CHAPITRE X!V
l’EUROPE jusqu’au congrès de vienne (1789-1815).
1. — LA REVOLUTION FRANÇAISE JCSQu’a LA PROCLAMATION DE LA RÉPUBLIQUE. (l7 80-IÏ9ï).
Les causes de la RÉvoLU-noN française. — Le grand bouleversement qui ébranla la France, et par suite l’Europe entière, à la fin du dix-huitième siècle, marque le commencement d’une nouvelle période dans l'histoire moderne. Il fut le résultat de causes diverses qui remontaient jusqu’au temps de Louis XIV. Le règne de ce grand prince avait été le triomphe de l’absolutisme monarchique inauguré par le système politique du cardinal Richelieu. Toutes les anciennes institutions et franchises politiques, qui avaient fait la force de la monarchie française, avaient
DéTCloppemcnts. — A consulter: de Barante, Histoire de la convention, G vol. Histoire du directoire, 3 vol. Gabourd, Histoire de la révolution française et de l'empire. Paris, 10 vol. in-8. Thiers, Histoire de la révolution française. Du mémo, Histoire du consulat et de l'empire. Léo, Manuel de l'histoire universelle. Tom. ’v et vi. Wachsmuth, Histoire de la France pendant l'époque révolutionnaire. 4 vol. Bulau, Histoire de l’Allemagne de 1806 à 1830. (dans la collection Heeren et Ukert). Histoire- de la transformation politique de la France sous Louis XVI. Leipzig. 1833. 6 vol. in-8, (en allemand). Aiison, Histoire de FEurope depuis 1789, (traduit de l’anglais).
1. CicsEs aoRALES. Oii 8 dit et répété que la révolution française avait été provoquée uniquement par la tyrannie et par les abus d’un gouvernement aristocratique, et on l’a représentée comme une simple aspiration vers la liberté, qu’elle aurait conquise et pratiquée la première. Cette opinion sU'
HISTOIRE ÜNIVERSEIXE.
disparu pour faire place au gouvernement omnipotent du roi et de ses conseillers. Les parlements, derniers vestiges du concours de la nation à l’administration des affaires publiques, avaient été supprimés par Louis XV ; rétablis par son successeur, ils ne faisaient qu’entraver l’exécution des réformes proposées par le roi. Les folles dépenses de la cour de Louis XIV, du Régent et de Louis XV, les guerres presque continuelles du premier de ces princes et le système défectueux des impôts publics avaient jeté la France dans des embarras financiers dont elle ne pouvait sortir que par des sacrifices inouïs et par un changement radical des bases sur lesquelles reposaient les revenus de l’Etat. — A ces causes politiques et matérielles vinrent se joindre des faits beaucoup plus graves, accomplis dans le domaine religieux et moral. Une philosophie impie attaquait depuis longtemps ouvertement la religion, en même temps qu’elle travaillait à saper dans leurs bases l’autorité et la morale, ébranlées déjà par le débordement des mœurs, dont la cour donnait le triste exemple. Ce dévergondage avait gagné les deux classes les plus infiuentes de la société, la noblesse et la bourgeoisie, et avait ainsi affaibli les forces vives de la nation. Enfin la dépravation
perficielle n’a plus besoin d’étre réfutée. Il y avait sans doute des abus, inséparables de toutes les institutions humaines; mais il n’en existe pas moins dans l’état de choses amené par cette révolution; elle n’a pas plus ajouté aux libertés politiques que le protestantisme n’avait fait pour la liberté religieuse (voyez le 1" chapitre de ce vol.l. La première cause de la révolution française remonte h la révolution religieuse du xvi' siècle, qui a été décorée du beau nom de réforme. En détruisant le principe d’autorité on matière de religion et en le remplaçant par celui de la raison individuelle, les protestants avaient ébranlé les fondements de la société, qui ne peut exister sans le respect pour l’autorité ; or ceux qui pensaient avoir le droit de décider on dernière instance les dogmes de la foi, se croyaient aussi autorisés h intervenir directement dans les affaires politiques et h les changer a leur gré. La force dpvlnt ainsi le seul appui de l’autorité, et par , suite le protestantisme engendra nécessairement l'absolutisme et le gouvernem^it de la force brutale. Ce mépris de l'autorité tant religieuse que politique devint encore plus grand, lorsque les philosophes incrédules, par leurs railleries et leurs attaques de tout genre, eurent jeté le ridicule sur toutes les writés de la foi et de la morale, et sapé les bases mêmes de la société ; niant l’origine' divine de l’ordre socia) et son développement historique, ila
' ly VjOOglc
LA RÉVOLUTION FRANÇAISB. 345
n’avait pas tardé à descendre d’en haut dans les masses et à y étoufiTer tout respect pour 1 autorité et pour les lois de la morale. Aussi la corruption du peuple était-elle excessive à Paris surtout et dans quelques grandes villes, où la populace, tout en devant sa subsistance au luxe et au' vices des grands, leur enviait des richesses qui leur pro curaient les plaisirs et les moyens de satisfaire leurs passions. La religion avait perdu tout empire sur une partie de la nation. Le clergé et la noblesse étaient confondus dans le même mépris et dans la même haine : et quand la lutte s’engagea entre ces deux ordres et les classes moyennes, désignées par le nom de tiers-état^ le bas peuple se rangea du côté de ces dernières, qui flattaient sa convoitise en lui promettant le partage des biens et excitaient sa haine en représentant les nobles et les prêtres comme des tyrans sanguinaires. La royauté, avilie par la régence et par le règne de Louis XV, fut comprise dans la même exécration.
