EFFETS DE LA FOUDRE
EFFETS DE 1>A FOUDRE. — Quand in foudre tombe à la surface du sol, elle suit, comme toute étincelle électrique, les meilleurs conducteurs ; aussi s’atfaclie-t-elle principalement aux métaux. Toutefois il peut arriver qu’elle quitte un métal pour un corps moins bon condurteur quand celui-ci la conduit plus directement vers le sol. Après les métaux, ce sont les substances humides qu’elle suit de préférence : c’est pourquoi des hommes et des animaux sont souvent foudroyés et tués, ou seulement étourdis. Dans le premier cas, la mort parait causée par un ébranlement du système nerveux ; car les personnes mortes conservent encore la même position qu’elles avaient avant d’être frappées- par la foudre. Ces cas no sont pas très-communs. .A Gœttingue, dans l’espace d’un siècle, trois personnes seulement ont été tuées par la foudre ; et à Halle, deux seulement >. Aussi la crainte du tonnerre n’est-
16 secondes ; mais il peut être de 50 et même de 72 secondes. L’espace de temps qui sépare l'éclair des éclats du tonnerre ou de leur bruit maximum oscille entre 12 et 26 secondes, d’après les observations faites par dr l’Isle en 1712. Ilobcrt Ilooke [ Poslhummtt Works , p. 424) est le premier, selon M. qui ait bien
expliqué le roulement du tonnerre, u Les éclairs, dit-il, n'occupent qu’un point dans l'espace et donnent lieu à un bruit court et instantané. Les éclairs multiples au contraire sont accompagnés de roulement, parce que, les ditTêrentcs parties do longues lignes que ces éclairs occupent se trouvant en général à des distances di- Tcrses, les sons qui s’y engendrent, soit successivement, soit au même instant physique, doivent employer des temps graduellement inégaux pour venir frapper I oreille de l'observateur. »
' Les recherches de M. Arago ne confirment pas l’opinion de M. Kaemts sur la petit nombre de personnes foudroyées. Sans doute, .si l’on n’examine qu’une localité ou une ville, le nombre des victimes est très-limité; mais il n’en est pas ainsi quand on considère un pays tout entier. Ainsi, en 1819, on a eu connaissance do 20 personnes tuées en France par le tonnerre. Aux Etats-Unis, suivant Volney, il y eut, en 1797, depuis le mois de juin au 28 août, 24 personnes frappées, dont 17 mortes.
Le danger augmente, comme on le comprend bien, pour les hommes placés ■or des points très-élevés. En voici le triste. exemple. M. Buchwaliler, ingénieur suisse, avait établi un signal géodésique sur le sommet du Sentis, dans le canton d’Appenzell. Ce sommet est à 2501 mètres au-dessus du niveau de la mer. u Le 4 juillet 1832, dit-il, il plot abondamment vers le soir, et le froid et le vent devinrent tels qu’ils m’empêchèrent de dormir toute la nuit. A 4 heures du matin la montagne était couverte de nuages, quelques-uns passaient sur nos têtes; le vent était très-violent. Cependant, de plus gros nuages venant de l’ouest se rapprochaient et se condensaient lentement; à 6 heures la pluie recommença et le tonnerre retentit dans le lointain. Bientôt le vent le plus impétueux annnça une tempête. La grêle tomba en telle abondance qu’en peu d'instants elle couvrit la Sentis d’une couche glacée qui avait 4 centimètres d’épaisseur. Après ces prélimir naires l’orage parut se calmer, mais c'était un silence, un repos, durant lequel la nature préparait une crise terrible. En effet, à 8 heures 15 minutes le tonnerregronda de nouveau; et .son bruit, de plus en plus rapproché, se fit entendre presque sans interruption jusqu'à 10 heures. Je sortis pour aller examiner le ciel et mesurer la profondeur de la neige à quelques pas de la tente.
