‹ Cours complet d'histoire universelle à l'usage des collèges et des maisons d'éducationChapitre 6 sur 107 · VI. A contuUer; Vertot, Hùloire du révolutiotiM dt Suède · texte numérisé non relu

VI. A contuUer; Vertot, Hùloire du révolutiotiM dt Suède

Insurrection en Suède contre le roi Christiern U ; Gustave Wasa s’empare du pouvoir (l’an 1523); Gustave Trolle, archevêque d’Upsal, se déclare contre lui (voyez la partie, page 409). Les principaux motils qui décidèrent Gustave Wasa h embrasser le protestantisme et h le favoriser, étaient d’une nature purement politique ; le désir de se venger de l’archevêque d’Upsal, d’anéantir la puissance de l'épiscopat et de s’emparer des biens ecclésiastiques. Les évêques suédois, appartenant presque sans exception à la haute noblesse, jouissaient d’une grande inOuence; pendant les fréquentes absences des rois, qui résidaient ordinairement en Danemark, l’arcbevéque d’Upsal exerçait un grand pouvoir en Suède Gustave Wasa avait connu les doctrines de Luther pendant son séjour à Lubeck. Son hypocrisie après son avènement au trône-, dans une lettre adressée au pape Adrien VI, U protesta de sou attachement h la religion catholique ; il renouvela cette protestation au légat du pape, pendant qu’il favorisait les deux frères eeterson, qui avaient rapporté a Wittemberg les erreurs de Luther. Laurent Anderson est nommé chancelier du royaume. Opposition des évêques : la loi proteste de nouveau de ses sentiments catholiques. Le protestantisme trouve des partisans à l’université d’Upsal, ainsi que dans la noblesse. ConflscatlOD des dîmes ecclésiastiques au profit de la couronne (l’an 1 526). ildcontcctcment du peuple; l’archevêque d’Upsal et l’évêque de Westeras

.supprima ensuite un grand nombre de monastères et d’abbayes dont il confisqua les biens au profit de la couronne. Une partie notable du clergé apostasia et embrassa le protestantisme. Une nouvelle diète, convoquée par le roi, proclama l’abolition de la religion catholique ; on conserva toutefois la hiérarchie épiscopale et une partie du culte. Un ministre protestant, Laurent Peterson, fut nommé archevêque d’Upsal. Le peuple put ainsi être trompé et perdre sa foi sans même sans douter. Dans plusieurs provinces cependant, le peuple prit les armes pour la défense de sa religion. On y envoya des troupes et on y imposa le protestantisme par les armes. A la mort de Gustave Wasa, le protestantislne dominait dans toute la Suède, et la religion catholique en était proscrite.

Le PROTESTANTISME EN DANEMARK (1520-1539). — Christiern II, prince despotique et de mœurs corrompues, établit le protestantisme dans le royaume de Danemark, parce que cette nouvelle religion n’imposait aucun frein à ses passions et lui paraissait être le meilleur moyen de briser l’influence du haut clergé, qui résistait à son gouvernement arbitraire et tyrannique. Il demanda à Luther un

dont accusés d'avoir romentéce mccontciitcrr.ent et sont condamnés <i mort. Dans le but de détruire parmi le peuple le prestige de la dignité épiscopale, on lait encore subir aux deux prélats les plus grands outrages. Suppression violente du couvent de Wadittna, dont les religieuses, appartenant à l'Ordre de S>'-Brigitte, meurent héroïquement pour la foi. Diéiê de Weslerae (l’an 1527): le roi menace d'abdiquer; le parti protestant l’emporte sur les membres catholiques. On décrète la confiscation des biens ecclésiastiques au profit de la couronneet des familles nobles, qui reprennent les anciennes donations. Le roi est investi de la suprématie ecclésiastique. Défection d’un grand nombre d’évôques. Le protestantisme est déclaré seule religion de la .Suède : maintien de la hiérarchie épiscopale et de quelques cérémonies du culte. Laurent Peterson, archevêque d’Upsal, se marie (l’an 1531;. Insurrection des paysans en faveur de la religion catholique ; ils sont soumis par les armes. Le catholicisme est de nouveau proscrit a la diète de Westeras (l’an 1644). L’immoralilé devient tellement grande dans toutes les classe.s de la société, que le roi ordonne un jedne de huit jours : l’archevêque d’Upsal lui-même élève des plaintes amères sur la décadence générale des mœurs qu’il attribue à l’introduction du protestantisme (l’an 1658). Mort de liualave IVatall’an 1560).

