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III. — EMPLOI D’UNE CONJONCTION

Règle 1. — Snadee tibi ut Rom«m pergM.

418. Après les verbes qui expriment la tendance, l’effort pour obtenir quelque chose, le verbe subordonné se met au

SYNTAXE

subjonctif avec la conjonction ut, signifiant /jour çttc, afin que.

. Exemples :

Suadeo tibi ut Romam pergas, Cic., je vous conseille d’aller à Rome (mot à mot, que vous alliez à Rome).

Cura ut valeas, Cic., ayez soin de vous bien porter (mot à mot, que vous vous portiez bien).

Da operam ut id fiat, Tér., prenez garde que cela se fasse (mot à mot, donnez vos soins pour que cela se fasse).

Remarques. I. Cette règle s’applique surtout aux verbes qui signifient exhorter, conseiller, persuader, commander, prier.

Dixi tibi ut adduceres, Cic., je t’ai dit d’amener (mot à mot, que tu amenasses).

Mone ilium ut sibi caveot, Cic., avertis-le de prendre garde à lui (mot à mot, qu’il prenne garde à lui).

II. Cette règle s’applique aussi aux verbes unipersonnels accidU, il arrive, sequitur, il s’ensuit, et aux verbes analogues, qui marquent un événement fortuit, une conséquence. Exemples :

AccidU ut id primus nuntiaret, Cic., il arriva qu’il annonça cela le premier.

Qui fil ut nemo contenlus vivat ? Hor., comment se fait-il que personne ne vive content ?

III. Enfin, cette règle s’applique aux verbes unipersonnels qui signifient il faut, il importe, et à ceux qui expriment une nécessité, un devoir, un intérêt quelconque. Seulement, dans le style familier et après certaines locutions usuelles , la conjonction se supprime le plus ordinairement. Exemples :

Valeat oportel, Hor., il faut qu’il se porte bien.

Leuctrica pugna immortalis sit, necesse est, Corn. Nép., il est nécessaire que la bataille de Leuctres soit immortelle.

La conjonction se supprime aussi le plus ordinairement après les verbes rogare,orare,precari, prier, monere, avertir, suadere, conseiller, et après l’impératif /ttc, du verbe facere. Exemples :

Orant ignoscamus, Plaitte, ils nous prient de pardonner (mot à mot, que nous pardonnions).

Se suadere dixit, Pharnabazo darel..,, CoRN. Nép., il dit qu’il lui conseillait de donner à Pharnabaze (mot à mot, qu'il donnât k Pharnabaze).

SYNTAXE DE SUBORDINATION. 221

IV. Après les verbes curare, dans le sens de se soucier, monere, dans le sens de informer, instruire, et après les verbes unipersonnels oportet, il faut, rncesse est, il est nécessaire, et autres analogues, on emploie souvent, au lieu du subjonctif avec ut, la tournure infinitive. Exemples :

Non curât redire, Cic., il ne se soucie pas de revenir.

Hoc fieri oportet, Cic., il faut que cela se fasse.

Homini necesse estmori, Cic., il est nécessaire à l’homme de mourir.

La tournure infinitive s’emploie encore, mais plus rarement, après les verbes suadere, conseiller, et persuadere, persuader. Exemple :

Suadebat asino fugere, Phèdre, il conseillait à l'âne de fuir.

Règle 2. — Saadeo tlbi nt legas.

419. Après les conjonctions qui gouvernent le subjonctif en latin, on suit la même règle d’attraction qu’en français : si le premier verbe est au présent ou au futur, on met le second à un temps primaire, c’est-à-dire au présent ou au parfait du subjonctif ; si le premier verbe est à un temps passé, on met le second à un temps secondaire, c’est-à-dire à l’imparfait ou au plus-que-parfait du subjonctif. Exemples ;

Suadeo, suadebo tibi ut legas, je vous conseille, je vous conseillerai de lire (mot à mot, que vous lisiez).

Fac ut opus suum absoloerit, faites en sorte qu’il ait achevé sa tâche.

Suadebam, suasi, suaseram tibi ut legeres , je vous conseillais, je vous ai ou je vous avais conseillé de lire ( mot à mot, que vous lussiez).

