DES ORAGES
lendit une forte détonation , comme si on déchargeait rapidement plusieurs fusils à de courts intervalles; cette détonation n’avait été précédée d’aucun éclair. A peu de distance de la maison un homme nommé Lauder. conduisant une voilure de rhîirbon , fut tué avec ses chevaux; un autre charretier, assis sur une voiture qui suivait la première, avait vu tomber les chevaux sans apercevoir d’éclair et sans éprouver de commotion. Plusieurs morceauxde charbon avaient été dispersés. A 5 décimètres derrière chaque roue do la voilure , il y avait dans-la Iqpre un trou de 5 centimètres de diamètre dont le milieu correspondait à l’ornière de la roue. Ces détails furent confirmés par des témoins oculaires. Dans le voisinage, un berger qui faisait paître ses moutons vit un agneau tomber mort, et hiiméme crut sentir une flamme passer devant son visage ; cet accident précéda d’un quart d’heure environ celui de x.auder, et il eut lieu à 2700 mètres de la place où celui-ci fut tué. Une femme qui coupait de l’herbe à peu de distance éprouva une forte commotion dans le pied et tomba. Le pasteur Bell assura avoir senti le soi de son jardin trembler sous ses pieds.
Ces phénomènes résultent de l’action des nuages entre eux et sur la terre; nous pouvons les imiter à l’aide de nos machines. Électrisez positivement un conducteur que j’appellerai A, puis disposez dans le voisinage et à une faible distance deux petits cylin-dres B et C placés l’un derrière l’autre ; si A et B sont assez éloignés pour que l’étincelle no puisse pas passer do l’un à l’autre, B sera électrisé par influence, l’extrémité la plus rapprochée do A sera négative, l’autre positive, et un grand nombre d’étincelles [uisseront de B à C. I.a même chose se j)asse après un éclair entre plusieurs nuages ou entre un nuage et le sol. Supposons qu’un gros nuage électrise le sol par influence, si, à l’une de ses extrémités, un éclair tombe sur la terre, alors l’électricité du côté opjwsé devenue libre se réunit ù celle du sol. Si celui-ci est humide le passage se fait facilement; sinon il y a commotion, parce que la terre conduit mal l’électricité.
Z.XGNES DE PARTAGE DES ORAGES. — Dans les pays de montagnes les orages sont en général plus fréquents et beaucoup plus violents que dans la plaine, parce que les vents produisent une condensation plus rapide des vapeurs ; en même temps les montagnes s’opposent au mouvement des nuages, et l’électricité produite s’accumule pour ainsi dire dans un seul point. Dans quelques pays les montagnes sont de véritables lignes de partage ; souvent en effet un orage formé dans la plaine ou dans une vallée est poussé par le vent vers une chaîne de montagnes, s'y arrête.
OU csl ensuite entraîné dans une autre direction et se ramifie en divers sens. Dans chaque village on vous montrera le point d’où viennent les orages; toutefois ces assertions doivent être soumises à la critique, qui est eu' désaccord le plus souvent avec l^pinion régnante.
Les montagnes opposent aux orages un obstacle purement mécanique; souvent l’orage est entraîné par un vont d’une force médiocre, mais l'air froid au-dessous du nuage se précipite avec une vitesse extrême et s’écoule de tous côtés, tan<,|is que dans le haut l’air chaud se meut de tous les côtés vers le nuage. Si le courant d air froid rencontre une chaîne de montagnes, il éprouve une résistance et arrête le mouvement du nuage en réagissant sur lui ; si la diri'clion de la marche du nuage est perpi'ndicalaire à celle de la (haîno de inoplagnes, il jveut y rester collé pendant long-temps. Sa direction fait-elle un angle aigu avec celle de la chaîne, alors il la suit jusqu’à ce qu’il trouve une vallée dont la direction soit parat- K'Ie à celle qu’il avait primitivement, il y pénètre alors et s’y décharge. Les sommets isolés séparent souvent les orages en deux parties, dont chacune continue sa marche isolément.
ORAGES EN HIVER. — La formation des orages est, comme je l’ai déjà dit, accompagnée d'une baisse lente et continue du baromètre, ce qui prouve que les vents du sud régnent dans le haut de l’atmosphère. Quand le courant ascendant élève les vaiveurs à une grande hauteur, elles se condensent rapidement. Le vent les entraîne ensuite avec lui ; c’est pourquoi les orages en hiver viennent toujours avec le vent de S. O. Dans d’auties cas, l’orage se forme au point de rencontre de deux vents opposés, il est alors très-violent et l’état de l’atmosphère est troublé pour long-temps. Quand les vents de l’est oïd soufllè constamment et que le S.O. l’emporte, le temps devient pluvieux. Pendant ces orages il y a une telle confusion dans les courants aériens qu’il faut l’observation la plus attentive pour les démêler. Rarement j’ai pu les observer aussi bien que pendant l’orage du 21 juillet 1834; les vents d’est régnaient depuis quelque temps, le ciel était serein et la température élevée, mais le baromètre baissait lentement. Le malin du jour de l’orage il y avait des etrrus entrelacés au ciel dont l’aspect était terne, surtout dans l’ouest. Les cirrus se condensèrent peu à peu, l’éclat du soleil devint de plus en plus pâle, tandis que dans l’est le ciel restait serein. Après 4 heures son azur disparut derrière des cirrus épais, et des nuages bleuâtres, précurseurs de la tempête, montaient de l’ouest vers le zénith, qu’ils dépassaient. Bientôt le tonnerre se fit entendre, de la pluie et de la grêle tombèrent en abondance, les
eirii;;,-;;; by s '.oogle