r> A peine avais-je pris cette mesure que 1% foudre éclata avec fureur et me força à me réfugier d.ans ma tente ainsi que mon aide, qui y apporta des aliments pour prendre son repas. Nous nous couchâmes tous deux côte à côte sur une planche. Alors un nuage épais et noir comme la nuit enveloppa le Sentis; la pluie et la grêle tombaient par torrents; le vent soufflait avec fureur; les éclairs rapprochés et confondus semblaient un incendie; la foudre brisée en éclairs mêlait scs coups
Di.1 ‘.zid by
elle nullement excusable ; et elle ne peut tenir qu’à des préjug(^s inculqués aux enfants par des parents ignorants qui leur apprennent à voir dans le tonnerre un signe de la colère céleste , dont les foudres atteignent les méchants et les impies. Déjà idiorèce avait réfuté en vers admirables ces préjugés absurdes, quand il dit, liv. vi, vers 416, en parlant du maître des dieux :
Poslremo, cur $ancla Deûm delubra, tuasqut Disculil infetlo prœlaras /ulmine sedes ,
Et bette facta Dtim frangil timulncrn î suisqve Démit imaginibue vioUiito vulnere honorcmf Attaque cur plerumque petit loca , plurimaque hujut M$nttbutin tummit vestigi i ccntimus ignisf
Si le tonnerre rencontre sur son chemin des corps mauvais conducteurs, il les perce, les brise, les disperse au loin avec une force
précipités qui, se heurtant contre eux-mêmes et contre les flancs du la montagne,
, répétés indéflniment dans l’espace, étaient tout à la fois un déchirement aigu, un retentissement lointain, un sourd et long mugissement. Je sentis que nous étions dans le centre même de l’orage, et l’éclair me montrait cette scène dans toute sa beauté, ou dans toute son horreur Mon aide ne put se défendre d’un mouvement d’effroi, et il me demanda si nous ne courions pas quelque danger. Je le riissurai en lui racontant qu’à l’époque oi'i MM. Biot et Arago faisaient leurs observations géodésiques en Espagne ia foudre était tombée sur leur tente , mais n’avait que glissé sur leur toile sans les toucher eux-mêmes. J’étais tranquille en effet ; car, habitué au bruit de la foudre, je l’étudie encore quand elle me menace de plus près. Ces paroles me ramenèrent pourtant à l'idée du danger, et je le compris tout entiér.
» En ce moment un globe de feu apparut aux pieds de mon compagnon , et je me sentis frappé à la jambe gauche d’une violente commotion qui était un choc électrique. Il avait poussé un cri plaintif : Ah! mon Dieu! Je me retournai vers lui , et je vis sur son visage l'effet du coup du foudre. Le câté gauche de sa figure était sillonné de taches brunes ou rougeâtres. Ses cheveux, ses cils, scs sourcils étaient crispés et brûlés; ses lèvres, ses narines étaient d’un brun violet : sa poitrine semblait se soulever encore par inst.ants; mais bientôt le bruit de la respiration cessa. Je sentis toute l’horreur de ma position, mais j'oubliai ma souffrance pour chercher à porter secours à un homme que je voyais mourir. Je l’appelai, il ne me répondit pas. Son oeil droit était ouvert et brillant: il me semblait qu’il s’en échappait un rayon d’intelligence, et je me livrais à l’espoir; mais l’oeil gauche demeurait fermé, et, en soulevant la paupière, je vis qu’il était terne. Je supposais cependant qu’il restait de la vue du côté droit, car si j’essayais de fermer l’œil de ce côté, essai que je répétai trois fois, il se rouvrait et semblait animé. Je portai la main sur le cœur, il ne battait plus; je piquai ses membres, le corps, les lèvrc-s avec un compas : tout était immobile ; c'était la mort, et je n’y pouvais croire. La douleur physique m’arracha enfin à cette fatale contemplation. Ma jambe gauche était paralysée et j'y sentais un frémissement, un mouvement extraordinaire. J’éprouvais en outre un tremblement général, de l’oppression, des battements de cœur désordonnés. Les réflexions les plus sinistres venaient m’assaillir. Allais-Jc périr comme mon malheureux compagnon! Je le croyais à mes souffrances, et pourtant le raisonnement me disait que le danger était passé. J’atteignis avec la plus grande peine le village li'Alt St-Johann. Les instruments avaient été pareillement foudroyés. » [Érgebnisse dtr trigonometriichea Vermessungen in der Schweie, p. ll.|
Dans les Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. vm, p. 174, on trouve un exemple de quatre matelots frappés de la foudre nu sommet du grand mât d’un vaisseau de ligne anglais, le Rotlney. ’ M.
