CONFÉRENCE DE VIENNE. PREMIERS ESSAIS DE NOUVELLES
CONSTITUTIONS REPRÉSENTATIVES (1818-1830). IjCS idées
révolutionnaires qui avaient bouleversé la France s’étaient également répandues en Allemagne et avaient trouvé de nombreux adhérents dans la jeunesse des universités. Le désir de voir rétablir l’unité politique de l’Allemagne et l’inexécution des promesses faites par la plupart des princes allemands d’accorder au peuple des institutions libé' raies jetèrent de l’agitation dans le pays. Des sociétés secrétes se formèrent partout dans le but de travailler au rétablissement de l’empire d’Allemagne; dans les pays protestants et surtout en Prusse, on voulait l’unité religieuse par le protestantisme. Le littérateur allemand de Kotzebue ayant été assassiné par un étudiant, comme agent du despotisme, les gouvernements crurent devoir en finir avec ces mouvements révolutionnaires. Une commission fut instituée à Mayence pour juger et punir ceux qui-se rendaient coupables de menées démagogiques. En outre.
ment, ni dans les relations avec d’autres puissances, parce que l’application de ces principes est la seule garantie efficace de l’indépendance de chaque Etat et du maintien de toute la ligue. — Les souverains reconnaissent solennellement qu’il est de leur devoir envers Dieu et envers les peuples qu’ils gouvernent de donner, autant qu’il est en eux, au momie l’exemple de la Justice, de la concorde et de la modération ; ils seront heureux de diriger dorénavant tous leurs soins vers le maintien de la paix, de faire accroître le bien-être intérieur de leurs Etats et de faire revivre l’esprit religieux et moral, ébranlé profondément par le malheur des temps. > Les signataires de cet acte étaient : pour l’Autriche, Meitemich ; pour la Prusse. Hardenberg et Berntlorf ; pour la Russie, Nesselrode et Capo d'itlria; pour la France, Hicheltfu. et pour l’Angleterre, Wellington et Ccutelreagh. Les stipulations du congres d’Aix-la-Chapelle servirent de base au droit public do l'Europe; de lit, dans la suite, les congrès dans lesquels se réunirent les grandes puissances dans le but de nrendre en commun des mesures pour régler les affaires politiques qui surgissaient dans les divers Etats.
AusMACMe. — La jeunesse allemande, qui avait pris avec enthousiasme les armes contre Naooléon. s’était flattée de voir renaître l’empire d’Allemagne avec des institutions libérales : car, tout en combattant la domination
le prince de Metternich, ministre d’Autriche, invita les ministres des divers Etats à tenir une conférence à Vienne pour prendre des mesures dans le but d’assurer la tranquillité intérieure de l’Allemagne. L’organisation donnée à la Confédération germanique par le congrès de Vienne fut de nouveau confirmée, et la souveraineté des divers Etats reconnue; afin de pourvoir à la défense commune de la Confédération, on porta l’armée fédérale à 300,000 hommes, le nombre total des habitants de l’Allemagne étant de 30 millions. — Plusieurs Etats de second ordre avaient cependant cédé aux réclamations populaires et avaient accordé des constitutions représentatives : ainsi dans les royaumes àeWurtemberg , de Bavière et de Hanovre et dans le grand duché de Bade, une représentation nationale composée de deux Chambres avait été organisée d’après le modèle de la constitution anglaise, déjà introduite en France par Louis XVIII. Ces nouvelles constitutions remplacèrent les assemblées des Etats qui avaient existé partout, mais qui avaient été dissoutes par suite des gpierres de Napoléon et du bouleversement politique de l’Allemagne. La monarchie de Prusse, qui avait reçu de grands accroissements territoriaux en Westphalie et sur
étrangère, cette jeunesse avait embrassé les principes de liberté et d’égalité, proclamés en France par la révolution de 89. Ces espérances ayant été déçues par l’acte du congrès de Vienne, il se forma en Allemagne une vaste association dans laquelle entra une grande partie des étudiants qui fréquentaient les universités; des exercices gymnastiques furent institués partout dans le but d’aguerrir la jeunesse et de servir en même temps de foyer aux idées libérales. Le troisièmt Jubilé d« la Réforme, célébré en 1817 avec beaucoup d’éclat au château de la Wartbourg, au milieu d’un immense concours de protestants de toutes les parties de l’Allemagne, excita encore davantage les esprits et donna au mouvement unitaire un caractère religieux. Plusieurs des petits Etats protestants de l’Allemagne avaient favorisé ces idées libérales, et en Prusse, même des hommes haut placés dans l’administration s’y étaient associés. De Kotzebu» était au service de la Hussie, comme conseiller d’Etat, lorsqu’il futassassiné h Manheim par l’étudiant Sand (l’an 1819); ce crime donna l’éveil aux gouvernements et leur inspira des craintes sur les suites dangereuses d'un pareil état de choses. La conférence dee minietree à Vienne, convoquée sur la proposition du prince de Metternich (1819-1890), prit des mesures pour arrêter les mouvements révolutionnaires et pour resserrer les liens qui unissaient
l’europb jusqü’en 1830.
les bords du Rhin par suite de la confiscation et de la sécularisation des territoires ecclésiastiques de Cologne, Trêves et Munster, et d’une foule d’abbayes, se composait d’éléments très-divers et se trouvait d’abord soumise à un gouvernement bureaucratique. Dans la suite, les états provinciaux furent organisés avec des attributions restreintes aux intérêts de chaque province, tandis que la législation et les impôts continuaient à être réglés par ordonnances royales. Ce n’est qu’en 1847 que la Prusse reçut une constitution générale, qui fut encore modifiée par suite de la révolution de 1848.