Caractère cruel et despotique de Chrûtiern II (voyez la 4* part. p. 409. Il embrasse le protestantisme après son retour de Suède. L’épiscopat

prédioateur protestant; le moine de Wittemberg lui envoya le docteur Martin, auquel il donna une église à Copenhague. Le peuple et le clergé protestèrent; alors le roi fit mourir l’archevêque de Lund, primat du royaume, et abolit le célibat ecclésiastique. Ces actes violents provoquèrent une révolution. Dans une diète générale, Christiern fut déposé et la couronne fut offerte à son oncle, Frédéric I*', duc de Schleswig et de Holstein. Celui-ci jura de maintenir la religion catholique quoiqu’il fût déjà secrètement protestant. A peine affermi sur le trône, il viola son ser- , ment et embrassa publiquement le protestantisme, malgré l’opposition de l'épiscopat. La noblesse et une partie du peuple se prononcèrent en faveur du roi. Le célibat ecclésiastique fut de nouveau aboli et les évêques furent forcés à recevoir du roi leur institution canonique. La suppression d’un grand nombre de monastères, la confiscation de leurs biens et la proscription de la religion catholique dam plusieurs grandes villes signalèrent l’établissement du protestantisme . A la mort de Frédéric P', les évêques protesté- i rent contre l’avénement de son fils Christiern III, qui avait déjà publiquement embrassé le protestantisme et l’avait introduit, du vivant de son père, dans les duchés de Schles-

’jouissait d'une grande puissance en Danemark ; il ne se recrutait que parmi lapoblesse. et même d’après une loi portée en 1519 ceux qui n’étaient pas nobles en étaient exclus. Martin, prédicateur protestant, envoyé par Luther sur la demande de Christiern 11 (l’an 1520), prêcha publiquement contre la religion catholique. Protestations du clergé ; le roi fait exécuter l’archevdque de Lund et abolit le célibat ecclésiastique. Hévolution h Copenhague, et luite de Chritiiern 11 dans les Pays-Bas (l’an 1523). Election de Frédéric /•'; ce prince avait déjà embrassé le protestantisme, mais il promit sous serment de maintenir la religion catholique. Apostasie du roi, qui appelle h Copenhague Jean Tautan, partisan de Lutlicrd’an 1520). Plaintes des évêques h la diète d’Odensée (l’an 1527). Le roi obtient la liberté religieuse pour les protestants et force les évêques à recevoir de lui seul l’institution canonique. Le célibat ecclésiastique est de nouveau aboli. Progrès du protestantisme parmi la noblesse et dans plusieurs villes : le culte catholique est proscrit à Maltnw. Persécution des prêtres catholiques : plusieurs monastères sont supprimés, et leurs biens confisqués. Conduite perfide de Frédéric à l’égard de Christiern 11, qu'il fait jeter en prison à Copenhague, où ce prince s’est rendu sur son invitatipn. Mort de Frédérir. l’' (l’an 1 533). Les évêques refusent de reconnaître 8op (ils Chriido n III, qui avait également embrassé la

et de Holstein. Christiern III parvint cependant à se l’aire reconnaître par la partie protestante de la noblesse et du peuple; il fit jeter en prison tous les évêques du rojaurae et les remplaça par des Surintendants qui reprirent plus tard le titre d’évêque. La religion catholique fut proscrite, et la peine de mort décrétée contre tout prêtre catholique qui séjournerait en Danemark. C’est ainsi quo se consomma l’apostasie de ce pays.

