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Tolérant envers les protestants et les juifs, au point de les favoriser aux dépens de ses sujets catholiques, il persécuta l’Eglise et l’assujettit à une telle dépendance qu'il déterminait lui-même le nombre de cierges que l’on pouvait allumer sur les autels. Il supprima les couvents et confisqua leurs biens, tandis qu’il laissa les loges maçonniques s’établir dans tout le pays sans aucune entrave. D’un côté il accorda à la presse une très-grande liberté et permit la réimpression des ouvrages littéraires dans lesquels la religion catholique était violemment attaquée ; de l’autre, au contraire, il défendit la publication des bulles ou brefs du Pape et des mandements des évêques sans une autorisation préalable du gouvernement. Le Pape Pie VI se rendit à Vienne pour déterminer l’empereur à changer de conduite, mais ce fut sans succès; Joseph II conçut même le projet de faire schisme dans ses Etats avec le Saint-Siège. Ce projet ne fut pas exécuté, mais l’Eglise resta asservie en Autriche pendant plus d’un demi-siècle. Joseph II bouleversa de même l’administration, l’ordre
ment d’une forte bureaucratie, à laquelle on inculque les principes de l'omnipotence de l’Etat. Bouleverseme nt de l’ancienne organisation des pays qui formaient la monarchie autrichienne; abolition des institutions provinciales : les provinces sont divisées en cercles et districts. Etablissements de nouveaux impôts, principalement sur la propriété foncière. La législation fut également changée; la peine de mort fut abolie et remplacée par des peines infamantes. Des galériens traînant de longues chaînes et des boulets furent employés aux travaux publics. La censure pour tous les écrits politiques fut abolie et la contrefaçon autorisée. Décadence de la littérature nationale en Autriche. Engouement de Joseph 11 pour le théâtre, pour lequel il dépensa do fortes sommes, tandis qu’il ne faisait rien pour encourager les beaux-arts. l.es œuvres d’art, recueillies par l’empereur Rodolphe 11 dans sa résidence de Prague, furent dispersées, et les chefs-d'œuvre anciens et modernes vendus k vil prix. — Les Hongrois manifestèrent leur mécontentement de ce que l’empereur ne convoquait plus la diète ; il divisa alors ce pays en dix cercles, refusa de se faire couronner et voulut imposer la langue allemande il la Hongrie. Mais le peuple ne se soumit pas à ces ordonnances, qui ne furent pas exécutées.
Révolution llrabançonne. — Une ère de tranquillité et de prospérité s’ouvrit pour les provinces belges après la paix d’ :iix-la-Ckapelle {\’iin 17i8), sous lerègife Je Marie-Thérèse et le gouverneruentdu prince Charles de Lorraine, non béai; frère, et dura jusqu'à leur mort (l’an 1780). Joseph H conOrma le prince Albeit de Saxe-Tcichen, époux de sa sœur Marie-Christine , dans le gouvernement de la Belgique, [’endant son voyage dans ce pays, Joseph 11 (il
HISTOIRB UNIVERSELLE.
judiciaire et Torganisation intérieure des divers pays de sa vaste monarchie. Il provoqua ainsi on mécontentement général, qu’il fut obligé de comprimer par des mesures violentes. Cependant il ne réussit pas partout ; les Hongrois lui opposèrent une résistance énergique et le forcèrent à revenir sur ses pas ; en Belgique il ât éclater la r^tjoîu^ton brabançonne.
