger de provoquer une révolte chez le peuple, qui était très-attaché h la religion catholique. A partir de ce moment l’empereur traita le Saint-Siège avec plus da ménagements. — La centralisation est étendue à tout l’empire; établisse-