Le protestantisme en norwége et en Islande (1526- 1550). — Lorsque la Suède se détacha de l’Union des trois royaumes,' la Norwége resta unie au Danemark ; et quand les Danois eurent déposé Christiern II, les Norwégiens reconnurent aussi pour roi Frédéric I". Mais ce prince ayant voulu introduire le protestantisme en Norwége, le peuple rappela Christiern II, qui, arrivant avec une armée rassemblée dans les Pays-Bas, promit de maintenir la religion catholique, et fut reconnu roi de Norv/ége. Cependant son caractère méprisable et ses mœurs dissolues lui aliénèrent l’affection du peuple. Se voyant attaqué par Gustave "Wasa, il négocia avec Frédéric qui lui offrit un asile en Danemark; malgré cela, il fut jeté en prison par le roi de Danemark et y mourut après seize ans de captivité.

protestantisme. Guerre pour le trône. Christophe, duc d’Oldenbourg, soutenu par la ville libre de Lubeck, attaque le Danemark sous prétexte do rétablir Christiern II sur le trône. La noblesse se déclare en faveur de Christiern 111, ([ui se rend maître de Copenhague (l’an 1531). Christiern 111 fait Jeter eu [>rison tous les.évéques et abolit la hiérarchie catholique à la diète de Copenhague (l’an 153Ü). L’évêque de Rœskild refuse d’abdiquer et meurt en prison. Diète d’Odensée (l'an 1539), et proscription de la religion catholique. Confiscation des biens ecclésiastiques, et persécution des catholiques. — Les Norwégiens restèrent d'abord fidèles à Christiern 11, après la séparation de la Suède | mais quand ce prince eut été déposé, ils reconnurent Frédéric y*'. Apostasie de l’archevêque de Drontheim, qui embrasse le protestantisme, mais reste attaché h Christiern il. La tyrannie de Frédéric 1, qui cherchait à introduire le protestantisme en Norwége produisit, parmi le peuple, un grand mécontentement. Les partisans de Christiern 11 en profitèrent pour rappeler ce prince, qui revint des Pays-Bas h la tête d’un corps de troupes mercenaires (l’an 1531). Il promit avec serment de maintenir lu religion catholique. Alliance entre Fr^éric 1" et Gustave Wasa. üue armée suédoise envahit la Norwége. Christiern II qui s’était rendu odieux par sa conduite, négocie avec Frédéric 1"; C3lui-ci l’invite à se rendre k Copenha-

HISTOIRE UNrVERSELLB.

Frédéric destitua tous les évêques de Norwége. Ici encwre le peuple fut privé de sa foi insensiblement et sans s’en douter par des prêtres apostats ou par des ministres protestants, qui furent installés partout. — Dans l'Islande qui formait une province du royaume de Danemark, le peuple était profondément attaché à la religion catholique; lorsque le roi Christiern III voulut, par ordonnance royale, imposer le protestantisme à ce peuple, il déclara qu’il quitterait plutôt sa patrie que d’abandonner sa foi. Il résista pendant dix ans. Enfin des troupes furent envoyées en Islande, et l’évêque Arasen fut mis à mort. Ce fut donc aussi par la force des armes que le protestantisme s’établit en Islande.

m. lE PROTE-STANTISIIE DANS LA PRUSSE, LA LIVONIE, LA COCRLANDE, LA POLOGNE, LA HONGRIE ET LA TRANSYLVANIE. (< R»t- 1 K 6 s).

Apostasie d’albert de brandenboürg ( 1522 - 1568 ). — Les vastes États que possédait l'Ordre Teutonique, et qui se composaient de la Prusse, de la Livonie et de la Courlande, furent détachés de l’Eglise par l’apostasie des chefs de l’Ordre. Le grand-maître .4 de Brandenhourg

|:ue Pt lui donne un squf-conduit ; tnaiâ il viole sa parole et le jette en prison (l’an 1S32). Frédéric 1" persécute la religion catholique en Norvège. L’archevêque apostat de Drontheim s’enruit à cause de ses liaisons avec Christiern 11 ; les autres évéques sont destitués. Nombreuses apostasies dans le clergé et établissement du protestantisme. — Attachement des hlandai» h leur religion ; ils résistent pendant dix ans h toutes les mesures prises par CAH«{Mrn III pour introduire le protestantisme parmi eux. Des troupes sont envoyées dans l’Ile ; l’évéque d'Islande meurt sur l’échafaud et la religion catholique est supprimée par la force brutale.

