V. — L’EMPinS
La puemière coalition contre l’empire français et
LA dissolution DE l’eMPIRE GERMANIQUE ( 1804 - 1806 ).
Napoléon, après s’être formé une cour brillante, se rendit à Milan, plaça sur sa tête la couronne lombarde et nomma son beau-fils, Eugène Beauharnais, vice-roi d’Italie. Il réunit ensuite à l’empire la république ligurienne. Ce nouvel accroissement de la puissance de Napoléon provoqua la troisième grande coalition contre la France. Pitt, qui était rentré au ministère anglais, en fut le promoteur et y fit entrer l’Autriche, la Russie et la Suède ; la Prusse observa d’abord la neutralité et ne se joignit que plus tard aux autres puissances. Les princes-électeurs de Bade, Wurtemberg et Bavière, au contraire, firent alliance avec la France. Napoléon prévint la réunion des armées alliées. II passa le Rhin avec deux cent raille hommes, força le général Mack à capituler dans Ulm et chassa les Autrichiens de la Bavière. La conquête du Tyrol par Ney fit rappeler de l’Italie l’archiduc Charles. Néanmoins l’armée l'rançaise entra à "Vienne, d’où l’empereur François II
V. A consulter: Hiiulnwiit, Histoire i/ii duc Je W’eiUnQton. Rruxelles, 1857, 3 vol.
C»!«P4«8iî n’inrRicHK. — Prantjois II empprpiir héréililaire d’Aotricho (1805). La preitiiùre guerre contre J’empiro fut provoquée par la rentrée rie Pitt au ministère (voyez p. 377). Second ministérede l'itl (1804-1806) : ce ministre, l’ennemi le plus constant et le plus actif de la France, négocie une alliance avec l’Autriche, la Russie et la Suède dans le but de combattre la prépondérance de Napoléon, qui venait d’ajouter le royaume d'Italie A l’empire et faisait des préparatifs pour opérer une descente en Angleterre. Dans la crainte de voir rejiaraltre Napoléon en Italio, l’Autriche y envoie sa meilleure armée. Une autre armée autrichienne envahit la Bavière et le Wurtemberg, dont les princes se sont déclarés pour la France. .Marche rapide de Napoléon. Capitulation du général .Mack A ülni avec une armée de 30,000 hommes. Napoléon pénètre en Autriche avant l’arrivée de l’armee
s’était retiré vers la Moravie pour faire sa joiietton avec l'empereur Alexandre, Napoléon alla les chercher ét détruisit les deux armées dans la sanglante bataille éC AuÈtérlitz . Cette victoire termina la guerre. L’Autriche conclut la paix de Presbourg : elle céda la Vénétie à la France et le Tyrol à la Bavière; ses possessions dans la Souabo furent données au Wurtemberg et à Bade. La Prusse perdit Clèves et Neuchâtel, qui furent acquis à la France, et reçut en échange le Hanovre enlevé à l’Angleterre. Napoléon donna le trône do Naples à son frère Joseph et nomma son frère Louis roi de Hollande; Murat devint duc do Clèves-et-Berg, et Berthier duc de Neuchâtel. L’année suivante. Napoléon organisa la confédération du Rhin, dont il se constitua le protecteur, après que l’empire d’Allemagne eût été déclaré dissous. François II abdiqua le titre d’empereuï d’Allemagne pour prendré celui dCempereur héréditaire d'Autriche. Un grand nombre de princés allemands furent médiatisés et perdireht leur souveraineté au proât des Etats de la confédération du Rhin. — Les armes de la France. avaient été malheureuses sur mer; le. Hotte franco-espagnole avait été anéantie dans là bataille
russe. Conquête du Tÿrol par le maréchal Ney. Vainqueur dans toutes les rencontres avec les Autrichiens, Napoléon entre h Vienne, ëix semaines après son départ de Strasbourg (27 sept. — 13 nov. 1805). L’armée autrichienne s'était retirée dans la Mohavie pdur taire sa jonction avec l’armée russe. Balaille d' Austerlitz (2 déc. 1805) nommée la bataille des trois empereurs, ceux d’Autriche et de Russie s’y trouvant avec leurs armées. L’empereur h'ranroii II alla trouver Napoléon et négocia lapaûr, qui fut conclue à Presbourg (üti déc.). Cette paix, qui introduisait des changements importants dans l'éiat politique de l'Europe, acheva, la transformation politique (te t’ Allemagne, commencée déjà ë la paix de L‘unéville : tous les États qui no furent pas absorbés par des voisins plus puissants furent déclarés souverains. Les duchés de Bavière et de Wurtemberg furent érigés en rtayaume. Deux faits suivirent la paix de Presbourg et mirent déOnitivement fin ë l’empire d’Allemagne. Ce fut d’abord l’organisation do la confédération du Â/d'n sous le protectorat de Napoléon (12 juill. 1806): quatre princesélecteurs, savoir ceux de Bavière, de Wurtemberg, de Bade et le chancelier archevêque de Mayence, et douze autres princes rompirent toute relation avec l'empire et s'engagèrent ë fournir ë la France des contingenle en troupes dans toutes les guerres que cette puissance entreprendrait. A la suite do ces défections, François II se déclara délié de ses obligations envers l’empire d’Allemasne: la diète de Ralisbonne se s<'para et les deux
l’empire.
