‹ Cours complet de langue universelleChapitre 6 sur 87 · M PRÉFACE · texte numérisé non relu

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litre même de notre ouvrage, pour que nous nous abstenions de les faire valoir ici.

Il y a vingt et quelques années que l'idée d'imaginer une Langue universelle s'est présentée à nous, comme une de ces chimères auxquelles on finit par donner un corps à force de les revoir et de s'y attacher. Notre goût et nos études sur les Langues mortes et vivantes nous y conduisaient naturellement ; c'est en effet ce que les philologues de tous les temps n'ont pu s'empêcher de rêver, quand ils ont reconnu les légères différences qui existent entre les formes grammaticales usitées chez tous les peuples. Mais les uns, trop adonnés aux plaisirs de la traduction ou au charme des littératures diverses, ont à peine donné accès à cetteidée ; les autres, effrayés par les variétés infinies des radicaux et l'immense matériel que la pensée fait peser sur la mémoire, après d'utiles essais pour coordonner quelques Langues entre elles, ont enrichi la science philologique de découvertes plus profitables peut-être encore à l'élude de l'histoire qu'à celle de la linguistique ; les plus persévérants ont cherché, dans Tune des Langues les plus anciennes, les éléments radicaux de toutes les Langues modernes. Parmi ces derniers, nous avons eu l'avantage de connattre des hommes, aussi savants que modestes, dont les efforts, quoique empreints de l'esprit de système, ont été lu cause probable de notre première inspiration. Frappé, comme eux, des relations profondes que les Langues modernes ont conservé avec l'hébreu, nous avons suivi quelque temps ces relations dans l'espoir d'y découvrir quelque côté pratique pour nos études quotidiennes.

Notre premier plan, sur une Langue universelle, s'appuyait sur les consonnes hébraïques; nous espérâmes qu'en revenant à la peinture de la consonne, sans nous préoccuper des voyelles qui changent sans cesse, nous obtiendrions des types qui, sous une

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forioe D«uve, seraient interprétés par chaque peuple suivant leurs, habitudes de prononciation, et offriraient dans récriture une seule et même idée : c*est ainsi qu'une labiale» une dimtale et une roulante, placées dans Tordre que nous indiquons» rappelleraient Tidée de paternité à tous lea peuples, dans l'ordre littéral qui existe à peu près partout: en grec, Kotynp; en latin, parer; en allemand, i?a(er; en italien, |)a£?re; en français, père, par soustraction de la dentale d; en anglais, fàther^ etc^

Nous ne tardâmes pas à reconhaître qu'au milieu d'obstacles sans nombre, et malgré nos artiGces conventionnels, nous rencontrerions, des difficultés insurmontables; puisque l'ordre de nos consonnes 1^ retrouverait dans les' mots pouc/re, pourre, peinture^ etc., non seulement eu français» mais avec des variantes innombrables dans les autres Langues ; nous cliangeÂmes donc de base, et nous avons dû faire plu^eurs fois semblable sacrifice, avant de nous arrêter à celle que nous exposons aujourd'hui. Cette fois» nous avons cru saisir la vérité : parce que notre Langue, simple et méthodique» réalisait un progrès incontestable pour l'étude de tous les idiomes» et tendait à vulgariser» par des procédés nouveaux et sûrs, toutes les nomenclatures scientiGques.

Dans tout le cours de cet ouvrage, nous nous sommes appliqué à simpliûer l'exposé de nos procédés : la mtoe matière pouvait comporter des développements qui auraient considérablement étendu notre livre ; nous nous sommes persuadé que pour faire parvenir aisément k rintelligence du lecteur des idées et des conventions entièrement nouvelles, il ne fallait pas les entourer d'un appareil qui en cacherait les principales dispositions. Notre édifice doit d'abord être étudié dans sa charpente, avant d'être minutieusement examiné dans ses détails intérieurs. Aussi, sommes-nous restés sobres de réflexions philologiques : celles que nous avons iatra^

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