II. LA RGPUBLmnE SODS LA OONVENTKW NATIONALE
RÉGNE DE LA TERBECR. (llBl'lISS).
La convention, guerres extérieures, procès et EXÉCUTION DE LOUIS XVI (1792-1793). La Convention nationale se composait de sept cent soixante membres. Elle comptait dans son sein trois partis distincts : le parti jacobin pur, qui s’intitulait la montagne parce qu’il occupait les gradins les plus élevés de la salle, et qui comptait parmi ses chefs Robespierre, Danton et Marat ; la Gironde, dans laquelle se faisaient surtout remarquer Vergniaud, Brissot et Roland, et le centre, appelé aussi le marais ou la plaine, qui était le plus nombreux et dans lequel siégeaient entr’autres le poète Chénier, l’abbé Sieyès et Grégoire. Ce dernier parti était dominé tantôt par la Montagne, qui avait surtout recours à l’insolence et à l’intimidation, tantôt par la Gironde, qui devait sa puissance aux talents oratoires de ses membres. Les succès remportés par les armées franf;aises sur les alliés vinrent enhardir la Convention. La bataille de Valmy, gagnée sur les Prussiens par le général Kellermann, et la victoire de Jemmapes furent
n. La cosveution ji soi’’a la mort de touis xvi. (St tept. 1792-21 janv, 1793). — Le parti jacobin dominait l’assemblée dès son début par la violence de la Montagne. La royauté abolie et la république proclamée, on ne se crut pas en sûreté tant que le roi vivait : on résolut en conséquence de lui faire son procès et de le condamner à mort. — Grandes victoires et succès remportés par les armées françaises sur les alliés dans la Champagne, dans le nord de l’Italie et sur le Rhin. Rataille de Jemmapes: la ilcigique conquise et organisée en république. — Procès de Lolts XVI. Le Iloi avait choisi plusieurs défenseurs parmi lesquels se trouvait Target; l elui-ci n’osa pas accepter et fut remplacé par Malesherbes, vieillard septuagénaire, qui s’offrit de lui-méme. Interrogatoire du Roi : on lui reprochait d’avoir versé le sang du peuple et d’avoir conspiré contre la France. Louis XVI se défendit avec calme et dignité Eloquent plaidoyer de de Sexe, qui s’écria en terminant: « Je cherche parmi vous des juges et je ne trouve que des accusateurs! citoyens, je n’achève pas! Je m’arrête devant l’histoire; songez qu’elle jugera votre jugement et iiue le sien sera celui des siècles. » L’appel nominal commença le 15 janvier et dura trente-six heures, parce que chaque membre devait monter à la tribune pour donner son vote et que la plupart le motivaient par un discours: 3t>l membres
suivies de l’occupation de la Belgique par Dumouriez. L’armée du Rhin se signala par la prise de Mayence. En Italie, Nice fut enlevée et la Savoie conquise. — Pour en finir avec la royauté, la Convention avait résolu de faire le procès au roi. Louis XVI prit pour défenseurs le vieux Malesherbes, ancien ministre, Tronchel et le jeune de Sèze. Ce dernier, dans un brillant plaidoyer, mit à néant toute l’accusation. Néanmoins le royal accusé fut déclaré coupable de haute trahison et condamné à la peine de mort, mais seulement avec une majorité d’une voix ; le duc d’Orléans avait voté pour la mort. Ce jugement fut exécuté le 21 janvier 1793, sur la place Louis XV appelée place de la Révolution. L’infortuné monarque se prépara à la mort avec la résignation d’un saint, et monta sur l’échafaud assisté par un pieux prêtre irlandais, l’abbé Edgeworth.