de Trafalyar, dans laquelle Nelson avait trouvé la mort. Cette défaite força Napoléon de renoncer au projet de tenter une descente en Angleterre.
La seconde guerre jusqu’à la paix de tilsit (1806- 1807). La mort de Pitt, suivie de l’entrée au ministère de son adversaire politique Fox, eut pour résultat un rapprochement entre l’Angleterre et la France. Des négociations s’ouvrirent à cet effet, et Napoléon offrit de rendre le Hanovre aux Anglais. Cette offre était de nature à froisser la Prusse et à augmenter l’ardeur guerrière qui animait un parti nombreux à la cour de Berlin. Aussi la mort de Fox étant venue rompre les négociations entre la France et l’Angleterre, il se forma une nouvelle coalition entre ce dernier pays, la Prusse et la Russie. Aussitôt Napoléon passa le Rhin, envahit les duchés de Saxe et gagna sur les Prussiens les deux batailles d'Iéna et d' Auerstedt . La plupart des forteresses prussiennes capitulèrent presque sans résistance; Napoléon entra à Berlin. Là il décréta le fameux blocus continental, par lequel il déclarait tous les ports du continent fermés au commerce anglais. 11 marcha ensuite sur Varsovie, et y fut reçu à bras ouverts par les
cours impcriales de Wetziar et de Vieuae furent supprimées; elles avaient été établies par l’empereut Maximilien. Telle fut la fin de Vtmpitt germanique fondé par Othon-le-drand au milieu du dixiéme siècle ; il avait duré huit siècles et demi (962-1806) et avait joué un râle important au moyenùge. (Voyez 4° vol. p. 172). — Guerre costrb L’AscLETERnB. Alliance entre la France'et l'Espagne, et réunion de leurs flottes dans la baie de Cadix. L’amiral Nelson commença par bloquer ce port; puis il simula une retraite pour attirer les deux Hottes b sa poursuite et les détruisit complètement près de Trufalgar (21 oct. 1805), il fut blessé pendant la bataille et mourut le lendemain.
Guerre co.'nHe u rausSE et u Russie (1806-1807). — La Prusse avait joué un râle équivoque pendant la dernière guerre : elle n’était entrée que très-tard dans l’alliance contre la France et n’avait pris aucune part active à la guerre; toutefois elle avait été forcée par la paix de Presbourg de céder plusieurs territoires en écbange du Hanovre et de fermer aux Anglais tout, les ports du nord de l’Allemagne. Mort du ministre anglais Pitt; son adversaire politique Fox entre au ministère et se rapproche de Napoléon ; l’Empereur fait espérer a l’Angleterre de recouvrer le Hanovre. Mëcontébtcmeiit de lu Prusse, dont l’urmée désire depuis longtemps une guerre contre la France. La reine Louise est à la tête du parti de la guerre; hésitation du roi; U finit par consentir à une alliu.'ice avec la Russie et avec
histoire ÜMVERSEM.R.