La monarchie d’ Autriche (1814-1830). — François II, ayant pris le titre d’empereur d’Autriche après la dissolution de l’empire d’Allemagne, était toujours demeuré l’un des plus constants et des plus redoutables adversaires de la France, et, malgré le mariage de sa fille avec Napoléon, il n’avait pas hésité à rentrer dans la coalition des puissances européennes pour briser la domination française. Aussi la capitale de l’Autriche fut-elle désignée d’un commun accord, par toutes les puissances, comme siège du grand congrès européen. Mais depuis que François II avait renoncé à la couronne impériale d’Allemagne, la situation
les Etals de la Confr.léra'.vm germa mute. — l.a chute de l'empire d’Allemagne avait fait disparaitie toutes les iuslitutions libres et vraiment constitutionnelles : les principautés ecclésiastiques, les villes libres et un grand nombre de petits Etats avaient été incorporés dans quelques grands Etats. Le congrès de Vienne avait ratifié ce fait accompli; mais il avait on même temps promis que des institutions représenlalivcs seraient introduites dans les nouveaux Etats. Cependant l'exécution de celle mesure avait été abandonnée à chaque souverain. Plusieucs princes allemands remplirent celte prescription du congrès de Vienne. Ainsi le roi de Wurtemberg soumit (en 18IÜ) un projet de coastilutiou aux états; mais cette constitution no commença à être en vigueur que sous son successeur (en 1519). Le roi de Bariere .Maximilien 1 donna h son royaume une constitution (en 1818), qui fut coutil inée par son dis et successeur Louis 1 (en l82o). Le grand duché de Bade reçut une constitution du duc Charles (eu 1818, ; mais elle ne fut point ralidée par son dis Louis; ce fut le duc Léopold qui la mit h exécution (en 1880,. Le roi d’ .Angleterre Georges IV accorda au royaume de Hanovre (en 1819) une coustitutioii modelée sur la constitution anglaise. — Le ROYiciiE DE Presse avait reçu de grands accroissemouta de territoire au congres de Vienne. Il fut divisé en dix provinces, dont sept font partie
HISTOIRE ONIVERSKLLK.
politique de sa monarehie était singulièrement changée. Sa population comprenait les divers peuples réunis successivement sous le sceptre des Habsbourg et dont le quart seulement était de race allemande. Le Congrès de Vienne, tout en donnant à l’Autriche la présidence de la Confédération germanique, lui avait rendu en même temps tous les pays qu’elle avait possédés avant les dernières guerres contre Napoléon. Cette monarchie était ainsi un ensemble de divers Etats, ayant chacun une organisation propre et une constitution difiPérente. Toutefois la centralisation administrative que l’empereur Joseph II avait introduite dans là plupart de ses Etats opposait un obstacle insurmontable au libre développement des institutions provinciales, et entravait en même temps l’action de l’Eglise, qui se trouvait sous le coup d’une législation étroite et tracâssière. L’Autriche avait donc à surmonter de grandes difficultés à l’intérieur, et elle n’en rencontrait pas de moins graves dans les provinces italiennes dont la possession lui avait été attribuée par le Congrès de Vienne. La république de Venise et la Lombardie, réunies en sa faveur, avaient été érigées en royaume lomhardvénitien ; des dynasties autrichiennes étaient en outre
do la confédération germanique, savoir : le Brandenbourg, la Poméranie, la Saxe, la Silésie, la Westphalic et les deux provinces rhénanes ; les trois autres, la Prusse occidentale, la Prusse orientale et le duché de Posen en furent exclues. Le gouvernement resta purement monarchique. Frédéric- Guillaume /!/ (1797-1840), au milieu de ses revers, avait fondé l’oniceraiJé de Brr/in (l’an 1810), qui devint le centre intellectuel de l’Allemagne protestante. Il donna ensuite tous ses soins à l’union religieuse qu’il voulait établir entre les deux sectes protestantes, le Luthéranisme et le Calvinisme ; il décréta cette union par un ordre de cabinet (l’an 1817) et devint ainsi le fondateur de Végliee évangélique dans laquelle il comprit les deux confessions ou sectes et h laquelle il donna une nouvelle liturgie, composée par luimême et renfermant plusieurs cérémonies catholiques. Il établit enfin les Etats-provinciaux (l’an 18Î3). La Prusse ne reçut une constitution et une "leprésentation nationale qu'en 1847, sous le rogne de son fils Frédéric- Guillaume 1 V (1840-1861).
L’Ai'Tbiche sous Faisçois I (1804-1835). Ce prince avait d’abord regiyi comme empereur d’Allemagne, sous le titre de François II (1794-1804). En renonçanlà la dignité impériale allemande et en prenant le titre i'Empereur ^Autriche (voyez page 379), François 1 fit perdre A sa monarchie le ca-
uig
1,’eukope jusqd’en 1830.
montées sur les trônes de Toscane, de Modène et do Parme. Ainsi l’Autriche, ayant d’une part en Allemagne une puissante rivale dans la Prusse, devait encore intervenir dans les affaires et les mouvements politiques qui allaient éclater en Italie. Heureusement elle avait dans la personne du chancelier d’Etat prince de Metternich un homme qui possédait une grande habileté et une connaissance approfondie de la politique européenne.
Les révolutions en italib. (1820-1821). le congrè.s DE TROPPAü BT DE LAYBACH. — L’Italie, bouleversée par les guerres de la république et de l’empire, avait subi une série de transformations politiques : les républiques ligurienne, cisalpine, romaine, parthénopéenne avaient fait jtlace aux royaumes d'Italie sous le gouvernement d’Eugène Beauharnais et de Naples sous celui de Murat; plus lard Napoléon avait réuni la plus grande partie de l’Italie à l’empire français, après avoir détruit les deux anciennes républiques de Venise et de -Gênes. Enfin le Congrès de Vienne avait rétabli le royaume de Naples et de Sicile sous l’ancienne dynastie des Bourbons, les Etats pontificaux, le royaume de Piémont agrandi du territoire de la république de Gênes, les duchés de Toscane, de Mode ne et
