OURAGANS
à l’occident. Immédiatement avant que l’onragnn se déchaîne, une brise légère à peine sensible souille de l’ouest ou môme l’air est tout à fait calme ; rien ne bouge, et seulement çà et là il s’élève de faibles tourbillons : en même lem]>s la température baisse rapidement.
Une autre circonstance caractérise ces orages, c’est qu’ils sont limités à un espace très-circonscrit ; à la distance de 20 kilomètres ou moins, le calme de l’atmosphère n’a pas été troublé un seul instant. Ils s’accompagnent aussi de changements dans la direction du vent, et il n’est pas rare qu’il southe dans l’espace de quelques minutes de tous les points de l’horizon >.
C'est ordinairement au moment de la plus grande chaleur du jour qu’on observe ces ouragans; mais dans l’intérieur des continents, surtout quand ils sont montagneux , il y a aussi des orages
< M. Etp7 a donné une théorie des tempêtes, ouragans ou tomados de l’Amérique, qui a été accueillie avec faveur. Il a noté d'abord l'abaissement extraordinaire du baromètre qui accompagne ces météores-, puis, en examinant la direction des arbres renversés par le vent, les traces imprimées sur le sol , il en a conclu que dans ces ouragans l'air se précipite vers un espace oentral, point ou ligne: en sorte que si le vent d'un c-’dé souffle vers l'est, il souffle de l'ouest de l’autre côté ; le centre dn météore se dépl,-vce lui-même. Il recoiinatt pour cause une colonne d'air ascendante dont la température ne varie pas parce que la précipitation de son humidité lui rend la température qu'il perd par sa dilatation. Cette colonne ascendante donne lieu i une aspiration A la surface de la terre et en haut à la formation d'un cumulus qui se résout ensuite en grêle ou en pluie. (Voyez le rapport de M. Babinet sur les travaux de M. B<py> Annales de Chimie et de Physique, troisième série, t. l, p. 372.1
M. Bave a étudié les lois des ouragans dans les zones éqnatoriales , tropicales, tempérées et glaciales; et, en réunissant un grand nombre d’observations, il e.st arrivé A des conclusions dilTérentes de celles que M. Espy avait formulées. Il regarde 1rs ouragans, torn.-idos, typhons, etc., comme des tourbillons dont le diamètre et la direction varient. Dans ces tourbillons, dit-il, le vent ne souffle point de la circonférence au centre, mais il souffle toujours à la circonférence et dans une direction perpendiculaire au rayon. Le mouvement de progression de l'ouragan est rectiligne ou curviligne. Ce sont ordinairement des chaînes de montagnes ou des côtes élevées qui forcent les ouragans A changer de direction. Leur origine est duo à la rencontre de deux vents opposé:, qui engendre un tourbillon. De ses recherches, M. Dore tire les indications suivantes A l'usage des navigateurs :
l" Dans la zone tempérée de l'hémisphère boréal , si le veut souffle' d'abord du 8.E. et tourne au sud, puis A l'ouest, le navire doit gouverner au S.E. S’il souffle au contraire d’abord du N. H. et passe au nord et au N. O., il faut gouverner au N.O. Dans le premier cas on se trouve dans la région S.E. ; dans le second, au contraire, dans la région N. O. de l'ourag.-in.
2° Dans la partie boréale de la zone équatoriale , si le vent souffle d'abord du N.K. et passe par l’est au S.E., il faut gouverner au N.E. S'il souffle d’abord du N.O. et tourne par l'ouest au S.Ü., on gouvernera au S.O. Dans le premier cas le navire se trouve au N.E. ; dans le second, au S.O. de l’ouragan.
3° Dans la partie australe de la zone équatoriale, quand ie vent souffle du S.E., puis tourne au sud et au S.O., il faut gouverner au N.Ü.; s'il souffle d'abord de l'est et passe nu N.O. par le nord , il faut piquer au S.E Dans le premier cas, lu navigateur se trouve au N.O. ; dans le second, au S.E. de la tempête.