Polonais, qui espéraient de lui le rétablissement de leur nationalité. Il livra aux Russes la sanglante bataille éCEy~ lau, qui resta indécise, et remporta sur eux la grande victoire de Friedland^ qui fut bientôt suivie de la paix de Tilsit: la Russie et la Prusse perdirent leurs provinces polonaises, qui furent cédées à la Saxe sous le nom de duché de Varsovie; les contrées entre le Rhin et l’Elbe, érigées en royaume de Westphalie, furent données à Jérôme Bonaparte, frère de Napoléon. La Russie et la Prusse accédèrent au blocus continental, et cette dernière puissance paya en outre une forte indemnité de guerre. Tous les Etats de l’Allemagne, à l’exception de l’Autriche et de la Prusse, entrèrent dans la confédération du Rhin. — L’Angleterre s’arrogea un étrange droit vis-à-vis du Danemark. Pour s’assurer la neutralité de cette puissance, elle lui demanda la remise de sa Hotte, et sur le refus du roi, une flotte anglaise bombarda Copenhague, s’empara de la flotte danoise et l’emmena en Angleterre.
La guerre de Portugal et d’espagne (1808-1814). — Napoléon, se croyant assez fort pour dicter la loi à tous les Etats du continent, n’hésita pas à s’engager dans une
rAnsluluiTo ; la Süxe eal le seul allié de la Prusse en Allemagne. .Napoléon commence la campagne avec 900,000 hommes, la Prusse ne peut lui en opposer que 1 50,000, divisés en deux armées. Le prince de Hoheniohe est hattu par Napoléon à lina, et le roi de Pruaae par Davoust à Autmtidt (14 oct. 1806). Conquête rapide de la Pruase ; Napoléon n’y trouve presque pas de résistance. Entrée h Berlin (97 oct.) et proclamation du blocus continmlal. Le duché de Saxe est érigé en royaume par le traité de Posen (1 1 déc.). — Guerre contre la Russie, qui est en même temps occupée d’une guerre centre les Tu''cs, alliés avec Naiwléon. Ualaille d'Ëylau (7 et 8 fév. 1807); les pertes étaient égales des deux côtés; les hostilités restèrent l'orcément interrompues pendant quatre mois. A Friedland (14 juin 1807) Napoléon remporta une victoire complète. Entrevue de Napoléon et d'Alexandre : paix de Tilsit (7 juill. 1807), h laquelle la Prusse accéda. Cette dernière puissance dut renoncer à tout ce qu’elle possédait entre l’Elbe et le Rhin, ainsi qu'à ses provinces polonaises. Création du duché de Varsovie, cédé au roi de Saxe, et du royaume de Westphalie, donné à Jérôme Bonaparte. Napoléon atTermit ainsi sa prépondérance sur l’Allemagne. Le Danemark entra dans l'alliance française, par suite du bombardement de Copenhague par les Anglais, et de la confiscation de la flotte danoise.
Guanse as nOHTUoii. et es Espagne. — Règne de iia'te-Frtsn^oise (1777-
I, 'empire.
guerre contre l’Espagne où sa tactique et sa puissance échouèrent contre le sentiment national d’un peuple qui paraissait déchu de son ancienne gloire. 11 commença par le Portugal, qui avait refusé de souscrire au blocus continental, et fit occuper ce pays par une armée, qui força la famille royale de se réfugier au Brésil. 11 envoya ensuite en Espagne cent mille hommes, sous prétexte de renforcer l’armée de Portugal contre les Anglais , et de protéger en même temps l’Espagne contre ces derniers. Une révolte étant venue à éclater contre Godoy, le ministre tout-puissant du faible Charles IV, et celui-ci ayant abdiqué en faveur de son fils Ferdinand VII, puis protesté contre son abdication. Napoléon invita les deux princes à se rendre à Bayonne. Là il força Ferdinand VII d’abdiquer , à son tour et donna la couronne d’Espagne à son propre frère Joseph, qu’il remplaça sur le trône de Naples par Murat. L’Espagne tout entière se souleva contre cette trahison. Napoléon, après avoir consolidé son alliance avec la Russie au congrès d'Erfurt^ réussit d’abord à comprimer l’insurrection et conduisit lui-même son frère Joseph à Madrid. Mais l’intervention des Anglais, qui
1816) en Portugal. Dépendance du Puriuytil vis-a-vis de l'Angleterre sous le rapport commercial (voyez p. 291). L’injonction faite par Napoléon au gouvernement portugais de reconnaître le blocus continental, ayant été repoussée, une armée française sous les ordres du maréchal Junot occupa le pays: la famille royale s'embarqua pour le Brésil, et Junot, crée duc d’Abrantès, gouverna le Portugal au nom de Napoléon (l’an 18t)7). — Charles IV, roi d’Espagne, avait pris part h cette guerre contre le Portugal, et l’armée française, en traversant l’Espagne, s’était emparée do plusieurs points lortitlés dans ce pays. Le comte Godoy, favori de Cliuries |V, était, tout dévoué aux intérêts de la France, mais détesté du peuple espagnol et du prince royal Ferdinand. Ce dernier est accusé, mais sans preuves, d’avoir trempé dans un complot contre la vie de son pere il’an 1807) : il est emprisonné, puis remis en liberté. Le mécontentement augmente. Uévolution il Madrid ; Godoy est jeté en prison; Charles IV abdique en faveur de son fils; il révoqué cette abdication à l'approche d’une armée française commandée par Murat. Napoléon se rend à Rayonne et invite la famille royale d'Espagne a s’y rendre également. Trailé de Bayonne (5 mai 1808) |iar lequei Charles IV abdique de nouveau; Ferdinand cede aux menaces ét renonce ii scs droits. Napoléon déclare le trône vacant et le donne à son frère Joieph. Insurrection à Madrid et dans ies provinces. Insurrection en Portugal; une armée anglaise force Junot à capituler dans Lisbonne; Joseph
HISTOIRE ÜNIVERSELI.E.
