PRÉFACE. VII
de lire avec altenlion la théorie générale. Celle-ci pouvait à la rigueur, suffire; et, bien comprise, elle conduisait, comme malgré, lui, l'analyste aux considérations que nous développons dans cette élude grammaticale sur chaque langue; mais comme tout est neuf pour le lecteur dans cet ouvrage, nous avons cru devoir lui faciliter les applications qu'il voudra entreprendre. Or, de même qu'il faut connaître notre théorie générale pour tirer parti de ces théories spéciales, de môme il sera bon pour ceux qui n'ont pas de principes d'analyse grammaticale, ou qui ont oublié ceux qu'ils avaient reçus, de se reporter aux petits ouvrages d'analyse composés pour les écoles primaires ; en quelques heures ils seront suffisamment familiers avec cette matière; et ce sera alors qu'ils feront des essais fructueux sur les langues qui ne leur sont pas trop étrangères. Les douze langues que nous leur offrons étant les langues européennes les plus connues et les plus répandues, chacun y pourra rencontrer celle qui est l'objet de ses études ou de sa prédilection ; on peut d'ailleurs, avec la théorie générale, s'attacher à celle que l'on veut analyser, sans être obligé de lire ce qui concerne les autres : nous n'avons pas craint, pour faciliter ce travail, de répéter dans chaque théorie particulière les idées générales qu'il faut rappeler pour l'analyse de chacune de ces langues; cette répétition et la forme toujours la même du cadre procurent, outre cela, l'avantage de faciliter la comparaison des langues entre elles.
Dans les exemples accidentels que nous donnons pour expliquer nos conventions, nous plaçons entre parenthèses la transformation complète, grammaticale et radicale ; il nous a paru que Ton comprendrait mieux la place du radical et, par suite, la manière dont le grammatical se fond et s'incorpore avec lui. Nous avons regretté de n'avoir pu pratiquer ce procédé pour la langue russe et pour
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l'hébreu ; mais nous avons dû nous en abstenir, à cause de la difficulté d'intercaler les caractères de ces deux langues au milieu de notre texte.
Nous avons terminé cette première partie par des applications aussi curieuses qu'utiles à l'étude des langues mortes et vivantes. Nous avons tenu à prouver, même avant le terme assigné à l'exposé de notre méthode, que nous n'étions pas engagé dans des utopies plus ou moins irréalisables ; mais que nos idées concourraient tout d'abord aux progrès des études. £n effet, à peine initiés aux premiers éléments de cette nouvelle théorie, c'est-à-dire après huit ou dix jours au plus, nous avons entre les mains un instrument précieux qui nous permet de disséquer toutes les langues et qui, après ce travail, rapproche de lui-même les éléments épars de l'analyse pour reproduire le tout qui nous est alors connu, et dans ses diverses parties et dans son ensemble.
Ce que nous pouvons aflBrmer au lecteur attentif qui s'attachera à nos procédés, c'est que, non seulement à mesure qu'il avancera dans les applications de l'analyse, il apercevra la supériorité de notre théorie et la facilité avec laquelle elle se grave dans l'intelligence, mais qu'il sera encore surpris de Pintérêt toujours croissant avec lequel il pénétrera dans cette étude des langues, regardée jusqu'ici comme aussi aride pour l'esprit que fatigante pour la mémoire.