Tout était donc prêt pour une terrible conflagration. I! ne fallait qu’une étincelle pour allumer l’incendie qui couvait sous la cendre depuis un siècle.
Les états-généraux a Versailles. — L’assemblée convoquée et réunie à Versailles se composait de trois états ;
soutenaient que l'organisation de la société n’était que le résultat d’une convention, appelé contrat social, librement intervenu entre des hommes, et que ceux-ci conservaient par conséquent le droit de rompre ce cuntrat ou de le changer h volonté. — Csuses politiqi es; 1° le délabrement des finances de la France, suite des guerres de Louis XIV, des folles dépenses de la cour de ce prince, du Kégeni et de Louis XV, ainsi que la mauvaise répartition des impôts; le mécontentement provoqué par les abus que la centralisation et le gouvernement absolu avalent introduits dans toutes les branches de l’administration; 3° l’exclusion, pour la nation, de toute participation aux ailaires publiques : on ne convoquait plus depuis longtemps ni Etats généraux, ni Etats provinciaux ; tout se réglait par ordonnance royale.
L’assemblée des etats-cébebaux (5 mai-17 juin 1789). — L’élection des députes du tiers-état s’était généralement faite dans un sens révolutionnaire. Les 600 membres de cet ordre appartenaient, presque sans exception, h cette classe de gens qui voulaient le bouleversement complet de toutes les institutions existantes. Ils se trouvèrent par suite, dés le principe, en opposition avec les deux autres Ordres, le clergé et la noblesse ; toutefois les idées révolutionnaires comptaient un certain nombre de partisans dans ces deux derniers. Les Etats-Généraux, convoqués pour aider le roi k remédier
la noblesse, le clergé et le tiers-état; mais ce dernier comp tait autant de membres que les deux autres états ensemble, de plus il se considérait comme le seul et véritable représentant de la nation. Dans le discours d’ouverture, le roi exposa le principal but de la réunion, puis il invita les états à se rendre dans leurs salles respectives, pour procéder d’abord à la vérification des pouvoirs. Le tiers-état réclama contre la division de l’assemblée en trois ordres et demanda que les deux autres états se réunissent à lui et qu’on votât par tête. La noblesse presque tout entière repoussa cette demande ; mais une partie du clergé se rangea à l’avis du tiers-état. Le roi ayant fait défendre la réunion des trois états et ayant fait fermer le local des séances du tiers, celui-ci se rendit dans la salle du jeu de paume, où tous les membres, à l’exception d’un seul, prêtèrent serment de ne pas se séparer avant d’avoir donné à la France une nouvelle constitution. Après plusieurs tentatives pour maintenir l’ancien régime des Etats- (ïénéraux, le roi finit par céder et donna ordre à la noblesse de se réunir aux deux autres états; mais une partie des nobles préférèrent se retirer de l’assemblée. Celle-ci prit le nom à' Assemblée nationale et reçut celui
aux embarras financiers, poursuivirent un tout autre but, celui de donnei & ia France une nouvelle constitution. C'était Ib l’idée dominante de la presque totalité des membres du tiers-état. Mais elle rencontrait un grand obsta de dans la division des Etats-Généraux en trois Ordres, délibérant et votant il part. De là l’opposition du tiers-état à leur séparation, li triompha, grâce aux partisans qu’il comptait dans la noblesse et le clergé, et à la faiblesse du roi, mal conseillé et mal soutenu par Neeker. Après le serment du jeu de Paume et la constitution des Etats en assemblée naiionale,\e principal obstacle à la réalisation des projets du parti révolutionnaire se trouvait écarté. Aussi, .eu lieu d’introduire des diangemenis et des améliorations dans les institutions de la monarchie, on les renversa de fond en comble et on fit de la France une table rase prête à recevoir une constitution, à laquelle celle des Etats- Unis d’Amérique devait servir do modèle. — L’assembiée cosstitcante jusqu’à sa translation (17 juin-b octobre). La noblesse et le clergé renoncent, au milieu de l’enthousiasme général, à leurs privilèges séculaires (nuit du . 4 août). Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Rases de la nouvelle constitution : une représentation nationale permanente , composée d’une seule chambre, rééligible tous les deux ans, est investie du pouvoir suprême; le roi ne conserve qu’un veto suspensif de quatre ans ; passé ce
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de Constituante à cause de la nature de ses travaux. Au lieu de délibérer sur les propositions royales, elle entreprit d’élaborer une nouvelle constitution. Elle commença par abolir toutes les anciennes institutions et proclamer les droits de Vhomme et du citoyen^ à l’exemple des républicains des Etats-Unis. Ensuite il fut décrété que le pouvoir suprême appartiendrait à l’Assemblée nationale, qu’elle siégerait désormais sans interruption, que l’élection de ses membres aurait lieu tous les deux ans par le suffrage direct de tous les citoyens français; le roi ne devait avoir, à l’égard des décrets de l’assemblée, qu’un veto suspensif pour quatre ans. Après quelques hésitations, Louis XVI approuva toutes ces résolutions et abdiqua ainsi son pouvoir entre les mains d’une assemblée révolutionnaire. Cependant de graves événements s’étaient accomplis à Paris et devaient hâter la chute de la monarchie.