venaient d’expulser les Français du Portugal, et la guerre contre l'Autriche, qui rappela Napoléon de l'Espagne, firent de nouveau éclater l’insurrection. Une junte centrale convoqua lea Cortès du royaume à Cadix, où ils proclamèrent une nouvelle constitution. Malgré les victoires réitérées de Soult et de Marmont, les Français ne parvinrent pas à se rendre maîtres dn pays. De nombreuses bandes de guerrillas, en se maintenant dans les montagnes, leur faisaient avec succès une guerre de partisans dans laquelle elles prenaient la revanche de leurs propres défai. tes. Le duc de Wellington, qui commandait l’armée anglaise, seconda les efforts des insurgés et battit les Français dans plusieurs rencontres ; après le départ de Soult, que Napoléon venait de rappeler vers la fin de la campagne de Russie, il remporta sur Jourdan la grande victoire de Vittoria, qui fit évacuer l’Espagne par les Français. Wellington acheva la délivrance du pays par la bataille de Toulouse qu’il livra au maréchal Soult et qui rendit à Ferdinand VII le trône d’Espagne.
La troisième ûuerrb contre l’autriche jusqu’à la
PAIX DE VIENNE (1809). — L’ Autriche n’avait pris aucune
est obligé de quitter Madrid; une/unM eenlral* se réunit à Aranjuez et se constitue en gfouvernemcnt provisoire (S5 sept. 1808). Avant de se rendre lui-méme en Espagne, Napoléon demande une entrevue à l'empereur de Russie, dans le but d'empécher une nouvelle coalition européenne contre la France. Congrè» ttErfuri, auquel assistent tous les princes de la Confédération du Rhin; la Prusse et l’Autriche ne s’y font pas représenter. Propositions de paix faites h l’Angleterre : elle refuse d’y accéder, parce que Napoléon ne veut admettre aucune inlervonlion en faveur de l’Espagne. Départ de Napoléon pour l’Espagne : défaite des insurgés espagnols dans toutes les rencontres. Il quitte l’Espagne pour 1a guerre contre l’Autriche. Prise de Saragotse héroïquement défendue par ses habitants (l’an ■1809). Victoire de ïalacera remportée par Wellingion sur le roi Joseph., Après la paix de Vienne, plusieurs armées françaises sont envoyées en Espagne sous les ordres de Mortier, Soult et Marmont. La Junte centrale se retire de Séville à Cadix : une régence de cinq membres est nommée et convoque les Cortès h Cadix (l’an 1810). Mortier bloque cette ville. Campagne victorieuse de Wellington en Portugal (1810-1811). Il entre eu Espagne, prend Badajoz et Salamanque et force les Français h lever le siège de Cadix (l’an ISIS); Joseph quitte Madrid; Wellington y entre; il est nommé généralissime de toutes les armées espagnoles. Toutefois il est obli^ d’abandonner Hadtid, qui est réoccupéc par les Français. Rappel du maré-
l'empire.