Insurrection de la vendée, revers des armées françaises. CHUTE DE LA GIRONDE (1793). Le régicide fut le signal d’une recrudescence dans la guerre contre la France, en même temps que d’insurrections dans plusieurs provinces, surtout de l’ouest. Toutes les puissances européennes rompirent leurs relations avec la république. Il se forma une grande coalition dans le but de venger la mort du roi.
votèrent pour l’exécution immédiate, 360 votèrent contre ou pour la mort avec sursis (ces derniers au nombre de 46). Malgré la loi en vertu de laquelle il fallait les deux tiers des suffrages pour une condamnation à mort, la Convention décréta la peine capitule contre le Roi, en le déclarant coupable (le haute trahison. Louis XVI voulut interjeter appel do ce Jugement à la nation française consultée dans les assemblées primaires, et il fut appuyé dans sa demande par les Girondins. Mais il échoua contre l’opposition de la Montagne, appuyée par la populace qui encombrait les tribunes de l’assemblée. Il écouta lit sentence avec la résignation d’un saint et la dignité d’un roi. Dernière entrevue de Louis XVl avec sa famille. 11 se prépara alors ii la mort, assisté d’un saint prêtre, et dormit tranquille la nuit qui précéda l’exécution. Le trajet du Temple à la place Louis XV dura une heure; pendant ce temps, le Roi, qui avait communié le matin, priait avec l’abbé Edgeworth. .au pied de l’échafaud, il reçut la dernière bénédiction de son confesseur, qui lui dit ces belles paroles ; « Fils de saint Louis, montez au ciel.» Arrivé sur l’échafaud, il parvint à obtenir assez de silence pour s'écrier : a Franç.ais, je meurs innocent; je pardonne h mes ennemis et je souhaite que mou sang ne retombe pas sur la France ».... Le roulement du tambour vint couvrir sa voix, et ia grande iniquité fut consommée.
HISTOIRE ÜNIVERSEIXB.
Pour se fronver en mesure de lui résister, la Convention ordonna une levée en masse de 300,000 hommes. La Vendée et la Bretagne se soulevèrent alors contre les oppresseurs de la religion et de la France. Cofhelineau se mit à la tôte du mouvement; il fut secondé par Charette, d’Elbée, Larochejaquelain, Lescure et d’autres chefs. Les insurgés eurent d’abord un plein succès et défirent les armées républicaines dans plusieurs rencontres. Malheureusement la division se mit parmi leurs chefs après la mort de Chatelineau, et ils furent écrasés sous le nombre supérieur de leurs ennemis. La Vendée fut ravagée par le feu et le fer, et cette héroïque insurrection fut étouffée dans des flots de sang. — Les puissances coalisées contre la France, sous la direction du premier ministre d’Angleterre Pitt, poussèrent la guerre avec beaucoup de vigueur. Après plusieurs défaites partielles, Dumouriez perdit la bataille décisive de Neerwinden et se vit dans la nécessité d’évacuer la Belgique, tandis qu’une autre armée française était bloquée dans Mayence par les Prussiens. Accusé devant la Convention de trahir la république, Dumouriez se déclara hautement contre cette assemblée ; mais se voyant abandonné par son armée, il s’enfuit à l’étranger, suivi du duo de Chartres,
Lutte dks mrtis, jusqu’b la chute des Girondins (21 janv.-’îjuin 1793). — Les ministres de France sont congédiés par les cours d’Angleterre, d’Espaïne et de Hollande. 'La Convention déclare la guerre h ces puissances. Elle ordonne une levée en masse de 300, UOü hommes. Insurrection de la Vendéf et de la Bralagne. .Succès et victoires des insurgés, qui battent presque partout les armées républicaines envoyées contre eux. Cathelineau, simp'e voiturier du Poitou, est élu généralissime. Prise d’Angers et jonction des Vendéens avec les insurgés de la Bretagne, qui sont appelés ( houam, parce qu’ils sont commandés par les quatre frères Chouan. Mort de Cathelineau devant Nantes. Division parmi les chefs, qui refusent de reconnaître D'Elbtt comme général en chef. — Campagne de 1793. Revers des armées françaises llaiaillc d'Aldenboven gagnée pur ies Autrichiens. Défaite de Dumouriez à Settwtnden : les Français sont expulsés de la Belgique. Blocus de Mayenra par les Prussiens. Dumouriez, étant l’ennemi dos Jacobins, est accusé par eux devant la Convention d’avoir trahi ies intérêts de la république Cini| commis.saires sont envoyés dans son camp par la Convention. Dumouriez les fait prisonniers et songe é conduire son armée contre Paris; mais abandonné par scs soldats, il s’enfuit, avec le duc de Chartres, dans le camp des Autrichiens et se rend delà en Angleterre. Hésitations des alliés; ils finissent
LA REVOI.UTION KIIANÇAISE.