Troubles a paris, prise de la bastille, retour du roi A PARIS. — Le roi avait compris que pour maintenir son autorité vis-à-vis de l’Assemblée constituante, et surtout en présence des excitations à la révolte fomentées par le duc d’Orléans et ses partisans, il avait besoin de s’appuyer sur l’armée. Trente-cinq mille hommes furent donc con- *
terme, les décisions do l’assemblée obtiennent de droit force de loi. La royauté perdait ainsi tout véritable pouvoir, et le roi se trouvait n’étro plus en réalité que le premier magistrat d’une république.
Troi'ules k Paris et dars ie royaume. La révolution était fomentée à ' Paris, au moyen de distributions d’argent, par Philippe-Joseph, duc d’Orléans, appelé depuis' P litlippe-Egalité, et par les agents de ce prince, qui répandaient les bruits les plus alarmants parmi la populace de la capitale pour l’irriter contre le Roi. De plus les électeurs de Paris, divisés en sections, continuaient b tenir des réunions. Enfin il s’était formé des clubs, qui discutaient sur les affaires politiques et secondaient le mouvement révolutionnaire. La concentration d’un corps d’armée autour de Versailles et la de.>tilution de Necker furent le prétexte d’une révolte qui ensanglanta Paris. Prise do la Bosfi(/e(l4 juillet). Organisation de la garde nationale. Installation d’une nouvelle municipalité. Bailly nommé maire de Paris. — Cette lévolio dans la capitale fut suivie de désordres dans un grand nombre de pioviutes; dans beaucoup d’endroits la populace prit les armes et commit d’horribles cruautés, des familles entières de la noblesse furent massacrées, les chAteanx pillés et brûlés. — Les idées révolutionnaires ayant également gagné l’armée, la discipline militaire reçut une grave atteinte ; les soldats
HISTOIRE UNrVERSKI.LB.
centrés à Versailles et dans les environs de Paris, et placés sous le commandement du duc de Broglie. Mallieureusement ils avaient reçu l’ordre formel de ne pas verser de sang, et cet ordre était connu du peuple. Une révolte éclata alors à Paris. La populace, soulevée par des orateurs, parmi lesquels se distinguait le fougueux Camille Desmoulins, se porta sur la Bastille, qui fut prise et détruite. Cette victoire de l’insurrection fut suivie d’horribles massacres, dans lesquels périrent une foule de personnes innocentes et inollensives. Les milices bourgeoises furent alors organisées, sous le nom de garde nationale : le commandement en fut donné à Lafayette. — Le roi, eflfrayé par la nouvelle de ces troubles, licencia les troupes, rappela Necker, qu’il avait renvoyé du ministère, et eonsentit même à se rendre à Paris pour ratifier tout ce qui avait été fait. Il dut prendre la cocarde tricolore et se montrer au balcon de l’hôtel de vilie, où il fut accueilli par les acclamations de la foule. — A la suite de ces événements, la haute noblesse, ne se croyant plus en sûreté en France, commença à émigrer. Le comte d’Artois, frère du roi, fut un des premiers à donner l’exemple de cet exil * volontaire, — Cependant dans beaucoup de villes de pro-
chassërent leurs ofBciers et vidèrent les caisses des régiments. — TRANsi.tTtm DE LA cossTiTi’ASTE A Pakis. Dans un voyage qu’il fit Paris, Louis XVI dut accepter la cocarde tricolore et abdiquer ainsi son autorité devant les révolutionnaires. Commencement de i'émigration. Disette et cherté des subsistances h Paris, par suite do l’anarchie qui régnait dans le pays, de la stagnation du commerce et de l’industrie, et du désoeuvrepient de la populace, qui s’habituait déjii à vivre du pillage et des largesses du parti révolutionnaire. — llanquct donné par les gardes-du-corps aux officiers du régiment d» Flandre nouvellement arrivé à Versailles (l octobre). L’enthousiasme provoqué parmi ces officiers par l’apparition du roi, de la reine et du Dauphin, vers la ffn de la fête, fut exploité par la presse du parti révolutionnaire, et servit de prétexte à la révolte du 6 octobre. Bandes d’insurgés marchant sur Versailles. Faiblesse de Lafayette, qui aurait pu empêcher le départ de ces bandes , comme aussi les horreurs commises contre la garde noble et la famille royale. La reine, h laquelle s’attaquait surtout la fureur des révolutionnaires, parce qu-’elle tâchait de donner au roi la fermeté qui lui manquait, échappa avec peine aux mains de ces forceués ; ils (lercèrent de coups de poignard le lit qu’elle venait de quitter Retour de la famille royale à Paris, accompagnée de la populace, qui portait sur des piques les
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LA RÉVOLUTION KRANÇAISÉ. 34Ô
vÎQce le peuple suivait l’exemple donné par la capitale. Des bandes de brigands parcouraient le pays, commettant toutes sortes de désordres, s'attaquant aux biens de la noblesse et du clergé, brûlant les châteaux et les couvents, et ne respectant rien. A la suite de ces troubles, la misère devint bientôt très-grande, surtout à Paris. Le parti révolutionnaire en profita pour exciter le peuple contre le gouvernement, sur lequel on rejetait la faute de . ces calamités. Sur ces entrefaites, on apprit à Paris que les officiers de la garde royale venaient de donner un banquet aux officiers d’un régiment nouvellement arrivé à Versailles, et que, vers la fin du repas, le roi et la reine avaient paru devant cette assemblée, qui les avaient acclamés chaleureusement. Cette circonstance, exploitée par les révolutionnaires de Paris comme indiquant des projets réactionnaires contre la liberté, produisit dans la capitale une grande fermentation. Une troupe de 8000 personnes, composée de la plus vile populace et dans laquelle les femmes étaient en majorité, marcha sur Versailles, suivie de la garde nationale sous les ordres de Lafayette. Le palais fut pris d’assaut et la garde noble massacrée en partie, sans que Lafayette eût rien fait pour