4° Dans la zone tempérée de l'hémisphère austral, si le vent s’établit d'abord au N.E., puis passe au N.O. par le nord, on mettra le cap au N.E. S'il s’établit au contraire au S.E. pour passer au sud et ensuite au S.O., il faut piquer au S.O. Dans le premier cas, le navire est au N.E. ; dans le second, au S.O. de la tourmente. [Annales de Pogyendorff, t. ut, p. 1. 1841.) M.
gii;zeo by èjuogle
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nocturnes. C’est ce qu’on voit souvent, d’après les ebservaliops de l’inlréi)ide Caillé, dans les montagnes qui sont an sud de la partie occidentale du Sahara, et, d’après celles d’£*ohwege, dans les montagnes du Brésil. Celui-ci assure qu’on ne saurait se faire une idée do la violence d’un orage nocturne dans les forêts Vierges de ce pays.
Je n’ai point assez de faits pour déterminer le nombre d’orages qu’on observe pendant l’année dans les différentes régions du globe. Toutefois il ré.sulte des observations fuites par les voyageurs qu’ils se montrent surtout lorsque la régularité des vents alizés est troublée, ou lors du changement des moussons.
En mer, dans la région des vents alizés, les orages paraissent être aussi rares que la pluie ; car je ne me souviens pas d’avoir trouvé dans un seul voyageur la relation d’un orage un peu violent dans celle zone. A Madère, c’est en hiver que les orages paraissent être très-fréquents; et c’est aussi la saison dans laquelle la limite de l’alizé du N.E. passe dans le voisinage de l’Ilo. Pendant la lutte qui s’établit entre le vent de S. O., qui s’abaissq, et l’alizé du N. K., les décharges électriques sont très-communes.
ORAGES DANS X.ES HAUTES X.AT1TUDES. — Au nord des Alpes il n’y a guère d’orages que dans la saison chaude. A mesure qu’on s’avance des bords de l’Atlantique dans l’intérieur du continent, on trouve dans leur nombre et leur distribution une modification analogue à celle de la pluie. Les pays de montagnes font exception à la loi générale, en ce que les orages sont plus fréquents sur le revers occidental des chaînes que dans la plaine. Sur la côte occidentale de l’Eurcme cl en Allemagne, nous trouvons environ 20 orages par an; à Pétersbourg et à Moscou, 17 en moyenne; à Kasan, 9; à Nertschinsk, 2; et à Irkoutzk, 8 environ. Désignons par 100 le nombre des orages qui ont lieu pendant toute l’année, nous aurons la distribution suivante dans les quatre saisons.
MOMBRE RELATIV DBS ORAGES DANS LES QUATRE RAISONS.
HIVER
PRINTEMPS
ÉTÉ
AUTOMî<E.
Europe occidentale. .
Suisse
Allemagne.-
Intérieur de l’Europe.
Digiliied by v nx'gle
ORAGES EN SCAHDINAVIE.
Sur la côte occidentale d’Europe, un dixième seulement du nombre total des orages de l’année éclate pendant l’hiver; en été c’est la moitié. En Suisse et en Allemagne un orage en hiver est un phénomène très-rare; les deux tiers du nombre total se montrent en été. Dans l’intérieur de l’ancien continent il n’y a pas d’orages en hiver; les trois quarts ont lieu en été, et le petit nombre de ceux qu’on observe au printemps et en automne n’éclatent que pendant les mois les plus chauds de ces deux saisons : aussi peut-on dire avec raison qu’il n’y a pas d’orages pendant la moitié de l’année.
O&AGES SZf SCAJTBXVAVXB. — De même que dans aucun pays la transition du climat marin au climat continental n’est aussi brusque qu’en Scandinavie, de même il n’en est point où il y ait une aussi grande différence pour les orages; on s'en convaincra surtout en comparant leur nombre dans différentes villes.