‹ Cours complet de langue universelleChapitre 85 sur 87 · li : Verbe neutre (1); flaire ; 3« pers. sing. du · texte numérisé non relu

li : Verbe neutre (1); flaire ; 3« pers. sing. du

présent de l'indicatif (li) plaît

tu : Préposition (t) ; de quantité (u) de

b — re: Adj. qualificatif (b); grand; féminin plur.,

qualifie le complément direct grandes

va : Comme ci-dessus et

tu : Comme ci-dessus de

b— r«: Adj. qualificatif (b); terrible ; le reste comme

ci-dessus terribles

— r« : Leçons^ fém. plur., compl. dir. du verbe (re). leçons.

LANGUE INIVÊRSKLLK. 35.S

Celui qui se sera familiarisé avec l'analyse grammaticale de la Langue universelle, aura saisi, à la lecture, les parties analytiques que nous développons si péniblement, et il aura lu comme du français la phrase de Bossuet qui nous a servi d'exemple. Il pourra lui-même transformer grammaticalement les plus longs morceaux, et, en disposant les radicaux comme nous l'avons fait, il se convaincra à la lecture que ce travail, loin d'être fastidieux, est rempli d'intérêt, surtout quand on considère les conséquences auxquelles il conduit infailliblement.

Nous nous sommes servi de la langue française, et nous allons continuer de nous en servir pour expliquer l'idée du radical ; il est évident que nous eussions pu nous adresser à toute autre langue et que les résultats eussent été absolument les mêmes. Il est donc bien entendu que notre méthode convient à tous les peuples, et que ce que nous allons appliquer aux autres langues pourrait, par une réciprocité incontestable, servir d'application à tout idiome que nous substi-tuerions à V idiome français.

Supposons donc qu'un Français, versé dans notre analyse, veuille apprendre le grec, le latin, l'anglais, etc. Puisque nous admettons qu'il soit capable d'analyser grammaticalement le français, suivant le procédé de la Langue universelle, nous le croyons assez avancé en intelligence pour donner à ses éludes une direction utile, et pour mettre à profit nos conseils, en mesurant ses moyens et son aptitude. Au reste, moins il sera lui-même en état de se gouverner seul, et plus l'action du mattre devra le maintenir dans une ligne calculée sur sa mémoire et sur son jugement.

Qu'il soit donc armé d'une grammaire et d'un dicticnnaire et aidé par un mattre ou par une traduction.

Après avoir ouvert la grammaire à l'article de la prononciation, il fait quelques essais pour s'assurer surtout qu^en recourant aux tableaux de prononciation, il saura retrouver les indications qu'ils renferment ; il se rendra également compte de la manière dont le grammairien a disposé les diverses espèces de mots. Chacune d'elles est toujours l'objet d'un chapitre distinct; or, si la grammaire offre des tableaux synoptiques, elle sera plus commode pour l'npplica-

35& LANGUE UNlVEnSELLE*

lion de notre méthode ; dans le cas contraire^ il importe que les divisions soient bien comprises et que Tœil et la main puissent re* trouver aisément Tespèce de mot que Ton veut interroger.

U lui suffira d'avoir fait cet examen rapide pour attaquer hardi-* ment un ouvrage écrit dans la langue qu'il veut étudier, pourvu qu'il ait auprès de lui un maître ou une traduction. Il débute donc par comprendre, en le suivant mot pour mot, l'auteur dont il explique^ la première phrase. S'il a un maître, cette explication demandera peu d'efforts; avec une traduction, mais avec l'aide du dictionnaire et de la grammaire, il ne sera pas difficile de surmonter ce premier obstacle. D'ailleurs, l'exercice auquel il va se livrer sur cette première phrase, vient à son secours et complète la connais^ sance à laquelle il prétend.

En effet, s'arrêtant à chacun des mots de cette phrase, et dans l'ordre môme ob ils sont disposés, il les reproduit dans leur analyse grammaticale et place au-dessus de la partie radicale sa signiGca-^ tion comme nous l'avons fait pour le français. Prenons, par exemple, une phrase latine qui rappelle le moins la forme fran^ çaise : le début des Géorgiques^ de Virgile :

foçoti joie moisson astre terre

D»dsa g — ri b— ra — rg; dsbso — so — re

retourner Mécène orme union vigne

G — S, =é, rï5lva g — s — rs

coDTenance soin bœuf aménagement posaessioii

L— ri; d»bra — ra —y, dsba — a cr— sosu

troupeau abeille expérience économie

Grî — SU, vab — rw pufra — ra b — rw,

chant commencement.

