‹ Cours complet d'histoire universelle à l'usage des collèges et des maisons d'éducationChapitre 57 sur 107 · RÈGNE DE LOUIS XV · texte numérisé non relu

RÈGNE DE LOUIS XV

fante d'Eapague, iiancée à Louis XV, faillit amener une rupture entre les deux cours. Mais Fleury, qui remplaça ^ le duc de Bourbon comme premier ministre, parvint à rétablir la bonne entente. Ce vieillard respectable, qui obtint le chapeau de cardinal, rendit à la cour la décence que l’exemple du jeune roi avait déjà imposée, du moins extérieurement, à tout son entourage. Il prit de bonnes mesures pour rétablir l’ordre dans les finances ; il retrancha les dépenses inutiles et augmenta les recettes par une administration régulière. Il intervint énergiquement dans les querelles des Jansénistes et réprima les troubles suscités par cette secte remuante, qui se sentait forte de l’appui du- parlement de Paris. — Une guerre pour le trône de Pologne éclata à la mort du roi Auguste II. Auguste ni s’empara de la couronne avec le secours de la Russie et de l’empereur Charles VI et força Lesczynhi, qui avait été réélu par une partie de la noblesse, à renoncer à ses prétentions. Louis XV, ayant conclu une alliance avec l'Angleterre et l’Espagne, déclara la guerre à l’Empereur et fit envahir par ses armées l’Allemagne et l’Italie. Les succès des Français au-delà des Alpes, la conquête du royaume de Naples et de Sicile par les Espagnols, mais

riage de Louis XV avec Marie Lescjinska (l’an 1735) Le duc de Bourbon conçoit de la jalousie à cause de l'afTection du roi pour Fleury : il tente de l’elTacer, secondé par la reine; nais le roi se prononce pour son ancien p:ecepteur Exil du duc de Bourbon (l’an 1726). Fleury le remplace comme premier ministre. — Miniitére du Cardinal Fleury (1726-1743) : ses mesures financières; il porte les revenus annuels de 100 à 140 millions Je francs, en réformant le bail du fermage des recettes publiques. Rétablissement de la bonne entente entre la France et l’Espagné (l’an 1728). Troubles” suscités par les Janiénisies (voyez plus haut, page 316). Guerre pour le trône de Pologne entre Auguste III et Stanlslat Lesezinski ; guerre entre la France et l’empereur Charles VII (voyez plus haut, page 2o8j. Paix de Vienne (l'an 1738); la Lorraine est cédée h Stanislas Lesczynski, h la condition d’étre réunie h la France après la mort de ce prince (1766). Un nombreux parti de nobles corrompus fait opposition au cardinal Fleury : ils songent à reprendre leur influence et profitent de la faiblesse de caractère et des goûts frivoles de Louis XV pour l'entraîner dans tous les désordres. Toutefois il ne tomba que par degrés dans l'état d'abjection qui a fait de son règne une dos pages les plus honteuses de l’histoire de France. — Après la mort de Fleury, la maronite de Pompadour devint toute puissante

surtout la crainte de voir ses États échapper à sa fille Marie-Thérèse, amenèrent l’Empereur à conclure la paix de Vienne, par laquelle il céda la Lorraine à la France, et le royaume de Naples et de Sicile à l’Espagne. Le résultat avantageux de cette guerre et le rétablissement des finances •par Fleury malgré un surcroît de dépenses promettaient un heureux avenir à la France, lorsque la corruption fit de nouveau invasion à la cour et qu’on vit se renouveler les désordres' et les scandales de la Régence.

La FRANCE jusqu’à LA PAIX d’aix-la-chapelle (1738- 1748). — L’exemple du roi et les soins du cardinal Fleury refrénèrent d’abord la corruption qui avait régné à la cour pendant la Régence et qui avait gagné une grande partie' de la noblesse. Mais les courtisans, pour reprendre leur influence, cherchèrent à entraîner le jeune roi dans les plus graves désordres et réussirent à le faire tomber dans l’oubli de ses devoirs les plus sacrés. Fleury eut la faiblesse de n’y pas mettre obstacle, et la cour fut de nouveau le théâtre de tous les excès de la Régence. Louis XV ne tarda pas à devenir le jouet de la marquise de Pompadour, femme aussi corrompue qu’intrigante, qui gouverna véritablement la France pendant plus de vingt ans, disposant de

; le roi lui abandonna, avec le gouvernement, l’armée, la politique et ie trésor. L’exempiedu roi eutratna toute la noblesse. « Les héritiers de cette antique nobiesse ne craignaient pus de déshonorer les glorieux écussoos de leurs ancêtres. Le lien conjugal fut profané, les droits de la famille méconnus, les satisfactions des sens uniquement recherchées. Audessous de cette aristocratie, qui foulait aux pieds tout frein et tout principe, se trouvait un peuple habitué jusqu’alors à recevoir d’autres enseignements, et la corruption descendait d’en haut dans les masses, en attendant le jour où elle devait remonter jusqu’à la hauteur de l’échafaud. » (Gabourd). — Guerr» de la taccession d'Autriche (voyez, page 360). La France se joint aux ennemis de Marie-Thérèse (1740-1748); mais comme le cardinal Fleury est opposé à la guerre, on se borne à appuyer le prince-électeur de Bavière, qui se fait proclamer empereur sous le nom de Charte» VU. Mort de Fleury (l’an 1743). Le roi se met' lui-même à la tête de l’armée. Il tombe malade à Metz; la nouvelle de sa maladie répand la consternation à Paris; la joie éclate partout, lorsqu’on apprend son rétablissement; on lui donne le surnom de Bien-Aimé (l’an 1744). Le comte Maurice de Saxe, Dis naturel du roi Auguste 11 de Pologne, entre au service de la France et devient maréchal. BataOU de Fontenay, bravoure du roi (l’an 1745). Brillantes campagnes du

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