part à la guerre de Napoléon contre» lai PruaBé et Ik mais elle avait fait de grands armements. (îiuaiid elle Vitf^ l’empereur des Français occupé en Espagne, éllë doit lô' moment favorable pour lui déclarer la gUei^re. Elle appelé' donc aux armes les peuples et les princes de l’Allemagné: mais cet appel ne trouva de l’écho que chez lé Vaiilmit péüipie du Tyrol, mécontent du gouvernement bavarois. ÜWd' formidable insurrection y éclata et eut pour chef un stinp*lè laboureur, André Hofer, qui força les Bavarois d’éVaoder le pays. En même temps la grande armée autrichieniië; commandée par l’archiduc' Charles, envahit la Bavière'. Cependant Napoléon, qui avait réuni à son arméé les con>tingents des princes de la confédération’ du Rhin, vain‘quit les Autrichiens dans cinq rencontres, prit Landshut et Ratisbonne et entra à Vienne. L’archiduc Charles gagna, il est vrai; la sanglante bataille à'Aspeim; mais les pehtës qu’il y avait éprouvées l’empêchèrent de tirer avantage de sa victoire. Napoléon, dont l'armée venait d’ètre'i>èKi forcée per l’armée italienne, commandée par Béauharnaili^ défit de nouveau les Autrichiens' dans la bataillé' dé' Wà^ yram, une des plus grandes qu'il eût encore livrées. L’em-
chsl Soult et d’une grande partie de l’armée Trançaise après i» CSttipagne de Russie (i’<in ISIS). Bataillé de Villartdi Josepb qaittè i’Eiipa^é. mpet: léon conclut avec Ferdinand le traiU de Vatençay et liil rend lü itbeimf (K déc. 1813). Les Cortès rejettent le traité parce que le roi n'était' paé libre et réclament de celui-ci la reconnaissance de la coneiiiulloti di Cadix de 1814.
C««|.icRe DE 1309 coKTBE l’actriche. — L'Autriche, craignant potirellemémt* le sort qui avait été fait h la Prusse après U paix dé TilsH, fit un armement général en établissant la landwahr., Napoléon réclama h Vienne et demanda le désarmement. L'Autriche refusa et déclara la guerre h i« France |16 avril 1809). Elle comptait sur l'irritation provoqué en Allemagne par les dernier; actes de Napoléon; mais l’appel adressé eu peuplé allemand n’eut pas d’elTet, parce que les gouvernements de tous les Etats de l’Allemagne étaient rivés h la politique française. L’Autriche restait donc isolée dans cette nouvelle guerre. < Quelle qn’en ait été l’issue, dit l’historien protestant Hieren, l’Autriche a l’incontestable mérite d'avoir souti-mi lo combat pour la liberté avec plus de persévérance que toutesrieé auires puissances continentales. * Révolte des Tyroliens contre le gouvemetneni liavarois: les chefs de l’insurrection étaient Hofer, cultivateur et liAtellér a Passeyer, S/ieckbacher et le marquis de Chaeteler, qui alla se joindre auA insurgés avec un corps de troupes régiiU.‘'rcs Les Bavarois et les Français
U. uaiv. v.
pefeur d'Autriche dut alors acheter la paix par d’immenses sacrifices ; elle fut signée à Vienne : l’Autriche perdit le pays de Salzbourg, toute la côte orientale de l’Illyrie, ainsi que le Tyrol, où l’insurrection avait été écrasée par une armée de cinquante mille hommes. André Hofer, fait prisonnier, fut fusillé à Mantoue. L’Autriche paya en outre quatre-vingt cinq millions de francs comme indemnité de guerre.
Grandeur ET APOGÉE de l’empire (1810-1812). — Les succès et la gloire, qui éblouissent si facilement les esprits médiocres, entrainent souvent même les âmes les plus fortement trempées. Napoléon arrivé au faite de sa grandeur ne sut pas résister à cette puissante séduction et prépara sa propre perte en s'exagérant outre mesure sa puissance. Après avoir enlevé au Saint-Siège une grande partie de ses provinces, il décréta à Vienne la suppression du pouvoir temporel du Pape et la réunion des Etats- Romains à l’empire, parce que Pie VU s’était refusé à fermer aux Anglais les ports de ses Etats. Le pontife fut fait prisonnier à Rome par ordre de l’empereur, conduit comme tel à Savone et transféré plus tard à Fontainebleau.