Jogi g— S g— loa.

Le mot quid étant indiqué dans le dictionnaire comme pronom (d), il le trouve dans la grammaire à cette espèce de mots; il le voit relatif (»); signiGant quoi^ quelle chose (d), au neutre (s), an nominatif ou à l'accusatif, c'est-à-dire sujet ou complément ; s'il se trompait et en faisait d'abord un complément direct, les sujets du troisième vers, qui se trouvent dans les mêmes conditions, le re-

dresseraient aisément. Le sens de ce membre de phrase lui a fait voir un complément direct ; faciat est donc un verbe avec un complément direct (g) ; l'examen d'un verbe modèle le montre au subjonctif (r), au présent (pas de voyelle entre r et la dernière voyelle) et k la troisième personne (i), etc.... Il est inutile de pousser plus loin l'analyse ; il est facile voir que l'homme le moins favorisé pour Pintelligence peut, avec quelque attention, parvenir, à l'aide d'une traduction ou d'un maître qui seconde discrètement son travail, à reproduire nos quatre lignes.

Ce travail, quand il demanderait plusieurs heures ou même plusieurs jours, ne doit pas effrayer l'étudiant : les conséquences en sont telles, qu'elles l'initient promptement aux formes grammaticales et même aux radicaux de la langue qu'il veut connaître. Chaque fois qu'il feuillette sa grammaire, il acquiert une notion nouvelle, et celte notion consignée par lui sur le papier, à l'aide de nos signes algébriques, ne peut plus s'égarer dans sa mémoire. Bien plus, à mesure qu'il opère ses transformations grammaticales, sa mémoire lui rappelle, malgré lui, le mot dont il laisse la trace^ et cette trace, à son tour, réveille dans la mémoire l'idée et le mot qui la reproduit. Or, la trace n'est que la suite des opérations faites par le jugement; nous avons donc mis incessamment à contribution et la mémoire et le jugement, ces deux éléments indispensables à l'étude des langues.

Ënumérerons-nous maintenant les connaissances que nous avons confiées à notre mémoire? Il faudrait, pour cela, non-seulement compter les lettres qui entrent dans nos quatre vers, mais les rapports si nombreux des mots entre eux. L'étudiant qui saura retrouver les mots de la langue en repassant sur les traces algébriques de son analyse, aura donc acquis une portion notable des notions qu'il cherche. Il est vrai que la mémoire, plus prcmpte que le jugement, le devancera trop souvent, et qu'en peu de temps il redira les vers de Virgile avec une facilité surprenante, à l'inspection de l'analyse ; mais ce résultat, au lieu d'être un inconvénient, est un véritable progrès; car accompagné, comme il est, de nouveaux exercices qui font suite au premier, il habitue la mémoire aux sons, aux formes gram-

356 LANGUE LNIVERSELLE.

maticales de la Jangue, et produit cet avantage précieux que nous rencontrons chez ceux qui expriment constamment leurs idées dans ces mêmes idiomes.

Cet exercice aura encore sa contre-partie qui fortifiera de plus en plus dans l'étude de la langue: le retour de la mémoire sur les morceaux qu'on aura perdus de vue depuis longtemps, forcera le jugement h jouer le rôle principal. Il ne sera pas rare qu'après un certain nombre de lignes d'analyse, d'une langue à laquelle on n'est pas familier, on ait complètement oublié les premières phrases, à cause des efforts postérieurs ; c'est alors qu'en reprenant de plus haut, on repassera avec un nouveau fruit sur les traces significatives, et qu'on se gravera de plus en plus dans l'esprit les notions grammaticales. D'ailleurs, que l'on ait ou que l'on n'ait pas fait soi-même une analyse, quand elle se présente sous la forme que nous venons d'offrir, il est aisé de saisir le sens des phrases dans la langue maternelle qui donne la signification du radical. Dans notre exemple de latin transformé en français, nous pouvons, en nieUant en pratique les règles les plus simples de l'analyse générale, saisir aisément la signification.