ractëre allemand ; celle-ci ne forma plus qu’une agrë^.ition d'Etats réunis sous le même sceptre, mais dilTérant entre eux par la nationalité de leurs habitants. La population de l’empire se partage en effet en quatre races distinctes : la race allemande fqui comptait environ 7 millions), la race elare (14 millions), la race magyare ou hongroise (4 mlllionsj, et la race romane (7 millions). Voici les Etats dont se composait l'empire d’Autriche: 1° les deuw duché» (TAuiriche; 5" la Styrie; 3° le royaume d’///yn>, comprenant la Carinthie; 4* le pays de Salzbourg; 5" le Tyrol; ces pays ont une population presqu’exclusivement allemande ; ils font partie de la confédération germanique, ainsi que 6° le royaume de Bohême et 7° la Moravie, dont la population est un mélange de races slave et allemande; — 8* la Galicie; 9° la Croatie; 10° l’£scfat>oni« et 11° la Dalmatie avec une population presque exclusivement slave; — 12° le royaume de Hongrie, peuplé en grande partie de Slaves, mais où les .Magyares ou Hongrois dominent ; — 13° la Transylvanie, avec une population trcs-mélangée, mais où dominent les Yalaques ; 1 4° le royaume lombard-véniiien avec une population italienne. Tous ces pays avaient été placés sous le sceptre de la dynastie d’Autriche par suite de mariages, de traités, ou de guerres, et la possession en avait été garaiiUo eu dernier lieu par le congrès de Vienne. La plupart de c-s
de Parme, et avait donné à l’Autriche le royaume lombard-vénitien. Mais une société secrète, celle des Carbonari, qui n’était qu’une ramification de la franc-maçonnerie, s’était formée dans le but de travailler à l’unité politique de l’Italie et par conséquent au renversement de tous les princes italiens; de plus les carbonari étaient animés d’une véritable haine contre la religion catholique et voulaient détruire le pouvoir temporel du Saint-Siège, afin de faire tomber l’Eglise elle-même. Cette société comptait de nombreux affiliés dans les classes moyennes et surtout dans les rangs des officiers de l’armée. Des mouvements révolutionnaires éclatèrent presque simultanément à Naples et à Turin. Les troupes, auxquelles se rallièrent les étudiants et presque toute la jeunesse, proclamèrent la constitution, élaborée par les Cortès espagnols de Cadix. Le roi de Naples Ferdinand /, n’osant pas résister au mouvement, accepta la constitution et convoqua un parlement qui la ratifia. Victor-Emmanuel, roi de Piémont, préféra abdiquer et nomma régent du royaume le prince de Carignan, qui prêta serment à la constitution ; mais le frère du roi, Charles-Félix, prince de Gênes, ayant protesté contre cet acte de faiblesse, le duc de Carignan se
Etats avaient conservé une espèce de représentation provinciale, les dictes étaient convoquées de temps en temps, mais ces assemblées n’avaient à s’occuper que des aflaires de la province et ne votaient ni les lois, ni les impôts. De grands obstacles s'op|)osalent en Aotricheà l’introduction d'une constitution générale et commune à toute la monarchie. Le congrès de Vienne avait donné a l’Autriche une influence prépondérante en Italie et lui avait prépare par là des dilQcultés qui devaient plus tard mettre en péril l'existence de l’empire.
Le BOYiiJME DE Nai’Lis ET DE SiciLE lou les Deux-Siclles). — Ferdinand IV, chassé de Naples (voyez page 3S0), avait continué à régner en Sicile, sous le nom de Ferdinand l ( l8U(i-1825i, jusqu’à la chute de Murat (mai ISIo). Rentré à Naples, non-seulement il y conserva l'organisation française; mais il y soumit encore la Sicile. — Les mouremenii revolulionnaires qui éclatèrent en Jlalie furent l’oeuvre de la sotiété secréte des Carbonari : celte société avait pris naissance dans les charbonnières de la Calabre et se servait du langage des charbonniers pour cacher ses projets à ceux qui n'étaient pas inities aux secrets de la secte. En 1820 elle comptait plus de 500,000 membres, appartenant à toutes les classes de la société et sui tout à la classe moyenne des villes. Elle était intimement liée à la franc- maçonnerie ; les
l’eürope jusqu’en 1830.
démit de la régence. Cependant sur la proposition de l’Autriche, les plénipotentiaires des cinq grandes puissances se réunirent en congrès à Troppau en Silésie, d’où ils sa transportèrent plus tard à Laybach : ils invitèrent le, roi Ferdinand de Naples à s’y rendre et lui firent révoquer les concessions que lui avait arrachées la révolution. Le congrès se prononça contre le nouvel ordre de choses établi à Naples et dans le Piémont, et chargea l’Autriche de prêter main forte aux deux princes. Du reste l’insurrection, n’ayant aucune racine dans le peuple, ne put tenir contre les armes de l’Autriche. Le général Frimont, qui commandait les troupes autrichiennes, défit l’armée napolitaine sous les ordres de Pépé et entra ensuite à Naples sans coup férir ; la Sicile se soumit également. Ferdinand rétablit l’ancienne constitution et conserva pendant trois ans un corps d’occupation autrichien. En Piémont la révolution avait rencontré encore moins de sympathie : une grande partie de l’armée, restée fidèle au roi, se réunit aux troupes autrichiennes, battit l’armée révolutionnaire à Novare et entra à Turin, où Charles-Félix fut proclamé roi de Sardaigne; ce prince fit occuper pour deux ans quelques-unes des grandes villes de son royaume
loges étSient appelées cenrfirosou renlet. Les Carbonan clietchaiont surtout h attirer dans leur société les officiers, qui devaient à leur tour enrôler les soüs-ofTiciers, afin de pouvoir compter sur l'appui des années. La société • avait des ramifications en Espagne et en Portugal ; aussi des révolutions militaires éclatèrent-elles en même temps dans ces deux pays qu’é Naples et en Piémont. C’était la con.stitution espagnole de 184 2 qui devait servir de modèle à toutes celles que les carbonari voulaient proclamer. Congrét de Troppau (octobre 1820), transféré é Laybach (janvier 1821). C’était la première application du système politique européen adopté au conyrèt d'Aiœ-la-Chapelle. Les puissances se prononcent contre la révolution de Naples; l’Autriche est chargée de l’exécution des mesures arrêtées. Cette révolution ne rencontrait aucune sympathie dans le peuple, qui n’y prit point part. L’ancien ordre de choses fut rétabli avec le secours de l’Autriche et presque sans effusion de sang. Cependant les carbonari ne renoncèrent pas é leurs plans et travaillèrent en secret à en préparer l’exécution pour plus lard. — Ferdinand laissa le trône h son Hls Frangois I (1825-1830).
La PiÉaosT. — Victor-Emmanuel l (1802-1821) rentré dans ses Etats, (voyez page 391) s’appuie sur l’Autriche : révolution militaire et intervention de cette puissance (mars 1821). — CAarf««'F«aVr(1821-l831) succède
HISTOIKK ÜNIVI RSKLLE.
par des garnisons autrichiennes. Des événements analogues, mais d’une jiature plus grave, avaient eu lieu presqu’en même temps en Espagne et en Portugal.
* / n. — l’eSP.\GNE et le PORTUGAL. (l»l4-l830).
