‹ Cours complet de grammaire latineChapitre 159 sur 220 · DE LA CONJONCTION SI · texte numérisé non relu

DE LA CONJONCTION SI

Règle 1. — si vales, gandeo.

432. Quand la conjonction si annonce un fait certain ou presque certain , le verbe subordonné se met à l’indicatif. Exemples :

Si voles, gaudeo, Cic., si vous vous portez bien, je m’en réjouis.

Si id verum erat, nihil jam obstabat, si cela était vrai, rien ne s’y opposait plus.

Si testes facto adfuerunt, reus damnabitur, si des témoins ont vu le fait (mot à mot, ont assisté au fait), l’accusé sera condamné.

Règle 2. — Si venlea, Ifelabor.

433. Quand le verbe principal est au futur, si la conjonction si annonce elle-même une supposition possible dans l’avenir, le verbe subordonné peut se mettre au futur simple ou au futur antérieur de l’indicalil'. Exemples ;

Si vemes, lœtabor, si vous venez, je m’en réjouirai.

Si eniiseris vocem, mortere, Tue Live, si vous dites un mot, vous mourrez.

Règle 3. — si Id faHas ou feeeris, bene est.

434. Quand la conjonction si annonce une supposition douteuse, mais possible, dans le présent ou dans l’avenir, le verbe subordonné se met au présent ou au parfait du subjonctif. Exemples :

Si id fadas ou feeeris, bene est, si vous faites cela (et il est possible que vous le fassiez), c’est bien.

Si nihil ubsit ou obfuerit, si rien ne s’y oppose (et il est possible que rien en elTet ne s’y oppose).

Règle 4. — Si natn major esses.

435. Quand la conjonction si annonce une supposition qui n’est pas ou qui n’est plus possible, le verbe subordonné se met à l’imparfait ou au plus-que-parfait du subjonctif. Exemples :

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SY.NT.VXE DE SUBORDINATION

Si natu major esses, si vous étiez plus âgé (mais vous ne l’êtes pas et ne pouvez pas l’être).

Si cavere potuisset, Cic., s’il avait pu se mettre sur ses gardes (mais il ne l’a pas pu).

Règle 5. — niror nist res lia facta est.

436. Toutes les règles relatives à la conjonction si s’appliquent également à ses composés, ntsi, si ce n’est que; quasi, comme si; eisi, quoique, etc. Exemples :

Miror nisi res ita facta est, je m’étonne si la chose ne s’est point faite ainsi.

Mirer, nisi reclamet, je m’étonnerais s’il ne^e récriait pas.

Doleo, quasi id nùn præsenserim, je m’afflige comme si je ne l’avais pas prévu.

Dolerem, etsi id ad me non spectaret, je m’affligerais, quand même cela ne me concernerait pas.

Règle 6. — Velim, -vellem, -voloissens.

437. Les Latins, n’ayant pas de conditionnel, remplacent le conditionnel simple par le présent ou l’imparfait du subjonctif, et le conditionnel antérieur par le plus-que-parfait du subjonctif. Exemples :

Velim ou vellem, je voudrais.

Voluissem, j’aurais voulu.

Remarques. I. Pour remplacer le conditionnel simple, le choix du présent ou de l’imparfait du subjonctif dépend du temps qui suivrait en latin la conjonction si, exprimée ou sousentendue.

1° Quand la supposition est douteuse, mais possible dans le présent ou dans l’avenir, on emploie le présent du subjonctif. Exemple :

Id velim, si possim, je le voudrais, si je pouvais (et je le pourrai peut-être).

Dans ce cas, on peut, au lieu du présent du subjonctif, employer le parfait. Exemple :

Tibi suaserim ut legas, je vous conseillerais de lire.

SYNTAXE

2” Quand ia supposition n’est pas ou n’est plus possible, on emploie l’imparfait du subjonctif. Exemple :

Id vellem, si possem, je le voudrais, si je le pouvais (mais je ne le puis pas).

II. Les Latins n’expriment pas toujours le conditionnel par le subjonctif; on trouve quelquefois, au lieu de l’imparfait du subjonctif, l'imparfait de l’indicatif, et au lieu du plus-que-parfait du subjonctif, le parfait ou le plus-que-parfait de l'indicatif. Exemples :

Poterat utrumque fieri, si essel fides, Cic., l’une et l’autre chose pourrait se faire, s’il y avait de la bonne foi.

Non suscipi bellum oportuit, Tite Live, il aurait fallu ne pas entreprendre la guerre (mot à mot, la guerre ne pas être entreprise).

Eum iUinc exire non oportuerat, Cic., il n’aurait pas fallu qu’il sortît de là.

Cet emploi de l’indicatif au lieu du subjonctif, qu’il vaut mieux ne pas imiter, a lieu surtout avec les verbes qui expriment te devoir, la possibilité, la convenance, et avec les verbes unipersonnels.

ÏV. — EMPLOI D’UN RELATIP.

Règle 1.— IHemo est «al molit.

438. Après un relatif, dans les phrases qui expriment la négation, l’interrogation ou le doute, le verbe subordonné se met au subjonctif, comme en français. Exemples :

Nemo est qui noUl, Cic-, il n’est personne qui ne le veuille.

Novisline quemquam qui sibi feliæ vidcatur? connaissez-vous quelqu’un qui se croie heureux (mot à mot, qui paraisse heureux à soi-même) ?

Règle 2. — Qatere ««I reapoBdeat.

439. Après un relatif, dans les phrases qui expriment le désir ou la tendance, le verbe subordonné se met au subjonctif, comme en français. Exemples :

Quære (sous-entendu aliquem) qui respondeat, Tér., cherche quelqu’un qui te réponde.

Volo amicum qui fidus mihi permaneatj je veux un ami qui me reste fidèle.

SYNTAXE DE SUBORDINATION

Règle 3. — Qnœris Id quod habes.

440. Après un relatif, dans les phrases qui expriment le désir ou la tendance, le verbe subordonné, s’il renferme une affirmation absolue, se met à l’indicatif, comme en français. Exemple :

Quæris id quod habes, Tér., tu cherches ce que tu as.

Remarque. Après un relatif, en latin comme en français, le choix du mode auquel doit se mettre le verbe subordonné dépend du sens général de la phrase.

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