Quoique le premier mot soit un sujet, nous remarquons que le verbe est au subjonctif: il est donc subordonné à un autre verbe qui doit le précéder. Les phrases suivantes sont, comme la première, amenées par des pronoms relatifs qui doivent suivre le mot auquel ils ont rapport; nous sommes donc conduits jusqu'au cinquième vers où le sujet ne peut être que dans le verbe. Ainsi, nous dirons g — loa, je commencerai; jogi, maintenant (l'adverbe déterminant le verbe se place auprès de lui), g — s, à chanter; l'infinitif est complément du verbe actif. Le complément de ce dernier verbe ne se trouvant nulle part, nous le regarderons comme sous-entendu, ce que son relatif, qui est neutre, nous indique aussi; dsdsa, quelle chose; g—ri, fasse (ferait) ; — rs, les moissons; b — r«, joyeuses (fécondes). (Le sujet, le verbe et l'attribut nous commandaient celte construction.) Le relatif doit précéder la phrase qu'il lie à la première; or, ici ce relatif indique un complément indirect relié d'ailleurs au substantif qui suit : nous sommes donc obligés de débuter par ce complément indirect.

LANGUE LNIVERSELLL. 357

en nous souvenant que nous le plaçons avant son rang : d8bso — so, sous quel astre ; l — ri, il conviendrait (nous n'avons trouvé de sujet que dans ce verbe); g— s, de remuer (nous avons dû commencer par ce verbe, l'autre étant relié à celui-ci par la conjonction va) ; — re, la terre* va ef ; g — s, wnir; — re, les vignes; — r8, aux ormeaux (tout cela est indiqué par la loi des compléments); d^bra — ra, quel soin ; — y, des bœufs (indiqué comme complément d'un mot autre que le verbe, — y devait suivre — ra); gri, soit (il est placé au milieu et après des membres unis par des conjonctions, il doit donc servir pour tous ces membres) ;d8a — Si^quel aménagement ; %n^ soit ; — su, au troupeau; cr — sosu, devant être ^possédé ; vab et pufra — ra, quelle expérience ; gri, soit\ — rw, pour les abeilles; b — rw, économes.

Tout ce que nous venons de dira étant indépendant de la langue même que nous avons choisie pour exemple, s'applique également à l'étude de toutes les langues ; mais notre méthode ne se borne pas à initier les commençants dans tel ou tel idiome, elle Mes suit au milieu de leurs progrès et leur fournit sans cesse les moyens d'en faire de nouveaux. Qu'un habile latiniste n'ait pas lu les Georgiques^ et que ce début tombe sous sa main, s'il connaît notre système grammatical, il sera conduit tout naturellement à reproduire les mots de Virgile lui-même. La connaissance de la vériûcation latine sera ici un auxiliaire trop puissant pour qu'il y ait même hésitation.

Le premier mot ne pouvant être quod (d«bsa), est déjà déterminé : quid. La mesure du vers ne permet de placer après ni conficere, ni efficerey m agere, m creare ; il est donc contraint de commencer par quid faciat ; entre hilaris et latus, le choix ne peut être long ; s'il Fe décide pour messes^ au lieu de segetes^ il manquera de goût, et recevra cette leçon quand il comparera son vers à celui de Virgile; ce ne sont ni Stella ni astrum qui formeront son dactyle; comme tellurem ni humum ne pourraient lui faire un spondée. Il est donc forcé dé faire ce vers :

Quid faciat lœtas segetes; quo sidère terram....

Nous ne pousserons pas cette étude plus loin ; nous nous adres-

358 LAKGl'E rNÎVKRSELLE.

isoiïs à un lecteur assez intelligent pour savoir tout ce qu'il y a de profitable dans un travail qui fait passer en revue les connaissances acquises , et oblige de faire un choix parmi des matériaux dont il faut apprécier la valeur avec talent, goût et discernement.