L’esPAGNE et la révolution de CADIX ( 1812 - 1830 ). le CONGRÈS DE VERONE. — Pendant que le peuple espagnol avait soutenu une lutte héroïque pour défendre son indé pendance contre Napoléon, le parti révolutionnaire, qui dominait dans la /un/e centrale, avait proclamé une con» titxUion en vertu de laquelle le roi se trouvait réduit à U 'être plus que le simple président d’une république. Cette constitution était en opposition avec les anciennes institutions de l’Espagne, démolies en grande partie déjà sous le régne de Chai-les III. Après son retour en Espagne, Ferdinand VII refusa de souscrire à cette constitution; mais il promit d’en donner une autre, conformément au vœu d’une grande partie de la nation. Mais au lieu d’accomplir cette promesse, le roi, qui était d’un caractère faible et irrésolu , rétablit le gouvernement bureaucratique de Charles III. Le parti révolutionnaire, fortement organise
à son frùro Comme il meurt sans enfants, la couronne passe à la branche de Carignan, qui fait son avènement avec Charles-Albert (1831).
II. L’Espagne sois Fendinano VU (1814-1833). — La constitution espagnole de I8!S, telle qu'elle avait été élaborée par la junte centrale, annulait entièrement l’autorité du roi En voici les princip.tles stipulations : 1-> Les Cortès sont complètement indépendantes du roi ; elles ne forment qu’une ^oule chambre; 3° elles ont l’initiative des lois; 4° le roi ne peut que les proposer et n’a qu’un veto suspensif; 5“ les Cortès arrêtent annuellement ie contingent des armées de terre et de mer ; 6” elles ratiflent les traités d'alliance et de commerce; 7° elles proposent les candidats pour le conseil d’Etat; 8" le roi ne peut, sous peine de penire la couronne, se marier ou sortir du royaume sans le consentement des Cortès. — Ferdinand V|| rentré en Espagne -(voyez page 394), abolit la constitution, avec la promesse d’en donner une autre (l’an 1814). La franc-maçonnerie, introduite secn-iement en Espagne, avait pris un grand développement sous le régne de Charles III, grâce â la faveur dont elle jouissait auprès du ministre Aranda. Pendant l’occupation française, les loges s’étalent accrues d’un -grand nombre de membres, qui formèrent le noyau d’un parti révolutionnaire et entireligieuz. Plusieurs conspirations militaires furent découvertes.
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dans les nombreuses loges maçonniques qui couvraient le pays, mit à profit le -mécontentement du peuple, augmenté encore par la misère qu’avait produite la longue guerre contre les Français. Une révolte éclata à Cadix, dans l’armée qui devait aller soumettre les Colonies espagnoles en Amérique : le maréchal Quiroga et le colonel Riégo se mirent à la tête des rebelles et forcèrent le roi de prêtei serment à la constitution de 1812. Cependant cette constitution ne contentait pas la nation. Une contre-révolution éclata à Madrid : elle fut réprimée, et le roi tomba entière'"ment sous la dépendance des Cortès. Une armée royaliste se forma alors dans les provinces du nord, et un gouvernement provisoire se constitua à Urgel, dans le but de marcher au secours du roi. Ces troubles décidèrent les cinq grandes puissances à se réunir en congrès a Vérone. La France fut chargée de rétablir la paix en'Ëspagne. Une armée française, sous le commandement du duc cCAngoulême, pa.ssa les Pyrénées et entra à Madrid, que les Cortès venaient de quitter pour se retirer à Cadix, emmenant le roi prisonnier. Le peuple ne prit aucune part à cette guerre, et une partie de l’armée se déclara contre les Cortès. Cmlix fut prise d’assaut : le roi reprit alors son
ceux qui y étaient impliqués furent sévèrement punis. Projet de reconquérir les colonies d'Amérique qui s’étaient déclarées itidépeud intes de la couronne d'Espagne fi’an 18t I). Une armée est réunie à Cadix (I’an~f8i9, , pour y être embarquée. Révolution de Cadix (1 janvier 1820) ; la garde royale de Madrid se prononce en faveur de la révolution et force la roi de prêter serment ë la constitution. Persécution religieuse : expulsion des jésuites et suppression d’un grand nombre de couvents. Désordre dans les tinanccs, et mécontentement du peuple, qui ne voulait pas de la nouvelle constitution. Contre-révolution ë Madrid (l'an 1822); elle échoue, et elle est sui^ie de nombreuses exécutions. Une junte royaliste se forme ë ürgei (15 août 1822). — Congrèt de Vérone, où les grandes puissances renouvellent les déclarations faites au congrès de Laybach. Expédition française eu Espagne; elle ne rencontre que peu de résistance. L'arniéo révolutionnaire, commandée parles généraux Mina et Hégio , se retire dans Cadix. Assautetprisedu rrocodero, un des forts de Cadix. Faible défense de la ville dont les habitants sont opposés ë la révolution (l’an fS23). Abolition de la constitution et rétablissement de la nionarchie'absolue. Ferdinand VH épouse Marie-Chrittine, princesse napolitaine, qui acquiert un grand ascendant sur le roi. Naissance de la princesse ItaWlr ■ la loi sulique, introduite
Zi
HISTOIRE L’NIVERSKI-LE.
po^uvoir ; la constitulion.fut abolie, et ceux qui avaient pris part à la révolution furent sévèrement punis. Ferdinand VII ne parvint pas à relever la prospérité de son royaume. Il le jeta au contraire dans une nouvelle et sanglante guerre civile, en abolissant la loi salique en faveur do sa fille Isabelle II. — Cette dernière monta sur le trône sous la tutelle de sa mèi*B Christine. Don Carlos, frère de Ferdinand, se fit proclamer roi dans les provinces basques et lutta pendant sept ans pour le trône. L’Espagne, qui avait déjà perdu toutes ses vastes possessions en Amérique, sortit très-affaiblie de cette guerre intestine.
Le PORTUGAL. LA RÉVOLUTION d’oPORTO. DOM MKiüEL.
(1815-1830). — La part prise par l’Angleterre à la guerre contre les Français en Portugal avait encore augmenté rinüuence, anglaise dans ce pays. La famille royale de Portugal, qui s’était réfugiée au Brésil lors de l'invasion française, y était restée après l’expulsion des Français, et le roi Jean VI avait abandonné le gouvernement du royaume au maréchal anglais Béresford, qui avait commandé l’armée anglo-portugaise dans les dernières années de la guerre. Mais ce gouvernement étranger ne tarda pas à devenir odieux au peuple portugais. La révolution d’Es-
en Esp<igne lors de l'avènement de la dyti.islie des Kourl>ons, est abolie psiune j>raymaii>jue-nanc‘inn (l’un 18J0). Deux partis en Espagne: le parti libiral, qui appuie la reine; et le parti roynlintf, qui se Mille à üon Carlos. frère du roi. — Mort de Ferdinund VII (l’an tSitS; et guerre civile surtout dans les provinces basques; elle dura sept ans ( 1833- >810) et se terminai par le triomphe de la reine. Don Carlos quitta l'E.-pai^ne et renonça plus tard à ses d'Oits sur la couronne en faveur de son fils (l’an I8V5). habelle II rigne depuis 1833.