tâtes des gardes-du-corps égorgés it Versailles. Le maire Bailly reçut le roi aux portes de la ville et, en lui présentant les clefs, il s’écria : < Paris a reconquis son roi. • A partir de ce jour, Louis XVI était prisonnier. L'assemblée nationale se transporta également à Paris, où elle ne larda pas h être dominée par les clubs.
Travaux de la coasTiruAirrE a paris (15 octobre 1789 — 30 septembre 1791). — L’assemblée nationale avait dans son sein un parti républicain, peu ii'ombreux dans le principe, mais actif et énergique, dont les principaux chefs étaient Bobetpierre, jeune avocat d’Arras, Barnace, député de Grenoble, Péthion et l’abbé Sieyè$. La majorité de l’assemblée voulait le maintien de la mouarchie ; mais elle prépara la république en votant des lois qui changeaient totalement l’ancienne organisation du royaume. La mesure qui porta le coup le plus décisif aux institutions fut la suppression des provinces et la nouvelle division de la Fraocp en départements, en conscriptions terrritoriales d'une étendue à peu près égale, auxquelles on donna des noms tirés des montagnes, des fleuves et rivières, ou de la situation géographique. Elle servit ë introduire en France le régime de centralisation et mit entre les mains de la révolution un pouvoir immense, qui fut employé avec une grande activité pour répandre dans le pays les principes subversifs de tout
U. l»iV. IT.
Histoire UNivERSELte.
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, erupôchci* ce crime. La famille royale fut ramenée de force à Paris, escortée par les énieutiers, qui ne cessaient d’insulter la reine, principal point de mire de la haine des révolutionnaires. U Assemblée nationale transféra également son siège à Paris ; maLs plus de trois cents membres s’en étaient déjà retirés.
L’aSSE.MBLÉE constituante a paris. LES jacobins. MIRA- BEAU. — L’œuvre de la démolition de toutes les anciennes institutions sociales et politiques de la France marcha rapidement dans l’assemblée constituante. La confiscation des biens ecclésiastiques et des domaines de la couronne, qui furent déclarés biens nationaux et dont une partie fut vendue pour diminuer les embarras financiers ; la nouvelle division administrative de la France^ en départements, districts ou arrondissements et cantons, et par suite la suppression de toutes les institutions et franchises provinciales; l’abolition des Ordres religieux; la constitution civile du clergé , dont les membres furent assimilés aux fonctionnaires de l’Etat avec une entière indépendance vis-à-vis du Saint-Siège ; enfin l’abolition de tous les titres de noblesse : voilà les principales innovations introduites dans l’organisation du royaume. Le roi eut la faiblesse de
ordre social. — Le bouleversement complet de l’état politique et administratif du royaume fui suivi d’une pertorbation tout aussi entière dans l'état religieux et ecclésiastique. L’Eglise et le clergé avaient ]oui jusqu’alors d’une très-grande liberté et d’importants privilèges. Sous prétexte d’abolir ces derniers, on détruisit toute liberté religieuse, en soumettant l’Eglise à l’Etat et en séparant le clergé français du centre de l’unité, du Saint-Siège. Ainsi on changea arbitrairement la circonscription des diocèses; on décréta que les évêques et les curés seraient élus par les fidèles, en dehors de toute intervention du Souverain Pontife; on supprima les couvents et les vœux monastiques; et l'on ordonna la confiscation de tous les biens ecclésiastiques, qui furent déclarés biens nationaux et vendus au profit de l’Etat. Le clergé se trouvait assimilé aux fonctionnaires publics et placé dans une dépendance absolue vis-à-vis de l’Etat. On devait enfin intimer à tous les prêtres de prêter serment à cette constitution civile du clergé. — La noblesse, de son côté, ne put échapper aux coups démolisseurs de l’assemblée nationale; tous ses privilèges et titres furent abolis. — Le roi hésita quelque temps à sanctionner les lois qui concernaient l’Eglise. Il finit pourtant par céder, .sauf pour le décret qui imposait au clergé le serment à la constitution civile, il se prêta encore à l’ignoble comédie de la fête nationale du
UL RÊ\OLtmON FRANÇAISE. 351
les approuver. Il prêta même solennellement serment à la nouvelle constitution pendant une grande fête nationale au Champ de Mars. Cependant l’Assemblée nationale alla encore plus loin dans la voie de l’oppression, en imposant au clergé le serment civil, qui devait achever de l’asservir à l’Etat. Mais le clergé eu masse refusa le serment, et lo roi, de son côté, refusa sa sanction.