fils du duc d'Oi'léans. Les alliés auraient pu profiter de leurs avantages pour marcher sur Paris; mais ils ne s’y décidèrent pas et laissèrent ainsi à la France le teqps de faire de nouveaux armements. — Cependant la Convention institua un tribunal révolutionnaire, chargé de condamner à mort ceux qu’on appelait les ennemis de la république, et un comité de salut public, composé des plus fougueux montagnards et ayant sous ses ordres le tribunal révolutionnaire. La lutte vint à éclater ouvertement dans le sein de l’assemblée entre la Montagne et les Girondins. Ces derniers s’efforçaient en vain d’en finir avec les désordres et les massacres qui plongeaient la France dans le deuil. Ils mirent en accusation ei Hébert, rédac-
teur de l'infâme journal le père-Duchesne . Mais le tribunal révolutionnaire acquitta Marat, et la populace exigea de la Convention l’élargissement d’Hébert. Enfin les Jacobins prirent leur revanche. Une émeute terrible, organisée par eux, força la Convention à décréter la mise en accusation des membres de la Gironde, dont une partie se sauva par la fuite, et les autres furent jetés en prisop. La chute de la Gironde inaugura le règne de la terreur, cpxï inonda la France de sang et acheva de couvrir,le pays de ruines.
par renoncer h marcher sur Paris pour y renverser le gouverne, ment révoliilionnatro. — Comité de salut public (ti ociobie). LuUe dans la Convention entre la Montagne et la Gironde. Férocité sanguinaire de Marat, qui demande, dans son journal, de sacrilier 4UÜ,00U aristocrates à la république. La Gironde obtient sa mise en accusation. Il est dëléré au tribunal révolutionnaire; acquitté a l’unanimité, il rentre dans la Convemion couronne de roses. Hébert est arrêté par ordre du Comité des Douze, composé de Girondins. La populace ameutée obtient sa mise en liberté. La Montagne excite de nouvelles émeutes et Uobespierre porte a la tribune une accusation contre les Girondins. La Convention est en permanence; elle veut sortir des Tuileries pour s’afl'ranchir de la pression des émeuliers; mais ceux-ci lui barrent le chemin et la forcent h décréter l’arrestation des Girondins: plu- ■sieuis de ces derniers se sauvent; sont jetés en prison. La .Montagne triomphe.
L* ysaltECR. DICTATL’IIE ET ÇUDTE DE liOBESPIEnRE (2 /uin . 1 793-28 1794). — La Convention achève la constitution républicaine, àile ronstiiution de (793 (24 juin); mais elle en ajourne indelinimenl la mise h exécution. — Succès de l’Angleterre sur mer : victoire navale d'Ouessant ; soumission de la Corse et d’un grand nombre de colonies françaises (1794). — C«mp«gks
ii.iaiv iv. 31
HlSTOIllK UNIVEltSELLE.