attaqués dans les gorges et les vallées étroites par les braves paysans, sont obligés d’évacuer le Tyrol. Les troupes autrichiennes sont rappelées (19 mai 1809J., Défense héroïque du pays par les insurgés pendant cinq mois ; ils sont écrasés sous le nombre après la bataille de Wagram. Hofer est fait prisonnier et misé mort malgré l’amnistie promise aux insurgés (5 fév. tSI9). — Cependant trois armées autrichiennes avaient été mises sur pied: la première, sous le commandement de l’archiduc Charlet, envahit la Bavière; la seconde, sous les ordres de l’archiduc Jean, entra en Italie; la troisième, commandée par l’archiduc Ferdinand, marcha sur Varsovie. Marche rapide de Napoléon, à la tête d’une armée composée en grande partie de troupes allemande.s. Combats de LandsUut et d'Abemberg ; bataille d’EckmüM et retraite de i’archiduc Charles en Bohême. Prise de Batisbonne et de Linz. Rencontre é Ebenberg et entrée de Napoléon à Vienne. L’archiduc Jean se relire d’Italie en Hongrie. L’Archiduc Ferdinand abandonne Varsovie. Bataille d'Aspern, et d'Ettling (ZJ et 93 osai 1809; : les Autrichiens restent maîtres du champ de bataille. Napoléon, dont l’armée est renforcée par l’armée italienne, gagne la bataille meurtrière de Wagram (f> et 6 juill.) : retraite des Autrichiens sur Znaym. Armistice et, trois mois pius tard, conclusion delapaixdt Vienne ( 1 4 oct. 1809). Enormes bacriflces imposés à l’Autriche, qui perd trois millions et demi d’habitants.
AsOLiTioif 08 LA socveiiiineTB TEMPOBELLE OU SAisr-siÉbE. — Empiétements
î/eMpirS., 387
Rien ne put ébranler le noble vieillard, qui avait lancé l’excommunication contre les ennemis de l'Eglise. Napoléon essaya de substituer l’institution canonique des évêques par les métropolitains à celle qui doit être donnée par le Saint-Siège. Il convoqua, à cet effet, les cardinaux et évêques de France à un concile à Paris; mais il ne réussit pas à les plier à ses volontés. Plus tard, après la campagne de Russie, il voulut faire passer un nouveau concordat, contre lequel le pape dut protester. — Napoléon froissa en même temps les sentiments nationaux de la France, et éloigna de lui une partie de ses partisans, en faisant prononcer son divorce avec Joséphine et en épousant Marie- Louise, fille de l’empereur d’Autriche. Son frère Louis, roi de Hollande, ne voulant pas sacrifier les intérêts commerciaux de son royaume en rompant entièrement avec l’Angleterre, abdiqua en faveur de son fils. Napoléon annula cette disposition et réunit la Hollande à l’empire. Quelques mois après, il y incorpora également tout le nord de l’Allemagnejusqu'aux bouches de l’Elbe. L’empire français s’étendait alors depuis la Baltique jusqu’aux frontières de Naples; l’Europe presque tout entière était aux
de Napoléon sur lea droits du Saint-Siège , en vertu des articles organiques ajoutés arbitrairement au Concordat. Pie VII résiste et refuse d’exécuter les ordres de l’empereur relativement à sa politique contre l’Angleterre. Occupation militaire de la ville de Rome par le général Miollis (l’an 1808). Napoléon veut imposer au Pape la reconnaissance du blocus continental. Pie VU s'y refuse comme à un acte incompatible avec les devoirs que lui impose sa dignité de chef de l’Eglise. Les provinces d’Ancéne, de Macerata et d’Urbino sont incorporées h l’empire. Nouvelles violences de l’empereur, emprisonnement des cardinaux, désarmement des troupes pontificales. Fermeté du Pape. Décret de Vienne, par lequel la souveraineté temporelle du Saint-Siège est abolie (l'an 1809). Bref d’excommunication contre tous ceux qui ont pris part à cet acte ; l’empereur n’y est pas désigné ' nominalement. Arrestation du Pape: il est conduit à Savane, où il vit d’aumônes pendant trois ans. Il refuse d’accorder aux métropolitains, sur la demande de l’empereur, le droit d’instituer canoniquement les évéques : cette concession aurait rompu le lien qui unit hiérarchiquement l’épiscopat au Saint-Siège. L’empereur convoque à Paris un concile national des cardinaux et évéques de France, sous la présidence du cardinal Fescb, archevêque de Lyon et oncle de l’empereur (l’an 1811). Le concile proteste de son obéissance au Pape et se refuse à toute résolution contraire h l’autorité ponUQcaie. Après avoir vainement essayé les menaces et les promesses pour
•^88 fltSTOIRE ÜNIVERSEM.K.
pieds du puissant empereur, dont les fr^es et pairenl^ régnaient en Espagne, en Westphalie, à Naples et en Suède; dans ce dernier pays le roi Charles XIII avait adopté' le maréchal Bemadotte, beau-frère du roi d’Espagne Joseph, et l’avait déclaré héritier du trône. L’Angleterre seule soutenait la lutte contre Napoléon et prêtait- le secours de son argent et de ses troupes au peuple espagnol, qui défendait vaillamment sa nationalité contre l’occupation française.