La Constituante finit par tomber de plus en plus sous l’infiuence du club des Jacobins, qui comptait dans son sein les révolutionnaires les plus violents et qui s’appuyait sur la plus vile populace de Paris. Dans toutes les villes de la France il se forma des clubs de Jacobins qui se mirent en relation avec celui de Paris et fomenièreni partout la révolution. Le Jacobinisme ne tarda pas à gagner toutes les classes de la société, même l’armée, et à miner les fondements de tout ordre social et politique. — A la tête du parti jacobin se trouvait Mirabeau, gen tilhomme provençal, qui avait dissipé sa fortune et qui s’était fait élire par le tiers-état. Son éloquence entrainanto, son énergie et son activité lui donnèrent un grand empire sur les masses, comme sur la Constituante, dont il devint le véritable chef. 11 fut l’auteur de la plupart des
ch.-mip de Mars, organisée par le parti révolutionnaire dans le but de réunit b Paris les partisans de la révolution et de répandre par eux les idées nouvelles dans les provinces. L’indigne évéque d'Autun, Talleyrand, y officia comme pontife et inaugura ainsi la triste carrière qu'il devait parcourir plus tard. — Le pouvoir suprême était dorénavant dévolu à l’assemblée naliouale. Le roi n’était plus que le chef d’une république, n’ayant qu’un veto , suspensif pour quatre ans contre les décisions de l’assemblée. On lui avait * pourtant laissé encore le droit de déclarer la guerre; mais il en avait coûté beaucoup de peine b Mirabeau pour arracher cette concession à la Constituante.
t-ES ;4coBiNS. HinABEAb. — Les Jacobins commençaient h exercer une grande inOuence sur l’assemblée nationale. Ce club avait eu pour origine une réunion d'une quarantaine de députés bretons, auxquels étaient venus s'adjoindre d’autres députés. Comme il tenait ses séances dans un ancien couvent de religieux jacobins, il en avait reçu le nom. Robespierre en était un des membres les plus fougueux. Mais il fut d'abord éclipsé par le comte de Mirabeau, qui unissait de violentes passions à des talents remarquables et a une activité extraordinaire. L'éloquence de Mirabeau et ses vues poli- Uquea lui valurent un grand ascendant sur l’assemblée constituante, com-
UISTOmÉ ÜNIVBRSËLtfi.
mesures révolutionnaires votées par cette assemblée. Co* pendant les excès des Jacobins, qui tendaient ouvertement à' renverser la monarchie et à la remplacer par la république, le rapprochèrent du roi, qui le tira généreusement de ses embarras financiers. Mirabeau se fit alors le défenseur déjà monarchie constitutionnelle, et, malgré la haine des Jacobins déchaînée contre lui, il parvint à dominer l’assemblée nationale et à sauver une des dernières prérogatives de la royauté, savoir le droit de déclarer la guerre. 11 travailla en même temps à changer l’opinion publique qn faveur du roi et à détacher des Jacobins le peuple de Paris. Mais la mort vint l’enlever au milieu de sa carrière et ses restes furent déposés au Panthéon, ancienne église de Sainte-Geneviève , qui avait été détournée de sa destination et profanée pour recevoir la dépouille des grapda hommes.
