‹ Cours complet de météorologieChapitre 130 sur 194 · AVEC LA PLI IE · texte numérisé non relu

AVEC LA PLI IE

mes. Supposons en elfet que le point de rosée fût à i.’>® : la tension de la vapeur ferait équilibre à une colonne de mercure de 23 millimètres; si toute cetio vu()eur se précipitait ensuite à l'état d’eau, ce qui n’arrive jamais, le baromètre remonterait de la même quantité. Mais dans nos contrées on n’observe jamais de telles ditîérences dans la quantité de va|)cur d’eau , tandis que les extrêmes des oscillations barométriques dépassent de beaucoup 23 millimètres. Do plus, c’est dans les pays et la strison où la chaleur est la plus forte et l’évaporation tn‘s-aclivo que l’on devrait observer les plus grandes oscillations, c’rrst-à-dire en été et aux environs do l’équateur : or l’expérience montre précisément le contraire.

L’hypothèse de Beluc repose sur un princii)o dont Ballon, Gay- Z.ussao et d’autres ont prouvé la fausseté. A tension égale, un volume d’air humide pèse moins qu’un volume égal d’air sec; i^ais lorsque l’eau s’évapore tranquillement à l’air libre, les vapeurs montent à travers les interstic(*s des particules aériennes, sans avoir d’influence par leur poids ou leur élasticité sur les mouvements de l’air. La pression atmosphérique s’est donc accrue du poids de la vapeur d’eau. Toutes choses égales d’ailleurs, le baromètre doit donc se tenir plus haut dans l’air humide que dans l’air sec. L’observation semble r.onlraire à cette assertion, puisque c’est par les vents chargés de vapeurs (]ue le baromètre est le i)lus bas. .Mais les vents deS.O., qui nous amènent la pluie, sont aussi les plus chauds de tous ; ils tendent à élever la colonne barométrique par la pression de leur vapeur, et à l’abaisser par leur température. r.ette dernière influence étant la plus énergi(iue, la pression diminue, et c’est par leur température que les vents de mer abaissent le baromètre dans nos climats. Dans d’autres pays ils agissent d’une manière différente ; ainsi Flindert a fait voir, dans un travail sur les oscillations barométriqties sur les côtes de la Nouvelle-Hollande, qu’en dehors des tropiques les vents secs qui soufflent de la terre font baisser le baromètre; ce qui s’explique très-bien par les remarques de Pérou sur la température élevée décos vents. A l’embouchure de la IMata, le baromètre se tient plus haut par les vents de mer orientaux que par les vents d’ouest qui soufflent de la terre.

Dans ces recherches nous devons distinguer d’abord l’état du baromètre pendant les pluies continues, et celui qui accompagne des averses courtes et isolées. Si celles-ci sont fréquentes et dues à des nuages (pii s’approchent du zénith, on peut compter sur une ascension du baromètre de plusieurs dixièmes de millimètre : c’est ce qui arrive souvent à l’approche (tes orages; quelquefois aussi

le baromètre redescend à son point de départ lorsque le nuage s’éloigne. Pendant les orages on peut même affirmer que le plus fort est passé lorsque le baromètre cesse de monter ou commence à descendre; cela tient a ce que la pluie qui tombe refroidit les couches inférieures de l’atmosphère, et que de tous les côtés des masses d'air viennent affluer vers ce point. Il arrive aussi que le baromètre monte régulièrement pendant plusieurs jours; dans ce cas les vents du sud ont été chassés par les vents du nord, et là où ils se rencontrent le mélange des couches d’air de température inégale a amené la condensation des vapeurs, alors le baromètre monte sous l’influence de ces vents froids ; c’est ce qu’on voit pendant les orages en hiver. Si l’orage vient du sud et que le baromètre baisse , il remontera après les premiers éclairs.

Mais, en général, par les temps de pluie le baromètre se tient à 5 millimètres environ au-dessous de sa moyenne, hauteur qui correspond aux vents de sud et de S.O. M. d* Buoh a comparé l’élévation du baromètre par les temps de pluie à Berlin, et il a obtenu les résultats suivants :

HACTEUn DU BAROUÈTRE A BERLIN PAR LES TEMPS DE PLUIE.

mm.

Toutes ces hauteurs sont moindres que celles qui accompagnent en général les mêmes vents; il en résulte qu’on ne doit s’attendre à des pluies continues que dans le cas où le baromètre se tient au-dessous de la hauteur correspondant au vent régnant. Ces phénomènes sont en rapport avec ce que nous avons dit sur la formation de la pluie. Dès que les vents de S.O. s’élèvent, il y a diminution de pression et formation de cirrus; mais c’est seulement si le vent continue et si le barflmètre baisse de plus en plus, que la

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