II. RÉGNE DE LOUIS XV. (l73S-<TTl
Louis xv. commencement de son règne jusqu’à la PAIX DE VIENNE (1723-1735). — Louis XV était d’un caractère doux et généreux et ne manquait pas d’esprit ; mais on lui avait inspiré, dés son bas âge, des goûts frivoles. Le maréchal Villeroy s’était borné à lui donner des airs de grandeur, sans songer à former son caractère et sa volonté ; Fleury, évêque de Fréjus, avait tâché de lui inspirer une piété sincère, mais il avait négligé de cultiver son intelligence par des études sérieuses. Lejeune roi n’apprit pas à agir par lui-même et devint le jouet de ceux qui l’entouraient. Le duc de Bourbon fut nommé premier ministre ; il fit épouser au roi Marie Lesczynsha^ fiUe do l’ancien roi de Pologne Stanislas Lesczinski, princ^se vertueuse, mais d’un caractère timide. Le renvoi de l’in-
ces semblants de réserve qui suppléent h la vertu par la politesse ; des opinions nouvelles étaient nées avec de nouvelles mœurs. Tout était Toulé aux pieds, les croyances comme les coutumes, et ce fut une gloire de franchir toutes les bornes dans la débauché comme dans l’Impiété. > {Laurtniie).
11. L'éducation de Louis ,\V, confiée au maréchal de Villeroy et ë Fleury, fut mal dirigée : « Louis XV, dit Laurentie, n’avait point été élevé pour les grandes choses de la royauté. On l’avait des son bas âge accoutumé ë des goûts frivoles. On lui avait fait des plaisiR communs, avec un ralllneraent de luxe qui les lui avait rendus aimables. Il faisait son potage dans sa chambre. Il avait une laiterie ë la Muette qui faisait ses délices. Son grand-péie, le roi de Sardaigne, lui avait envoyé une pioche et des petits chiens destinés ë la recherche des truffes. Ou bien lorsqu’on voulait relever au-dessus de ces élégantes puérilités, on lui faisait jouer un rôle de royauté sevére cl magnifique qui contrastait avec la débilité de ses idées et la moilcsse de ses habitudes. » — MinùUrtdu duc de Bourbon (1733-17*26) : frivole et hautain, il n'était pas moins corrompu que le Régent. 11 ne larda pas ë se rendre odieux en diminuant la valeur du numéraire et en forçant le commerce ë se soumettre ë cette mesure. Il rompit le mariage projeté entre le roi et l’infanie d'Bspagne, qui était déjë venue ë Paris, mais qui était trop jeune. Ma-