‹ Cours complet de grammaire latineChapitre 165 sur 220 · CE QUI, CE QUE · texte numérisé non relu

CE QUI, CE QUE

Règle 1. — M qaod qnserefcam.

453. Ce quiy ce que, se rend en latin par id quod ou illud quod, ou par çuod seul, en sous-entendant i(/oa illud. Exemples :

Ce que je cherchais, id quod quærebatn.

Ce que la fortune a donné, quod forluna dedity Sén.

Remarque. De même ce dont se rend par id cujus ou id qm, selon que le mot par lequel l’adjectif est régi veut le génitif ou l’ablatif. Exemples :

Ce dont vous avez besoin, id cujus indiges.

Ce dont vous vous servez, illud quo uteris.

Règle 2. — Sogas qald veltm.

454. Ce qui, ce que, entre deux verbes, quand il a un sens interrogatif, se rend en latin par quid. Exemples :

Vous demandez ce que je veux, rogas quid velim.

Dites ce qu’il eût fallu faire (mot à mot, ce qui eût été à faire), die quid agendum esset ou fuisset.

5" QÜELQu’uS, QUELQUE CHOSE.

Règle 1 . — Magnus allqvls.

455. Après les pvoooBss indéfinis quelqu’un, quelque chose, suivis d’un adjectif, le de français ne se rend pas en latin, et

l’adjectif s’accorde simplement avec aliquis, aliquid. Exemples :

Quelqu’nn de grand, magnus aliquis, Sén.

Quelque chose d’imprévu, improvisum aliquid, Tite Lit*.

Rien de tel, nihil taie, Cic.

Remarques. I. Cependant, après aliquid et nihil, considérés comme des noms neutres, on met souvent l’adjectif au génitif, pourvu que cet adjectif appartienne à la deuxième déclinaison. Exemples t

Nihil mvi, Cic., rien de nouveau.

Ne aliquid indefensi relinquerenl, Tite Live, pour ne rien laisser sans défense (mot à mot, pour qu’ils ne laissassent rien de non défendu).

n. On emploie de même aliquid devant un nom au génitif pour signifier quelque peu de. Exemple :

Aliquid commedi, quelque avantage (mot & mot, quelque peu d’avantage).

111. Les adjectifs démonstratifs neutres hoc, illud, istud, id, et les adjectifs pronominaux neutres idem, aliud, s'emploient de même devant un nom au génitif. Exemples :

Bocmali, Sén., cet inconvénient (mol à mot, cela d’inconvénient^

Idætatis, Cic., à cet âge (mol à mot, à cela d’âge).

Aliud mercedis, Virg., une autre récompense (mot à mot, une autre chose de récompense).

Règle S. — si te In fadleinm qnia «ddecmt.

456. Après si et ses composés nisi, à moins que, sive ou seu, soit que, au lieu de aliquis et aliquid, on emploie qtiis et quûl. Exemples :

Si te in judicium quis adducat, Cic., si quelqu’un vous menait en justice.

Si quid peccoui, Cic., si j’ai péché en quelque chose.

Remarque. Il en est de même après ne, de peur que, num, est-ce q«e, quo et quardè, d'autant que. Exemples :

Ne quis existimet, Cic., de peur que quelqu’un ne pense.

Num quid dixisti? Tér., est-ce que tu as dit quelque chose ?

Quanlà quis clarior est. Tac., plus quelqu’un est illustre (mot à mot, d’autant que quelqu’un est plus illustre).

IDIOTISMES

6" ON on l’on.

457. Le pronom indéfini on ou l’on, n’existant pas en latin, se tourne de quatre manières :

1" Par les adjectifs indéfinis ;

2® Par le pluriel ;

3® Par la deuxième personne;

4* Par le passif.

Règle 1. — Dieet «llquls.

458. On ou l'on, signiGant quelqu'un, se rend en latin par aliquis. Exemple :

On dira (tournez, quelqu’un dira), dicet aliquis, Cic.

Remarques. I. Par conséquent, il se rendrait par quis, dans les cas où aliquis prend cette forme. Exemples :

Si l’on vous demande quelque chose (tournez, si quelqu’un vous demande), si quis qiiid a le pelât, Sén.