Vil. L’Ordr» Teulonique en Pruese (voyez la 4« part. chap. -W, § 1.). La Prusse était devenue fief de la couronne de Pologne. Albert de brandenbour.j tenta de se délivrer de cette dépendance, mais il fut défait par le roi Sigismond y" (l’an 1520) L’empereur Charles-Quint négocia un armistice (l’an 1621). Albert se rendit h la diète de Nuremberg (l’an 1.522), où il se mit en rapport avec Luther, Mélanchton et Osiandre, qui lui conseillèrent d’abolii l'Ordre, de se marier et d'ériger la Prusse en duché héréditaire. Deux évêques, celui de Samlandet celui de Poméranie, embrassent le protestantisme 'Négociations d’Albert avec le roi de Pologne, qui consent à lui donner l’investiture de la Prutse a titre de duc hérédi taire (l’an 1525). Apostasie nt

fait la connaissance de Luther à la diète de Nuremberg, où il s’était rendu pour demander le secours de l’empereur contre Sigismond roi de Pologne, avec lequel il était en guerre. Des prédicateurs protestants furent appelés à Kœnigsberg, et le grand-maître apostasia, à l’exemple de plusieurs évêques de la Prusse : le protestantisme y fut publiquement introduit par une décision des États réunis en diète. Albert conclut la paix avec le roi de Pologne et reçut do ce prince l’investiture de la Prusse à titre de duché héréditaire. L’année suivante, il épousa la fille de Frédéric I**', roi de Danemark. Les principaux dignitaires de l’Ordre protestèrent contre ces actes : mais Albert les força de quitter le pays ; il confisqua ensuite tous les biens de l’Ordre, proscrivit la religion catholique et imposa violemment le protestantisme aux habitants de la Prusse. Une académie protestante, fondée par Albert à Kœnigsberg, vit plus tard sortir de son sein un grand nombre de savants et de théologiens protestants. — Dans \s. Livonie et la Courlande le protestantisme fut également établi par les dignitaires de l’Ordre Teutonique, qui n’avaient pas tardé à imiter l’apostasie d’Albert de Brandenbourg. Des duchés héréditaires y furent fondés, et la religion catholique y fut

mariage d’Albert (l’an 154B). Prolestalion du pape, de l’empereur et des principaux membres de l’Ordre Teutoniqne. Bon nombre de chevaliers suivent l’exemple du grand maître et apostasient. Le protestantisme trouve de nombreux partisans dans la noblesse séculière de Prusse et dans les villes Albert adopte la Confession d’Augsbourg (l’an 1530) et fonde l’académie de Kœnigsberg (l’an 13i1 ). Cette académie est plus tard érigée en université et confirmée par le roi de Pologne qui s’arroge un droit exclusivement exerce jusqu’alors par lesSouverains-Pontifcs(l’an loHO). Proscription de la religion cathoiique, et persécution des catholiques. A la mnrt d’Albert (l’an 1568), presque toute la Prusse était protestante. — La Livnnie et la Courtande qui formaient, en dehors de la Prusse, les deux principales possessions de l’Ordre Teutonique, se déclarent indépendantes d’Albert de Brandenbourg. W aller de Pteltenberg, qui gouverne la Livonie, apostasie également (l'an ISiS), et l’archevêque de Higa, Guillaume de Brandenhourg , embrasse le protestantisme ft l’exemple de son frere Albert. Abolition do la religion catholique. Dans la Courlande, le protestantisme est établi par Goihard Kelller, un des dignitaires de l'Ordre Teutonique, qui apostasie et prend le titre de due de Courlande (l’an 1661).

Les anvrea et les doctrines de Luther furent apportées en Pologne par

abolie. L'apostasie de plusieurs évêques contribua pui$satn< ment à répandre le prostestantisme parmi le peuple.