La TEriaEUK (1708-1794). mort de marie-antoinetie. uoBESi’iEHRE. — De formidables insuiTectioas éclatèrent dans le nord et dans le midi do la France; elles étaient provoquées en partie par les partisans de la Gironde. Caen, Bordeaux, Marseille, Lyon se soulevèrent, et une flotte anglaise s’empara do Toulon. La Convention, dont la politique se résumait dans le mot célèbre de Danton : de t audace, de T audace, et encore de l'audace, tint tête à tous ses adversaires intérieurs et extérieurs. Les ennemis de la France furent partout vaincus par des armées composées de troupes inexpérimentées, qui manquaient souvent de chaussures, de vivres et même d’armes, mais qui étaient animées d’un enthousiasme presque féroce et marchaient au combat en chantant la Marseillaise. La Belgique fut reconquise par Jourdan, et la Hollande occupée par Pichegru ; les armées espagnoles furent rejetées au delà des Pyrénées ; L^'on, Bordeaux et Marseille, prises d’assaut, expièrent leurs révoltes par des flots de sang. La
DE 179i-95. Plus d’un million de soldats furent appelés sous les armes et divisés en quatorze corps d’armée; ils manquaient souvent du nécessaire; mais ils étaient animés d’un vrai fanatisme et dominés par la terreur que le ^gouvernement des Jacobins inspirait à tout le monde. Carnot, qui dirigeait le département de la guerre, introduisit la tactique de vaincre par des attaques en masse et de ne jamais épargner les soldats. Un membre de la Convention accompagnait chaque armee et y exerçait un nouvoir absolu auquel n’échappait pas même le général en chef. Victoire a Fleuras et conquête de la Belgique par Jourdan. Pichegru envahit la Hollande pendant un hiver rigoureux; la cavalerie française prit la Hotte hollandaise en passant sur la glace (janvier 1795). La Hollande fut transforinee en république batave ([uelquc temps après. Succès de Hoche et de Pichegru sur le Rhin. Paix de Hâte (mai 1795) : la .'^russe abandonne h la France la rive gauche du Rhin. L’Esiiugne cede la partie espagnole de l'ile de Saint-Domingue; Godoy, le ministre de l’Espagne, reçoit le titre de prince de la paix. Annexion de la Belgique à la France ( 1 oct. 1795;. — La lutte violente de la Montagne et do ta Gironde au sein de la Convention et l'arrestation des Girondins avaient provoqué des troubles et des Insurrections dans plusieurs grandes villes. A Lyon lus royalistes et les Girondins avaient fait cause commune contre les Jacobins. Siège de Lyon par une armée de l>0,00U hommes : la ville fut prise après une héroïque défense et détruite en grande partie, après qu’on eut fait périr des milliers de ses habitants. Bordeaux et Marseille éprouvent le mémo sort ; la population de ces villes est décimée. Siège et prise de Toulon, qui était défendu par une Ootte anglaise. — Guerre faite h la religion cl aux prêtres ; 1e culte catholique est iulcrdii partout et les églises sont
Vendée fut écrasée par les armées républicaines, qui se conduisirent comme des hordes barbares et commirent les plus horribles cruautés. Toulon fut repris sur les Anglais, grâce aux talents d’un jeune officier d’artillerie, le Corse Napoléon Bonaparte. Enfin la Prusse et l’Espagne cédèrent à la république des territoires importants, dans la paix de Bàle. A l’intérieur, le culte catholique fut proscrit ; les églises, changées en temples de la Raison, furent profanées par les plus infâmes orgies, auxquelles la Convention nationale ne rougissait pas d’assister en corps. Un nouveau calendrier remplaça l’ancien, et à la place du dimanche on établit le décadi. — L’assassinat de Marat par Charlotte Corday devint le signal de nouveaux massacres. La loi des suspects, décrétée par la Convention, exposait à la mort tous ceux qui étaient soupçonnés de ne pas être dévoués à la république ou qui avaient simplement un ennemi parmi les Jacobins. Des royalistes et des républicains, des catholiques et des athées périrent sur le même
profanées parties hordes de brigands. Etablissement du culte de la Raieon.
