‹ Cours complet d'histoire universelle à l'usage des collèges et des maisons d'éducationChapitre 69 sur 107 · VI. — LE CONGRÈS DE VIENNE ET LES CENT-JOÜBS. (l»t · texte numérisé non relu

VI. — LE CONGRÈS DE VIENNE ET LES CENT-JOÜBS. (l»t

La première paix de paris. — Louis XVIII conclut avec les alliés la paix à des conditions favorables : k France fut renfermée dans les limites qu’elle avait eues en 1792 ; on lui laissa toutefois Avignon et le Yenaissin, une partie de la Savoie et plusieurs districts du côté du Rhin et de la Belgique ; l’Angleterre restitua les colonies françaises, et les alliés renoncèrent à toute indemnité pour les frais de la guerre. Louis XVIII remplaça le gouvernement absolu de l’empire par une constitution libérale, modelée sur celle de l’Angleterre et attribuant à la nation une large part d’influence dans les affaires publiques. La chute de Napoléon rendit à Pie VII son trône. Le vénérable pontife avait été reconduit à Savone après le retour de Napoléon de la campagne de Russie, ét il y était resté jusqu’à l’abdication de l’empereur. Rendu alors à la liberté, il retourna à Rome et y fut reçu en triomphe. — Vers la même époque, Ferdinand VII rentra à Madrid, et Victor-

et fait son entrée à Paris (4 mai). Fin de l’empire, qui avait duré dix ans (1804-1814), et rétablissement de la dynastie des Bourbons sur le trône de France; l’exil de cette dynastie avait duré vingt-trois ans.

VI. PnEMiÈHE PAIX DE PARIS (30 mai 1814). — En voici les principales stipulations : 1° La France conserve eu général, avec un agrandissement à l’est, ses frontières telles qu’elles étaient le 1 Janv. 1792. 2* Elle reconnaît l’indépendance du royaume des Pays-Bas et de tous les Etais de l’Allemagne, lesquel; seront réunis en confédération. 3° La France rentre en possession lie toutes ses colonies, excepté Tabago, Sainte-Lucie et l’ile de France, è la condition de ne pas fortifier les villes qu’elle possède dans l’Inde. 4° Le Portugal restitue la Guyane française. 5° L’Angleterre conserve Malle, li" Les alliés renoncent è tout ce qu’ils auraient à réclamer pour les fournitures et les sommes payées 8 la France pendant la guerre. 7° La France promet d’abolir, dansl’espace de cinq ans, la traite des Noirs. — Louis XVIll rejeta la constitution élaborée A la bâte par le gouvernement provisoire et la remplaça par une autre, instituant deux Chambres : celle des Pairs et celle des Députés, qui devaient partager avec le roi ie pouvoir législatif ; l’administration était confiée A un ministère responsable — Rétablissement du trône pontifical A Home. Pie Vil avait été renvoyé de Fontainebleau A Savone, et api^ l’invasion des alliés en France. Napoléon avait donné ordre de le mettre en liberté (l’an 18I4|. Après l'abdication de l’empereur, il retourna ^ Rome et y lit sou eutree .soleunnlle (2» mai 181 li, te Coofrès de Vienne

Emmanuel I à Turin. Partout les peuples retournèrent avec joie soiis le sceptre de leurs anciens souverains, après avoir^subi le joug d’un gouvernement étranger; aussi il y avait partout des ruines à relever, et la prospérité de la plupart des États se trouvait détruite pour longtemps.

Le congrès de vienne. (1®'' novembre 1814 — 9 juin 1815). — Les guerres de Napoléon avaient bouleversé toute l’Europe et profondément altéré l’équilibre général. Après la chute de l’empire, les diverses puissances se réunirent au Congrès de Vienne pour arrêter la nouvelle organisation politique du monde. Jamais assemblée de ce genre n’avait eu une mission plus importante et plus difficile à remplir ; car c’était d’elle que dépendaient le maintien de la paix européenne et en partie le sort de la civilisation moderne. Malheureusement les intérêts dynastiques y eurent la prépondérance, et on leur sacrifia en bien des points les intérêts des peuples, ainsi que les droits les mieux établis : la sécularisation de tous les anciens territoires ecclésiastiques, le maintien du partage de la Pologne, le démembrement du royaume de Saxe, dont la moitié fut incorporée à la Prusse, la réunion de la Belgique à la

le remit en possession de tous ses Etats. — Captivité do Ferdinand VU b Valençay (1 SON- 181 4; ; il est mis en liberté pendant les dernières luttes de Napoléon contre les alliés (18 mars 1814). Il rentre è Madrid (14 mai). Il refuse de sanctionner la constitution de Cadix, élaborée par les Cortès. Ce refus occasionna plus tard une nouvelle révolution en Espagne. — Le roi de Piémont, Victor-Emmanuel (1802-1821), s’était retiré dans l’ile de Sardaigne depuis l’incorporation du Piémont b la France (voyez p. 372) : il rentre à Turin iniai 181 4).

Le cusGnès de viesse est un des faits les plus marquants de l’histoire, d'abord parce que toutes les puissances européennes s’y trouvaient représentées, ensuite parce que cette assemblée était appelée b réorganiser l’état politique de l’Europe, enfin parce que les résolutions prises b Vienne ont inauguré ie droit public qui est resté en vigueur jusqu’aux temps les plus récents. Il y avait d’immenses diflicultés à vaincre narce que l’etat politique de l’Europe avait été complètement bouleverse par les guerres et les conquêtes de Napoléon, de sorte qu’il n’était euére possible de le reconstituer tel qu’il avait été auparavant. Mais on commit la faute grave de ne pas tenir compta du principe des nationalités, qui furent sacritlésb un équilibre factice basé sur le nombre des habitants et sur l’étendue géographique, réclamés par les principales parties contractantes. C’était consacrer le principe révolutionnaire, qui repose sur la force brutale et arbitraire en

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