La révolution brabançonne (1787-1790). mort de Joseph II. l’empereur LÉOPOLD II (1790-1792). — Les institutions nationales qui existaient depuis des siècles dans les provinces belges et qui étaient chères au peuple, n’échappèrent pas aux tentatives d’innovation de Joseph II. Après avoir bouleversé l’organisation ecclésiastique, supprimé une foule de couvents et soumis le clergé au régime de la bureaucratie civile, il fit fermer les séminaires épiscopaux et les remplaça par un séminaire général établi à Louvain. Ensuite il changea l’administration civile et judiciaire du pays. Les anciennes provinces formèrent neuf cercles gouvernés par des intendants et divisés en districts; elles per-
pressentir ses mesures arbitraires. H lit evacuei les /j.uuu de la barrière par les garnisons hollandaises, mais il ne réussit pas i faire lever la fermeture de l’Escaut. Application en Belgique de toutes les mesures violentes contre l'Eglise (voyez page 983). Etablissement d’un timinaire général à Louvain et d’un séminaire succursal h Luxembourg ; défense d’enseigner la théologie dans les séminaires diocésains. Institution d’un conseil général de gouvememeni, et abolition des Etats provinciaux. Division de la Belgique en neuf cercles, subdivisés en districts. Suppression de tous les tribunaux et cours de justice, qui furent remplacés par trois catégories de tribunaux : I* ceux de première instance; 9° les cours d'appel au nombre de deux, l’une à Bruxelles et l’autre h Luxembourg; 3'’ le tribunal de récMon, ou conseil souverain de justice, siégeant a Bruxelles. — Les Etats de Brabant s’opposent à ces innovations et refusent les impôts. Les autres provinces suivent cet exemple, et l’exécution de ces mesures demeure suspendue. L’Empereur appelle h Vienne le gouverneur, ainsi qu’une députation des Etats de toutes les provinces; il persiste néanmoins dans ses projets et veut surtout maintenir le séminaire général de Louvain. Fermeté du cardinal de Franktnberg, archevêque de Malines. Le comte Traumansdorf, homme de conciliation, est envoyé en Belgique avec le général d’jfflon, homme d’un caractère dur et altier (l’an 1787) Les professeurs de Louvain sont dis|iersés, et les facultés de droit, de médecine et des arts transférées à Bruxelles; fermeture des séminaires. Commencement des troubles; tous ceux qui ont été compromis et qui n’ont pas émigré sont arrêtés. Les Etats de Brabant refusent de renoncer au droit de voter ies impôts et de sanctionner les nouvelles
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dirent ainsi tous leurs droits et privilèges. Les tribunaux et les cours de justice furent supprimés et remplacés par trois instances qui devaient juger tous les procès. Ces mesures provoquèrent un mécontentement universel. La révolte éclata ouvertement lorsque le général ÿ Alton, nommé capitaine-général de la Belgique, voulut faire exécuter par la violence les ordres de l’empereur, qui avait décrété la dissolution de l’Université de Louvain et annulé la constitution du Brabant et du Hainaut. Les deux avocats Vandemoot et Vonck se mirent à la tête des patriotes. Pendant que Vandemoot se rendait en Hollande, en Angleterre et en Prusse pour y demander du secours, une armée se réunissait sous le commandement de Vonck et de Vandermersch. La révolution ne tarda pas à gagner toutes les villes, et les troupes autrichiennes furent forcées d’évacuer la Belgique, qui se constitua en Etat fédératif sous le gouvernement d’un côngrés souverain, composé des députés de toutes les provinces. La mort de l’empereur Joseph II, auquel succéda son. frère
loi*. Ils sODt dissous, et la constitution du Brabant est abrogée. La révolution éclate (l’an 1789}. VaruUrnoot et foncA sont à la tète des mécuutoiits. Hanifesie du peuple brabançon prononçant la déchéance de Joseph II. L'armée patriote, sous le commandement du colonel Vandermersch, remporte h Turnhout une victoire sur les troupes impériales ; la désertion se met dans les rangs de celies-bi. Les Autrichiens sont obligés d’évacuer la Flandre, qui est en pleine révolution. Ils quittent Bruxelles et peu après toute la Belgique, pour se retirer à Luxembourg. Les députés de toutes les provinces se réunissent en EiaU-Généraux à Bruxelles (l’an 1790) et constituent la Belgique en Etats- Belgiquei- Unit, gouvernés par un Congrès permantnt. Chaque province se réserve tous ses droits de souveraineté; l’union est déclarée perpétuelle. Division parmi les patriotes ; les Vonckislet étaient opposés au Congrès et voulaient une constitution toute nouvelle pour la Belgique ; ils désignaient par le nom de Statiste le parti des Etals, qui était au pouvoir. Mort de Joseph II (l'an 1790). Son successeur UopoU II promet de tout remettre sur l’ancien pied, mais le Congrès repousse ses propositions, hésorganisatioii de l'armée : Vandermersch, accusé île Vonckisme, est destitué. Le général prussien Schœnfeld le remplace. L’Angleterre, la Hollande et la Prusse s’engagent à rétablir la domination autrichienne en Belgique. Vandemoot ordonne une levée en masse et réunit une nombreuse armée de patriotes. Mais elle manque de discipline militaire, et dans toutes les rencontres elle est battue par les Autrichiens sous le commandement du général Bender, qui marche sur Bruxelles. Alors les Etats-Généraux offrent la couronne h Varchiduc Charles, troisième fils de l’empereur Léopold, avec le titre de
ÏIISTOIRE UNIVERSELLE.
Léopold II, grand-duc de Toscane, prince conciliant et généreux, et la division qui éclata parmi les patriotes, divisés en Vonkistes et en Staiistes, amenèrent la chute de la nouvelle république. Le congrès ayant refusé de reconnaître Léopold, qui offrait de rétablir l’ancien état des choses en Belgique, le général Bender envahit le pays à la tête d’une armée nombreuse. Les troupes îhdisciplinées du congrès ne purent résister longtemps; après la prise de Bruxelles, tout le pays se soumit à l’empereur, Léopold II révoqua toutes les mesures de Joseph II et rendit à la Belgique ses anciennes institutions. Mais ces dernièi’es devaient crouler peu après sous les coups dos rcvolutiouuaires français.