CHAPITRE .\l
LE PORTUGAL, l’eSPAGNE ET LE ROYAUME DE NAPLES jusqu’à LA MORT DE CHARLES III ( 1648- 1788).
1. — LE PORTL’GAL SOUS LA MAISOX DE BRaGANCE JUSQü’a LA MORT DE JOSEPH !'■''( I 0 10- 1 : I :).
La RÉVOLUTION. LES PREMIERS SOUVERAINS DE LA MAISON DE BRAGANCE (1640-1706). — Le royaume de Portugal, réuni à l’Espagne sous Philippe JI, n’avait pas tardé à déchoir rapidement du haut degré do prospérité où l’avait élevé le règne d’Emraanuel-le-Grand. Le commerce por-
grand-duc héréditaire de Dclgique. Malgré cela, le général Rentier continue ses opérations; après avoir pris Bruxelles presque sans coup férir, il reçoit la soumission de tout le pays. L'empereur Léopold II révoque tous les édits de Joseph 11, et rétablit la constitution des provinces belges il'an 1791). Sa mort (l’an 1792).
névoloppemcnts. — A consulter; Les ouvrages de Schœll, Cantu; Léo, Histoire universelle,!. IV (en allemand) Scliaefer, Histoire du Portugal, ' vol. 4 et 5.
I. Rois de Portugal: Jean IV (1040-1656). Alphonse VI (1656-1667). Pedro 11 (1607-1700). Jean Y (1706-1750). Joseph I (1750-17/7).
LE POKTUOAL.
mgais, ain^i que le commerce egfl^g^iol, ayaitéjljé presqf^g partout ruiné, par les Hollandais, surtout après la perle du Brésil. L’administrpiipn intérieure ,a^ait été négligée ; Iqs impôts prélevés par l’Espagne avaient épuisé les res;^ourceg de la nation. La domination espagnole durait depuis soi; Xante ans, lorsqu’éclata la révolution qui éleva sur le trône Jçan IV de la maison de Bragance, descendant d’Em; manuel-le-Grand par sa grand’mère Catherine. Jean IV fut reconnu dans toutes les colonies portugaises et gagna l’affection du peuple par la clémence dont il usa envers ceux qui avaient trempé dans une conspiration pour rét^- Nir la domination espagnole. Une insurrection contre Iqs Hollandais rendit le Brésil aux Portugais ; ceux-ci perdirent cependant ^ans les Indes Orientales l’importante ilç do Ceylan, dont les Hollandais s’emparèrent. Jean IV avait défendu avec succès son trône contre les Espagnols ; il le laissa à son fils Alphonse VI.
Ce prince, malgré son jeune âge, était corrompu et cruel. Il n’aurait pu résister à l'Espagne, sans le sefiou'r^f que lui prêta la France ; la guerre dura douze an» et assura l’indépendance du Portugal, qui fut reconnue par le roi d’Espagne Charles II et par la régente Marie-Ailnei sa mère. La paix fut conclue par le frère d’Alphonse Vl, Pédro II-, Alphonse alla terminer sa vie dans un couvent après avoir été précipité du trône à cause de ses criraeSi Le Portugal se releva sous le règne de Pédro II, prince' actif, sobre et consciencieux, qui parvint à se maintenir dans la neutralité au milieu des graves complications pro-
Voici leur parenté avec l'ancienne dynastie ;
Emmanuel -le- Grani.
Jean III.
Isabelle»
ép. Charles-QuîDt.
UenrU
eardiiinl.
Édouard.
Jean. Marie
1 ép. l'kitippe U
athntHen. ''E«I»«»e.
l'Iiilippe 11.
Catherine.
ép. Jean de lirnpince.
Tbcodore.
H. IMIV. IV.
Jean 1 r,
1 « rui de la maiion de Dmcaoce.
HISTOIRE UNIVERSEI.LB.
voquées par l’ambition de Louis XIV. Bien que d’abord il se fût déclaré pour la politique française, il n’hésita cependant pas à abandonner Louis XIV, lorsque celui-ci eut accepté la couronne d’Espagne pour son petit-fils Philippe. Pédro II entra dans la grande alliance contre la France et conclut avec l’Angleterre le célèbre traité Méthuen , qui ouvrait aux manufactures anglaises les marchés du Portugal et statuait en retour une réduction sur les droits d’importation des vins portugais en Angleterre. Ce traité exerça une fâcheuse infiuence sur l’industrie et l’agriculture en Portugal. Les Anglais prétendirent dans la suite, mais à tort, que ce traité leur assurait le monopole du commerce avec ce pays. Les conséquences du traité Méthuen se firent surtout sentir sous le règne de Jean F, qui monta sur le trône à la mort de son père Pédro II.
Situation déplorable du Portugal pendant sa reunion à l’Espagne MG80-1(i40). Traité en pays conquis, il eut à subir les vexations des gouverneurs espagnols ; de même qu'en Espagne et pour les mêmes causes, son industrie et son commerce tombèrent en décadence. Mécontentement du peuple; puissance de la famille de Bragance, q\i'\ était parente de l’ancienne dynastie royale (voy. le tableau généalogique cidessus) et qui possédait presque le tiers de tout le royaume. Jean de Bragance manquait d’énergie et de courage pour se mettre à la tête des mécontents. De nouveaux impôts ayant été établis, et le ministre d'Es|>agne Olivarez ayant voulu lever des trouf>es, les troubles éclatèrent (voyez page 131). Conspiration de la noblesse, qui proclame Jtis IV (l’an 1640). Dan.s le court espace de huit jours les Espagnols sont chassés du Portugal, et .Ican IV est reconnu dans toutes les anciennes colonies portugaises, à l’exception de Ceuta en Afrique. Réunion des Cortès, qui sanctionnent tout ce qui a été fuit il’an 1641). Les partisans de l'Espagne trament une conspiration contre Jean IV; mais ils sont découverts, et quelques-uns de leurs chefs sont punis do mort; les autres conjurés sont graciés. L’Espagne, qui était engagée dans la guerre de Trente-Ans, ne put songer è soumettre l« Portugal par les armes. La domination portugaise dans lu Brésil est rétablie, à la suite d’une insurrection contre les Hollandais (voyez plus haut, page 320). Jean IV ronclutdes traités avec la Francé et l’Angleterre, ainsi qu’avec la Hollande, h laquelle il cède l’ile de Ccylan. Guerre contre l’Espagne (1643-1646): les Portugais remportent la ricloire de Téléna{Van 1646); les hostilités cessent, sans qu’un traité ait été conclu. — Alpiiüxse VI (1636- 1667); pendant sa minorité il resta sous la tutelle de sa mère (1636-1663'. Son Question avait été négligée; il s’abandonna à tous les penchants de sa nature corrompue et se jeta dans les pins grands excès. Sa cruauté et ses actes arbitraires le rendireut odieux; tous les soins du gouveruemeot furent