Quand nous ne serons pas secondés par le rythme de la versification, nous serons encore conduits par Tordre, la disposition des mots, la' signification impérieuse des grammaticaux; s'il nous arrive alors de substituer à un mot le synonyme qui viendra à notre esprit, la comparaison du mot de notre choix avec celui de Fauteur sera, ou une leçon qui redressera notre jugement, ou un avertissement utile sur le goût de cet auteur et sur les mots de prédilection dont il se sert. De sorte que tous nos pas, dans cette ligne tracée d'avance, seront marqués par des réflexions judicieuses et des progrès inces^ sants.

Nous n'avons fait qu'ébaucher, k grands traits, les enseignements que nous devons recevoir en suivant la méthode de transformation par l'analyse grammaticale de la Langue universelle ; nous avons cédé au désir de complaire aux esprits qui sont pressés de trouver les applications d'un système qui présente quelque complication. Hâtons-nous d'ajouter que l'emploi de nos radicaux complète, d'une manière satisfaisante, ce qu'il y a d'inachevé dans le procédé que BOUS venons d'exposer, et qu'il remédie à cette disposition qui fait figurer l'expression d'une idée au-dessus du mot grammatical.

Il résulte des quelques développements dans lesquels nous venons d'entrer, que nous réunissons dans notre méthode les avantages que nous avons reconnus dans les autres méthodes énumérées au commencement de ce chapitre : 1*» celle que nous appelons naturelle, et qui exige de la part de l'étudiant, mûr ou adulte, la pratique et la théorie marchant de front, se trouve appliquée, puisque nous nous trouvons, dès l'abord, au milieu des auteurs qui ont écrit dans une langue à nous inconnue, comme l'enfant au milieu de personnes dont il cherche la pensée dans les sons encore inintelligibles pour lui ; nos efforts, comme les siens, sont à chaque instant la source d'un progrès, et comme notre raison et notre volonté sont pour nous une large compensation à la supériorité des moyens naturels

LANGUE LMVERSCLLK. 359

de Tenfant , nous devons parvenir plus promplement que lui à la connaissance (Vun idiome; 2*" la méthode qui consistait à laisser de côté l'exercice des thèmes pour ne s'occuper que de la version, trouve dans la nôtre une réalisation parfaite ; avec cette différence que nous recueillons tous les avantages qu'on doit retirer du ihême, pour l'application des règles grammaticales, sans pourtant y rencontrer ces difficultés rebutantes qui doivent être abordées seulement par ceux qui connaissent, à la fois et parfaitement, les deux langues mises en parallèle; Z"" le perfectionnement apporté à l'intelligence de la version, par la traduction interlinéaire, nous appartient aussi; mais avec cette supériorité, en notre faveur, que les accidents et toutes les circonstances grammaticales sont notées et retracées dans leur moindre détail, ce qui constitue non plus une traduction littérale, mais bien une transformation grammaticale; U^ mieux que la méthode qui fait la part de la mémoire et celle du jugement, la nôtre s'adresse à ces deux sources de nos connaissances avec plus de mesure, avec plus de succès; elle tient sans cesse en haleine l'une par l'autre; plus d'accord avec la nature même des moyens humains, elle n'exige pas séparément des efforts trop tendus de l'un ou de l'autre; mais en se servant simultanément de ces facultés qui s'éclairent mutuellement, elle conduit au but sans fatigue et avec un entraînement plein de charme.

Enfin, ce qu'aucune de ces méthodes, dont nous nous sommes approprié les avantages, n'avait fait jusqu'ici, la nôtre ouvre une voie nouvelle au perfectionnement même des études des langues, et elle reste ainsi en dehors de toute comparaison.

Comparaison de» lang^ueB entre elles au point de vae

irrammatical.

Comme nous avons devancé, sur un point, les nombreuses applications que nous pourrons faire de la langue universelle, en don-