L’kmioration. füitk du roi. fin de la constituante. — La noblesse, se trouvant en butte à la haine et aux violences du parti révolutionnaire dans presque toute la France, se mit à émigrer en masse. Elle était d’autant plus excusable de le faire, que la faiblesse du roi ne promettait pas une protection efficace contre les passions
me sur le club des jacobins, dont il s'efforçait de modérer les tendances révolutionnaires. Il était partisan sincère de la monarchie constitutionnelle, qu’il voulait substituer h la royauté absolue, il répudia les idées avancées du I>arti jacobin et se tourna du côté du roi, par conviction politique et peutêtre aussi par intérêt; car il avait reçu des sommes considérables pour prix des services rendus à la royauté. Il Unit par perdre son influence sur le club des Jacobins ; mais il continua à dominer l’assemblée constituante par son éloquence et par son énergie. 11 tenta môme de changer l’opinion publique en faveur du roi et de gagner les masses par des largesses; mais il échoua. Il fut enlevé par une mort presque subite, suite de ses excès. Ses mœurs avaient été dépravées et même cyniques; sa mort fut digne de sa vie. On iui fli de iiiagiiitiques funérailles.
L’éaichXTius. — C’est à tort que certains historiens ont incriminé l’émigration et rejeté sur elle la faute de l’irritation du peuple eu France et des excès qu’il a commis. Les i.obies étaient sulOsammeiit excusables de se soustraire par la fuite aux menaces et aux violences contre leurs propriétés et leurs personnes, eu égard à l’absence de toute protection etflcace et S la faiblesse du roi. Ils furent partout bieu accueillis, parce que les ovéneueuts accomplis en France avaient mis en émoi tous les princes de
LA RÉVOLUTION FRANÇAISB. 353
populaires sans cesse surexcitées par les Jacobins. Les émigrés se réunirent à Coblentz, ayant à leur tête les deux frères du roi, le comte d’Artois et le comte de Provence, et se crurent en droit de faire un appel aux puissances européennes en faveur de l’infortuné Louis XVI. — Cependant le roi, à qui il ne restait plus, vis-à-vis de la Constituante, ni autorité, ni liberté, résolut enfin de reprendre son indépendance eu s’éloignant de Paris. Mais il ne pouvait le faire ostensiblement: car lorsqu’il avait voulu se rendre à Saint-Cloud, la populace excitée par les Jacobins s’y était opposée, malgré les efforts qu’avait faits Lafayette, à la tête de la garde nationale, pour lui assurer la liberté. Il se vit donc obligé de partir secrètement; mais, reconnu par un Jacobin, il fut arrêté à Varennes et ramené comme prisonnier à Paris. L’assemblée constituante le suspendit d’abord de ses fonctions, pour lui rendre, quelque temps après, l’ombre de pouvoir que lui avait laissée la nouvelle constitution. — Quand le travail de la constitution fut achevé, le roi prêta serment à cette œuvre, qui renfermait de bonnes dispositions, mais qui était inexécutable dans son ensemble, parce qu’elle n’avait tenu compte ni des anciennes institutions du pays, ni des
l’Europe. L’empereur Leoputd II, le roi du Prus^, rini|>ératrice Catherine de Russie, Gusla^e IM, roi de Suède, et le cliel du ministère anglais, Piu, entrèrent en négociations pour arriver à une entente générale dans le but de combattre la révolution et de porter secours ii Louis XVI. Les émigrés, de- leur côté, établirent leur quartier général é Cobitntz, d’où ils se proposaient de tenter une contre-revoiution et de rentrer en France.
Fia DE U C0SSTITI.A.1IE. — Louis X V|, sans s'associer d’abord à ces projets, sentit à la fin la nécessité de reprendre l’inJependance qu’il avait perdue depuis qu’il était revenu a Paris. Il voulut se rendre à Saint-Cioud. Mais le peuple, excité par les Jacobins, s’opposa à son départ. Lafayette, de son côte, ne réussit pas à le lavoriser, parce que, mal secondé par la garde uationaie, il n'osa pas employer la force contre le peuple. Louis XVI se mit alors en rapport avec le general de Buutllé, qui commandait, dans le département du Nord, un corps d’armée resté Adèle au roi. Il pensait se retirer dans la ville forte de .Montmedy, où il se serait entouré de tous ceux qui étaient attaches à la royauté et d’où il aurait établi des relations avec les émigrés et les cours étrangères. Le projet eut d’abord un heureux commen- ’cement d’execution : le roi, la reine, le dauphin et ies autres membres de la famille royale réussirent à sortir de Paris pendant la nuit. Mais les lenteurs
n. mtr. T. SO
véritables besoins du peuple, et qu’au lieu d’établir la vraie liberté, elle imposait à la France le joug intolérable de la bureaucratie moderne. IS assemblée constituante décida finalement qu’aucun de ses membres ne pourrait faire partie de Vassemblée législative, qui devait se réunir pour élaborer de nouvelles lois en harmonie avec les principes renfermés dans la constitution. Son rôle étant fini, 'elle se sépara. Elle avait déchaîné les passions populaires, désorganisé la monarchie et, en faisant de la liberté l’instrument de la tyrannie, elle avait ouvert en France cette ère révolutionnaire qui devait être signalée par des flots ' de sang répandus. .