Le PROTE&TANTisME EN POLOGNE (1520-1587). — r L’inébranlable attachement des rois polonais à la foi catholique, le zèle de quelques prélats aussi pieux qu’instruits, tels que le cardinal Hosius, archevêque d’Ermeland, et le légat du jjape Commendone, enfin les travaux apostoliques de Y Ordre des Jésuites préservèrent la Pologne de l’apostasie. Le protestantisme pénétra cependant dans plusieurs grandes villes ; Dantzig, Thcn'n et Elbing se séparèrent presqu’entièrement de l’Eglise, et c’est à peine si le culte catholique y fut encore toléré. Mais la division des protestants eux-mêmes en une foule de sectes arrêta les progrès de l’hérésie ; les Frôres-Bohêmes, les luthériens, les calvinistes, les sociniens ne parvinrent à s’unir que dans leur opposition contre l’Eglise, et toutes les tentatives pour formuler un symbole commun échouèrent. Peu à peu, ils obtinrent la liberté religieuse et le pays se divisa de plus en plus. Cette division ébranla fortement la nationalité polonaise et prépara la décadence politique du royaume.

Le PROTESTANTISME EN HONGRIE ET EN TRANSYLVANIE

(1520-1571). — Les doctrines de Luther furent répandues

lies jeunes gens polonais qui avaient étudié à Wittemberg (l’an loâOJ, et se répandirent d’abord h Cracovie, à Posen et & Dantzig ; dans cette dernière ville, le moine apostat HTnada devint le principal a|)ôtre des erreurs protestantes. Le roi Sigismond prit des mesures très-énergiques dans le but d’en arrêter la propagation. Le protestantisme trouva beaucoup de partisans parmi la noblesse et dans les grandes villes du royaume. Siyismond- .lugusrt /I, successeur de Sigismond I" (l’an 1548), fit des concessions aux lirotestants ; il présida même un synode (l’an 1556) composé de délégués ecclésiastiques de toutes les provinces, dans lequel on prit la résolution de demander au pape l’abolition du célibat ecclésiastique et de remplacer dans la messe la langue latine par la langue polonaise. L’archevêque de Gnésen. Jacques UcbansLi, primat de Pologne, se déclara en faveur du protestantisme. 11 trouva d’énergiques adversaires dans les deux légats du pape, Li/tüinanl et Commendone, et dans le savant cardinal Stanislas Hosius, évôqueù’Ermeland. Ce dernier combattit le protestantisme autant par l’exemple d'une vie pieuse que par ses écrits, et mérita l’honneur de présider pen dant quelque temps le concile de Trente. Troubles politiques après la mon de Sir/iimond-Auguste II (l’an 1572). Les protestants on profitent pour propager leurs doctrines et obtiennent la liberté religieuse. AtêueiusqtdG

en Hongrie par quelques jeunes gens qui avaient fait leurs études à Wittemberg. La propagation du protestantisme se trouva favorisée par la situation politique de eetie contrée, qui était alors désolée par les dévastations des Turcs et par une guerre pour le trône entre Ferdinand d’Autriche et Jean Zapolya. Une partie de la noblesse l’embrassa et s’enrichit par la confiscation des biens ecclésiastiques. Les sectaires tinrent plusieurs synodes, mais ne purent s’entendre sur le symbole à adopter. Le luthéranisme, le zwinglianisme, le calvinisme avaient également leurs partisans et leurs défenseurs, le calvinisme finit cependant par prévaloir. Des mesures furent décrétées par les diètes contre le protestantisme, mais elles ne furent pas exécutées et ne produisirent aucun effet. La majorité du peuple resta fidèle à la religion catholique, grâce au zèle et à l’activité de plusieurs évêques vertueux et surtout de la Compagnie de Jésus, — Le protestantisme put se répandre facilement dans la Transylvanie pendant les troubles politiques qui suivirent la mort du roi Louis, tué dans la bataille de Mohacz ; il y fit des progrès beaucoup plus rapides qu’en Hongrie. Dans presque toutes les villes, le culte catholique fut proscrit et le protestantisme imposé aux habitants.

St'gismond III (l'an 1 587) qui prend la défense de la religion catholique. Travaux de V Ordre dei Jésuilet on Pologne. Néanmoins la division religieuse ne cessa pas en Pologne.

