HAUTEUR DES ORAGES
pliB (le force. Peu de minule.s après la partie du lac des Qunlre- ' (Plantons comprise entre le golfe d’Alpnach et celui de I.ueerne s’agita; cotte agitation se propagea avec l’orage vers le Rigi , et je remanpiai quelques nuages sur le Higi-Stalfcl qui ne lardèrent pas à disparaître. Cependant le vent était devenu plus vif sur le sommet où je me trouvais, les nuages s’élevaient le long du flanc occidental, l’orage s’approchait de mon zénith; il était à une grande hauteur. Au bout do quelques minutes les nuages descendirent jusqu'à moi, et je me trouvai enveloppé de brouillard; le tonnerre grondait et les éclairs brillaient à une faible distance. Des voyageurs m’assurèrent ensuite a,voir trouvé les nuages à plus de .300 mètres au-dessous du sommet. En considérant seulement ces nuages inférieurs, on ne donnerait à cet orage qu’une hauteur de 1300 mètres tout au plus, mais ce que nous avons vu plus haut prouve qu’il dépassait celle du Pilate.
Si les orages étaient aussi bas que le prétendent la plupart des voyageurs, ils ne pourraient pas traverser aussi facilement les hautes chaînes de montagnes. Les habitants de la vallée de Chamounix assurent que les orages passent souvent au-dessus du sommet du Mont-Blanc (48I0“). J’ai vu du Faulhorn (2683) un orage qui était arrêté dans le llaut-Valais ; le bord supérieur des nuages dépassait la pointe du Finsteraarhorn (4362“). Pendant un autre orage le plan inférieur des nuages était très-uniforme : le Faulhorn, le Schwarzhorn , le Pilate et le Niesen (2365'») étaient libres de nuages. Les cornes argentées (Silberhoerner) de la Jungfrau n’en étaient jwint enveloppées ; on pouvait donc assigner à cet orage une hauteur de 3300 mètres au moins.
Quelquefois il est possible de déterminer approximativement la hauteur d’un orage. Quand les éclairs suivent une direction horizontale, on mesure l’intervalle qui sépare le tonnerre de l’éclair; or, le son parcourant 333 mètres dans une seconde, il n’y a qu’à multiplier par 333 le nombre des secondes écoulées pour estimer la distance de l’éclair à l’observateur. Si en même temps on a mesuré la hauteur angulaire de l’éclair, on en conclut sa hauteur verticale. Ainsi en 1 834, où il y eut à Halle plusieurs orages trèsélevés, j’ai trouvé le 5 juin que les éclairs étaient à une hauteur variant entre 1900 et 3100 mètres. Le 21 juillet, le minimum de quelques éclairs traversant le zénith était de 1 300 mètres.
Quand des orages sont aussi peu élevés, nous devons admettre que les nuageè que nous voyons se sont formés après les couches plus élevées qui comslituent principalement l’orage. La rapidité avec laquelle ces nuages inférieurs se condensent donne lieu à une
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ÉLI'CTRIClTIî;
forte tension électrique qui so manifeste par des décharges répétées; elle lient à l’action par innuencedes masses supérieures qui agissent sur les inférieures.
Él^ECTRXCiTB DES ORAGES — Malgré les nombreuses recherches entreprises sur ce sujet, il est encore enveloppé d’uno grande obscurité. Placez-vous près d’un électromètre et observezle pendant tout le cours d’un orage, vous verrez combien ses indications sont variables. Les éclairs sont déjà très- rapprochés sans que les instrumenLs les plus délicats donnent le moindre signe d’élec.tricité ;'4out à coup celle-ci augmente au moment d’un éclair trèsfort. Un autre jour l’orage arrive uvçc tous les signes d’une forte tension électrique, quelques éclairs sillonnent la nue, les deux jviilles de l’électroscope retombent l’une vers l’autre, et il se passe quelque temps avant qu’elles ne s’écartent de nouveau. Un jour la tension électrique variera à chaque coup de tonnerre, une autre fois elle restera la môme pendant un quart d’heure, quoique les éclairs se succèdent rapidement. Dans un orage les pailles s’écartent rapidement; vient un éclair, et elles se rapprochent; pondant un autre elles retombent, puis divergent rapidement pour se rapprocher lentement, jusqu’à ce qu'un nouveau coup de tonnerre les fasse diverger de rechef. L’électricité peut être long-temps positive; sa force seule varie; mais bientôt, la pluie, les nuage.s, le vent, les éclairs restant les mômes, les pailles s’écartent tantôt sous rinduence de l’électricité positive, tantôt sous celle du fluide de signe contraire.
Si l’on compare tout ce qui a été écrit sur les orages, on n’hésite pas à en conclure que ce sont les phénomènes les plus compliqués do la météorologie. Je doute qu’on puisse de long-temps se rendre bomptede toutes les circonstances qui les accompagnent. D’abord un seul observateur est insuflisant; pour réunir toutes les données, il faut noter réleetricilé, la direction du vent, les mouvements et la forme des nuages, la grosseur des gouttes de pluie et la direction dans laquelle elles tombent, la forme et le lieu des éclairs, la divergence des pailles de l’électromèlre : chacun de ces phénomènes exige toute l’altention d’un observateur, qui perd encore un temps précieux à écrire scs remarques. 11 faudrait en outre (juo plusieurs observateurs, disséminés sur toute la surface d’où l’orage est visible, notassent toutes ces indications chacun de leur côté, et le» comparassent entre elles.
