‹ Cours complet de météorologieChapitre 128 sur 194 · CAUSES DE SES VARTATIONS · texte numérisé non relu

CAUSES DE SES VARTATIONS

moyennes du mêine mois, considérées dans plusieurs années différentes, varient beaucoup moins que dans les hautes latitudes. Nous ne trouvons de variations notables du baromètre que dans les parages, tels que la merdes Indes, où des changements dans la direction des vents amènent des changements correspondants dans la températnre.

Quand la température moyenne de l’air change très-rapidement sous le même parallèle , alors les oscillations barométriques sont plus fortes que dans le cas contraire. Le sommet de la courbe des isothermes passe par l’Angleterre occidentale ; mais si nous pouvions déterminer la température moyenne des points situés sur la mer en utilisant les innombrables observations faites par les navigateurs, alors il est probable que le sommet serait reporté dans l’océan Atlantique. Ainsi donc les changements de température dus à l’alternance des vents de N.E. et de S.O. doivent être plus notables dans les lies britanniques que dans l'intérieur du continent; aussi les oscillations barométriques sont-elles plus marquées en Angleterre. Même phénomène sur la côte orientale de l’Amérique , où l’air chaud du Gulfstream et les vents refroidis dans les solitudes glacées du Canada déterminent des variations considérables dans la température.

La direction de ces vents tend à exagérer ces v ariations ; quand ' les vents de S.O. soufflent en Europe pendant l’hiver, ils agissent non-seulement en vertu de leur haute température, qui détermine une diminution notable dans la pression ; mais en même temps le ciel, habituellement couvert, s’oppose au rayonnement du sol, qui se réchauffe à la surface : aussi l’air s’écoule-t-il en plus grande proportion dans les régions supérieures que si les vapeurs ne s’étaient pas condensées en nuages. Réciproquement, lorsque des vents soufflent de l’est , le ciel est serein et le refroidissement du sol très-considérable, d’où augmentation de la pression. Dans l’intérieur du continent, où les vents de mer arrivent chargés d’une moindre quantité de vapeurs, le ciel est en général plus pur, réchauffement du sol moins marqué, et le baromètre plus tranquille.

De ce fait, que le décroissement de la température avec la latitude est d’autant plus rapide qu’on s’éloigne davantage de l’équateur, on peut tirer une seconde conséquence. Si l’on admet que les deux vents qui font monter ou descendre le baromètre amènent toujours de l’air provenant de contrées situées sur la circonférence d’un cercle au centre duquel l’observateur se trouve placé, on comprend que, par des vents chauds soufflant du sud, le baromètre descende moins au-dessous de la moyenne qu’il ne monte par des vents du

nord , qui sont relcilivcmenl plus froids. Tous ces changements oscillant autour de la moyenne, le baromètre doit baisser plus lentement qu’il ne monte ; l’observation confirme cette prévision. Si nous comptons les cas dans lesquels le baromètre monte à partir d’une heure quelconque jusqu’à la même heure du jour suivant, ce nombre est à celui des cas dans lesquels il a baissé comme <0 est à 1 1 ; c’est-à-dire que le temps (pie le baromètre met à monter d’une certaine quantité est à celui pendant lequel il baisse de la même quantité comme 10 est à H. Or, comme il monte par les vents du nord, ceux-ci entraînent une masse d’air qui est à celle que les vents du sud j)euvent entraîner comme 11 est à 10. Ce fait nous explique une circonstance difficile à comprendre dans le tableau des rapports des vents (p. 47). Nous avons trouvé en effet que les vents du nord soufflaient moins souvent que ceux du sud, sous le rapport approché de 10 à 1 1,8 : si donc ils entraînaient autant d’air que ceux du nord, l’atmosphère finirait par se porter vers le j)ôle ; mais nous venons de voir que les vents du nord, comparés à ceux du midi, entraînent une masse d’air plus grande dans la même proportion à peu près, savoir, comme 10 est à 11,3.

ÉTAT ]>n BAROMÈTRE PENDANT XJl PX.UXE. — Déjà ToricelH avait remarqué que le baromètre était bas à l’approche de la pluie; on admit comme positif que la diminution de pression doit amener la pluie , tandis que le temps doit rester beau tant que le baromètre est haut. Si celte coïncidence n’a pas lieu , alors ce sont des lamentations sans fin sur l’inexactitude du baromètre en général, ou des accusations contre celui que l’on observe en particulier. Il serait mieux de gémir de ce qu’un préjugé peut s’enraciner à ce point dans la grande généralité des esprits.

La loi qui préside à toutes les oscillations du baromètre, lesquelles n’indiquent que des différences de température entre des contrées peu éloignées, trouve encore ici son application. Si la baisse de la colonne précède ordinairement la pluie, cela lient à la position particulière de l'Europe ; en effet, les vents de S.O., qui sont les plus chauds, font baisser le baromètre; ce sont aussi ceux qui nous amènent la pluie : de là la co'ïncidence observée. Les veiiLs froids du N.E., au contraire, élèvent la colonne barométrique et s’accompagnent presque toujours d’un ciel pur et serein.

Pendant long-temps les physiciens s’efforcèrent vainement d’ex- * pliqiier la relation qui lie ces deux phénomènes; Deluo est le premier qui l’ait indiquée d’une manière générale; et quoique son hypothèse ne soutienne pas une discussion approfondie, elle est cejiendant généralement adoptée. Un décimètre cube de vapeur

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