Par suite des fréquentes invasions des Turcs, la Hongrie se trouvait dans l'état le plus malheureux (voyez chap. III); ce pays était tombé dans une véritable barbarie, et le clergé avait perdu en grande partie son influence. Hataitle de Mohacz et mort de Louit II (l’an 15'26i. Guerre pour le trOne de Hongrie. Grande puissance de la noblesse, parmi laquelle le protestantisme trouve de nombreux partisans, tentés surtout parl’appàc des biens ecclésiastiques. La diète hongroise décrète des lois sévères contre les protestants; mais ces lois ne sont pas exécutées. Mathias Deray, d’abord luthérien et ensuite zwinglieu, propage lus doctrines protestantes (l’an 15A3). Synodes protestants : plusieurs villee embrassent le protestantisme et proscrivent la religion catholique. Divisions dos protestants; formation de plusieurs sectes qui se combattent avec le plus grand acharnement ; le calvinisme préduniine. Ces divisions arrêtent la propagation du protestantisme. Activité de plusieurs évéques et surtout de l'Ordre des Jésuites : collège de Tyrnuu il’an 1861). — La Transylvanie était habitée par diverses races ; les Magya<^es, les Ka/o^uc» et les Saxons : cette circonstance favorisa lepiotestan-

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raSTOIRE UNIVERSELLE.

Toute la nation saxonne qui était venue jadis se fixer dans ce pays, apostasia et embrassa le luthéranisme. Les réformés, les unitaires et d’autres sectaires y répandirent également leurs erre rs, et bientôt le désordre arriva à son comble. L’introduction du protestantisme dans ces contrées fut accompagnée de cruelles persécutions contre le clergé catholique et contre les monastères.

VIII. — LE PROrii.STANTISME DANS LES PAYS-BAS JUSQD’A L’AUBIVÉE ' DO DOC D’aLBE. (i515-I5C7).

Les PAYS-BAS sous charles-quint (1523-1555). — Les doctrines de Luther pénétrèrent dans les Pays-Bas à la faveur des nombreuses relations qui existaient entre ce pays et l’Allemagne : la Bible de Luther, qui fut traduite en hollandais immédiatement après sa publication, y contribua beaucoup. Les mesures sévères prises 'p&T Margtierite d’.<4M^rtc/te,quigouvernaitce pays au nomdeCharles- Quint, ne purent empêcher plusieurs communautés protestantes de s’établir. Les excès commis par les anabaptistes, qui s’étaient répandus surtout dans la Hollande et dans la Frise, forcèrent la Gouvernante à sévir contre les

Usine. Complications politiques apres la mort du roi Louis TI. Ferdinand d’Autriche ne parvient pas h se faire reconnaître dans la Transylvanie. Hermanstadt, Cronstadt et plusieurs autres villes Introduisent le protestantisme de vive force. La population allemande ou saxonne adopte la confession d’Augsbourg ; les Magyares se déclarent pour le calvinisme ; les Valaques restent unis au culte grec schismatique. La religion catholique ne put se maintenir qu’avec peine au milieu des hérétiques qui, quoique désuni» entre eux, attaquaient tous l’Eglise catholique avec acharnement.

VIM. A consulter : DeGerlache, Histoire du royaume des l^ays-Bas. Introduction. — David, Histoire nationale, vol. f) et 10. Louvain, 1864 (en tlamand).

Relations commerciales entre les provinces septentrionales des Pays-Bas d’une part, le nord de l’Allemagne elle Danemark de l’autre : les doctrines protestantes qui dominaient dans ces deux pays, pénétrèrent aussi dans les J’ays-Bas. Traduction hollandaise de la bible de Luther (l’an 1525): elle fut imprimée h Amsterdam et se répandit rapidement. Charles-Quint donne h la Gouvernante, Marguerite d'Autriche, l’ordre d'appliquer les lois existantes contrôles hérétiques ; quelques exécutions eurent lieu, mais on ne frappa que les chefs. f.es affaires politiques et religieuses de l’Allemagne et la

