‹ Cours complet de météorologieChapitre 143 sur 194 · ÉCLAIR · texte numérisé non relu

ÉCLAIR

l’apparenco d'une colonne vertébrale avec lea côtes qu’elle supporte.

En général, la couleur de l’éclair est d’un blanc éblouissant; je l’ai vu cependant souvent tirer sur le violet. En 1834, plusieurs habitanls de Halle ont fait la même rcmanpie; les éclairs claieut fort élevés et avaient lieu par conséquent dans un air raréiié : or on sait que si l’on fait passer une étincelle à travers la cloche de la machine pneumatique, sa lueur est d’autant plus violette que le vide est plus parfait.

On admet généralement que l’éclair se meut de haut en bas; toutefois il existe de nombreux exemples où il a suivi une direction opposée. L’étincelle part probablement à la fois des deux corps, comme un le voit quand on approche une sphère des conducteurs d’une machine électrique. J’ai remarqué plusieurs fois sur des nuages de même hauteur que deux éclairs [lartaient de chacun d’eux, et se réunissaient au milieu de l’intervalle qui les séparait '.

TOSnfB&RB. — Plus ou moins long-temps apres l’éclair on entend le tonnerre; ce bruit résulte du déplacement de l’air par l’étincelle et l’irruption de l’air environnant, qui vient remplir le vide formé, comme cela arrive quand on ouvre un étui bien fermé. Le tonnerre suit l’éclair parce que le son, parcourant 333 mètres par seconde, n’arrive pas aussi vite à notre oreille que la sensation lumineu.*e.

Le bruit du tonnerre n’est pas le même, suivant qu’on est plus ou moins éloigné de l'éclair; ainsi, quand le tonnerre tombe à la surface de la terre, ceux qui se trouvent dans le voisinage entendent un bruit sec plus ou moins fort qui cesse à l'instant même. Des observateurs placés un peu plus loin entendent une série de bruits qui se succèdent rapidement; ces derniers dilfercnt complètement des roulements du tonnerre, surtout quand les explosions

‘ M. Aimf {Annuaire pour 1836| distingue trois espaces d'éctairi :

l* Les éclairs ch sillons , qui décrivent ordinairement des zigxags dunsrespacc; qnelqiiefois ils se bifurquent ou se trifurquent 4 leur extrémité. Quelques faits ounneraient même à penser que leur division peut aller bien plus loin. Ainsi, le 3 juin 1765, la foudre pénétra au même instant p,-ir quatre points diflerents et fort éloignés ies uns des autres dans le collège de Pembroke à Oxford; et, en avril 171S, vingt-quatre églises furent foudroyées aux environs de St-Ful-de-L.éon, quoiqu’on n'eût entendu que trois coups de tonnerre,

2® Les éclairs diffus, qui se présentent sous la forme de lueurs qui illuminent les contours des nuages; ce sont les plus communs et les plus fréquents dans un orage.

3* Les éclairs sphériques ou globes de feu. Ceux-ci se meuvent aveelenteur des nuages à la terre, et sont visibles pendant plusieurs secondes. M. Ar>go e.i cite un grand nombre d'exemples.

M. Arigo démontre ensuite que les éclairs de la première et de la seconde classe n’oDt psis une dorés égale A la millième partie d’une seconde de temps.

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se font entre des nuages. Le roulement dure plusieurs secondes, môme une minute, et ne va pas en diminuant de force; au contraire, il semble se renforcer de temps en temps, et parait entremêlé de coups plus violents, comme le bruit produit par une masse qui roule sur un escalier. Le bruit faible au commencement s’accroît successivement, et n’atteint sa plus grande force qu’au bout d’un certain temps.

Il est diflicile d’expliquer le roulement du tonnerre; on ne saurait le comparer au retentissement d’une corde mise en mouvement. Les anciens physiciens n’y voyaient qu’une répercussion du son par la terre, hypothèse qui semblait d’autant plus probable que le roulement est bien plus fort dans les pays de montagnes que dans les plaines : toutefois, comme on l’entend aussi en pleine mer, on pensa que les nuages répercutaient le son. Seluo objecta le premier qu’d était peu probable que des nuages, c’est-à-dire des brouillards, dont les limites sont à peine définies, pussent réfiéchir le son ; cependant je ne regarde pas cette réflexion comme tout à fait imiwssible, quoique j’explique le roulement d’une autre manière. En comparant des phénomènes optiques analogues, nous trouverons qu’d y a réflexion dés que les propriétés de réfraction et de dispersion de la lumière viennent à changer. Quelques faits observés par les académiciens de Paris pendant leurs expériences sur la vitesse du son semblent favorables à cette hypothèse. En effet, quand il y avait des nuages entre les deux stations, Montmartre et Montlhéry, alors les coups de canon imitaient jusqu’à un certain point le roulement du tonnerre , ce qui n’avait jamais lieu quand le ciel était serein.

La nature de l’éclair joue, suivant Brandei, Helvig et Raschîg, un rôle important; car ce sont les éclairs qui se dirigent en haut ou latéralement qui sont accompagnés de roulement, tandis que l’éclair qui frappe un objet s’accompagne d’un bruit sec et court. Si l’on admet que l’éclair se compose d’une série de petites explosions, comme le prouvent les expériences optiques do M. X>ove, chacune de ces explosions doit produire un bruit. Dans un éclair qui tombe, le bruit causé par la première explosion arrive à l’oreille do l’observateur en même temps que celui de la dernière ; mais dans un éclair horizontal les bruits produits à une plus grande distance arrivent plus tard que les autres, et un éclair qui dure une seconde, mais qui s’étend sur une longueur de peut-être 2000 mètres en ligne droite, produira un bruit qui durera 7 secondes.

La forme en zigzag de l’éclair, sur laquelle Helvig a insisté,

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