Campagne de Russie (1812). — Cependant le moment de la chute du grand colosse approchait. Le commerce de la Russie souffrait beaucoup du blocus continental; d’autre part, l'agrandissement du duché de Varsovie faisait craindre au czar le rétablissement du royaume de Pologne ; en outre Napoléon venait de réunir à l’empire le duché d’Oldenbourg, dont le souverain était proche parent de la maison impériale de Russie. C'étaient là autant de griefs pour l’empereur Alexandre contre Napoléon. La guerre éclata lorsque la Russie eut rouvert ses ports à l’Angleterre. Napoléon entra en campagne avec une formidable armée, qui s’élevait à cinq cent mille hommes en y com-
flécbir la résistance des prélats, l’empereur dissout l’asseml:^. Le Pape est transporté malade et presque mourant de Savone à Fontainebleau (l’an 1812). L’empereur négocie alors directement avec lui- Ils arrêtent ensemble onre articles préliminaires à un nouveau concordat. Napoléon les lait publier sous le nom de Concordat de Fontainebleau (l’an 1813), malgré la promesse formelle qu’il a faite d’en attendre la conclusion déHnitive. Protestation du Pape, qui révoque les articles préliminaires. « Celui qui avait tout vain'cu ne pouvait vaincre ce vieillard ; car l’Eglise aussi devait avoir son martyr ; et qui en était plus digne que son chef! » (Heeren). — Divorce de Napoléon avec Joséphine et son mariage avec Marie-Louise (l’an 1810) : le désir d’avoir un héritier pour sa couronne et de s’allier avec une des plus anciennes dynasties de l’Europe en furent les principaux motifs. Naissance d’un prince, qui reçoit le titre de roi de Home (l’an 1811). — Différends de Napoléon avec son frère Louis, roi de Hollande, qui abdique en faveur de son dis. Incorporation de la Hollande à l’empire. Le roi Louis se réfugie en Autriche; Lucien' son frère, se retire en Angleterre. Incorporation de tout le nord de l’Allemagne dans l’empire, qui prend une immense étendue et compte 1 30 départements. Perte des colonies françaises et hollandaises en Amérique et dans l’Inde: eHes sont conquises par les Anglais. Domination de l'Angleterre sur mer; anéantissement du commerce maritime de la France et de tout le conliaent européen.
r/BMPIRE.
prenant les contingents de l’Autriche et de la Prusse. Il séjourna quelques semaines en Pologne; mais il mécontenta cette nation, en différant le rétablissement du royaume. Ensuite il pénétra dans la Russie et marcha sur Moscou, sans rencontrer d’abord aucune résistance, ni d'autres difficultés que celles du manque de vivres, de routes impraticables, et les maladies, suite des fatigues de la marche. Les deux grandes victoires de Smolensk et de la Moscova, qu’il dut acheter par d’énormes sacrifices, lui ouvrirent les portes de Moscou; mais il trouva la ville déserte. Un effroyable incendie, allumé peut-être par les Russes eux-mêmes, et qui dura six jours, la consuma presque entièrement. Après avoir perdu cinq semaines en négociations avec l’empereur de Russie, Napoléon se décida à la retraite. Elle fut désastreuse, l’armée ayant à traverser, au milieu d’un hiver rigoureux des contrées dépeuplées et désertes. Des cent mille hommes qu’il comptait encore en quittant Moscou, trente mille seulement arrivèrent jusqu’à la et presque tous périrent au passage de ce fleuve. La grande armée était détruite; le retour de ses faibles débris fut devancé par Napoléon, qui arriva seul à Paris.