Tantum aberat ut officio satisfecissemus, tant il s’en fallait que nous eussions fait notre devoir.

Règle 3. — Ne erret moneo.

420. Après les verbes qui signiûent avertir, conseiller, et autres semblables, si le but est d’empêcher quelque chose, le verbe subordonné se met au subjonctif avec la conjonction ne, pour ut non, toujours en appliquant la règle d’attraction. Exemples :

Ne erret moneo, Tér., je l’avertis de ne pas ce tromper (mot à mot, qu’il ne se trompe pas).

Suasisti ne facerem, Pline j., vous m’avez conseillé de ne pas faire (mot à mot, que je ne fisse pas).

SYxNTAXE,

règle 4. — Interdiclt ne quemqoana interficinat.

421. Après les verbes qui expriment l’empêchement, la défense, le verbe subordonné se met au subjonctif avec la conjonction ne, pour ut non. Exemples :

Interdicit ne quemquam inlerficiant, César, il leur défend de tuer personne (mot à mot, il défend qu’ils ne tuent personne).

Cave ne suspicionem des, Cic., prenez garde de donner du soupçon (mot à mot, que vous ne donniez du soupçon).

Après le verbe cavere, prendre garde, la conjonction se supprime souvent. Exemple :

Cave fadas, Cic., prenez garde de le faire (mot h mot, que vous ne le fassiez).

Remarque. Mais si le verbe qui exprime l’empêchement ou la défense est employé d’une manière négative ou interrogative, au lieu de ne en latin, on se sert de quin ou quominus, signifiant que ne. Exemples :

Nullares impediet quominus percipiat, Cic., rien ne l’empêchera de voir (mot à rqot, n’empêchera qu’il ne voie).

Per me non stetit quominus id fieret, Tér. , il n’a pas tenu à moi (c’est-à-dire je n’ai pas empêché) que cela ne se fît.

Non possum quin exclamem, Plaute, je ne puis pas m’empêcher de m’écrier (mot à mot, je ne puis pas que je ne m’écrie).

Règle 5. — Tlmet ne deseroe se.

422. Après les verbes qui expriment la crainte, le verbe subordonné se met au subjonctif avec ne pour ut non. Exemple :

Timet ne deseras se, Tér., il craint que vous ne l’abandonniez.

Remarques. I. Si le verbe subordonné est employé négativement, on se sert de ne non, ou bien de ut au lieu ne non. Exemples :

Timeo ne non impetrem, Cic., je crains de ne pas obtenir ( mot à mot, que je n’obtienne pas).

Vereor ut hic dies satis sü (pour ne non satis sit), Tér., je crains que cette journée ne soit pas assez.

SYNTAXE DE SUBORDINATION

n. Après les verbes qui expriment la crainte, et de même après l’impêratif du verbe videre, voir, employé dans le sens àn prendre garde, les deux négations qui se suivent conservent chacune leur vuleur, au lieu de se détruire. Exemple :

Vide ne non sit necesse, Cic., prenez garde que cela ne soit pas nécessaire.

Règle 6. — 6»fideo qnôd tibi profaeriai.

423. Après les verbes qui expriment la joie, le cha«^in, et,' en général, l’impression qu’on ressent d’une chose, le verbe subordonné se met au subjonctif avec la conjonction qudd, signiûant que, de ce que, parce que. E.xemples :

Gaudeo quàd tibi profuerim, je me réjouis de vous avoir été utile (mot à mot, que je vous aie été utile).

Pudet me quod ad te nondum rescripserim, j’ai honte de ne vous avoir pas encore répondu (mot à mot , que je ne vous aie pas encore répondu).

Cependant, après ces mêmes verbes, on emploie aussi la tournure infinitive. Exemple :

Gaudeo me tibi profuisse, je me réjouis de vous avoir été utile (mot à mot, je me réjouis moi vous avoir été utile).

Règle 7. — Qaæ cansa est ear legant?

424. Après les verbes qui expriment la cause, le verbe subordonné se met au subjonctif avec la conjonction cur, signifiant pourquoi. Exemple :

Qux causa est cur poêlas latinos legant? Cic., quelle raison y a-t-il pour qu’ils lisent les poètes latins (mot à mot, pourquoi ils lisent)?

Règle 8. — Ne exapectetu diim exeaat.

