FORMATION DES ORAGES
il n’y a souvent qu’une seule rouche de nuages, cette action par influence n’a pas lieu et la pluie est plus souvent positive. En hiver la neige tombe ordinairement d’une seule couche, aussi est-elle presque toujours positive.
FORMATION DBS ORAGES. — Dans aucun phénomène l’électricité ne se manifeste d’une manière aussi évidente que dans celui-ci; mais il n’en est point où son rôle soit plus difficile à analyser. Les nuages orageux sont en général d’abord petits, et grossissent rapidement, en ce qu’ils semblent s’accroître par la précipitation des vapeurs qui les entourent; en peu de temps ils recouvrent le ciel, dont le bleu est ordinairement très-pâle. Dans d’autres cas il se forme sur différents points de l’horizon des nuages qui restent isolés ou finissent par se réunir; ils sont caractérisés en ce que les cirrus des parties élevées de l’atmosphère passent à l’état de cirro-cumu/as épais, et les cumulus forment une masse compacte et uniforme de cumulo-stratus : c’est ce que l’on voit bien, surtout, quand l’orage se forme à l’horizon. La masse entière présente des oppositions de lumière fort remarquables; dans rpielques points elle est d’un gris foncé, et dans d’autres elle offre des couleurs brillantes passant au jaune : on y voit des stries allongées d’un gris cendré. Quand le soleil est près de se coucher, ces nuages sont jaunâtres à l’ouest, cette couleur passe au gris et au bleu, et il semble qu’on regarde le paysage à travers un verre jaune ou orangé.
Souvent l’orage se forme plusieurs heures avant d’éclater. Le malin le ciel est complètement pur, vers midi on remarque des cirrus isolés qui donnent au ciel un aspect blanchâtre ; le soleil est pâle et blafard, il y a des parhélies ou des couronnes autour du soleil. Plus tard les cumulus apparaissent, et en s’étendant ils se confondent avec la couche supérieure. Peu de temps avant que l’orage n’éclate on voit une troisième couche, que l’on remanjue surtout dans les pays do montagnes ; toutefois je l’ai aussi aperçue dans les plaines de l'Allemagne , quoique moins bien que sur les Alpes*.
La formation des orages est précédée d’une baisse lente et continue du baromètre, comme cela doit être quand des cirrus occu-
' Dans sa notice sur le tonnerre (Annuaire du bureau det Longitudes pour 18381, M. Arago a fait voir que les orages pouvaient être engendrés par un certain nombre de nuages agglomérés ou superposés; mais il cite aussi plusieurs exemples empruntés à Marcoreile, Dukamel du Monceau et M. Iloaaard où la foudre est sortie d'un nuage isolé très-petit. Ces faits sont contraires ù l’opinion de Fraukiiu, de Saïuaure, et de Heccaria, qui n'admetteut pas qu’un nuage unique puisse être orageux. Ce sujet réclame donc l’attention des observateurs.
3i8 ÉLECTRICITÉ.
pent locifli. Le calme de l’air et une chaleur étoufTante, qui lient au manque d’évaporation de la surface de notre corps, sont des circonstances tout à fait caractéristiques. Cette chaleur n’affecte pas proportionnellement le thermomètre ; elle est propre aux couches inférieures de l’air, car elle décroît rapidement avec la hauteur. Ainsi des observations correspondantes à Munich et sur quelques montagnes de la Bavière font voir que dans l’après-midi des jours d’orage le décroissement était de 1“ pour 78 mètres, savoir, deux fois plus rapide que ce qu’il est en moyenne. Les observations du Saint-Golhard, comparées à celles des villes voisines, prouvent la même chos«); les anomalies de la réfraction terrestre que l’on observe alors conduisent au même résultat. Le matin le décroissement de la température étant ordinairement fort lent, il en résulte nécessairement dans l'après-midi un courant ascendant très-intense, qui entraîne les vapeurs vers les régions supérieures do l’atmosphèro, où elles se condensent rapidement.
DE D’ÉCDAlft. — Quand la précipitation instantanée de la vapeur d’eau dégage une certaine quantité d'électricité, alors il y a étincelle, comme nous le voyons dans nos expériences de cabinet; cette étincelle va d’un nuage à l’autre ou d’un nuage à la terre. On peut distinguer de loin ces deux genres d’éclairs. Si l’éclair joint deux nuages dont la hauteur est inégale, alors le ciel est éclairé irrégulièrement; on remarque un point où la lumière est plus intense, mais elle n’est point nettement circonscrite : à partir de ce centre, la lumière va en diminuant d’intensité. L’éclair va-t-il d’un nuage à la terre, alors on observe un sillon de lumière étroit, éblouissant, bien limité et entouré d’une lueur moins inlen.se : on observe cette même bande quand elle joint deux nuages qui sont à hauteur égale, et que dos nuages inférieurs ne nous en dérobent point la vue; dans ce dernier cas nous n’apercevons qu’une lueur, comme dans le premier. Ajouterai-je que ces éclairs sont identiques, mais que la vue immédiate des premiers nous est dérobée par les nuages qui passent devant eux.
Si l’éclair était immobile, il nous apparaîtrait sous la forme d’un globe de feu; souvent de forts éclairs se terminent ainsi à leur extrémi:é antérieure. L’éclair affecte la forme de zigzag, comme l’étincelle de nos machines; peut-être a-t-il réellement la forme d’une hélice, dont la projection paraît une ligne brisée. L’inégale conductibilité de l’air explique cette marche do l’éclair et aussi ses bifurcations. Pendant de violents orages, l’éclair principal émet des branches latérales ou paraît ramifié à son origine. Dans un orage très -fort qui eut lieu à Halle en juin 1834, l’éclair avait