Toutes les indicotions capricieuses de l’électroscope tiennent à ce qu’il est influencé par plusieurs couches de iiuagbs superposées qui agissent et réagissent les unes sur les autres et sur la terre, de façon que les électricités se développent cl se neutralisent tour a
DKS ORAGKS.
tour. On est liabitué à voir dons les ora;’es les manifestations les plus puissantes de la tension électrique , et l'on a de la peine à comprendre qu’il puisse y avoir des éclairs et des coups de tonnerre sans une tension élwtrique très-notable. Cependant l'éleclricité jiar inlluence offre en petit des effets analogues. Isolez uno bouteille de Leyde chargée et approchez-en les éleclroscopes les plus sensibles de son armature extérieure, elle ne donnera pas le moindre signe d’électricité, et [wurtant elle en contient une grande quantité, qui est retenue par l’électricité accumulée dans rarmature intérieure : cette dernière contient du fluide libre, car si nous approchons le doigt il y a production d’étincelle, et l’électricité surabondante s’écoule dans le sol. Mais alors une partie de l’éleclricité de l'armature externe devient libre et agit sur l’éleclromètre , tandis que l’interne n’agit point cl ne recommence que lorsqu’on a louché de nouveau l’armature extérieure. On peut renouveler à plusieurs reprises ces contacts alternatifs, la partie qui auparavant semblait à l’éUU neutre devient électrique dès qu’on a touché l’autre. Si nous suspendons horizontalement une bouteille à des fils de soie, et que nous placions un électroscope dans le voisinage, ses pailles joueront comme pendant un orage , avec celle différence toutefois qu’il n’y a pas seulement deux armatures mais plusieurs, car chaque coup de vent condense do nouvelles vapeurs qui dégagent do l'électricité ; on comprend dès lors combien le phénomène se complique.
Tous les orages fournissent la preuve des effets de ces condensations successives. Un éclair passe par le zénith et avant le coup de tonnerre, plus rarement après, la pluie ou la grêle s’échappe par torrents du nuage; les gouttes tombent d’abord suivant uno ligne inclinée à l’horizon , puis reviennent rt la verticale. On dit habituellement que la pluie est un effet do l’éclair qui déchire la nue, mais c’est le coup de vent qui a condensé les vapeurs eu larges gouttes, les a poussées d’abord dans une direction presipie horizontale ; d’où dégagement d’électricité et coups do tonnerre. Ce qui prouve (|ue celle condensation a précédé l'éclair, c’est que la pluie tombe souvent avant qu’on n’entende le bruit du tonnerre: or celui-ci parcourt 3.33 mètres par seconde; si donc la pluie était un effet de l'éclair, il s’ensuivrait que les gouttes d’eau seraient tombées avec une vitesse au moins égale, vitesse ({u’ellcs n’ont jamais même à la fin do leur chute.
Ajoutez à ceja que les orages s’étendent souvent sur une superficie de plusieurs myriamètres carrés, et que l’électricité de cliacuno de leurs parties réagit sur l’autre. L’ob.servaletir placé dans la plaine
n’a pas ime vue assez étendue |X)ur l’embrasser tout entier, et celui qui est sur nno montagne est le plus souvent entouré de nuages. Dans un orage que j’ai observé du Faulliorn, le 13 aoîU 1833. les nuages inférieurs iVexistaient pas, et j’ai pu contempler le phénomène dans toute sa grandeur. Plusieurs fois pendant la journée il avait plu au loin et auprès de moi. Vers 7 heures du soir la masse de nuages, composée de plusieurs couches, avait une apparence orageuse; leur surface inférieure était à une élévation de 3300 métres"*onviron. Au delà des Diahlerets dans le Bas-Vallais, et du Glaernisch dans le canton de Glariis, on ne voyait rien. Dans cet orage, qui avait une étendue déplus de 150 kilomètres, les éclairs venaient distinctement de cinq points différents ; au delà des Diablerets, dans le pays de Vaud ; à la droite du Uinderhorn, peut-être dans le Simmenthal; dans la direction de Berne; dans celle de Lucerne, derrière le sommet du Mont-Pilate, et dans celle de Schwitz. Plusieurs heures d’observation m’ont prouvé que les électricités de ces cinq fioints agissaient et réagissaient les uns sur les autres. Sur un tiers au moins des éclairs, voici ce que je constatai : un éclair partait dans le pays de Vaud entre deux couches de nuages, car la couche inférieure était i>eu éclairée; immédiatement après, souvent en même temps, on voyait dans le voisinage du Rinderhorn un éclair en zigzag dirigé de haut en bas. Quelques instants après des lueurs électriques brillaient au-dçssus de Berne, et un éclair en zigzag leur répondait dans la direction de Lucerne, puis dans celle de Schwitz. Lorsque le temps devint plus sombre je vis aussi des éclairs dans l’est, mais ils étaient trop éloignés pour que je pusse les étudier. Il est évident que le premier éclair parti dans le pays de Vaud troublait l’équilibre do tout le système : un observateur placé à Schwitz aurait donc observé des oscillations dans l’électromètre , dont la cause première dépendait d’un éclair parti dans le voisinage du lac Léman.
CHOC EM RETOUR. — 11 n’est pas rare de voir deux orages séparés par une partie du ciel presque sereine; un éclair dans le premier est suivi d’un éclair dans le second. Mais par influence la terre étant toujours dans un état électrique opposé à celui du nuage, l’électricité peut se réunir à celle du nuage et produire une violente commotion. Peu d’événements de ce genre ont fait autant de bruit que celui du 1 9 juillet 1 785, dont Brydone nous a conservé tous les détails. A la suite d’une belle matinée des nuages se montrèrent vers 1 1 heures dans le S.O. ; entre midi et 1 heure ils échangèrent des éclairs auxquels succédèrent des coups de tonnerre dans l’intervalle de àO à 30 secondes. Tout à coup Brydone en-
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