Pour qu’on ne s’étonne pas (tournez, de peur que quelqu’un ne s’étonne), ne quis miretur, Cic.

n. Si on ou l'on, au lieu de signiGer quelqu'un, signiGait chacun, il se rendrait par quisque. Exemple :

Plus on est habile (tournez, d’autant que chacun est plus hahile), qub quisque solertior est, Cic.

III. On ou l’on, suivi d’une négation, se tourne par personne et se rend par nemo. Exemple :

On ne peut être heureux sans la vertu (tournez, personne ne peut être heureuxj, beatus esse sine virtute nemopotest, Cic.

Règle 2. — Homines dnm doeent, discant.

459. On ou l’on se tourne souvent en latin par un verbe à la troisième personne du pluriel, en exprimant ou en sous-entendant liumines, les hommes. Exemples :

En enseignant on s’instruit (tournez, les hommes apprennent tandis qu’ils enseignent), homines dum doeent, discunt, Sén.

Qu’on me haïsse pourvu qu’on me craigne (tournez, qu’ils

C'.oogle

me haïssent pourvu qu’ils me craignent), oderint, dum metuant (sous-entendu homines), Sén.

On dit, on rapporte (tournez, ils disent), ferunt, perhi-

bent (sous-entendu domines).

Remarques. I. Mais devant un infinitif, le sujet homînes ne peut se sous-entendre; il doit nécessairement être exprimé. Exemple :

Scias homines virtutem mirari, sachez qu’on admire la vertu (mot à mot, sachez les hommes admirer la vertu).

II. De même, toutes les fois que le sujet du verbe français se tourne en latin par l’accusatif, comme avec les verbes pœnitet, pudet, piget, etc., le mot homines doit être exprimé. Exemple :

Otiosæ vilæ tædel homines, Cic., on s’ennuie d’une vie oisive (mot à mot, l’ennui tient les hommes).

Règle 3. — IVituis multoa vldeas homines.

460. On ou l'on, dans certaines phrases, comme on voit, on trouve, on rencontre, on dirait, on croirait, se tourne par un conditionnel à la deuxième personne, et se rend en latin par le subjonctif. Exemples :

On voit trop de gens (tournez, vous verriez trop de gens) qui aspirent aux honneurs, nimis multos videas homines qui honores appelant, Cic.

On dirait, dicas ou diceres ou dixeris (mot à mot, vous diriez).

On aurait dit, dixisses (mot à mot, vous auriez dit).

Remarques. I. Ces mêmes phrases peuvent se tourner aussi par l’infinitif avec est, signifiant il est possible; mais cette tournure est usitée surtout chez les poètes. Exemples :

On rencontre beaucoup d’hommes (tournez, il est possible de rencontrer beaucoup d’hommes), multos reperire est.

On pouvait voir Titye (tournez, il était possible de voir Titye), Tityon cernere erat, Virg.

II. Les locutions on dirait, on croirait, etc., peuvent aussi se tourner en latin par le verbe videri, sembler, paraître. Exemple :

On dirait que vous êtes malade (tournez, vous paraissez être malade), videris ægrotare.

Gr. Lat. IS

IDIOTISMES

III. Ce même verbe videri s’emploie pour rendre les locutions françaises il me semble, je crois, suivies d’un infinitif. Exemples :

Je crois voir, il me semble voir (tournez, je parais à moi voir), videre mihi videor, Cic.

Il me semble que j’ai été fou (tournez, je parais à moi avoir été fou), amens mihi fuisse videor, Cic.

IV. On dirait de se rend en latin comme on dirait, on croirait que, avec la tournure inGnitive. Exemple ;

On dirait d’un rêve (tournez, on dirait que c’est un rêve), dicas ou credas somnium esse.

Règle 4. — ■ jure landamiir.

4G1 . Le plus souvent on tourne on ou l'on piar le passif, en renversant la phrase. Exemples :

On nous loue justement (tournez, nous sommes loués justement), jure laudamur, Cic.

On peut nous blâmer (tournez, nous pouvons être blâmés), vituperari possutnus, Cic.