L’assemblée législattv’e. émeutes et massacres, captivité DE LOUIS XVI (1791-1792). — La nouvelle assemblée était animée d’un esprit beaucoup plus révolutionnaire que la Constituante. Au lieu de s’occuper de l’œuvre législative, elle s’engagea dans une lutte contre l’autorité royale et sévit à la fois contre le clergé resté fidèle à l’Eglise et contre les émigrés. Une fraction importante de l’assemblée voulut, il est vrai, maintenir la monarchie constitutionnelle ; mais elle trouva des adversaires décidés et actifs dans le parti girondin, ainsi nommé parce que ses princi-
du voyage, suite de l’indécision du roi, firent échouer les mesures prises par de Bouillé : les postes placés sur la route se retirèrent. A Sainte-Menehould, le maître de poste Drouot, qui était jacobin, reconnut le roi et envoya è Varennes ameuter le peuple contre lui. Un détachement de cavalerie voulut sauver le roi en employant la force des armes. Louis XVI s’y opposa et se livra ainsi à ses ennemis. L’assemblée nationale envoya alors trois de ses membres pour ramener le roi h Paris : c’étaient Uarnave, Pélhion et Latour Maubourg. Le premier se laissa toucher par la résignation héroïque de la famille royale; il l’entoura de ses respects, et se rendit par lit odieux il ses collègues et au parti jacobin. Le voyage de Varennes à Paris dura trois jours et se fit au milieu des outrages d’une populace en délire, mise en émoi par les Jacobins. Do retour à Paris, Louis XVI fut d’abord traité en piisonnier et suspendu des fonctions royales. — Scission dans l’assemblée nationale : IJaruave fit reconnaître l’inviolabilité de la personne du roi. Tentative des Jacobins pour renverser la royauté par une émeute au champ de Mars. Lafayette et la garde nationale dispersèrent les émeutiers par les armes. Irritation des Jacobins contre lui et contre Barnave. Fondation du club de» feuillanit. dans lequel entrèrent tous les membres du club des Jacobins qui voulaient le maintien de la monarchie constitutionnelle, telle qu’elle avait été
l’europe jusqu'au congrès de vienne. 355
paux membres étaient des députés du département de la Gironde. Les Girondins, se trouvant d’abord en minorité dans l’assemblée, s’appuyèrent sur le parti jacobin et sur les nombreux clubs de Jacobins répandus dans toute la P’rance. Ils parvinrent à faire adopter par l’assemblée deux décrets, dont le premier prononçait la déportation contre tous les prêtres non assermentés, et le second frappait de mort les émigrés qui ne seraient pas rentrés en France dans un délai fixé. Le roi opposa son veto à ces décrets ; mais il fut forcé de renvoyer son ministère, composé de constitutionnels, et d'en prendre un autre parmi les Girondins. Le club des Jacobins avait déjà dispersé par la force celui des Feuillants, qui était sorti de son sein, mais qui voulait le maintien de la monarchie constitutionnelle. — De ce moment la cause de la royauté était perdue. Les émeutes, fomentées par les Jacobins, se succédèrent à Paris et hâtèrent la chute du trône. La lie du peuple des faubourgs que .l’on appelait déjà alors sans-culottes , conduite par le boucher Santerre, assaillit les Tuileries et fit essuyer à Louis XVI les plus grandes avanies, sans pouvoir toutefois ébranler son calme héroïque. Malheureusement, le roi ne sut pas se décider à agir avec fer-
établie par rassemblée nationale. Le parti républicain fut raincu pour un moment, et le roi, auquel ou avait rendu un simulacre de liberté, sanctionna l’CBUvre de ras.semblée natioiiale, la coustitulion de 1 791 (3 septembre). Séparation de l’assemblée constituante.
L'issEMDLCE LËGisLATivb (I oct. 1791 — 21 scpt. 1792) se composait de 7i7 députés. Elle se divisa en deux fractions : la droite, qui comptait environ 260 membres, de constitutionnels, appelés aussi feuillants ; et la gauche, iOO membres, de Jacobins ; le reste formait le centre, qui flottait entre les deux partis extrêmes et qui votait souvent sous l’influence de la peur. Les Girondins comptaient dans leurs rangs des hommes de talent, qui valurent à leur parti un grand ascendant sur l'assemblée; les principaux étaient Brissot, Condorcet, Vergniaud, Guadet et Isnard ; l’ex-député Péthion, maire de Paris, se ralliait a ce parti. Le hotinel rouge était le signe distinctif des Jacobins. Tous ceux qui osaient se montrer modérés ou amis de l’ordre étaient appelés Aristocrates et signalés à la vengeance do la populace, qui subissait l’impulsion du parti révolutionnaire. La misère générale, suite des embarras financiers et de l’état anarchique dans lequel se trouvait le pays, fut exploitée par ce parti contre ce qu’il appelait l’aristocratie. Les assignats, qui avaient été portés îi 412 millions et qui avaient perdu toute valeur.