360 LAIVCrE INIVKKSELLE.

nant l'idée d'une méthode pour renseignement des langues, de même, sans attendre que nos radicaux soient venus compléter nos éléments, nous pouvons peut-être, en nous arrêtant exclusivement au point de vue grammatical , essayer la. vertu de nos conventions pour établir la différence entre les divers idiomes sur lesquels nous avons effectué dans cet ouvrage les opérations de l'analyse. Il est vrai que par la nécessité où nous nous trouvons de tendre vers l'unité, nous repoussons, dans cette analyse, les formes plus ou moins spéciales de telle ou telle langue , parce qu'elles ne feraient qu'encombrer nos éléments qui sont ramenés à leur première simplicité ; nous nous privons ainsi des caractères tout particuliers sur lesquels les divergences des langues pourraient être établies. Nous ne retraçons pas les accidents si nombreux que les- Grecs, les Latins et les Allemands distinguent à l'aide de leurs prépositions; pour nous, ces distinctions sont confondues dans une collection plus générale indiquée par l'idée complémentaire du verbe ( régime ou complément indirect); nous ne reproduisons pas non plus ces nuances grammaticales du russe qui distinguent le complément indirect en instrumental et en prépositif, et cette autre nuance qui lui est commune avec les langues dérivées du slavon, par laquelle le complément direct se sépare en deux branches, l'une pour les êtres animés et l'autre pour les êtres inanimés ; niais si, malgré cette exclusion , nous démêlons encore, dès les premières lignes d'une transformation, la langue dont elle est tirée, évidemment nous avons introduit dans la linguistique un élément inconnu jusqu'ici, avec lequel il sera permis d'aborder des connaissances nouvelles et d'entrer dans un cercle d'idées qui peut contenir le perfectionnement progressif des langues.

Nous n'allons faire cet essai que sur quelques-unes des langues dont nous nous sommes occupé dans cette première partie; celles qu'il nous resterait à examiner sont différenciées si profondément entre elles et avec les langues européennes, qu'il sera bien autrement facile d'en apprécier les caractères divergents.

Les langues peuvent se distinguer par le concours des sons, par les mots ou éléments que nous avons appelés grammaticaux, par la

LANGUE LNlVEUSELLi:. 261

disposition habituelle de ces mots dans la phrase, par la formation des radicaux ; enfin, quoique plus difficilement « par les formes mêmes qu'afTeclent leurs littératures.

La prononciation ou le concours des sons est Tobstacle sérieux qu'une langue universelle doit surmonter; or, la nôtre négligeant les sons pour s'attacher à la pensée, ne peut fournir à Toreille l'appréciation que nous cherchons. D'autre part, nous n'aurons le dernier mot des radicaux que lorsque nous aurons étudié cette partie; enfin, la littérature, comme la partie la plus élevée de la science philologique, doit être réservée pour l'application de nos procédés quand ils auront été complétés. Nous ne pouvons donc nous adresser, jusqu'à ce que nos études soient plus avancées, qu'aux mots ou éléments grammaticaux, et à la disposition de ces mots dans la phrase.

Essayons ce travail sur plusieurs phrases des passages dont nous avons fait plus haut l'analyse. Si quelques lignes, prises ainsi au hasard, suffisent pour nous éclairer, il sera évident que, dès la première page d'un auteur, l'homme le moins clairvoyant sera comme forcé de reconnaître la langue transformée qu'il aura sous les yeux.

FREMI Fn EXEMPLE.

prohebilitô jouissance bleu ciel fi-itchcur grotte

Vovu de« gl8 h— c — a b — e — s va cl — e — i, da

grelottement niiliea été mollesse ^ arbre

gla cl— a jfiba lit o — o te — i; a b — a. tij —ri

sommeil grotte animation lac plaisir

— a, a — ra b — nlva — a, glw — a d8i daa Ut

(notre pays) possibilité goût description. climat

=0 • g— lo jops g — s jubu tUbi — 0. Vebi, tet p8o —

chaleur saison bonté douceur

jfiga a br— a —a gli jopa jut bl— a vad p8a bl— a

sorte hiver soleil bon accueil hôte

—a te — i, a —a gli jubé jiijw b — a p8a —a ta

éviter

gsé cr— a.

LANGUE LWIVERSELLE.

Explication française.