— Calendrier républicain de douze mois d’une durée égale, c'est-à-dire de 30 jours, divisés chacun en trois décades. Voici les noms des mois : pour l’automne, vendémiaire, brumaire, frimaire; pour l’hiver, nivôse, pluviôse, • ventôse; pour le printemps, germinal, floréal, prairial ; pour l’été, messidor, thermidor, fructidor; le 32 septembre 1792, jour de la fondation de la rétaublique, fut regardé comme le i” jour de l'an I de la république. — Le fanatisme républicain poussa une jeune flile de Caen, Charlotte Corday, à l'assassinat de Marat qu’elle considérait comme le plus grand ennemi do 1a république : elle le tua pendant qu’il prenait un bain ; elle fut condamnée h mort et marcha au supplice avec un calme stoïque et des sentiments plus «lignes d'une païenne que «l’une chrétienne. Nombreuses exécutions à Paris et dans les provinces eu vertu de la loi des fuspects, qui frappait indistinctement les innocents et les coupables. Proci's et condamnation de la reine Marie- Antoinette : à l’exemple de Louis XVl, elle se prépara à la mort en ! parfaite chrétienne et mourut comme une sainte (lli octobre <793] Son flis, | l’infortuné dauphin, qui avait été reconnu par les puissances de l’Euiopo 1 sous le nom de Louis XVII à la monde son père, fut peu après livré il un misérable jacobin et mourut par suite des mauvais traitements qu’il eut h subir. Exécutiun de madame Roland, accusée d’avoir favorisé les Girondins, qui avaient tenu leurs réunions chez elle. Procès des Girondins ; danger d'une enieute populaire en leur faveur; on empêcha les accusés de se défendre; les jurés révolutionnaires, se déclarant suinsammeiit éclairés, les cotidamiièreutà mort. Les Girondins se préparèrent à leur supplice par une dernière vigie et y allèrent eu chantant la Marseillaise (31 oct. 1793}. L’infème duo
InSTOI RE ÜN I \ ERSERt.r: .
échafaud. L’infortunée reine Marie- Antoinette , après avoir enduré toute sorte d’outrages et de privations pendant sa captivité, fut enfin retirée de la prison et déclarée coupable de haute trahison : elle mourut avec le plus grand calme, en priant pour ses ennemis et pour ses bourreaux. Vint ensuite le tour des Girondins. Après un procès illusoire, ils furent condamnés à mort et exécutés. Le duc d'Orléans, qui avait été arrêté à Marseille, et transporté ù, Paris, eut le même sort. On vit alors s’accomplir la prophétie de Vergniaud : « la révolution, comme Saturne, dévorera ses enfants ». Danton, Hébert, Camille Desmoulins et tous leurs partisans furent successivement condamnés et moururent sur l’échafaud. — Robespierre, qui avait été le principal instigateur de ces exécutions, devint ainsi de fait dictateur de la république. Soit fol orgueil, soit conviction que sans croyance il n’y a pas d’ordre sociâl possible, il fit décréter par la Convention : que le peuple français reconnaissait l’existence d’un Etre Suprême et l’immortalité de l’àme. Ensuite il fit célébrer au Champ do Mars une fête en l’honneur de l’Etre Suprême et y remplit lui-même le rôle de grand-pontife. Cependant les exécutions
d'Urléaru fut, ti son tour, frappé de la vengeance divine et mouri|t dans rimpénitence(6nov. I793J. qui avait été maire de Paris au commencement de la révolution et i'un des plus fougueux républicains, eut le mémo sort. Exécutions en masse des royalistes et des Girondins à Toulon, à Marseille, à Bordeaux, b Arras et é Nantes. Dans cette dernière ville. Carrier ihventa les noyades: dos vaisseaux remplis de condamnés et garnis de soupapes descendaient la Loire; b l’entrée de la mer les soupapes s’ouvraient et les victimes étaient englouties par les dots. — Scission parmi les membres de la Montagne. Le parti de Robespierre l’emporta : ses adversaires furent conilumncs à mort pur le Comité du salut public ; c’est alors que périrent Hébert, Danton, Camille Desmoulins, Fabre d’Eglantine et une foule d'autres qui avaient pris une part active à toutes les horreurs de la révolution. Robespierre, devenu ainsi le maître suprême delà république, se propose d'établir un nouvel ordre social au moyen de la Terreur. Il fait décréter par la Convention l'existence de l'Etre Suprême et l’immortalité de l’âme. Fête de l’Etre Suprême. Robespierre veut faire périr tous ceux de la Convention qui lui portent ombrage; mais^ces derniers conspirent contre lui et l’accusent dans la Convention. Coup d'Etal de Thermidor (juillet 1794). Seanco orageuse (26 juil.) : arrestation de Robespierre; la populace, excitée par Henriot, chef de la Commune, le délivre et le porte en triomphe b l’botel de ville. La Convention le met hors la loi avec ses
continuaient sur tous les points de la France. EnAn le dictateur, craignant encore l’opposition d’une partie de la Convention, dressa une nouvelle liste de proscription. Tallien et Col lot d’Herbois, qui se trouvaient 4 la tête des proscrits, obtinrent alors de la Convention la mise en accusation de Robespierre lui-même. U fut condamné à mort et guillotiné avec vingt-deux de ses partisans, malgré l’appui que lui prêta d’abord la Commune de Paris.