OI)i:UR DK LA FOUDRK.
irrésistible ; ainsi, le 6 août 1809, le tonnerre a déplacé prés do Manchester un mur de 0"‘,9 d’épaisseur sur 3“*, 6 de hauteur, placé entre une cave et une citerne. La partie déplacée était éloignée de sa position primitive de 1“,£ d’un côté et l“,8 de l’autre, et spn poids s’élevait ù 19240 kilogrammes. Four estimer toute la force employée il faudrait tenir compte de la cohésion des parties, ce qui conduirait à un nombre encore plus considérable. On a observé un grand nombre d’exemples analogues.
Quand la foudre tombe sur des corps combustibles, elle les enflamme, les carbonise à la surface ou les réduit en éclats; peutêtre, dans ce dernier cas, l’explosion est-elle si forte qu’elle éteint le feu à l’instant même , de la même manière qu’une forte étin celle électrique disperse la poudre à canon , tandis qu’une étincelle plus faible l’enflamme aussitôt. Ai-je besoin d’ajouter qu’un incendie allumé par la foudre s’éteint aussi facilement qu’un autre.
PARATONNERRE. — X peine Franklin se fut-il convamcu de la nature électrique de la foudre, qu’il indiqua le moyen de la détourner des édifices : tel est le but des paratonnerres, qui otfrent à la foudre une route jilus facile que la pierre ou le bois. Ainsi l’on place au sommet une barre de fer communiquant avec un conducteur de fil de fer tordu qui plonge dans un sol humide; l’expérience prouve que dans ce cas la foudre suit cette route sans endommager l’édifice. Je n’entrerai pas dans de plus grands détails sur ce sujet; on les trouvera dans les instructions publiées à ce sujet par MM. Gay-X>uuao et Arago.
L’expérience ayant montré que le tonnerre était alors sans effet, on a cru qu'on pourrait dissi[)er les orages si l’on élevait un grand nombre de paratonnerres qui neutraliseraient l’éleclricité atmosphérique. Mais quand même il serait certain , ce qui ne l’est pas, que les orages sont engendrés par l’électricité, je doute encore que des milliers de paratonnerres pussent avoir quehpie influença ' sur des nuages orageux. Ainsi à Zurich et aux environs les maisons sont hérissées de paratonnerres, et je ne sache pas que les orages y soient plus rares que dans toute autre contrée.
ODEUR DE I.A FOUDRE. — Près do l’endroit où le tonnerre est tombé, on sent une odeur analogue à celle qu’on perçoit dans le voisinage de nos machines électriques. On a toujours dit que c’était une odeur sulfureuse, mais il ne faut pas oublier que le vulgaire désigne sous ce nom toute odeur désagréable qui no se rapporte à aucune de celles qui lui sont connues. Peu de physiciens ont donné des éduircissements à cet égard : d'Alibard cl Taylor prétendent avoir senti une odeur réellement sulfureuse; Romai,
dans ses pxpérionoos avec le cerf-volant électrique, dit que 1 odeur dos élincelles élait la même que celle que donnent les étincelles qu’on tire de la machine électrique. L’opinion de Pu.inieri, que la foudre charrie avec elle des particules de fer et de soufre très-<liviséos, demande à être vérifiée; car si l’on a trouvé plus de fer et de soufre dans les parties d’un arbre frappé de la foudre que dans le reste, cela peut provenir de ce que, 1 arbre ayant été partiellement brillé et volatilisé, le soufre et le fer qui entrent dans la composition do presque tous les corps organiques sont restés accumulés en (piantité plus notable dans les parties ligneuses qui sont demeurées intactes.
