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FAIRE

Règle 1. — Fac ut selam.

566. Quand le verbe faire signifie faire en sorte que, il se rend ordinairement en latin par facere, avec ut et le subjonctif Exemple :

Faites que je le sache, faites-le-moi savoir, fac ut sciam, Cic.

Remarques. I. Au lieu de facere, on emploie aussi dare operam, donner ses soins, avec ul et le subjonctif. Kxemple :

Faites que tout soit prêt, dn operam ut omnia sintparala.

II. On emploie aussi dans le même sens le verbe curare, avoir soin, avec le participe en dus, da, dum. Exemple :

Faites-lui porter ce paqnei, fasciculum cures adeum perferendum {mot à mol, ayez soin du paquet devant être porté à lui), Cic.

Règle 2. — Eum inicrimi jusslt.

567. Quand le verbe faire signifie ordonner, commander, il se tourne en latin parjubere avec l’infinitif. Exemple :

Il le fit tuer (tournez, il ordonna qu’il fût tué), eum interimi jussit, Vell.

Remarque. On peut aussi employer le verbe curare, avec le participe en dus, da, dum. Exemple;

Il fit faire une génisse d’or, ex aura buculam fackndam curavit (mot à mot, il eut soin de faire faire une génisse d’or), Cic.

Règle 3. — MorI me eoges.

568. Quand Le verbe faire signifie contraindre, forcer à, il se tourne en latin par cogéré u\ec l’infinitif. Exemple :

Vous me ferez mourir (tournez, vous me forcerez à mourir), mori me coges, Virg.

Règle 4, — Id ut farerem, me panpertas impalit.

569. Quand le verbe faire signifie engager à, déterminer à, il se tourne en latin par impellere, pousser, avec ut et le subjonctif ou avec ad et le gérondif. Exemples :

VKUBES.

!-a pauvielé m’a fait faire cela, id ul facerem, me pauperlas impulit, Tér.

Faire commettre une injustice, impellcre ad injuriam faciendam, Cic.

Remarque. Le verbe faire entre dans un grand nombre d’idiotismes français qui se tournent en latin de différrnies manières, et qu’on ne peut apprendre que par les dictionnaires ou par l’usage. Exemples :

Faire savoir une chose à quelqu’un, cerliorem facere aliquem alicujus rci (mot à mot, rendre quelqu’un plus certain de quelque chose).

Faire bien augurer de soi, bonam spem sut dure (mot à mot, donner une bonne espérance de soi).

Faire soupçonner, faire haïr quelqu’un, aliquem in suspicionem, in invidicim adducere (mot à mot, amener quelqu'un à l’état de soupçon, de haine), etc., etc. '

Règle 5. — Asslduè oantat.

570. La locution française ne faire que, sipniGant ne point cesser de faire, se tourne en latin |)ar les adverbes assiduh, perpeltio, usquc, continuellement, sans cesse, ou par tout autre adverbe analogue. E.\emple :

Il ne fait que chanter (tournez, il chante continuellement), assiduè cantat, Cic.

Remarques. I. On pourrait dire aussi, non desinit cantare, il ne cesse pas de chanter, ou non cessât cantare, il ne se ralentit pas à chanter.

II. Il ne faut pas confondre ne faire que (c’est-à-dire ne pas cesser), avec îie faire que de (c’est-à-dire avoir fait tout récemment). Cette dernière locution se traduit tout simplement comme venir de (§ 559).

11° FALLOIR, IL FAUT, IL s’eN FAUT.

Règle 1. — Id Ma flerl oportek

571 . Le verbe unipersonnel il faut, suivi d’un inGnitif ou de que et du subjonctif, peut se rendre simplement en latin par oportet, avec la tournure iriGuitive. Exemple :

Il faut que cela se fasse ainsi, id iia fieri oportet, Cic.

Remarques. I. Mais on emploie aussi oportet avec le subjonctif, en sous-entendant la conjonction ut (§ 418).

IL Plus souvent encore, le verbe falloir se tourne, comme

IDIOTISMES

le verbe devoir, par le gérondif en dum ou par le participe en dus, da, dum. Exemples :

Il faut partir, abcumlum est.

Il faut pardonner à tous, universis ignoscendum est, Sén.

Il faut quitter cette terre, linquenda tellus (sous-ent. est), Hor.

ITI. Le verbe unipersonnel t7 /oui, suivi d’un nom, se tourne en latin, comme avoir besoin, i>aT opus est, il est besoin, avec l’ablatif de la chose et le datif de la personne (page 190).

IV. Cette tournure par opus est s’emploie aussi quelquefois lorsque le verbe unipersonnel il faut est suivi d’un infinitif; on se sert alors du participe passé, que l’un met à l’ablatif comme un nom. Exemple :

Il faut se hâter, maturato opus est, Tite Live.

Règle 2. — Ulcne Incepto dcsiatere.

572. La locution française faut-il que, dans les phrases exclamatives, se rend en latin par l’infinitif, avec ou sans l’adverbe interrogatif ne (page 232), en sous-entendant oportet ; on donne alors pour sujet à l’infinitif latin le sujet du verbe français subordonné. Exemples :

Faut-il que je renonce à mon entreprise ! mette incepto desistere (sous-entendu oporlet) l Vinc.

Faut-il que tout ait été fait avec si peu de prudence ! tant, nullo consilio gesta esse omnia ! Cic.

Remarque. Au lieu de l'infinitif, on peut employer ut avec le subjonctif. Exemple :

Fallait-il que j’acceptasse un bienfait! egone ut beneficium acccjtissem (mot à mot, moi que j’acceptasse un bienfait) ! Cic.

Règle 3. — Paaeæ «ententlse defueruBt.

573. La locution française il s’en faut, pour exprimer le manque ou la distance, se tourne en latin par le verbe deesse, manquer. Exemple:

Il s’en fallut de peu de voix (tournez, peu de voix manquèrent), paucæ sententiæ defuerunl, Cic.

Règle 4. — TmiAib abeat Bt se Indice*.

574. Les locutions françaises peu s’en faut, tant s'en faut, il £en faut beaucoup ou de beaucoup,, et les locutions analogues, se

VERBES

Sd5

rendent en latin par le verbe abrsse avec un adverbe de quantité (§ 488j, et le que suivant se rend par ul avec le subjonctif. Exemple :

Tant s’en faut qu’il se trahisse, tanlîim abest ut se indicet, Cic.

Remarques. I. Après haud viuUùm abesl, à cause de la négation contenue dans ces mots, la conjonction ut peut se remplacer par quin ou quominus. Exemple :

Peu s’en fallut qu’il ne fût tué, haud multùin abfuit quin inter ficeretur, Tite Lite.

II. Après tantum abest, on peut redoubler ut en latin, comme après tant s’en faut on redouble que en français. Exemple :

Tant s’en faut que nous admirions nos propres œuvres, que Démosthène lui-même ne nous satisfait pas, taidùm abest ut nostra miremur, ut nobis non satisfaciat ipse Demoslhenes, Gic.

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