Fin de la convention, la réaction. (1794-1795). — Après la chute de Robespierre, le parti modéré eut le, dessus dans la Convention et reçut le nom de T)iermidoriens. On fit alors périr les plus cruels des conventionnels, et l’on ouvrit les prisons à tous ceux qui y avaient été enfermés comme suspects. Le tribunal révolutionnaire fut suspendu de ses fonctions, et le club des Jacobins fut fermé. On rapporta l’édit de proscription des Girondins, et on pacifia la Vendée et la Bretagne en rendant à ces «entrées l’exercice du culte catholique. Plusieurs émeutes éclatèrent pourtant encore contre la Convention. La première, excitée par les Jacobins, échoua, grâce à la fermeté de l’assemblée et de son président Boissy-d’Anglas. La seconde
complices; les troupes se prononcent pour elle. Prise de rhôtel de ville. Robespierre tente de se suicider, mais il n’est que blessé; il est de nouveau arrêté par ordre de la Convention et guillotiné avec 23 de ses partisan» (28 juillet). Fin du règne de la Terreur.
Lat OEnidEBS temps de la cosvemtiun (Ji8 juillet 1704 — 37 octobre 1796). — Formation d'un parti modéré appelé les Thermidoriens, parce qu’ils étaient les. auteurs du coup d’Etat de Thermidor. Après l'exécution de Tallien, de Carrier, de Lebon et des pluscrueis conventiounels, ce parti eut lcdessus. Mise en liberté d'un grand nombre de suspects qui encombraient les prisons. Dispersion du club des Jacobius et rappel des proscrits. La Convention s'occupa ensuite d'élaborer une nouvelle constitution, celle do 1793 ne pouvant ronctionner puisqu'elle livrait le pays à l’anarchie. Opposition du parti jacobin cl des royalistes. Le premier essaya de nouveau de triompher en ameutant la populace contre la majorité de la Convention; il était appuyé parla faction de monlaguards qui était restée dans rassembles. Deux émeutes, la- première le 30 mars 1795, et la seconde le I*' avril, furent comprimées par les hommes modérés avec le concours de la jeunesse royaliste, à iaquellc on (tonnait le surnom de jeunesse dorée. Plusieurs des membres les plus violents de la Montagne furent csécutés, et d’autres condamnés è la déportation. U*»troisième émeute éclata le 20 mal et fut plus (iangerease, h cause de la famine causée par la cherté des vivres. La populace des faubourgs
HISTOIRE UNIVEKSEI.LE.
fut Tœuvre du parti royaliste, qui croyait le moment venu pour rétablir la monarchie; mais elle fut vaincue par Barras, secondé par le jeune Bonaparte, nommé alors lieutenant-général, qui écrasa les royalistes dans les rues de Paris. La Convention s’était occupée d’élaborer une nouvelle constitution pour la France : le pouvoir exécutif et administratif fut confié à un directoire composé de cinq membres renouvelés chaque année par cinquième ; le pouvoir législatif à deux assemblées, savoir le conseil des Cinq-Cents, chargé de rédiger et de proposer les lois, et le conseil des Anciens, dont les membres devaient avoir au moins quarante ans, et qui devait ratifier ou rejeter les projets de lois ; les deux conseils étaient élus pour trois ans et devaient se renouveler par tiers chaque année. Cette constitution ayant été acceptée par le peuple convoqué en assemblées primaires, la Convention résigna ses pouvoirs.
III. — LE DinrCTOIRE. LES OL’EBHI-S JOSQu’a LA PAIX DE CAKPO-FORMIO.