‹ Cours complet de météorologieChapitre 141 sur 194 · DES BROUILLARDS · texte numérisé non relu

DES BROUILLARDS

lèvent plus vile, la sécheresse augmenleen bas, la tension diminue, et on trouve un minimum (]ui succède à la plus grande chaleur diurne. Alors le courant ascendant se ralenlit, les vapeurs ne s'élèvent plus autani, i'àir devient plus humide, la plus grande proportion de particules aériennes ou acpieuses douées d’électricité , qui se trouvent dans le voisinage de l’électromctre , agissent plus fortement sur lui par l'intermédiaire de l’air humide ; la tension augmente, et, à l’heure où la pression de la va|)eur aqueuse est aussi forte que possible, l'électricité atteint aussi son maximum. L’évaporation diminue alors, la vapeur se précipite sur certains corps, une foule de vésicules électrisées disparaissent de l’atmosphère, et la tension électrique diminue toujours jusqu’au lendemain matin. En hiver, où l’évaporation et la végétation sont beaucoup moins actives qu’en été , la tension est cependant plus forte : la raison en est dans le moindre pouvoir isolant de l’air, qui, étant plus humide, permet à un plus grand nombre de particules d’agir sur l’instrument.

Pour suivre ces lois jusque dans leurs détails, il faudrait observer pendant une longue série d’années l'électromètre , simultanément avec les autres instruments, dans différents lieux. Toutefois le petit nombre de faits que nous possédons donnent un haut degré de probabilité à la théorie émise; CÆir en été , où la quantité de vapeur d’eau est bien plus petite pendant l’après-midi que lo soir ou le matin , nous trouvons la plus grande diminution de l’électricité dans l’après-midi : alors les vapeurs montent rapidement vers les couches supérieures, leur quantité augmente, et l’humidité relative change beaucoup moins que dans le bas; elle est mémo plus forte l’après-midi que le matin, et l’électricité n’atteint son maximum que dans l’après-midi. Peut-être en est-il de même sur les bords de la mer; car en hiver, où l’air atteint son maximum d’humidité dans l’après-midi, l’électricité atteint le sien à la même époque (voy. la note E).

Bl.Z:CTflICITé BE BA ROSÉE ET OES BROUIXXARDS.

— Quand la vapeur d’eau se précipite dans l’atmosphère, une plus ou moins grande quantité d’électricité positive devient libre. Toutefois l’augmentation de la tension électrique tient- elle à ce que Tair humide permet à des particules plus éloignées d’agir sur l’électromèlre, ou bien l’électricité devient-elle libre lors de la précipitation des vapeurs de la même manière que la chaleur latente ; c’est ce qu’il est difficile de décider. En effet, l’électricité est assez forte quand la rosée se dépose; si celle-ci est abondante, alors le maximum de la i)ériode diurne a lieu vers le soir. Les signes d’é-

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leclridté sont aussi très-marqués pendant le brouillard ; tous les observateurs l’ont reconnu, et de Saunure aHirme n’avoir jamais vu do brouillard sans un développement notable d’électricité. En général elle est |>nsilive et plus forte en hiver qu’en été, d’après les observations de Sohûbler. L’électricité est d’autant plus forte que les brouillards sont plus épais; rarement ils donnent des signes d’électricité négative ; toutefois ces phénomènes sont trop peu connus pour que je puisse en parler avec plus de détails.

L’opinion reçue sur l’augmentation de l’électricité pendant la formation des brouillards demande à être soumise à de nouvelles expériences. Nous ne devons pas perdre de vue qu’il n’existe qu’un petit nombre d’expériences sur l’électricité atmosphérique. Pendant des mois entiers, les météorologistes n’observent pas les instruments. Survient-il un orage, ou bien les pailles de l’électromètre divergent-elles fortement, alors ils les regardent et notent leurs indications. Mais on ne saurait conclure de ces indications si la divergence était forte ou faible relativement à la divergence moyenne. D’après mes observations de Halle, je serais tenté de croire qu’avec le brouillard rélectricité est plus faible que par un temps clair et humide. Sur les Alpes j’ai toujours trouvé dans ces circonstances une forte électricité positive; mais dès que des nuages s’approchaient son intensité diminuait, et elle était presque nulle quand j’étais entouré de nuages : à Halle, mômes remarques. C’est à l’expérience à décider si ce sont des faits exceptionnels résultant de ce que l’électricité s’est écoulée facilement dans le sol parce que l’air était humide, ou si c’est l’état normal et habituel.

écECTRlcXTÉ PENDAKT X.A PX.UI13. — Lorsque de la pluie ou de la neige tombent des régions supérieures de l’atmosphère, il y a en môme tenq>s production d’une quantité d’électricité plus ou moins foi te; c’est seulement pendant les pluies douces et continues qu’on n’en observe point de traces : dans ce cas l’électricité est tantôt positive, tantôt négative. D’après les observations de Schabler, il y a dans l’Allemagne méridionale 100 pluies [lositives sur lij.") négatives; d’après celles de Hemmer à Mannheim, 100 positives sur 108 négatives ; dans les deux séries, ces dernières sont plus communes. La direction du vent n’est pas sans influence sur ces différences. Si nous désignons par 100 le nombre des pluies positives avec chaque vent, nous trouvons les nombres suivants pour le nombre des pluies négatives avec les mêmes vents.