naissance et PEOfAA^TlQN PU PROTESTANTISME. 49

chois 4o cetto stsclo i^oatiqua ; plusieurs fusent copdamaBs à mort <et exécutas. On usa cependant de beaucoup d’indulgence envers le peuple qui avait été légnré, et les anabaptistes ne furent jamais oomplétemeni: expulsés de la Hollande. jUne partie de la noblesse, dans toutes les provinces des Pa^s-Bas, embrassa les erreurs d.e Luther ou de Calvin ; Marie de Hongrie, qui avait succédé à Marguerite d'Autriche, ne donna pas suite aux mesures .prescrites pnr Charles-Quint pour arrêter la propagation du protestantisme ; sa faiblesse permit à l’hérésie de se répandre de plus en plus, surtout dans les provinces septentrionales, qui faisaient un commm'ce très-actif avec le nord de l'AUeinagne et le Danemark. Cependant tant que Charles-Quint vécut, les sectaires n’osèrent pas se montrer publiquement ; ils pratiquèrent leur culte dans des réunions secrétes, et s’ils tombèrent quelquefois sous la main de la justice, c’était pour avoir commis des excès ou des violences coi^e les églises et les monastères.

Troubles kelioieux jusqu’à l’arrivée nu nue d’aljie

(16^-1567). — Après l’abdication de Charles-Quint, les

affaires changèrent de face. Philippe II nomma sa sœur,

Marguerite de Parme, gouvernante des Pays-Bas, et lui

suerre.cxatrela France ne permirent pas A l’empereur de «'occuper du .gouvernement des Pajs-Bas. Des secles fanatiques prirent naissance en Hollande ; Melchior Hofmann, disciple de Thomas Munzer (voyez plus haut, page 16), arriva en Hollande (l'an 1538). La secte la plus dangereuse fut > celle des anabapiùlet, qui devinrent très-nombreux dans la Hollande et la Frise (l’an 1633) ; de là ils se répandirent dans la Westphalie,^ où ils se rendirent maîtres de la ville de Uunster (voyez plus haut, page 17). — Kxcës commis par les anabaptistes, qui dévastent les églises catholiques et font périr dans les plus horribles tourments les prêtres et les religieux qui tombent entre leurs mains., Ils tentent de s’emparer des villes de Ltydt et d’AnM/erdem(l’an 1633). Mort Ae ilarguariie d' Autriche H’an 1530); Marie ■ de Hongrie qui lui succéda comme gouvernante des Pays-Bas manquait d’énergie pour tenir tête aux protestants; leur nombre augmenta considérablement, mais ils pratiquèrent leur culte en secret, à cause des lois en vigueur contre les hérétiques. Abdication de Charles-Quint (l’an 1666).

PhiUfipe II prend le gouvernement des Pays-Bas. Son caractère sombre et sévère et les mœurs espagnoles qu’il avait adoptées, éloignèrent de lui les habitants de ces contrées. Ambition de Guillaume cTOrange, qui était partisan du protestantisme, bien qu’il professât encore publiquement la reli-

HISTOIRB UNIVERSELLE.

donna pour conseiller principal le cardinal de Granvelté. Cette mesure mécontenta le prince Quillaume Æ Orange^ gouverneur de Hollande, de Zélande, et d’Utrecht, homme ambitieux et rusé, qui aspirait lui-même à la place de gouverneur général des Pays-Bas. Il gagna une grande partie de la noblesse et favorisa secrètement la propagation du protestantisme pour s’en servir comme d’un moyen politique, continuant lui-même à professer publiquement la religion catholique. La création de dix nouveaux sièges épiscopaux, dans le but de combattre plus efficacement les nouvelles hérésies, mesure que l’on crut avoir été inspirée au roi par Granvelle, jeta le mécontentement dans le haut clergé et la noblesse. Cette circonstance fut habilement exploitée par le prince d’Orange ; il parvint à faire éloigner le cardinal de Granvelle qui était devenu archevêque de Malines. Son départ fut un malheur pour le pays, car le cardinal avait été le plus ferme soutien de la Gouvernante qui, dès ce moment, flotta entre les deux partis. Les protestants qui comptaient de nombreux partisans dans la noblesse, décidèrent enfin cette dernière à conclure une confédération, connue *sous le nom de Compromis des nobles. Sous prétexte de prendre la défense des libertés du

