IV PRÉFACE
duites tendent plutôt à expliquer les faits qu'à les justifier. Aussi, encore, nous nous sommes abstenu de produire un certain nombre d'exceptions ou de circonstances particulières, qui auraient pu surcharger notre cadre et nuire à son intelligence.
Nos préliminaires auraient pu nous entraîner fort loin ; les questions graves que nous soulevons et que nous n'avons dû qu'effleurer, suffiraient, au point de vue philologique, pour fournir la matière de plusieurs volumes. Le lecteur, s'il ne s'en rapporte. pas à nos réflexions, pourra prendre un autre point de départ que nous ; mais nous croyons qu'il sera toujours contraint d'arriver aux mêmes conclusions.
V introduction est l'exposé complet de notre système, d'une ma-* nière assez générale pour qu'il soit compris dans son ensemble et dans ses principales conséquences. C'est pour tous ceux qui n'aborderont notre œuvre gue pour satisfaire leur curiosité; la partie la plus importante ; elle ne sera pas moins utile à ceux qui prendront notre travail au sérieux, parce qu'en montrant le but où nous conduisons, elle inspire le courage et l'ardeur nécessaires pour l'atteindre.
L'analyse grammaticale est basée sur celle que nos grammairiens nous offrent depuis vingt ou trente ans ; or, comme ceux-ci, suivant la sentence d'Horace, pèseront jamais d'accord, nous n'attendons pas non plus qu'ils passent tous de notre côté. Toutefois, nous leur déclarons bien formellement que notre intention n'a nullement été d'adopter tel ou tel système d'analyse plus ou moins en vogue ; nous avons toujours^ dans la solution de ce problême, cherché les points généraux qui touchent à la fois à toutes les analyses des Langues mortes et vivantes» Si nous avions pu nous abstenir de l'emploi des mots adoptés par les grammairiens, nous l'eussions fait volontiers : c'eût été un moyen d'éviter quelques-unes des
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attaques dont nous serons Tobjet. Nous ne nions pas que, dans certaines grammaires, les termes usités pour la théorie grammaticale ne soient plus rationnels que dans les autres ; mais qu'on ne nous prenne pas pour partisan avoué de telle locution, parce que nous en avons adopté Tusage. Notre désir étant, avant tout, de nous faire comprendre ; nous nous sommes emparé des mots qui, bons ou mauvais, propres ou impropres, avaient cours depuis longtemps et exprimaient une idée généralement comprise. Il en a été de même pour les parties du discours; nous avons rangé dans telle ou telle catégorie celles qui ont été jugées depuis longtemps leur appartenir, quoique des modernes aient donné des raisons plausibles pour les en détacher. Au reste, que nous ayons suivi Tusage ou que nous ayons nous-même introduit notre idée, notre réponse aux objections est simple : notre théorie embrasse dans son cadre toutes les formes anciennes ou nouvelles que le gramn)airien jus« tifiera ; nous recevrons donc avec reconnaissance toutes les modifications qui auront subi l'épreuve de la raison et de l'expérience.
Les tables de nos grammaticaux donnent un premier aperçu de la classification de nos radicaux ; leur disposition permet d'embrasser d'un coup d'œil toutes les divisions d'une même espèce de mots. Les cases non remplies que l'on y rencontre prouvent que les grammaticaux des langues forment un matériel peu considérable ; elles sont ici comme autant de réserves dont l'avenir et les progrès de la linguistique pourront disposer. Les réflexions qui suivent ces tableaux traitent fréquemment des analogies qui existent entre certains radicaux et quelques parties de nos grammaticaux ; ces analogies sont les procédés mécaniques que nous avons ménagés dans la formation de nos radicaux; elles sont de quatre sortes : !<> celle qui résulte du développement rationnel de l'idée exprimée par un
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grammatical et comparée à telle autre coordination ; 2^ celle de similitade pour le son de la voyelle ou pour Tarticulation de la consonne ; 3° celle du rapport calculé entre les voyelles et les consonnes qui reproduisent le même nombre de la série décimale ; (i» celle qui se produit à Toreille par la différence entre les lettres correspondantes dites douces et dures. L'étude de notre seconde partie, où nous exposons la formation des radicaux, fera mieux saisir l'enchatnement méthodique qui donne à toutes les divisions de notre théorie une corrélation constante à l'aide de laquelle elle se fixe dans l'esprit d'une manière facile et invariable.
Les exercices d'analyse que nous offrons pour le grec, le latin, l'hébreu, le français, l'allemand, l'anglais, l'italien, l'espagnol, le russe, le turc, le persan et l'arabe, auraient pu être augmentés d'applications aux autres langues orientales et occidentales ; mais comme il devra paraître évident aux hommes versés dans ces ^ études que nos procédés s'appliquent aussi aisément aux unes qu'aux autres, nous avons évité de donner à notre livre une forme trop volumineuse et aussi plus dispendieuse. Nous tenons, en manuscrit, des essais dans ce genre qui nous prouvent suffisamment qu'aucun idiome ne peut se soustraire au double système de l'analyse et des conventions. Malgré le soin que nous avons apporté dans la révision des textes et dans les détails de notre analyse, quelques fautes pourront peut-être se glisser malgré nous, surtout dans les caractères analytiques ; mais notre seconde partie qui doit présenter la transformation complète des morceaux que nous ne transformons ici que grammaticalement fera disparaître l'incertitude ou l'irrégularité que nous aurons pu laisser subsister.
Les principes applicables à chaque idiome, dont nous faisons précéder ces exercices, ne dispensent pas, comme on le pense bien,