PRÉLIMINAIRES
De Pntlllté d'une l4aiicne nnlTerselle.
Qui peut nier l'atililé d'une Langue universelle ? Dans ses espérances sur Phuinanilé, qui n'a pas appelé de ses vœux la réalisation d'un rêve regardé jusqu'ici comme une brillante chimère ? L'homme peut-il, en effet, trouver de l'attrait dans la rencontre de son semblable, quand il ne peut lui communiquer sa pensée? Les tiens de fraternité ne sont-ils pas bien fragiles entre des peuples qui ne peuvent se découvrir les unsr aux autres leurs âmes, leurs cœurs, leurs sentiments de bienveillance ?
Il n'est pas de réunion, de concile, de congrès où soient appelés à siéger les représentants des peuples divers, qui niaient vivement senti l'insuffisance de leurs délibérations causée par cet obstacle continuel : la diversité des idiomes.
A mesure que l'humanité semble converger vers uu système unitaire, elle donne à ses travaux, à ses découvertes un cachet d'utilité universelle. Le commerce a multiplié ses voies de communication sur l'Océan et sur les continents ; la vapeur et l'électricité, ces deux puissances que nous avons dérobées aux fées, auront bientôt rétréci ce globe à des dimensions mesquines, et réuni en «ne seule famille les millions d'hommes qui se partagent la terre.
Mais un problème simple en apparence, et pourtant regardé
X PRÉUMINAIRES.
comme insoluble, oppose une barrière aux progrès qui nous entraînent. Sa solution important à l'avenir de l'humanité, il y aurait puérilité à énumérer les avantages infinis que la grande société humaine doit retirer d'une langue universelle.
Qa'aacnne des I^ang^es mortes ne peut seririr de IjAUgne
uniTerselle*
Les Langues connues sont mortes ou vivantes. Les Langues mertas sont d'un mécanisme plus compliqué que les Langues modernes; or, une Langue que tout le monde doit parler, doit être la plus simple et la plus facile à pénétrer dans la mémoire.
La prononciation primitive de ces Langues, perdue comme elle l'est aujourd'hui, a été remplacée, dans chaque pays, par une autre plus conforme aux habitudes de l'accent local. Si des conventions peuvent remédier, non sans difficulté, à cet inconvénient, elles ne détruiront pas la première objection tirée du mécanisme de ces Langues.
D'ailleurs l'épreuve a été faite avec la Langue morte qui pouvait revendiquer cet honneur : avec le latin. Moins riche, moins sonore, moins pompeux que le grec, le latin a, dans son style et dans sa forme, une simplicité qui n'a pas peu contribué à perfectionner ^t à simplifier les Langues modernes. Transporté par la victoire et par le séjour des armées romaines sur les terres conquises, il «'est substitué en partie aux idiomes naturels et, comme la religion de Mahomet, s'est d'abord imposé par la violence. Soit que cette origine ait compromis son empire, soit que le patriotisme et les progrès philologiques aient assuré aux idiomes indigènes une existence plus légitime, il a bientôt été délaissé par la foule ; les savants de tous les pays en ont tiré un merveilleux parti. Il est resté parmi eux comme un interprète : les sciences et la philosophie ont emprunté sa voix pour propager les vérités et les systèmes qui s'adressaient à l'humanité toute entière.
Mais depuis longtemps ces tentatives de Langue universelle sont