TUBES ftjiJWIN AIRES. — Quand la foudre tombe dans le sable , son trajet est souvent marqué par des tubes appelés fulminaires ou fulgurites. Quoiqu’ils aient été remarqués depuis longtemps, cependant c’est seulement depuis que Benzen les a observés dans les monticules sablonneux du Holsteln qu’on les étudie avec attention. Blumenbach, le premier, les a attribués à la foudre; Fiedlar s’est occupé avec soin de leur nature et de leur mode de formation. Ils se composent ordinairement de tubes de longueurs et de diamètres fort différents qui se rétrécissent à leur partie inférieure et se terminent en pointe; ils sont le plus souvent sinueux et plus ou moins ramifiés. Vitrifiés en dedans, ils sont couverts en dehors de grains do sable agglutinés, dont les parties vitrifiées sont d’une couleur gris-de-perle rougeâtre ou môme verdâtre. Leur diamètre est de t à 90 millimètres; l’épaisseur des parois, de 0"”,5 à 24 millimètres. Leur longueur dépasse quelquefois 6 mètres, et les ramifications ont de deux à 30 centiniètres de long. Tous les tubes fulminaires à parois épaisses ont, suivant Piedler, une écorce rugueuse, et sont divisés en fragments de 5 à 100 millimètres de long. Les tubes dont les parois sont minces dans toute leur longueur ont une surface unie et sont régulièrement cylindriques; ils ne présentent pas de fentes transversales. Toutes les fulgurites examinées jusqu’ici se dirigeaient vers des réservoirs d’eau ou des corps bons conducteurs de l’électricité. , • ,
Des observations directes ont fait voir que ces fulgurites étaient dues à l’action de la foudre. Ainsi Pfaff reçut un tube de l’ile Amrum. Quelques matelots avaient vu le tonnerre tomber dans le sable; ils creusèrent et trouvèrent un tube de 6 millimètres de diamètre noirci en dedans par le charbon des végétaux brûlés. R. Brandei, Hagen, Rippentrop et Wilhering Ont rapporté deS exemples analogues; MM. Beudant, Hachette et Savart ont obtenu des tubes fulminaires artificiels en faisant pas-ser de fortes
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étincelles électriques dans du sable mêlé de sel , aGn d’augmenter sa fusibilité.
ün trouve enfin à la surface des roches solides des parties vitrifiées qui sont un effet de la foudre. Se Saufture a vu sur le Mont-Blanc * des rochers d'amphibole schisteux recouvert do bulles vitreuses analogues à celles qu’on voit sur les tuiles frappées de la foudre, ou sur des morceaux de hornblende qu’on a fait sauter au moyen d’une forte décharge électrique. Ramond a fait les mômes remarques sur le schiste micacé du pic du Midi , ainsi que sur le Klingstein-porphyr de La Roche-Sanadoire dans le département du Puy-de-Dàmo; M. de Humboldt a vu les mômes traces sur le porphyre trachytique du Nevado de Toluca au Mexique, à une hauteur de 46iâ mètres. MM. Baokland et Creenongh ont trouvé un tube fulminaire près de Drigg, dans le comté de Cumberland^ adhérent à un galet de porphyre que la foudre avait fondu, et auprès duquel se trouvèrent deux lames fort minces d’un verre de couleur olive.
oaAGBS iDfTfii: us T&OPXQUES. ^ Avant de passer aux autres effets de la foudre , il convient de dire quelque chose sur la distribution géographique des orages et leur fréquence dans les diverses saisons *. Nulle part ils ne se montrent avec autant de force qu’entre les tropiques pendant la saison humide et au changement dos moussons. Le matin le ciel est serein, mais vers midi il se couvre rapidement de nuages et dans le bas l’électricité est plus forte que dans des latitudes plus septentrionales; les éclairs se succèdent sans interruption, et les roulements du tonnerre sont beaucoup plus forts que chez nous. Suivant les voyageurs, on ne peut, dans nos climats, se faire aucune idée de la violence de ces orages ; dans la région des calmes il y a un orage presque tous les jours : aussi pourrait-on l’appeler la région des orages éternels.
