LE CONGRÈS DE VIENNE
Hollande sous le sceptre du roi Guillaume; voilà quelquesuns des nombreux actes du Congrès de Vienne qui méritent d’être sévèrement blâmés, parce qu’ils donnaient lieu, pour la suite, à de graves complications politiques. — Voici comment le Congrès divisa l’Europe entre les différents Etats. La Russie eut la plus gr.ande partie du duché de Varsovie constitué en royaume de Pologne; elle conserva en outre la Finlande, conquise sur la Suède pendant les guerres. La Prusse obtint le duché de Posen avec la ville de Dantzig, et toute la partie suédoise de la Poméranie, en outre la province de Saxe, formée de la moitié du royaume de Saxe, la Westphalie et les provinces rhénanes, enfin la principauté de Neuchâtel qui continua pourtant à faire partie de la confédération helvétique. \À Autriche céda la ' Belgique, qui fut réunie à la Hollande pour former le nouveau royaume des Pays-Bas ; elle obtint en compensation la Lombardie et la Vénétie ; la Bavière lui rendit en outre le Tyrol et le pays de Salzbourg. L’Angleterre conserva Malte, Helgoland, une partie des colonies qu’elle avait conquises, le royaume de Hanovre et le protectorat sur la république des îles Ioniennes. Le Danemark céda à la
opposition avec l’ordre naturel des choses, né des circonstances et consacré par le temps. Ainsi on sépara des populations qui avaient formé une seule nation, et on réunit sous un même sceptre et sous un même gouvernement des nations opposées entre elles par le caractère, les mœurs et les intérêts. Le Congrès de Vienne ne respecta pas non plus les droits de l’Eglise et ne tint pas compte des convictions religieuses des peuples ; il ratifia la sécularisation de tous les Etats ecclésiastiques et soumit des populations entièrement catholiques h des gouvernements protestants, sans même stipuler des garanties en faveur de leur liberté religieuse. La protestation du cardinal ConsaM, délégué du Pape h Vienne, contre les décisions du Congrès, était donc parfaitement motivée. — Le Congrès de Vienne se composait de cinq grandes puissances: VAngleltrre, la France, la fluitie, l’Autriche et la Prutte , et de trois puissances de second ordre: l’Espagne, le Portugal et la Suède. Ces huit Etats étaient les parties contractantes du traité ; les autres n’eurent qu’une voix secondaire et furent obligés de ratifier les décisions prises. — La jalousie de l’Autriche et de la Prusse, et la souveraineté dont avaient joui un grand nombre de petits Etats en Allemagne depuis l’établissement de la confédération du Rhin, furent cause que l’empire <PAllemagne ne fut pas reconstitué, mais remplacé par la Confédération germanique. Celle-ci fut composée de trente-neuf Etats souverains, qui étaient d’abord l’Autriche et la ^usse, ensuite les quatre royaumes de Cavière, Saxe, Ua-
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Suède la Norwége, qui reçut une constitution libérale et une administration à part, et il obtint les duchés de Holsteln et de Lauenbourg. U Allemagne fut constituée en une confédération de trente-neuf Etats souverains, représentés dans une diète permanente qui devait siéger à Francfort. Le nombre des cantons de la Suisse fut porté à vingt-deux, ot elle reprit son ancienne constitution fédérale. En Italie, les dynasties détrônées par Napoléon rentrèrent dans leurs Etats : le duché de Parme fut donné à l’impératrice Marie- Louise, et la république de Gênes incorporée dans le royaume de Piémont. — Les travaux paisibles du Congrès lie Vienne furent subitement interrompus par la nouvelle du retour de Napoléon en France.
Les CENT-JOURS (20 mars — 22 juin 1815). La nation française et surtout l’armée avaient été humiliées par l’invasion étrangère. Il en était résulté contre Louis XVIII un mécontentement qu’il augmenta encore par les faveurs qu’il dut accorder aux émigrés rentrés en France avec lui. Napoléon, de son côté, put facilement entretenir des relations avec ses nombreux partisans, qui ne s’étalent ralliée qu’à qontre-cüiur .à ,1a dyuastie des Bourbons. Son retour
novre et Wurtemberg, plusieurs grands duchés et principautés, enfin les quatre villes libres de Francfort, Hambourg, Lubeck et Brème. Le siège de la diète fédérale était fixé à Francfort. Elle ne comptait toutefois que dix-sept voix, parce que plusieurs petits Etats n'avaient qu’une voix collective. Les attributions de la diète étaient très-restreintes i>ar égard pour la souveraineté des Etats. L’Autriche avait la présidence. L’Allemagne cessai ainsi de compter au nombre des grandes puissances euroiiéennes. — La Sare et le Danemark, qui étaient restés le plus longtemps fidèles à l’alliance française, subirent les pertes les plus sensibles : la plus grande moitié de la Saxe fut Incorporée à la Prusse ; le Danemark perdit la Norioégf, qui fut donnée h la Suède; toutefois la résistance que cette décision reucoutra en Norwége. valut à ce pa^s une constitution libérale. Le duché de Holstein, cédé au Danemark,' qui devint par lè membre de la confédération germanique, n’était qu’une bien faible compensation pour la perte de la Ntirwége La Prune obtint de vastes provinces, mais leur situation géographique et la divergence de mœurs, de traditions et de religion qui existait eutre elles, diminuaient l’importance dé ces acquisitions territoriales et constituaient qn obstacle à la consolidation de cfi royaume. L'Autriche reçut, en échange de la Belgique, la Lombardie et le territoire de l’ancienac j-epiiblique de yeiiise; mais ces acquisitions devaient entraîner cette puiasaoce dans toutes les complications itslieunes, tandis que, d'un autre cété.