Le PoRTi'CAi était entièrement tombé sous lu dépendance de l’Angleterre, surtout depuis le départ de la famille royale pour le Brésil lors de i'invasion française. C’était grâce à l'iniorvention d’une armée anglaise que le pays avait été délivré des Français (l’an 1808). L’armée porlugai.se, incor|>oré<‘ dans l'armée anglaise, avait ensuite pris une part active h la guerre contre Napoléon en Espagne. Après cette guerre (l’an ISIoJ, le l'ortiipal, les Algarves et le Brésil furent réunis en un seul royaume. — Jean Vf (1810- 18<6) prit le titre de roi, h la mort de sa mère Mûrie !, pendant la démence de laquelle il avait déjà gouverné en qualité de Régent. Mécontentement du peuple sous l’administration de Bére»ford‘, conspiration contre ce dernier. Elle fut découverte, et ceux qui y étaient im|diqués furent
l'europk jusqu’kn 1830.
pagne îut süu conire-coup en Portugal : lu garnison d!Oporto se prononça contre Tes Anglais, et Béresford dut s'embarquer pour le Brésil. Lisbonne s'associa au mouve* ment ; les Cortès se réunirent et proclamèrent la constitution espagnole de 1812. Le roi Jean VI revint alors du Brésil, où il laissa son fils Pedro en qualité de Régent, et prêta serment à la constitution. Cependant un parti puis* sani, à la tête duquel se trouvaient la reine et l'infant dom Miguel, second fils du roi , ainsi qu'une partie de l'armée qui se déclara pour l'infant, se prononçèrent contre la constitution et la firent abolir. Dom Miguel, accusé d'avoir voulu détrôner son père, fut obligé de quitter le Portugal et se retira à Vienne. — A peine le roi Jean VI eut quitté le Brésil, qu'une révolution éclata dans ce pays; dom Pédro fut proclamé empereur constitutionnel et la séparation du nouvel empire d'avec le Portugal fut prononcée. Pédro renonça par là à ses droits sur le trône de ce dernier royaume. Néanmoins, après la mort de son père, il fit reconnaître sa fille Maria da Oloria comme reine du Portugal sous la régence de sa sœur l'infante Isabelle- Marie, et donna une nouvelle constitution modelée sur celle do 1812. Le parti royaliste refusa de reconnaître ces
punis de mort (l'an 1817). Mais la noblesse s'éleva de plus en plus contre le gouvernement anglais, et lors(|ue la révolution éclata en Es[>ague. Ueresford lut obligé de quitter le Portugal d'an 1820). Ilérolution miUiairt d'Oporio; les chefs étaient les colonels Sepuheda et Cabrera. Une nouvelle constitution, modelée sur celle de l'Espagne, fut élaborée et les Cortès furent convoquées. Le roi Jean VI, en présence des mouvements révolutionnaires parmi les troupes portugaises au Brésil, se vit obligé de ratifier tout ce qui avait été fait en Portugal. Quelque temps après (l'an 1821), il revint en Portugal et approuva lu nouvelle constitution; mais celle-ci avait rencontré une forte opposition chez une grande partie de la nation portugaise, qui réclamait le rétablissement des anciennes institutions nationales Soutenu par la reine et le second tils du roi. Don Miguel, et appuyé par l'Autriche et par la Russie, le parti royaliste parvint à gagner l’armée et obtint l’abolition de la nouvelle constiiution (l'an 1823). Le roi promit de faire élaborer une loi fondamentale et éloigna Don Miguel, pour calmer l’cITervescence que ces événements avaient provoquée il'aii 1814). Révolution au Bi-ésil : les Cortès convoquées par Don Pédro prononcèrent la séparation de ce pays d’avec le Portugai, l’érigcreot en empire constitutionnel et élevèrent Don Pédro sur le tréne (l’an 18S2). Mort de Jean VI (l’an 1826), avant qu’une nouvelle
HisrorRR r;NivKRSKt,u-:.
dispositions et proclama roi tlom Miguei; PéJro triompha de cette révolution avecle secoul's d’une armés anglaise ; mais il nomma son frère Miguel, déjà dancé à Mai>ia.^a<i Gloria, régent du royaume. Celui-ci revint alors en. Pbrtur gai, et, cédant aux réclamations du parti royaliste, it convoqua les anciennes Cortès de Lamàgo, qui lui déférèrent la couronne du Portugal à l’exclusion de son frère Pédro. Il s’ensuivit une guerre dans laquelle Pédro, soutenu parl’Angleterre, remporta la victoire. — ^ A sa mort, sa fille Donna Maria, an nom de laquelle il avait gouverné, lui * succéda. Elle épousa Go prince Ferdinand de Cobourg, Dom Miguel s’était retiré à l’étranger.
m. L’ANGLETEnRK. LESKT\T<î SCANDINAVES (l 8 I S- I
L’ANGLETERRE BT L’iRLANDE ■ JÜSQü’a l’aVÉNEMENT DB
VICTORIA (1815-1837). — L’Angleterre avait joué un rôle important dans les grandes* guerres contre Napoléon ev
constitution eiU été proclamée. Il avait nommé sa fille régente
ilu royaume au nom- de Don Pédro. — Piarri IV (1826-1834) fit proclamer reine sa fille itaria (la Gloria, âgée de sept aDS,ii la condition qu’elle épouserait son oncle, le prince Don Miguel. Il fit en même temps proclamer en Portugal la constitution du Brésil. Opposition d’un parti nombreux, à la tête duquel se trouve la reine-mère. Don Miguel est proclamé roi. Une armée anglaise de 15,000 hommes arrive en Portugal et fait exécuter les décrets de Don Pédro, qui nomme son frère Don Miguel régent du royaume. Celuici arrive en Portugal (l’an 1828), après avoir promis, mais sous la réserve de l’approbation de la nation, de maintenir la charte de Don Pédro. Porto opposition de la part du peuple contre cette charte; convocation des Corté» d’après l’ancienne constitution du pays. Don Miguel est proclamé roi de Portugal. Les partisans de Don Pédro se retirent dans l’ile de Terceire, une desi Açores et entretiennent de des relations avec le parti révolutionnaire en Portugal ; l’Angleterre prête son appui à ce parti et reconnaît la régence établie h Terceire au nom de Maria da Gloria (l’an 1831). — Don Pédro, qui n’avait pu consolider son trêne au Brésil, y renonça en faveur de son fils encore en bas âge et s’embarqua pour Terceire. Soutenu par une flotte anglai.se, il s’empara d'Oporto (l’an <832) et prit Lisbonne (l’an 1833], Don .Miguel fut obligé do quitter le Portugal et se retira â Rome.. Mort de Don Pédro (l’an <834). Sa tille, déclarée majeure, monte sur le trône, sous le -nom de Marie 11 (1833-1853,'. Elle épouse le prince de Leuchlenherg- (l’an <833), et, après .sa mort, Ferdinand de Saxe-Cobourg (l’an 1836). Elle est forcée d’accepter la constitution de 1833, qui est modifléo plus tard dans un sens monarchique avee le concours de.s Cortès.