Vovu, tandis que; dea gl», vous êtes; h—, probablement ; c— a, jouissant; —t b— e, de deux bleus; va, et ; —g, de grottes; cl— e, rafraîchissantes; da gla, je suis; cl— a, grelottant; jsba, ici; lit o —0, dans le milieu; te — i, de Vété) a, les; &— a —a, douxsom-meil; tij-^ri, sous un arbre; a, fej ; — roc, grottes; va, et; 6— « —a, les lacs animés; gL, 5onr; — .«, rfe5 p/awir*; dSs, ^ue; da* g— lo ; nous pouvons ; jops, rarement; g—s, goûter; Ut =0 (notre pays) (\); jubu, 5i ce n'est; t8bi — o^ en description. Vsbi, cary tst p8o —0 , dans un climat ; jgga, ok ; a —a, la saison; br— a, ia p/i« chaude; gli jopa, «/ 5o«wenf ; jut b— a, moins tempérée; vad, que; p8a —a ; wne e^/îèce ; bl— a, plus douce; te — i, d'hiver; a —a, Ze soleil; gli jubé jubw, e5r bien trop ; p8a —a, un hôte; b-a, Wen accueilli ; ta gsé, p<?wr erre ; cr — a, évité.

SENS LITTERAL.

Tandis que probablement vous jouissez d'un ciel bleu et de grottes rafraichissantes, je suis grelottant ici dans le milieu de l'été; le

TENDRE SOMMEIL SOUS UN ARBRE ; les GROTTES ET LES LACS PLEINS

d'animation sont plaisirs que, dans notre pays, nous pouvons rarement goûter^ si ce n'est en description. Car, dans un climat où la plus chaude saison n'est souvent qu'un peu meilleure qu'une espèce mitigée d'hiver, le sommeil est un hâte trop bien accueilli pour qu'on cherche à l'éviter.

En cherchant le sens littéral, nous avons suflSsamment reconnu

(1) Nous traduisons ainsi, parce qu'en donnant le nom du pays, nous ferions connattre celui de la langue.

que nous n'avions pas une transformation française : dès tes premiers mots, nous perdrions la phrase française de vue si nous disions : quand vous êtes prohablement jouissant hleus deux, etc. Comme nous retrouvons aussi les rafraîchissantes grottes^ la plus chaude saison^ plus douce espèce ^ bien accueilli hâte, nous croyons reconnaître déjà une langue qui mettrait systématiquement l'adjectif avant le substantif, etc.

Sans attacher une trop grande importance à cette dernière réflexion, puisque presque toutes les langues mettent l'adjectif tantôt avant, tantôt après le substantif, et que nous n'avons parcouru que quelques lignes de notre auteur, nous voyons au moins par les comparaisons des deux langues que l'une met plutôt le substantif avant l'adjectif, que le français met plus souvent après.

£n continuant notre examen, nous remarquons que les substantifs sont accompagnés par un article : cette circonstance écarte l'idée que le morceau soii une transformation du latin ou du russe. D'ailleurs, dea gl8, da gla, dea g — Iw, nous montrent le verbe accompagné de son pronom, ce qui est rare en latin, parce que la finale est suffisamment explicative, et, d'autre part, le verbe être est employé quand on le supprime en russe, etc. Nous concluons donc avec certitude que nous n'avons \k ni /«a'w, ni français, ni russe.

Nous pourrions passer en revue les autres langues, et, par la méthode d'exclusion, arriver à celle que nous cherchons; mais il y a ici un caractère significatif et déterminant : nous comptons dans ces lignes dix-sept substantifs, et, tous, sont désignés comme masculins, à l'exception de ceux qui, dans notre traduction, sont figurés en petites capitales et qui représentent des mots appartenant k la langue d'un autre pays. Nous sommes en droit de conclure que dans la langue en question l'idée du genre n'est pas adoptée. L'anglais répond seul (1) à ce caractère, et il accepte sans peine ceux que nous avons

(1) Le turc et le persan offrent aussi cette particularité; mais ils sont^ comme toutes les langues orientales, profondément séparés des langues ^occidentales par Tordre^ la forme et la composiUon de leurs grammaticaux.

36^ LA^Gl:E iNiVERsrxLn.

déjà entrevus. On pourrait le soumettre à d'autres épreuves mînu* lieuses, qu'il supporterait aisément; ainsi, cette langue, qui aime la concision, n'a pas, comme les autres, deux ou plusieurs mots pour exprimer ne que, si ce n'est que ; but, tout seul, remplit cette idée de restriction; et, en terminant ce morceau extrait, l'indication seule de l'infinitif a suffi pour donner une idée de cause que tout autre langue aurait caractérisée par une préposition spéciale.

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