Quand ils sont accompagnés d'un vent très-fort, on les désigne sous le nom de tomados ou trovados; aux Antilles et dans l'Indo on les connaît sous celui à’ ouragans et d’Aurricanes, et dans les mers de Chine sous la désignation de typhons. Mais ces vents présentent des particularités telles qu’on a bien tort d'étendre le mot d’ouragan à des tempêtes des-moyènnes et des hautes latitudes.
• Voyagt dont let Alpet, § 1994.
* C'est avec beaucoup de détails que M. Artgo a traité cette question dans
VAanuaire pour 1S38. Ne pouvant donner ici tous ses tableaux numériques, Je me contenterai d’indiquer les points pour lesquels il les a dressés. Ce sont : Caicutta, Patna, Hio^Janeiro, Maryland, Martinique, Abyssinie, Guadeloupe, Viviers, Québec, Buénos-Ayres, Demainviilers, Smyrne, Berlin, Padoue, Strasbourg, Maestricht, La Chapelle près Dieppe, Toulouse, Utrecht, Tubingue, Paris, Leyde, Athènes, Polpero, Pétersboutg, Londres, Péking, le Caire. Jd.
Les ouragans sont très-fi équents sur la côte do Sierra-Leone au commencement et à la fin de la saison des pluies, quand les moussons changent. Suivant winterbottom, ils ont la plus grande analogie avec nos orages et durent rarement plus de vingt minutes à une demi-heure; c’est aussi le témoignage de Bampier. Mais ces orages arrivent si subitement et accompagnés d’un vent si furieux , que les navires courent les plus grands dangers. En 1681, Bampîer observa à Antigoa (Antilles) un ouragan qui dura depuis le matin à 8 heures jusqu’au lendemain à 4 heures. Le capitaine Gadbury était descendu à terre avec son équipage; lorsqu’il voulut retourner à son bord, il trouva le navire couché sur le flanc et la pointe du m<U enfoncée dans le sable. L’ouragan reprit alors avec une nouvelle force, les vagues s’élevaient à une hauteur monstrueuse ; on trouva des tonneaux à un quart de lieue dans les terres : un navire fut lancé dans une forêt, et un autre sur une roche élevée de 3 mètres au-dessus des plus hautes marées. Dans un ouragan qui se déchaîna, vers la fin d’octobre 1831, sur Halasore, dans l’Inde, lat. 21" 32' N., long. 84<> 30' E., dix mille personnes perdirent la vie. La grande route de Madras à (^Icutta passe par Balasore, à une distance de 14 kilomètres de la côte; elle fut cependant envahie par la mer, et tout ce qui s’y trouvait fut enlevé. Une surface de 24 myriamèires était couverte de 4 à o mètres d’eau. La mer s’avança jusqu’aux portes de la ville ; le pont et les débris d’un navire se trouvèrent sur la grande route. Un ouragan non moins violent ravagea la Guadeloupe le 25 juillet 1825 ; des canons du c.alibre de vingt-quatre furent déplacés; une aile d’un bâtiment du gouvernement, construite avec la plus grande solidité, fut détruite, et une planche de sapin de 9 décimètres de long sur 2 décimètres de large et 22 millimètres d’épaisseur fut lancée à travers un palmier de 4 décimètres de diamètre.
L’approche de ces ouragans est quelquefois annoncée par des signes précurseurs. A la côte de Sierra-Leone, par exemple, on remarque à l’orient un nuage épais qui, suivant l’expression de "Winterbottom, ne parait pas plus grand que la main. A l’embouchure du Sénégal on voit, suivant M. Golberry, apparaitre dans les hautes régions de l'atmosphère un nuage blanc et rond ; de faibles lueurs électriques se succèdent rapidement , et l’on entend quelquefois les roulements lointains du tonnerre. Dans le point indiqué les nuages s’épaississent, leur grosseur augmente, et le tonnerre se fait entendre avec plus de fracas; les nuages deviennent de plus en plus noirs , et enfin tout le ciel se couvre , et la terre semble enveloppée dans une nuit profonde qui contraste avec la pureté du ciel
L,. Gouv