liieté. Il repoussa les offres que lui faisait le parti constitutionnel; Lafayette même, qui commandait un corps d’armée, venait d’arriver à Paris pour demander à l’assemblée la punition des émeutiers. Mais il ne put rien obtenir, et -après son départ le parti constitutionnel perdit définitivement toute infiuence. Les Jacobins préparèrent alors un coup décisif; ils firent venir de toutes les parties de la France leurs partisans les plus fougueux, qui prirent le nom de fédérés et reçurent des armes. Vers le même temps, les troupes de ligne furent renvoyées de Paris, et les compagnies de la garde nationale, qui étaient dévouées à la monarchie, furent licenciées. Le maire de Paris, Péthion, fauteur des Jacobins, se trouva investi d’un pouvoir presque illimité. Alors éclata une formidable émeute, préparée de longue main : la garde suisse fut massacréo aux Tuileries ; le roi et la famille royale durent se réfugier dans la salle de l’assemblée législative. Celle-ci suspendit le pouvoir royal et décréta qu’une convention nationale serait convoquée pour donner à la France une nouvelle constitution. Le roi, avec sa famille, fut livré à la municipalité de Paris et enfermé dans la tour du Tem-
jataient ta perturbation dans toutes les transactions commerciales. Décrets de l’assemblée législatlTe contre les émigrés et contre les prêtres qui refusaient le serment civil. Veto du roi. Le parti jacobin en proflta pour exciter contre lui les passions populaires. Marat rédigea un journal, appelé l’Ami du peuple, dans lequel il taisait ouvertement appel à l’assassinat et au pillage. Dispersion violente du club des Feuillants, sans que le maire de Paris l'éthion se mit en devoir de protéger le droit d’association dont jouissaient tous les citoyens. Louis XVI fut forcé de renvoyer le ministère constitutionnel et de le remplacer par un ministère girondin : Servan, Roland et Dumounez en furent les principaux membres. — CrupAcse ne 1792. Alliance des puissances, surtout de l’Autriche et de la Prusse, contre la France. Louis .\.VI fut contraint de déclarer la guerre à l’Empereur. Trois armées envoyées contre les alliés furent défaites a Quiévrain et ï Tournai, et obligées de repasser en France. Ces revers furent exploités par les Jacobins, parmi lesquels se faisaient remarquer Danton, Marat, Robespierre, et l’ex-capucin Chabot. Toutefois le roi destitua le ministère girondin dans lequel des dissensions avaient éclaté; il choisit de nouveau un ministère constitutionnel ; malheureusement il ne le composa que d’hommes sans talents et sans énergie.
Eveotes Et NAssiCRBs. — Le changement de ministère et une lettre menaçante écrite à l’assemblée par Lafayette an nom de l’armée poussèrent les
LA RÉVOLDTION FRANÇAISE. 357
pie, d*où il ne devait sortir que pour monter sur l’échafaud. Lafayette quitta alors l’armée pour se réfugier en Amérique; il tomba entre les mains des Autrichiens et fut longtemps retenu prisonnier. — Cependant l’on apprit à Paris les revers essuyés par les armées françaises, et la prise de Longwy et de Verdun par les alliés. Cette nouvelle fut le signal d’un abominable massacre. La populace se porta sur les prisons pour égorger tous ceux qui s’r trouvaient, sous prétexte qu’ils étaient les ennemis de la patrie. Plus de 6,000 personnes, prêtres, nobles, femmes et enfants, périrent sous les coups des assassins commandés par le farouche Danton. Les massacres de Paris eurent un sanglant retentissement dans les provinces. C’est dans ces conjonctures que Y assemblée législative se sépara. Les élections pour la Convention eurent lieu sous l'impression de la terreur et assurèrent le triomphe du parti jacobin. Dans sa première séance, la Convention décréta l’abolition de la royauté et proclama la république.
Jarobins ë recourir ë l’émeute pour obtenir leur but. Premier assaut di’s Tuilleries le 20 juin t792 : le roi resta calme au milieu des émeutiers et se coilTa même du bonnet rouge pour sauver sa vie; mais il recula devant toute mesure énergique qui aurait pu mettre fln aux troubles et qui aurait été appuyée par tout le parti constitutionnel. Formation d’un comité insurrectionnel ë Paris : arrivée de bandes révolutionnaires venant de toutes les parties do la France. Un manifeste des alliés menaçant Paris de la destruction si l’on attentait ë la personne du roi, et la demande formulée par Lafayette dans le but de faire punir les émeutiers du iO juin, hâtèrent le fatal dénouement. Succès des alliés. Prise de Longwy et de Verdun, et siège de Thionville, malgré les efforts de Dumouriez, qui avait pris le commandement en chef de l’armée française. Deuxième assaut des Tuileries (10 août 1792) et massacre de la garde suisse. Le roi se relire avec sa famille dans la salle de l’assemblée législative : il est enfermé dans une petite chambre derrière le fauteuil du président. Décrets révolutionnaires de l’assemblée : suspension du pouvoir royal ; convocation d’une Comention nationale pour délibérer sur une nouvelle constitution ë donner ë la France. .Massacres ë Paris pendant quatre jours ( 2 -« sept.); massacres dans les provinces. La Convention se réunit le 21 septembre sous la présidence do Péthion et décrète, sur la proposition de Collot d’Ilerbois, l’abolition de la royauté. Proclamation de la république.