i/eürope jusqu’en 1830.
avait fait . d’immenses sacrifices d’argent et.’ de "troupes. Mais aussi elle en avait retiré de; grands avantages ::eile avait acquis la domination sur toutes les mers ’et'dans les colonies en Amérique, en Afrique et dans l’Inde. rLondres était devenue la capitale commerciale du monde entier, surtout depuis que les> colonies espagnoles et portugaises en Amérique s’étaient déclarées indépendantes! de leiars métropoles et, avaient ouvert leurs ports aux navires anglais. L’occupation de Malte' ei des îles Ioniennes assurait aux Anglais la prépondérance sur la Méditerranée ; l’ac- «luisition de l’imporianie «olonie du cap de Bonne-Espérance la rendait raaitresse de la grande voie vers ÏInde; et les importantes conquêtes dans ce dernier pays donnèrent à l’industrie anglaise des débouchés considérables. La colonisation de {'Australie ouvrit en outre aux Anglais un vaste champ dans l’Océan Pacifique. — Toute une lignée d’hommes d’Etat distingués s’étaient formés, à l’école idu grand Piti : il suffit de nommer les lords Liverpool et
III. ANOi.K TERRE. — Voîci U tutleRU gtnénlogique de» Hourerains d'Angleterre (maiioo
de Hanovre) :
Georges /// 1760-1820.
Kf*i« nriHîfoviiB.
Oitvi yri* À regent 1811^820 roi 1820-1830.
i V £(iouard
1330-1837 duc de Kent
(mort en 1820).
i.rnest-Augtnrte duc de Cumberland 16371851.
Charlotte mort#» en 1817
ép. Léopold de Saxe-Cobourg.
Victoria
reine depuis 1837 ép. Albert de baxe-Cobourg.
fieotges V depuis 1851.
Apres la chute de l’empire français, l'Angleterre se trouva à la tâte des puissances ‘Occidentales : le projet de Napoléon d'établir en Europe une teule grande monarchie avait échoué, grâce à la fermeté et à la persévérance du gouvernement anglais et surtout du célèbre ministiePi7l(voy.p.379). Grande inlluence de la politique anglaise au congrès de Vienne: le rétablissement de la monarchie française dans son intégrité et l'organisation du royaume des Pays-Bas par la réunion de la Hollande et de la llelgiquo sous la dynastie de Nassau étaient l’œuvre de la diplomatie anglaise. Le commerce anglais surtout avait profité des guerres contre la Franco et avait accaparé le monopole sur les grandes mers cl dans les colonies du monde eniier. La constitution anglaise servit de modèle â toutes les constitutions de continent; celle que Luuis XVI II donna à la France fut calquée en grandi partie sur celle d'Angleterre-, Il y a pourtant une différence essentielle entre la constitutiun .anglaise et cellesqui furent modelées sur elle : celte différenoe consiste dans l’immense influence dont jouit l'aristocratie anglaise dans les âlTairos (lolitiques du royaume, et dans l’autonomie '(Eelfgovefnmeiu) 'des comtés, des bourgs et cités, et des jiaroisses. — Glorces IV (1811-1830).
(). Lsiv. V. ’ 35
414 HISTOIRE UNIVERSEILE.
Castelreagh^ Canning et Robert Peel, qui, quoique appartenant à différents partis politiques, travaillèrent tous au môme but, savoir à maintenir leur patrie à la hauteur qu’elle avait atteinte et à lui conserver son influence prépondérante dans les affaires européennes. L’Angleterre prit une part active à tous les événements qui s’accomplirent en Europe, notamment à l’établissement de l’indépendance de la Grèce, qui fut cependant surtout l’œuvre de la France. — A l’intérieur, l’Angleterre fut agitée par une grande crise industrielle, suite de l’introduction de machines à vapeur dans la plupart des fabriques et de la misère qui en résultait d’abord pour la classe ouvrière. Cependant les exportations ayant augmenté rapidement, cette crise se trouva conjurée. Un grand acte réparateur s’accomplit sous le ministère de Wellington et de Robert Peel : ce fut l'émancipation des catholiques, par suite de l’abolition du Test et du serment de suprématie qui les excluaient do toutes les fonctions. Cet acte fut dù surtout à l’énergie et au courage de l’irlandais Daniel O'Connell, un des plus grands orateurs populaires. Elu en Irlande membre du parlement, O’Connell fut d’abord repoussé parce qu’il ne voulait pas prêter le serment de suprématie. Mais le minis-
Georges III ayant jn^rdu la raison, son fils aîné, Georges IV fut nommé par le parlement prince il maintint les Tories au pouvoir. Umistère Liver-
pool (ISii-ISîT) : les affaires extérieures furent d’abord dirigées par Castelreagh; formés h l’école de Pitt, ces hommes d’Etat restèrent fidèles à la politique de leur maître, politique qui prévalut au congrès de Vienne (l’an 1815). A l’intérieur, la crise industrielle, augmentée par la grande famine de l’anoee 1816, agita profondément l'Angleterre. Pourapaiser les troubles, on eut recours h des mesures exceptionnelles; on .suspendit l’ocfs d’Habeas corpus (voyez p. Î06). Plusieurs conspirations furent découvèrles, et ceux qui y avaient pi i.s part furent séverement punis. .Mort de Gtorgrs III (l’an 18Î0). — Georges I V ae fit couronner; mais, n’étant pas aimé, il se retira presqu’entièremenl dos affaires. .Suicide de Castelreagh (l’an 1814) et entree au ministère de Georges Canning, qui s'écarta de la politique cènservatrice et encouragea partout les tendances révolutionnaires: ain^l il reconnut l’indépendance des colonies espagnoles et portugaises en Amérique, envoya du secours au parti révolutionnaire en Portugal et proposa à la France et h la Russie le traité de 1 847 en faveur de l’indépendance de la Grèce. Opposition du parti aristocratique en Angleterre contre Canning. Après sa mort (l’an 1817), lord Wellington et sir Robert PmI entrèrent au ministère et revinrent
T/ EUROPE jusqu'en 1830.
