SIBERIE
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La traduction de ces chiffres en langage ordinaire est celle-ci : -I® Les oscillations du baromètre sont très-petites à l’équateur; si nous pouvions les calculer de manière à éliminer complètement la variation diurne, nous trouverions qu'elles sont de 2 millimètres tout au plus. Dans la mer des Indes elles sont deux fois plus grandes, ce qui tient aux perturbations que les moussons déterminent dans l’atmosphère.
La ligne isobarométrique de 4”’“,bl coupe la côte de rAmériqiio du nord dans la baie de Honduras, puis se dirige droit vers l’est, atteint l’Afrique au nord du cap Vert, s’élève ensuite vers le nord, traverse l’Égypte, puis descend vers l'équateur, qu’elle atteint un peu à l’ouest du méridien sous lequel se trouve la pointe do la presqu’île do l lnde. Dans l’hémisphère austral elle se dirige de nouveau vers l’ouest.
La ligne isobarométrique de 9““‘,02 coupe la côte orientale de l’Amérique à l’est de Zacatecas, puis elle s’élève vers le nord, atteint la côte occidentale do l’Afrique entre le cap Bojador et les îles' Canaries, traverse la partie septentrionale du Fezzan et le delta du Nil; puis elle passe entre Bagdad et Ba.ssora, s’incline fortement vers le sud, et se termine près de Calcutta.
La ligne isobarométrique de t.3"“",54 touche la partie boréale du golfe du Mexique, atteint le vieux continent dans la partie nord du royaume de Fez, traverse la Sicile, atteint dans le voisinage
LIGNES ISOBAKOM ETRIQUES. 301
de la Caspienne son point le plus boréal, et descend à l'est vers le sud.
La ligne isobaromélrique de 18“™,0o coupe la partie sud de la baie de Chesapeake, puis s’élève brusquement vers le nord, passe par la partie septentrionale de la péninsule Ibérique, et ce mouvement vers le nord parait se continuer jusque dans l’intérieur do l’Asie.
La ligne isobaromélrique de 22““, 56 coupe la côte orientale de l’Amérique dans le voisinage de Boston, la côte occidentale de l’Europe au nord de l’embouchure de la Loire; se relève toujours vers le nord et atteint sa limite boréale dans le voisinage de Krasnojarsk en Sibérie. A partir de ce point, elle descend de nouveau vers le sud.
La ligne isobaromélrique de 27““, 07 coupe la côte orientale de l’Amérique dans l’état de New-èrunswick , atteint l’Europe dans le voisinage de Londres, traverse la Suède méridionale, passe entre Novogorod et Pétersbourg, et paraît atteindre la mer Glaciale dans le voisinage du cap Taimura. Dans l’intérieur de l’Amérique, elle passe à plusieurs degrés au nord de Fort-Churchill , s’incline ensuite vers le sud à mesure qu’elle s’avance vers l’ouest, et parait se prolonger à plusieurs degrés au nord de Sitcha, puisque dans ce point l’amplitude de l’oscillation mensuelle moyenne n’est que de 25 millimètres; mais ensuite elle se dirige vers le sud-ouest, et laisse dans le nord Ounalaschka , où l’oscillation est de 29 millimètres.
La ligne isobarométrique de 27““, 07 passe par la partie méridionale du Labrador, la partie septentrionale de l'Écosse , la Norvège méridionale ; elle passe au nord de Malo et se prolonge vers le nord.
Quoique l’on ne possède pas de longues séries d’observations dans le nord, cependant la direction des lignes fait voir qu’elles reviennent sur elles-mêmes comme les isothermes, et forment deux systèmes différents. Le centre de ces deux systèmes, ou \es pôles des oscillations irrégulières du baromètre, ne se trouvent pas comme les pôles du froid sur les deux continents, mais ils sont placés sur les mers qui les séparent.
Dans le sud de l’Afrique et dans la Nouvelle-Hollande, la grandeur des oscillations est la même que dans l’Europe occidentale ; mais dans leur trajet du cap de Bonne-Espérance à la Nouvelle- Hollande, ces lignes paraissent se rapprocher de l’équateur : c’est une conséquence de l’agitation de l’atmosphère dans la mer des Indes.
Lorsqu’on 1 831 je lis connaître dans mon Traité de Météorologie la direction des lignes isobarométriques déduite des faits existants, j’annonçai que cet essai devait être considéré seulement comme le prodrome d’un travail plus étendu. Je suis forcé de répéter ici cette observation. La variabilité des éléments d’un calcul semblable nécessite un Irès-grond nombre d’observations faites dans des localités très-rapprocliées. Or, si les séries barométriques connues sont suffisantes pour l’Europe, elles ne le sont pas pour les autres parties du monde. Depuis que j'ai publié cet ouvrage, on possède un plus grand nombre d’observations ; cependant leur accroissement n’a pas été tel qu’il puisse changer notablement les résultats obtenus.
De Saussure, qui a tant Contribué aux progrès de la météorologie, disait que toute hypothèse destinée à expliquer les oscillations barométriques devait rendre compte de leur accroissement avec la latitude. La liaison qui existe entre les changements de température et les changements de pression rend compte de cet accroissement et de la courbure des lignes isobarométriques. Les variations thermométriques tiennent, comme nous l’avons dit précédemment, à ce que les vents mêlent des couches d’air de température différente , en transportant ces masses du nord au sud ou du sud au nord. Plus nous nous éloignons de l’équateur, plus la température moyenne de l’année et des saisons varie pour une même distance lalitudinale. La température moyenne de l’équateur est de 27", 5; celle deTénéritfe, de 2I°,7 : ainsi, pour une différence en latitude de 28" 30', la différence do température n’est que de 5", 8. Mais si nous allons de Ténérifîe à Edimbourg, dont la moyenne est de 8®,6, nous aurons pour une même différence latitudinale de 28° une différence de 13°,l entre les températures moyennes de ces deux points. Ajoutez à cela qu’Édimboiirg se trouve sous un méridien remarquable par l’élévation de sa température. Si nous avions choisi une ville située dans l’intérieur du continent , la différence eifl été plus grande encore. Admettons , pour plus de simplicité , qu’une contrée reçoive l’air provenant de deux autres situées l’une au nord, l’autre au sud, mais équidistantes on latitude; la différence des températures sera d’autant plus grande que ces lieux sont plus éloignés de l’équateur, et les oscillations barométriques croîtront dans le môme rapport. Dans les latitudes élevées nous avons des changements brusques dans la direction du vent, l’aspect du ciel et la hauteur du baromètre. Entre les tropiques, les vents alizés font circuler un air dont la température est unifonne : le thermomètre reste donc pres<iue stationnaire, et les températures