‹ Cours complet de météorologieChapitre 144 sur 194 · TO»ERRE · texte numérisé non relu

TO»ERRE

n’est pas d’une moindre importance. li a vu dislinclemenl un éclair arriver sur la terre en quatre sauts, et il a entendu quatre bruits d’intensité différente. Évidemment les bruits doivent arriver à l’oreille dans des intervalles différents; et comme c’est aux angles que le bruit est le plus fort, à cause de la compression de l’air, il en a déduit l’inégale intensité du son.

Comme dans tous les phénomènes compliqués, il y a ici deux causes agissantes : l’écho et l’inégale distance des explosions ; mais pour expliquer leur intensité inégale et les intervalles de silence suivis d’un renforcement du son , nous sommes obligés d’admettre l’interférence des vibrations sonores. Le son se mouvant à partir du point où il est produit dans tous les sens, il en résulte des ondes sphériques qui sont telles que si, dans un moment donné, l’air d’une ^rie de ces sphères est d’une densité très-faible, tandis que les sphères qui les séparent en ont une très-forte, il en résulte que dans le moment suivant ces séries changent de rôle. Supposons qu’à une certaine distance un second système ondulatoire, de même force et de même hauteur, soit engendré, alors tous deux se croisent sans entraver leur extension mutuelle; mais sur certains points déterminés dams chaque système il y a une grande différence dans l’intensité du son. Cardans les points où les deux systèmes rendent l’air alternativement plus dense et moins dense, le mouvement est plus rapide et le son plus intense que s’il n’y avait qu’une seule onde sonore. Dans d’autres points ces deux systèmes se rencontrent et tendent, l'un à condenser, l’autre à raréfier l’air; ils agissent par conséquent en sens opposé. Si leurs actions sont égales , leurs effets se détruisept; sont-elles inégales, il ne reste que l’excès de la plus forte sur la plus faible ; nous trouverons donc une série de points où le son sera plus fort et plus faible suivant les circonstances, comme s’il n’y avait qu’un seul son originel. On peut se figurer ces effets de la manière suivante : dessinez sur un plan deux systèmes de cercles concentriques dont le diamètre croisse régulièrement de la mémo quantité, d’un millimètre par exemple; le 1®'', le 3*, le o* etc. de ces cercles seront désignés par des lignes ponctuées ; le ü®, le 4' etc. par des lignes pleines : ceux-ci désignent la série de points où l’air est plus dense, ceux-là les points où l’air est raréfié. Si , à une certaine dislance , on trace des cercles autour d’un second centre peu éloigné, le son sera renforcé aux points où les lignes du même genre se rencontreront, - et affaibli à ceux où des lignes ponctuées couperont les lignes pleines. Si nous joignons par des lignes les différents points d’intersection des cercles, nous verrous que les poipts à sons intenses et ceux à

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sons faibles occu[)ent des lieux délertninés. On peut se ûgurer les deux centres de ces systèmes d’ondulations comme placés à l'extrémité des deux branches d’un diapason; si on les met en mouvement et qu’on fasse tourner en mémo temps le dia^iason autour de son axe, on entendra des accroissements et des affaiblissements très-réguliers du son.

Il est probable que ces inicrférences jouent un rôle dans ce phénomène; comme dans les autres sons, le mouvement ondulatoire continue encore un certain temps après que la cause a cessé d’agir; chaque [Kiint que l’éclair frappe devient le centre d’un système ondulatoire. Toutefois nous admettrons, pour plus de simplicité, que les angles seuls du zigzag soient les centres de pareils systèmes. Le bruit du tonnerre arrive de l’angle le plus rapproché du zigzag, puis d’un second point. Si les ondes se rencontrent, le son sera renforcé; si cela n’arrive pas, il sera affaibli ou nul, et recommencera avec une nouvelle intensité quand les ondes correspondantes d'un ou de plusieurs systèmes d’ondulations se rencontreront.

Je ne saurais expliquer d’une autre manière toutes ces circonstances; car, si nous prenons pour point de départ l’éloignement de la source sonore, le tonnerre devrait avoir sa plus grande intensité au début, puisque c’est le son le plus rapproché qui nous arrive le premier. Si nous supposons que les bruits isolés se renforcent en s’ajoutant les uns aux autres, alors le bruit du tonnerre devrait être faible en commençant, puis devenir de plus en plus fort, atteindre un maximum et diminuer ensuite. Ce n’est que dans les circonstances les plus favorables, et par conséquent fort rares, qu’on entendrait le roulement. Nous voyons aussi pourquoi le roulement est bien plus marqué pendant les orages éloignés que dans ceux qui éclatent dans [e voisinage de l’observateur. En effet, ces interférences ont lieu surtout quand les ondes sont comprises dans un angle aigu ; ce qui arrive plus souvent avec des éclairs éloignés que quand ils sont rapprochés. 11 est probable que de deux ol^rvaleurs éloignés chacun entend son tonnerre, en ce que l’un l’entend avec beaucoup do force dans le moment même où l’autre n’enteud rien et vice versa. Si l’observation parvenait à constater ce fait, ce serait la preuve de ce que nous venons de dire *.

’ Quelle est la durée da roulement du tonnerre observé en pays de plaine et correspondiint à un seul éelair? Telle est la question que M. .4rago s'est posée dans la notice remarquable que nous avons déjà citée, i.ea observations faites par de risle. à Paris, donnent 36 & 4b secondes pour la durée des plus longs roulements qu'il ait observés.

L'inUrvaJle qui s’écoule entre l'éclnir et le tonnerre varie ordinairement de 3 à

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