‹ Cours complet de météorologieChapitre 129 sur 194 · PENDANT LA PLUIE · texte numérisé non relu

PENDANT LA PLUIE

dVau étant moins lourd qn’un déciinétro cube d’air, Beluo explique toutes les oscillations barométriques par la plus ou moins grande proportion de va|)eur d’eau contenue dans l’alinosphèrc. Eu elTel, quand un certain volume d’air absorbe une certaine quantité do vapeur, il se dilate; l'almospliéro dans ce point est plus haute que dans les points environnants, une partie de l’air s’écoule de tous côtés, et la pression de la partie restante est moindre , à cause de la proportion de vapeurs qu’elle contient. Ce principe établi , il en déduit une foule de conséquences dont voici les plus importantes : 4® Lorsque l’air chargé de vapeurs qui vient de la mer parcourt le continent, la pression atmosphérique diminue sur tout le trajet qu’il parcourt, et le baromètre baisse. 2® Si ces masses d’air humide s’accumulent dans une contrée, les vapeurs finissent par s’élever dans les régions supérieures de l’atmosphère, où elles forment des nuages. Alors le baromètre baisse de plus en plus; non parce que les nuages diminuent le poids de l’atmosphère , mais parce que la proportion de vapeur va toujours en augmentant. 3® Les vésicules des nuages finissent par se réunir, et alors la pluie tombe. 4® Quand le ciel est serein et l’air humide, le baromètre baisse si la rosée est abondante, b® Le baromètre baisse par les vents du sud et de l’ouest, parce qu’ils nous amènent de l’air humide; il monte au contraire sous l’influence des vents secs de l’est et du nord ; aussi pleut-il avec les premiers, tandis qu’il fait beau temps avec les derniers. 6® Si le ciel est pur avec des vents du sud, ou couvert avec les vents du nord, le baromètre ne l’indique pas. 7® L’arrivée de l’airchargé de vapeurs vient elle à cesser pendant la pluie, alors celle-ci entraîne les vapeurs vers la terre; l’air sec afflue de tous côtés, la pression augmente, le baromètre monte, et l’on peut affirmer que la pluie sera de courte durée. 8® Le baromètre commence-t-il à monter uniquement parce que le vent chargé de vapeurs ne souffle plus, alors la pluie peut continuer encore tant qué les nuages sont assez denses pour se résoudre en eau ; mais si le vent saute au N.E., ce vent sec dissout les vapeurs, et les nuages se dissipent instantanément. 9® Quand les vapeurs accumulées dans une région montent dans l’atmosphère, elles se condensent en nuages; il peut alors s’élever un vent qui souffle uniquement dans les régions élevées de l’atmosphère, et chasse les nuages vers un pays où le baromètre est élevé : il y pleuvra sans que le mercure baisse, parce que ce vent n’arrive pas chargé de va[>eurs. Il pleut donc dans ce pays, quoique le baromètre soit haut; et il ne pleut pas dans celui où les nuages se sont formés, quoiqu’il soit bas. 10® Le baromètre indiquant l’état de la colonne d’air tout entière, et l’hy-

30e POIDS DE L’AI MOSPHÈRE

gromèire seulement celui de l’air au lieu de l’observation, la marche- des deux instruments peut être fort ditférente. <1* La chaleur dilate l’air et diminue son poids; elle agit encore bien plus énergiquement sur les vapeurs. Plus la moyenne de l’hiver différera de celle do l’été, et plus la proportion de vapeur d’eau sera différente dans ces deux saisons, plus aussi les oscillations barométriques seront grandes. Car si pendant l’été l’air est chaud et qu’il se charge en outre de vapeurs, le baromètre doit baisser : aussi , dans le Nord , où la différence entre la température de l’hiver et celle de l’été est très-grande, le baromètre oscille beaucoup, tandis qu’il est presque immobile dans le voisinage de l’équateur.

Cette théorie fut accueillie avec beaucoup de faveur, parce 'qu’elle embrassait mieux que toutes celles qui l’avaient précédée l’ensemble des phénomènes. Toutefois son auteur lui-môme l’a tellement modifiée par la suite qu’il n’a pas craint de soutenir que l’air se métamorphosait en vapeur d’eau et même en eau sous l’influence de certaines afTinités, |)our repasser ensuite à l’état d’air dans des circonstances différentes. Les conséquences de détail restaient les mêmes. Mais l’idée fondamentale de l’hyiiolhèse de Seluo est contraire aux plus simples notions de physique et de chimie; car, quand les éléments de l’air se combinent, c’est de l’acide azotique, et non pas de l’eau, qui se produit. Déjà de SauMure, compatriote et contemporain de Deluo, avait montré que les oscillations barométriques ne dépendent pas uniquement des vapeurs; ses arguments ont été corroborés par tous les travaux postérieurs des physiciens sur ce sujet, et cejiendant l’hyiiothèse de Betuo est reproduite dans presque tous les traités de physique et de météorologie de la fin du siècle dernier et du commencement de celui-ci ; rarement les objections de de Sauesure s’y trouvent consignées. Je crois que, sans être persuadés de la vérité des assertions de Beluo, ses contemporains les adoptèrent |K>ur n’avoir pas la peine de les réfuter. Deluo avait édilié un système complet de météorologie, facile à comprendre et à exposer; de Sausiure, au contraire, n’avait donné que des fragments météorologiques disséminés dans ses i'oyages dans les Alpes et dans son Essai sur l' hygrométrie. Il était üitlicilc de les réunir et de les coordonner pour les opiioser à Deluo ■ on préféra les négliger.

Après avoir déterminé la quantité de vapeur contenue dans l’air aux divers degrés du lhermométre et de riiygromètre à cheveu, de SauMure fit connaître un grand nombre de faits qui ne s’accordaient pas avec la théorie de Deluo i car si les vapeurs agissaient comme il le prétendait, les variations barométriques devaient être énor—

Page 1