tère, reculant devant les mesures extrêmes , proposa et fit adopter par les chambres une modification du serment, qui permit aux catholiques d’entrer au parlement : la population catholique de la Grande-Bretagne sortit ainsi de l’iloiismo dans lequel elle se trouvait depuis le rôgno d’Elisabeth. Georges IV, qui n’avait jamais été populaire en Angleterre, eut pour successeur son ÎTére Guillaume IV, sa fille unique qui avait épousé le prince Léo]gold
de Saxe-Cübourg, étant morte avant lui. Sous le règne de Guillaume IV, le bill de réforme parlementaire, apres une longue lutte dans les chambres et dans le pays, fut enfin ' adopté et prépara la transformation de la constitution an- i glaise dans un sens démocratique. — A la mort de Guil- ' laume IV, qui n’avait pas d’enfants, ce fut la fille de son frère défunt, duc de Kent, Victoria, qui hérita de la couronne d’Angleterre, tandis que le duc de Cumberland, quatrième frère de Georges IV, monta sur le trône de Hanovre, dont les femmes sont exclues : ce royaume fut ainsi séparé de l’Angleterre.
Le DANEMARK (1815-1830). — Le ro^-aurae de Danemark avait éprouvé de grands revers pendant les guerres de l’empire. Les Anglais, craignant que la flotte danoise
à l'ancien système politique, en retirant leur appui aux insurges grecs, qui seraient retombes sous le joug turc sans l'intervention de la France. Mvn$tére Wellmg.on (l827-IS;iü). L'uholitiun du Teat (voyezp iüo) lut le préludé de remancipation des catholiques (l'an 1828). Le bitl d'émanci|iation. renouvelé dans chaque session (depuis l8U8jCt appuyé par les Whigs, était toujours écarté par les Tories, grâce h la majorité août ils disposaient à lu chambredes lords. — L'IiiLAXOb depuis l’union de 18UÜ (voyez p. 2i3) : in.ériorite sociale et politique des cailiobqucs.qui forment les 5/7 de la population. L'ugitatiffii rovolutioniiuire ne fail qu'empirer leur condition. Une aasodaiton cai/ioti'/ue t‘St fond! e a Dublin (l'an 18U9i,|>our poursuivre lu réparation |iar les voies legales. Sous la présidence A'O ionneU, elle s’organise u’une manière lormidable et Unit par embrasser toute l’Irlande (l'an I822j. Dissoule par le gouvernement, elle se reconstitue sous une autre forme (l'an 1825,. Eiiiin grâce ti son appui, O't^nnell, quoique catholique, est élu députe |iour Clare (l'un 1828). Ce fait inoiit jette le trouble dans le gouvernement: Wcllingion et liobert Peel prennent alors l'iniiialive d'une réturme, à laquelle ils s’ôtaient op|idsés jusque là et font accepter par le rot et les deux chambres le btV (l'émancipation (l’^n 1829'. — Gululuf. IV (1830-1837). Mouvement du parti rêfnrmut», qui réclamait des changements radicaux dans la loi sur la
416 ^HISTOIRE^ DNl VBMEU.E .
ne tombât entre les mains de Napoléon, l’avaient enlevée dans le port de Copenhague et l’avaient conduite à .Londres. Irrité de ce procédé inouï, le roi de Danemark avait conclu une alliance avec la France et refusé de la rompre, lorsque l’Europe tout entière s’était coalisée contre Napoléon après la campagne de Russie. Le prince rojal de ‘Suède, Bemadotte, d’accord avec l’Angleterre, entra avec une armée dans le duché de Holstein et força le Danemark à lui céder, dans \&paix de Kiel, la Norioége, en échange delà Poméranie suédoise. Toutefois le congrès de Vienne donna ce dernier pays à la Prusse, et le Danemark dut se contenter du petit duché de Lauenbourg, et encore ce duché, ainsi que le Holstein, fut-il incorporé dans la Confédération germanique et détaché de l’unité politique de la monarchie danoise. La perte de la Norwége et de la flotte militaire du Danemark, une des plus belles de l’Europe, porta un coup sensible à la prospérité commerciale et à la puissance de ce pays. La constitution du royaume, qui donnait au roi un. pouvoir absolu, fut modifiée par Frédéric VII. Ce monarque institua des Etats pt'ovintHatix et leur accorda voix consultative. Les Etats ayant réclamé l’incorporation des duchés dans la, monarchie,
représentation parlementaire: la nomin.'ition du plus grand nombre des députes (dans la seconde Cbambre) dépendait des grands propriétaires, parce que CCS derniers étaient maîtres des élections dans les campagnes, tandis que plusieurs grandes villes n'étaient pas représentées. Résistance de Wollingtoc et des Tories. Le ministère dut se retirer et les Whigs arrivèrent au pouvoir. .J/inù<éreCrr^(l830-1834): adoption du Inll de réforme (l'an 1833); formation d'un parti démocratique dans la seconde Chambre. (fConnell réclame pour I sa patrie l'abolition des lois oppressives : lutte dans le parlement entre les Whiÿ, qui SC montrent favorables aux demandes d'O'Connell, et les Tories, qui s'opposent li toute concession en faveur des Irlandais. Changements fréquents de ministère et conflits entre la chambre des communes et la chambre des Lords. MortdeGuillaume IV et séparation du royaume de llanovred'avcr la couronne d'Aiiglc(crrc (l'an 1837).