425. Après les verbes qui expriment l’attente, le verbe subordonné se met au subjonctif avec la conjonction dum ou donec, signifiant /usçu’à ce que. Exemples :

Ne exspectetis dum exeant, Tèr., n’attendez pas qu’ils sortent (mot à mot, jusqu’à ce qu’ils sortent).

Exspectabam donec adesset, j’attendais qu’il fût présent (mot a mot, jusqu’à ce qu’il fût présent).

SYNTAXE

Règle 9. — DabUo an primnm ponam.

426. Après les verbes qui expriment le doute, le verbe subordonné se met au subjonctif avec la conjonction an, signifiant si. Exemple :

Dubito an primum ponam, Coun. Nép., je ne sais si je ne dois pas (mot à mot, je doute si je dois) le placer le premier.

Remarques. I. Mais si le verbe qui exprime le doute est employé d’une manière négative ou interrogative, au lieu de an, on se sert de quin, signifiant que ne. Exemples :

Non dubüabat quin ei crederemus, Cic., il ne doutait pas que nous ne le crussions'.

Dubilasne ergo quin superaluri simus eum? doutez-vous donc que nous puissions (mot à mot, que nous ne puissions) le vaincre?

II. Quand le verbe dubitare signifie non pas douter, mais hésiter, il se fait suivre de l’infinitif. Exemple :

Introirenon dubitavit, Cic., il n’hésita pas à entrer.

Règle 10,^ — Riihll me& refert atrùm sim dives aa panper.

427. Quand la phrase exprime une alternative entre deux partis ou deux suppositions, on met utrùm (lequel des deux, employé dans le sens de si conjonction) devant le premier membre de phrase, et an devant le second. Exemples :

Nihil meâ refert utriim sim dives an pauper, il ne m’importe pas, que m’importe d’être riche ou pauvre (mot à mot, si je suis riche ou pauvre)?

Quid refert utrîim voluerim fieri an gaudeam factum? Cic., qu’importe que j’aie souhaité que cela se fît, ou que je m’en réjouisse (mot à mot, que je me réjouisse que cela soit fait) ?

Remarques. I. Au lieu de utrùm on peut employer ne, qu’on place toujours après le premier mot. Exemple :

Parvi meâ refert divesne sim an pauper, il m’importe peu d’être riche ou pauvre (mot à mot, si je suis riche ou pauvre).

SYNTAXE DE SUBORDINATION

n. La seconde supposition peut être renfermée dans le seul mot necne, signifiant ou non. Exemple :

Parùm euro utrîmi me audias necne, je me soucie peu que Yous m’écoutiez ou non.

Règle 11. — IVescIo an anditarns ail.

428. Après anetutrùm, quand l’idée du verbe subordonné répond au futur ou au conditionnel des verbes français, on emploie en latin le subjonctif du verbe sum, avec le participe futur. Exemples :

Nescio an audüurus sit, je ne sais s’il écoutera ou s’il écouterait.

Dubitabam utrùm venlurus esset, necne, je doutais s’il viendrait ou non. ^

Nescio an ita locutunis fuerit, je ne sais s’il aura ou s’il aurait parié ainsi.

Nesciebam utrùm venturus fuisset, je ne savais s’il eût dû venir.

Règle 12. — lletaa ne rernm potiretnr.

429. Les conjonctions qui veulent le subjonctif après un verbe, le veulent également après tous les mots qui tiennent lieu de ce verbe ou qui en renferment l’idée. Exemples :

Melus ne rerum potiretur, Sall., la crainte qu’il ne s’emparât du pouvoir.

Incerlus utrùm dicam, an..., Tér., incertain si je dirai ou

si....

Nihü dubitalionis quin id sit, Cic., aucun doute (mot à mot, pas de doute) que cela ne soit.

Règle 13. — ut vemm dicam.

430. Les conjonctions qui veulent le subjonctif après le verbe principal, le veulent également quand ce verbe n’est pas exprimé. Exemples :

Ut verum dicam, Cic., à dire vrai (mot à mot, pour que jo dise la vérité).

Ne te morer, Hor., pour ne pas te retarder (mot à mot, pour que je ne te retarde pas).

G*. Lat. 15

SYNTAXE

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