Re.marqdes. 1. Cette tournure ne peut s’appliquer aux verbes déponents, parce qu’ils n’ont pas de passif. On a recours alors aux tournures déjà indiquées, et particulièrement à la troisième personne du pluriel. Exemple : ,

On admire la vertu, mirantur virtutem (sous-entendu Ao-

tnines).

n. Mais elle s’applique très-bien aux verbes transitifs indirects et aux verbes intransitifs à forme active, qui tous ont un passif unipersonnel. Exemples :

On vit, vivitur; on dort, dormüur; on vient, venüur; on est venu, venlum est.

Les verbes transitifs indirects, sous cette forme passive, conservent leur régime ordinaire. Exemples :

Commodis aliomm invidetur, Cic., on porte envie aux avantages d’autrui.

UH ætatifavetwr, Cic., on favorise cet âge (la jeunesse).

III. Les verbes debere, devoir, passe, pouvoir, solere, avoir coutume, «bpisse, commencer, desinere, finir, quand il n’y a pas de nom qui puisse servir de sujet au verbe passif, s’emploient comme unipersonnels. Exemple:

Digilized by Ci ^)gli

Non dehet dubüari, Cic., on ne doit pas douter.

Ædifkari cœptum est, Cic., on commença de bâtir.

Règle 5. — C«rvl dleantar dintissimè vlvere.

462. Les expressions françaises on rfii, on pense, oncroit, etc., suivies de que et d’un second verbe, se tournent en latin par le passif, de manière que le sujet du second verbe devienne celui du premier. Exemples :

On dit que les cerfs vivent très-longtemps (tournez, les cerfs sont dits vivre très-longtemps), cervi dicuntur diutissimi vivere.

On disait que j’étais heureux (tournez, j’étais dit être heureux), dtceêar /ielt» (sous-entendu esse), Ov.

Remarques. I. Mais si le second verbe est unipersonnel, le premier se met toujours à la troisième personne. Exemples :

Dicitur mullvm referre, on dit qu’il importe beaucoup (mot à mot, il est dit importer beaucoup).

Creditur diviti non opus esse amicis, on croit qu’un riche n’a pas besoin d’amis (mot à mot, il est cru n’étre pas besoin d'amis à un riche).

Yidetur te pomitere cuîpæ hue, il semble ou l’on dirait que vous vous repentez de votre faute, vous paraissez vous en repentir (mot à mot, il , parait le repentir vous prendre de votre faute).

n. Les expressions on dit, on pense, on croit, etc., peuvent se rendre aussi par le passif unipersonnel dicitur, creditur, en employant la tournure infinitive. Exemple :

On dit que la mère de Pausanias vivait à cette époque, dicitur eo tempor* matrem Pattsaniæ vixisse, Corn. Nép.

7® AUTRE, l’un l’autre.

Règle 1. — AIIbs eaBlbus, allas eqnls gandet.

463. Les locutions françaises l’un.... l’autre, les uns.... les autres, employées pour désigner différentes personnes agissant de manière différente, se rendent en latin par alius répété. Exemples :

L’un aime les chiens, l’autre les chevaux, alius canibus, alius equis gaudet.

Les uns apportaient de la pourpre, les autres de l’encens, proferebant alii purpuram, tus alii, Cic.

IDIOTISMES

Remarque. Quand on ne parle que de deux, l'un.... l’autre se rend par aller répété ou par unus suivi de aller. Exemples :

L’un a perdu son armée, l’autre l’a vendue, aller exercitum perdidil, aller vendidit, Cic.

Hercule voyait deux chemins, l’un, celui de la volupté, l’autre, celui de la vertu, Hercules duos cernebat vias, unam voluplatis, altérant virtutis, Cic.

On peut aussi tourner par hic, ille, celui-ci, celui-là, ou par prior, poslerior, le premier, le dernier. Ille et prior désignent toujours le premier nommé; hic et poslerior, le dernier. Exemples :

L’un riait, l’autre pleurait, hic ridehat, ille flebat, ou prior flebal, poslerior ridebal.

Règle 2. — Virtuiom in aliA alins mavalt excellere.

464. Les locutions lun,.,. l autre, les uns.... les autres, répétées terme à terme, se rendent en latin par alius exprimé, une fois seulement. Exemples :

L un aime mieux exceller dans une vertu, l’autre dans une autre (tournez, l’un aime mieux exceller dans une autre des venus), virtutum inaliâ alius mavidt excellere, Cic.