Le DàMEMAnx. — .Après la paix de Tiltitt, Napoléon résolut de ruiner l'Angleterre et convia toutes les puissances continentales à une guerre contre. $6 pays (voyez plus haut, page 38i). Le Danemark avait dne des plus bel\es flottes militaires, qui constituait sa principale force et qui excitait la jalousie de l’Angleterre. Malgré le refus du roi de Danèmark d’adhérer au .blocus.fionUnenial, le goûTarnément angfals lui réèlama la remi-e de sa
l’euro PE jusqu’en 1830
une ittsurrection. éclata dans le HoLstein et dans la partie allemande du Schleswig. Le roi Frédéric Vil en lriompba, il Qst vrai, mais il promit de faire droit aux réclamations des pays allemands. Cependant cette promesse ne fut pas exécutée, et il en résulta des complications politiques pour le Danemark.
La suède et la norwége (1815-1830). — La presqu’île .Scandinave avait subi d’importantes transformations pendant les guerres de Napoléon. Gustave IV, roi de Suède, un des princes qui s’étaient prononcés le plus fortement contre la révolution française , resta l’adversaire constant de Napoléon et l’allié fidèle de l’Angleterre. Malheureusement il manquait de talents militaires, et son énergie dégénérait souvent en entêtement. Il s’engagea dans une guerre contre la Russie et le Danemark ; les Russes firent la,conquête de la Finlande, et une armée française commandée par Bernadotte menaça la Suède d’une iiivasioi^. Une conspiration militaire fut tramée en même temps à Stokholm, et le roi fut arrêté, forcé d’abdiquer et de s’exiler avec sa famille. Son oncle le duc Charles monta sur le trône. Dans la paix conclue à Frédériksham avec la Russie, et à Paris avec la France, la Suède céda à la Russie la Finlande et
flotte, sous prétexte d'empâcher qu’elle ne tombât entre les mains de Napoléon. Résistance du Danemark: bombardement de Copenhague par une, flotte anglaise et enlèvement de la flotte danoise (l'an 1807). Alliance du Danemark avec la France. Elle est renouvelée k Dresde (l’an 1813), k cause de la promesse faite par l’Angleterre et la Russie k la Suède de lui donner la Norwégc, k la condition d'entrer dans la coalition contre Napoléon. Ces puissances déclarent la guerre au Danemark; paix de /Ciel Il’aa 1814). Les Anglais conservent l'Ila d'Hetgoland k l’embouchure de l'Elbe Le congiè> de Vienne confirme la réunion de la Norwége k la Suède, et donne leidur/ie ,de /.auenbiiurij au Dauemaik, tout en iucor|K>rant ce duché et le liolstein dans la confédération germanique. Tranquillité intérieure sous le long règne de Frédéric VI (1808-1830), qui modifia la constitution du royaume en organisant des Etats provinciaux ; toutefois il no leur accorda que voix consultaiive (l’an 1833). — Sous son successeur Cbriiiiem Vl/I '1839-1848 , il se forma dans les Etals un puissant parti danois qui voulait la réunion com- ;|)|etedes duchés allemands avec la monarchie :. cette tendance se manifesta k la diète>de Ratkild (en 1844). -Opposition dans les duchés, qui .réclament une administration séparée. Une insurrection, cclaie et un grand. nombre de voJootairea allernends renforcent l arméodcs insurgés-(l’an 1»48). Frédéric
s’associa au blocus continental. Le maréchal français Bernadotte, qui était parvenu à se faire un parti en Suède, fut proclamé par les Etats prince héritier de Charles XIII, qui n’avait pas d’enfants. Il se rendit à Stokholm et prit en main le gouvernement de la Suède. C’était à l'époque de la guerre de Napoléon contre la Russie. Bernadette refusa de prendre une part active à cette guerre et se rapprocha de la Russie qui, dans un traité conclu à Pétersbourg, garantit à la Suède la possession de la Norwége. En même temps il renoua les relations commerciales avec l’Angleterre et, après les désastres de l’armée française en Russie, il entra dans la coalition européenne contre Napoléon. La Norwége, qui avait été le prix de cette alliance, fut définitivement cédée à la Suède parle traité de Kiel. Cependant ce pa^ se déclara indépendant et proclama le prince danois Christiern, qui en était gouverneur, roi constitutionnel de la Norwége. Mais les Norwégiens ne purent résister à une armée suédoise appuyée par une flotte anglaise. Le prince Christiern renonça à la couronne et quitta le pays. Toute-
VII (18V8-I863) triomphe de l'insurrection et promet aux duchés un ministère h part La non-exécution de cette promesse amène l’inteMentioh de la diète de Francfort.
La Siède: rois de Suède do la maison de HoUtein-GoUorp : Adolphe-Frédéric (1731-1771). Gustave lit (1771-1791). Gustave IV (1792-1809). Charles XIII (1809-18l8i. — Après la paix de Tilsitt, la Russie voulait que la Suède renonçât h l'allianire ani;laise. Refus de la Suède, qui conclut un nouveau traité avec l’Angleicrred'an IROS); le roi fait arrêter l’ambassadeur russe a Stockholm. Déclaration de guerre de la Ru.ssie; entrée d une armée russe en Finlande avec l'intention hautement avouée d’incorporer ce pays dans l’empire russe Le Danemark, par suite de son alliance avec la France, déclare également la guerre à la Suède ; une armée française sous le commandement de tternadoiie entie en Danemark. Arrivée d’un corps d’armée anglais en Suède; mais il se rembarque par suite de dilTcrends avec le roi de Suède. Conquête de la Finlande par les Russes 'ISOR-ISOO). Mécontentement du peuple et de l'armée en Suede; conspiration militaire : le roi est arrêté h Stockholm ; il abdique et est exilé avec toute sa famille. Charles Mil est proclamé roi et adopte le prince Chritlian- Auguste d'Augustenbourg pour son héritier présomptif. Paix conclue avec la Russie h Frédérikshom (l'cn 1 809, et cession de la Finlande è cette puissance ; paix avec le Danemark et avec la France (l’an lalO). Mort du prince héréditaire; le maréchal Hemarfotta est appelé a le remplacer et se rend en Suède (l’an 1810). La Suède commence à se détacher de la politique française ; Napoléon ae plaint de la non exécution du blocus continental, et la Suède refuse de prendre part h la
L EUROPE jusqu’en 1830.
fois la Norwége obtint une constitution indépendante, ainsi qu'une administration distincte de la Suède. Les deux pa}'s forment deux royaumes entièrement indépendânts l’un do l’autre, mais soumis au sceptre d’un même roi. Bernadotte, qui monta sur le trône sous le nom de Charles XIV, consolida son pouvoir pendant un règne de vingt-cinq ans et laissa à son fils Oscar I un royaume prospère.