CiiiPicRE DE RUSSIE (tgl3.>. — IrrKatioii générale contre la |>répomiénuice française. Elle éclate d'abord en Russie. Parmi les griefs de l’empereur Alexandre on peut ranger la guerre de la Turquie contre la Huseie (iS09-18fS), la première de ces puissances était sccrètemciil excitée par Napoléon. Pai.r de Bucharett, qui rétablit les anciennes relations entre la Turquie et la Russie, et fixe le Danube comme limite des deux empires. Avant d'entreprendre la guerre contre la Russie. Napoléon conclut des alliances défensives etolTcnsivesavecrAutrichc et la Prussell'an 18121, qui s'engagent à fournir des contingents et h approvisionner l'armée. Alliance de la Russie avec l'Angleterre, l'Espagne et le Portugal. Immense armée de Napoléon. Séjour en Pologne. Passage du Niémen (25 juin 1813) et prise de U'ifna. Système défensif des Russes: ils évitent de livrer des batailles rangées et se contentent de harceler l’armée française. Prise et destruction de Smolensk après un combat meurtrier. Kutusow reçoit le commandement en chef de l’armée russe et livre la grande bataille sur la ilfoscoaa près de Borodino (7 sept. 1812). Retraite de l’armée russe derrière Moscou; entrée de Napoléon dans cette ville [15 sept ). Il la trouve déserte et prend le Kremlin pour résidence. Incendie de Moscou, probablement ordonné par l’ancieo gouverneur Uostopschin. Négociations : Napoléon offre un armistice qui est « refusé par Kutusow. Commencement de la retraite (19 octobre). Arrivée h Smolensk. Proid horrible et manque de «ixrcs. Poursuites et attaques con-
a, iMV. V. ilé*
Digitizeo oy \.aUOgIc
HISTOIRE universelle.
La DERNIÈRE GUERRE. CHUTE DE LBMPIRE (1813-1814). — La domination française pesait lourdement sur l’Allemagne et provoquait chez le peuple un mécontentement général. Le sentiment national se ranima partout à la nouvelle de l’immense désastre de la campagne de Russie. Aussi l’appel aux armes adressé par le roi de Prusse au peuple trouva-t-il un écho sympathique; toute la jeunesse alla se ranger sous les drapeaux de l’indépendance. La Prusse entra dès lors dans la coalition de la Russie et de l’Angleterre contre la France ; la Suède vint également s’y joindre. Les alliés mirent sur pied deux armées : l’une, sous le commandement de Blucher, s’avança de la Silésie dans la Saxe; la seconde, commandée par le général russe Wittgenstein, prit position près de Berlin. Napoléon, ayant levé une nouvelle armée, arriva à Leipzig et battit les alliés près de Lutzen. Puis il réunit ses troupes à celles du roi de Saxe et remporta une seconde victoire à Bautzen. Un armistice fut conclu, et un congrès se réunit à Prague, mais sans aboutir à un résultat. L’Autriche s’étant enfin déclarée pour les ennemis de la France, les alliés marchèrent sur Dresde, où ils furent défaits par Napoléon.
liuuelles des Russes. Héroïque résistance de l’arrière-garde commandée par le maréchal iVay. Passage de la Bérézina. Napoléon quitte l’armée et retourne à Paris.
CjtMPÀCRE DE 1813 ER ÀLLEMGNE. — Grande impression produite en Allemagne par la nouvelle de la destruction de l’armé Trançaise en Russie. L’armée russe, sous le commandement de Kutusow, accompagné de l’empereur Alexandre, entre sur le territoire prussien : le général York, commandant du contingent prussien de l’armée française, passe du côté des Russes. Ceux-ci entrent à Berlin (Il mars 1813). Proclamation du roi de Prusse, datée de Breslau et appelant le peuple aux armes (17 mars). Il réunit une armée de 100,000 hommes.' Nouvelle coalition contre la France ; l’Angleterre promet des subsides. Grands armements de Napoléon ; il lève une armée de 380,000 hommes, composée presque exclusivement de jeunes soldats n’ayant pas encore servi. Il arrive rapidement en Saxe. Bataille d« Lutzen (3 mai) ; entrée de Napoléon à Dresde : il force le roi de Saxe h conclure une alliance étroite avec lui. Bataille de Bautzen (30 mal). Les alliés se replient vers la Silésie. Conclusion d’un armistice (5 juin-10 août). Négociations de Napoléon avec l’Autriche, qui Unit par l’abandonner et par entrer dans la coalition. Armements des alliés: ils mettent sous les armes 600,000 hommes, divisés en trois armées: la -grande armée, sous le commandement de Schwarzenberg, en Bohême ; celle do Silésie, sous les ordres