PENDAirr LA PLUIE.

KOMBRE DES PLUIES NÉOATITES PAR CHACUN DES A’ENTS, CELUI DES PLUIES POSITIVES ÉTANT ÉGAL A 100.

BCIIUBLER.

HEMMER.

Avec les vents du nord , le nombre des pluies positives est donc ■s. relativement plus grand qu’avec les vents du sud ; la différence des deux nombres obtenus par Schobler et Hemmer tient à des circonstances locales et aux conditions climatériques qui n’étaient pas les mêmes. En résumé : leurs observations prouvent que pendant le cours d'une année la plupart des pluies sont positives, tandis qu’elles sont négatives dans une autre. Aussi des résultats annuels peuvent-ils être fort différents de la moyenne générale.

Quelle est l’origine de celte électricité négative? Schabler, Trallet, Volta et d’uutros expliquent le phénomène par l’évaporation des gouttes d’eau : quand elles traversent un'air sec elles se changent partiellement en vapeurs qui entraînent l’électricité posi- ■* tive, tandis que les gouttes restent à l’état négatif. Cette hypothèse * est confirmée par ce fuit d’observation , que dans le voisinage des

, cascades, où un grand nombre de gouttes sont lancées en l’air, on

trouve toujours des traces d’électricité négative plfis ou moins marquées. Plusieurs expériences faites par Belli rendent celte hypothèse peu probable. Si l’on isole un jet d’eau artificiel, tel qu’une fontaine de héron, et qu'on le place par un temps serein dans.un endroit découvert où réleclricilé atmosphérique soit forte, les gouttes seront négatives, le vase positif; si l’expérience est renouvelée par un temps sec sur des points où il n’y a point de signes d’électricité 'atmosphérique, il n’y aura d’électricité ni sur le vase, ni sur les gouttes, quoique l’évaporation soit la même : ce n’est donc pas à

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l’évaporation, c’est à l’influence, comme le dit très-bien BelU, qu’est due l’électricité. Quand le jet d’eau s’élève vers un ciel serein électrisé positivement, celui-ci agit par influence; le jet d’eau s’électrise positivement en bas, négativement en haut; mais dès que l’air est sans électricité l’action par influence n’a plus lieu et il n'y a pas trace d’électricité. Il en est de même d’une cascade : elle s’élecfrise négativement en haut, positivement en bas; l’électricité vitrée s’écoule dans le sol , l’autre reste unie aux gouttes liquides.

Ainsi donc, quoique l’évaporation puisse développer de l’électricité négative dans les gouttes qui tombent, l’action par influence est beaucoup plus énergique; souvent les nuages ont une forte électricité positive, tandis que celle du sol est négative. S’il y a deux couches . de nuages au ciel et que la pluie tombe principalement de l’inférieure, toutes deux sont électrisées positivement; mais l’état électrique de l’inférieure est modifié par celui du sol : elle devient positive à sa face inférieure, négative à la suj)érieure. La pluie est alors positive. Bientôt non-seulement la face inférieure du nuage mais encore le sol redeviennent neutres; aussi , au bout d’un certain temps, ne trouve-t-on plus le moindre indice d’électricité jusqu’à ce que, sous l’influence du nuage supérieur, l’inférieur se charge d’une grande quantité d’électricité négative libre. Les gouttes qui en tombent seront donc négatives; mais si un coup de vent condense de nouveau la vapeur d’eau dans le nuage, alors on trouve derechef que les gouttes d’eau sont électrisées positivement.

Chaque fois que j’ai pu suivre ce phénomène, je me suis assuré de l’action du nuage supérieur sur l’inférieur. Dans d’autres c.a3, le nuage agit sur les gouttes de pluie elles-mêmes et change leur état électrique. Ceci bien compris, l'influence des vents sur l’état électrique de la pluie s’en déduit aisément.

D’après ce que nous avons vu précédemment, l’origine de la pluie par les vents du nord ou du sud est bien différente. Si , par un ciel serein, la température est élevée durant plusieurs jours, le baromètre commence à baisser, quelques cirrus se forment dans les hautes régions en même temps que le vent du sud devient dominant; les cirrus s’étendent, le ciel devient blanchâtre, et l’électricité positive augmente dans scs couches inférieures. Le baromètre conlinuant à baisser, il se forme des cumulus dans le bas, et la pluie commence. Au momentoù ils se produisent, le cumulus et la pluie sonttous deux électrisés positivement. Bientôt l’électricité négative s’accumule à la partie supérieure du cumulus, et la pluie.ellemêine finit par devenir négative ; mais comme par les vents du nord

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