Lfi CONaRÈS DE VIENNE.
étant préparé, il aborda subitement à Cannes dans le département du Var, avec un millier de ses vétérans, et se dirigea sur Paris. Toutes les troupes qu’il rencontra sur sa route se rallièrent à lui, Ney lui-même, envoyé contre lui à la tête d’une armée, céda à son attachement pour son ancien maître et se rangea sous ses drapeaux. A son approche, Louis XVIII s’enfuit de Paris et se retira à Gand. Entré en triomphe dans la capitale. Napoléon se mit à négocier avec l’Autriche et la Russie; mais ses avances furent repoussées. Une déclaration du Congrès de Vienne le mit au ban des nations, et toutes les puissances s’engagèrent à agir d’un commun accord contre lui. Il ne lui restait donc d’autre parti que la guerre. Il résolut d’attaquer les armées anglaise et prussienne, qui étaient encore cantonnées en Belgique. Il partit .à la tête d'une armeo réunie à la hâte. 11 vainquit les Prussiens à Ligny et força Blucher à se replier sur Wavre, pendant que le maréchal Ney livrait aux Anglais le combat indécis de Qiuxtre-Bras. Puis il alla attaquer Wellington, qui avait pris position à Waterloo. Cette bataille décida du sort do Napoléon et du monde. Au moment où les lignes anglaises.
la' po&ÂCjsion de la Galicip lui préparait d'inévitables ditncultés, suite du partage de la Pologne. Les guerres contre Napoléon avaient occasionné d’énormes sacrifices pécuniaires à ï'Angleltrre; mais cette puissance en avait retiré des avantages considérables; la marine anglaise dominait seule sur toutes les mers et le grand commerce maritime était devenu le monopole de l'Angleterre. La France, épuisée par la révolutioit et par les guerres, ne |)ouvait lutter contre la prépondérance politique de sa rivale; il fallait toute l’activité de la nation française pour guérir les plaies profondes que la révolution avait faites au pays. La Ruttie n'obtint pas d’agrandissement territorial au Congrès de Vienne, mais la part qu’elle avait prise è la guerre et la gloire d’avoir brisé la puissance de Napoléon, lui assurèrent une grande influence dans les affaires politiques de l’Europe. Rétablissement de l’ancienne confédération helrétique : trois nouveaux cantons furent ajoutés aux dix-neuf anciens. Chaque canton était souverain; fasstmblée fédérait se réunissait tour à tour dans une des trois villes de Zurich, Lucerne et Berne, et s’occupait des affaires communes de la confédération; en cas de guerre, chaque canton était tenu de fournir un contingent en troupes et en ergent. — Telles étaient les principales stipulations du congrès de Vienne.
Rbtovr ne NAi-OLéoa ne l’Ile d'Elbe ; les cEirr rocRS. — Les regrets que l’empire avait laissés eu France et surtaut dans l’armée, l’attachement d'uit U. T. 3V
HISTOIRE universelle.
malgré une résistance héroïque, allaient être écrasées par l'alUque impétueuse des Français, Blucher arriva sur le champ de bataille avec l’armée prussienne. Rompue par l’attaque des Prussiens, l’armée française se débanda, à l’exception de la vieille garde, qui refusa de se rendre et préféra la mort à une fuite honteuse. Napoléon retourna à Paris et abdiqua en faveur de son fils. Pour ne pas tomber entre les mains des alliés qui approchaient et qui entrèrent une seconde foisdans Paris, il se rendit à Rochefort et voulut s’embarquer pour l’Amérique. Mais trouvant le port bloqué par les Anglais, il déclara qu’U voulait se confier à l’hospitalité anglaise. Il fut transporté à l’ile de Sainte- Hélène. C’est sur ce rocher solitaire que l’ancien maître du monde termina ses jours après une captivité de six ans. Toutefois, avant de mourir, il chercha dans les consolations de la religion la force et le courage de paraître devant le redoutable tribunal de Dieu dont il avait accompli, sans le savoir, les impénétrables desseins. — Louis XVIII revint à Paris après le départ de Napoléon. La seconde paix de Paris conclue avec les alliés, priva la France des avantages que lui avait accordés la première et lui imposa des conditions onéreuses.
grand nombre de hauts fonctionnaires h la personne de l’Empereur, les faveurs accordées par Louis XVIII aux émigrés ; telles sont les principales causes qui favorisèrent le projet de Napoléon. Il trompe la vigilance du consul anglais chargé de surveiller ses démarches et s'embarque avec quelques vétérans sur deux petits navires (36 février 1816). il débarque h Canna (t mars) et marche sur Paris, en adressant des proclamations au peuple français. Son entrée h Grenoble et h Lyon ; il est partout accueilli comme empereur. Le maréchal Ney est envoyé contre lui ; mais il donne l’exemple de la défection h son armée, qui acclame l'Empereur. Louis XVIII est obligé de quitter Paris; Napoléon y entre (20 mars) au milieu de l'enthousiasme général du peuple. Manifeste du Congrès de Vienne par lequel Napoléon est mi's hors la loi (13 mars): l’Angleterre, la Russie, i’Autriche et la Prusse concluent une nouvelle alliance et s’engagent h se refuser h toute négociation avec lui (25 mars). Napoléon ordonne une levée en masse et se fait prêter par l’armée et le peuple réunis au Champ-de- Mars le serment de fidélité : on appela cette cérémonie le Champ-dt-Mai (I juin). Il parvient à mettre sur pied une armée de 170,000 hommes, et entre en Belgique (15 juin) avant que l’armée prussienne, sous les ordres de Blucher, ait fait sa jonction avec l’armée anglaise commandée par
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LEüROPE jusqu'en 1830.