Ils se dispersèrent les uns d’un côté, les autres de l’autre (tournez, ils se dispersèrent les uns d’un autre côté), alii alib dilapsi sunt, Tite Live.

Les uns accouraient d’un côté, les autres d’un autre (tournez, les uns accouraient d’un autre côté), alii aliunde coibant, Tèr.

Règle 3. — Allas allnm exelpit.

465. La locution l’un Vautre, marquant succession ou alternative, se rend par alius répété. Exemple :

L’un succède à l’autre (tourner, l’un remplace l’autre), alius alium excipit.

Remarque. Quand on ne parle que de deux, Vun Vautre se rend par aller répété. Exemple :

L’un tend des embûches à l’autre, aller alteri insidiatur.

Règle 4. — inter se adspieiebant.

4G6. La locution l’un l’autre, marquant réciprocité, se rend en latin par inter se, entre soi, et l’on n’exprime jamais le pronom réfléchi qui fait partie du verbe français. Exemple :

Ils se regardaient l’un l'autre ou les uns les autres (tournez, ils regardaient entre soi}, vitcr se adspieiebant, Cic.

Remarque. On se sert aussi, mais moins bien, de l’adverbe invicem, réciproquement. Exemple :

Ut invicem diligamus, Pline j., pour que nous nous aimions l’un l’autre (mot à mot, pour que nous aimions réciproquement).

Règle 5. — Vel nterqne, vri alternter, vcl neuter.

467. L’un et l'autre ou chacun des deux, se rend en latin par uterque; l'un ou l’autre ou l'un des deux, par alternter ; ni <

l’un 7ii l’autre ou aucun des deux, par neuter; est-ce l’un ou l’autre ou lequel des deux? par uter? Exemples ;

Vel uterque, vel alteruter, vel neuter, soit l’un et l’autre, ou l’un des deux, ou ni l’un ni l’autre.

Uter id fecit ? est-ce l’un ou l’autre qui a fait cela ? lequel des deux t’a fait?

Remarques. I. Après uterque, alteruter, neuter et uter, le mot l’autre se rend par alter. Exemples :

Chacun des deux méprise l’autre, uterque altcrum coidemnit.

Ils ne s’aiment ni l’un ni l’autre (tournez, aucun des deux n’aime l’autre), neuter alterum amat.

II. Cependant, après uter, lequel des deux, le mot l’autre se rend bien par uter répété. Exemple :

Lequel des deux a tendu des embûches à l’autre? uter utri insidias fecit? Cic.

III. Lorsqu’il est question d’objets qui ne peuvent pas être plus de deux, on emploie le plus souvent aller seul pour exprimer l’un des deux. Exemple :

Altéra oculo carere, Pline, être privé d’un œil (mot à mot, de l’un des deux yeux).

IDIOTISMES

Règle 6. — QuIvIb mllna segrè tallsset.

468. Tout autre, signifiant un autre quelconque, se rend en latin par quivis alius. Exemple :

Tout autre eût supporté cela impatiemment, quivis alius id ægrè tulisset.

REHAJtQUE. Mais tout autre, signifiant bien différent, se rend en latin par longé alius. Exemple :

J’ai une tout autre opinion, longé mihi alia mens est, Sall. (mot à mot, une opinion tout autre est à moi).

Règle 7. — Non alias essem atqae nnao sans.

469. Après autre exprimé par alius, le que français se rend en latin par ac (devant une consonne) ou atque ou et (devant une consonne ou une voyelle), avec le même cas après que devant. Exemples :

Je ne serais pas autre que je suis maintenant, non alius essem atque nunc sum, Cic.

La lumière du soleil est tout autre que celle des lustres, lux longé alia est solis et lychnorum, Cic.

Remarques. I. Il en est de même après autrement, en latin aliter. Exemple :

Si j’écris autrement que je ne pense, si aliter scribo ac sentie, Cic.

II. Les expressions latines non aliud, nihil aliud, quid aliud, se font suivre de quàtn ou de nisi, au lieu de ac, atque ou et.

Nihil aliud devitavit quàm suspicionem, Suèt., il n’évita pas autre chose que le soupçon.

Discere nihil aliud est nisi recordari, Cic., apprendre n’est autre chose que se souvenir.

Quid aliud quàm admonemus ? Titb Live, que faisons-nous autre chose que d’avertir?

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