gion catholique. Il fomente le mécootentement du peuple et gagne une partie de la noblesse. Départ de Philippe 11 pour l’Espagne (l’an 1559 ; il confie le gouvernements Marguerilt de Parme, h qui il donne Granvelle pour conseiller. Erection de dix nouveaux évéchés, et nouvelle division ecclésiastique des Pays-Bas en quatorze évéchés, dont trois archevêchés: Malines, UtreotA et (Cambrai. Mécontentement du haut clergé et surtout des grandes abbayes, qui doivent céder une partie de leurs vastes possessions pour doter les nouveaux sièges épiscopaux. Granvelle est nommé archevêque de Malines et cardinal i l'an 1561). Les comtes d'Egmontet deHorii se joignent au prince d’Orange pour demander h Philippe II le rappel de Granvelled’an 1563) et, sur le refus du roi, ils se séparent de la gouvernante : celle-ci, effrayée de l'opposition des seigneurs, réclame également le rappel de Granvelle, qui quitte alors les Pays-Bas (l’an 1 564). Après le départ de Granvelle, la noblesse se montra plus ouvertement hostile ^la gouvernante. Philippe 11 prescrit la publication des décrets du concile de Trente (l’an 1565). Mécontentement des protestants qui comptent un grand nombre de partisans dans la noblesse. Le prince d'Orange fait répandre le bruit que Philippe 11 songe à introduire l'inquisition espagnole dans les Pays-Bas. 11 entretient des relations secrètes avec les protestants d’Allemagne, de France et d’Aogle-

KAÎSSANCE Et tROPAGAtlON DÜ PROTESTANTISME. 5l

pays, cette confédération avait pour but d’affaiblir l’autorité du roi; elle a servi surtout les projets ambitieux de Guillaume d’Orange. La Gouvernante ayant repoussé une requête de la noWesse, celle-ci se mit en révolte ouverte et prit le nom de parti des Queux. Cette conduite de la noblesse trouva de l’écho dans le peuple ; les protestants prirent les armes et l’on vit éclater les désordres les plus graves sur tous les points du pays : les églises et les couvents furent dévastés et brûlés, un grand nombre de prêtres et de religieux périrent, et dans beaucoup d’endroits le culte catholique fut supprimé. Ces excès provoquèrent une réaction ; la Gouvernante, appuyée par un grand nombre de personnages influents, parvint à rétablir l’ordre et la tranquillité. Mais Philippe II, irrité contre les protestants et surtout contre le prince d’Orange, envoya dans les Pays-Bas, sous les ordres du duc d'Albe, une armée espagnole avec mission de punir les coupables et de rétablir l’autorité royale. Ce fut là le signal de la guerre de religion qui devait se terminer par la séparation des provinces septentrionales, constituées en république indépendante sous le gouvernement de la famille d’Orange.

terre. Compromi» de» noble$, conclu à l’instigation de Philippe de Marnix, ami intime du prince d'Ürange ; 400 membres de la noblesse le signent. Publication de nombreux pamphlets contre le roi, la religion catholique, l’inquisition. Une protestation est présentée h la Gouvernante par les conjurés, qui prennent le nom de Gueux. Nouvelle réunion des nobles à Saint- Trond ; ils se mettent ouvertement en opposition avec la Gouvernante. L’exemple delà noblesse entraîna le peuple déjà excité par les prédications fanatiques des sectaires protestants. Troubles dans un grand nombre de villes et excès commis par les Iconoclastes : plus de 400 églises sont dévastées dans le Brabant et les Flandres ; les prêtres, les moines et les religieuses sont massacrés. Coupable condescendance des gouverneurs de ces provinces, surtout du prince d’Orange et du comte d’Egmont. Us conseillent à la Gouvernante de céder, et celle-ci se décide à révoquer les édits de Philippe II et à accorder la liberté religieuse. La tranquillité est momentanément rétablie. Irritation de Philippe II à la nouvelle de ces désordres et des mesures adoptées par Marguerite de Parme, il prend la résolution d'employer des moyens énergiques pour punir les conjurés et pour rétablir son autorité ébranlée ; il envoie le duc d’Albe i la tête d’une armée dans les Pays-Bas l’au 1 5u7j.

HISTOIRE UNIVERSEM-E.

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