‹ Cours complet de météorologieChapitre 155 sur 194 · DISTRIBUTION DES AVERSES DE GRÊLE DANS LES QUATRE SAISONS · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION DES AVERSES DE GRÊLE DANS LES QUATRE SAISONS

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niVER.

PRINTEMPS

ÉTÉ

AUTOMNE

Angleterre. . .. .

France

Allemagne. . . .

Russie

Ainsi en Angleterre, le grésil ou la grêle tombent principalement en hiver, et le nombre des grêles estivales est relativement trèspetit. En France , c’est au printemps que le grésil , connu à Paris sous le nom de giboulées, est très-fréquent. En été le nombre augmente, et dans l’intérieur de l’Europe la moitié du nombre total des grêles tombe pendant l'été.

DE DA GRÉES DANS SES REGIONS SUPÉRIEURES DE D’ATMOSPHÈRE. — Il serait bien intéressant t>our l’histoire de ce météore de comparer des observations comprenait plusieurs années et faites dans des localités très-rapprochées; car il est des contrées qui sont souvent ravagées par la grêle, tandis que d’autêes très-voisines ne le sont que rarement. Ainsi, Soheuchter affirme que dans les vallées de la Suisse qui vont de l’est à l’ouest, telles que le Vallais et celle de Glarus, il se passe quelquefois vingt années sans grêle. Plus tard M. de Duch a dit que la grêle était rare dans toutes les vallées où l’on observe le goitre et des crétins; mais à l’ouverture de ces vallées, là où elles se confondent avec le pays appelé la plaine , par opposition avec les hautes Alpes , la grêle est très'commiine. Ainsi Borgofranco , au

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(iél)oiifhc (le la vallée d’Aoste , est dévasté par la grêle presque tous les ans, et de Saussure avait déjà fait observer que les contrées situées à queUpie distance des hautes montagnes sont affligées par ce lléau plus souvent (|ue celles qui sont placées au pied des Alpes ou à une grande distance de ces montagnes. M. de Buch croit en outre que la grêle n'est pas aussi commune dans les régions élevées. A Cressier, au-dessus du lac de Nenfchâtel, les vignes sont souvent grêlées. Dans le village de Lignières , qui est placé à .390 mètres au-dessus, c’est de la pluie qui tombe, tandis que la grêle ravage les vignobles dos bords du lac. Des orages sortent pendant l’été du val Travers et se déchargent sous forme de pluie pour les régions élevées, et de grêle pour les contrées inférieures. Près de Clermont en Auvergne, au pied des montagnes, les orages sont fréquents et presque toujours accompagnés de grêle. Les villages de Blanzat, Chùteaugué, Sayat, paraissent être condamnés annuellement à cas ravages. D'un autre côté, M. de Savigné , curé à Vernet dans la montagne , afflrme que ces averses sont rares entre le mont Dor et le Puy-de-Dôme , et qu’il a vu tomber de la grêle une seule fois en 23 ans. Cette région est peu éloignée des villages que nous avons nommés; seulement elle est située à 400 mètres plus haut.

Ces observations , qui sembleraient faire présumer que la grêle se forme ou s’accroît dans les régions inférieures de l’atmosphère, sont difficiles à e.\pliquer. Nous ne devons pas oublier que ces renseignements nous viennent des cultivateurs qui remarquent seulement les grêles qui diminuent leurs récoltes et ne font aucune attention aux autres. Des circonstances locales doivent avoir une grande influence sur la fréquence de la grêle. Si les nuages sont arrêtés par une chaîne de montagnes , les grêles sont plus com- ■ munes. Ouelflues observateurs l’ont vue tomber assez souvent dans les régions élevées; en voici quelques exemples :

Pendant son séjour de treize jours sur le col du Géant, à. la hauteur de 3428 mètres, de Saussure fut frappé de la fréquence de la grêle et du grésil qu’il observa onze fois. Balmat reçut une averse de grêle dans la nuit qu’il passa près du sommet du Mont- Blanc , et Paccard trouva beaucoup do grêlons sous la neige qui recouvre la cime. De Saussure en conclut que le grésil se forme dans les régions les plus élevées de l’atmosphère et qu’il se transforme en grêle pendant sa chute. Dans son ascension au Mont-Bose, le 42 juin 1822, Zumstein l’essuya à la hauteur de 45o0 mètres, et Welden dit que les pluies dans la plaine sont de la grêle ou du grésil sur les montagnes. Mêmes observations à Glarus. Le pas-

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GRftLE SUR LES MONTAGNES.

leur Heer, à Malt, m’a assuré que les pàturapies des hautes Alpes étaient souvent couverts de grêle, et son fils, Oswald Heer, m’a communiqué le récit suivant : « J’étais avec quelques amis sur les glaciers du Glaernisch, à 2600 mètres environ au-dessus de la mer,tout à coup un nuage noir arrivant de l’ouest nous déroba la vue du Bachistock qui s’élève dans le voisinage. Bientôt plusieurs coups de tonnerre formidables firent retentir les échos du Glaernisch, cl nous vîmes tomber quelques grêlons. Nous descendîmes rapidement de 300 mètres environ avant que le nuage crevât. Nous étions entourés d’éclairs et de tonnerre et inondés de pluie et de grêle. Nous nous réfugiâmes sous un rocher; bientôt les nuages s’élevèrent à l’occident, formèrent un demi-cercle au-dessous duquel nous vîmes le pays d’Uri éclairé par les rayons du soleil. En sortant de notre retraite, nous aperçâmes uir second nuage qui bientôt creva sur nos têtes avec un épouvantable fracas. La grêle mêlée de pluie nous poursuivit pendant plusieurs heures. Quelques cabanes construites par des pâtres nous offrirent un asile où nous passâmes la nuit. Dans la vallée de Serulti, au pied du Glaernisch et à 715 mètres sur la mer, ainsi qu’à Glarus (468 mètres), il n’était tombé que de la pluie, mais toute la masse du Glaernisch avait été grêlée. Je regarde nos Alpes comme d’excellents paragrêles. Dans les plaines il grêle souvent, mais dans les vallées, à Matt par exemple, la grêle est très-rare, elle tombe au contraire souvent sur les sommets. Quelques pâturages alpins, au-dessus d’Ammon près du lac de Wallemstadt, sont, dit-on, grêlés plusieurs fois tous les étés. »

Ces faits semblent prouver qu’il tombe souvent de la grêle ou au moins du grésil dans les Alpes, tandis qu’il pleut dans la plaine; cela tient évidemment à ce que les grêlons fondent avant d’arriver dans la plaine. M. de charpentier, à Bex, partage complètement cette opinion. Il regarde les larges gouttes de pluie qui tombent si souvent pendant les orages comme des grêlons fondus. Quoique la grêle tombe rarement à Bex, les montagnes qui l’avoisinent sont souvent couvertes d’une couche de grêle qu’on distingue facilement de la neige à sa teinte d’un blanc moins éclatant. Sur le Faulhorn et le Rigi, j’ai souvent vu tomber du grésil ou de la grêle, tandis qu’il pleuvait dans la plaine. Sur le pic du midi de Bagnères, à 2924 mètres d’élévation, Ramond a essuyé une forte averse de grêle suivie de grésil et de neige qui couvrit la montagne jusiiu’à 200 mètres au-dessous du sommet. Pendant ses opérations géodésiques dans les Pyrénées, M. Peytier a souvent été contrarié par la grêle.

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En compulsanl des registres météorologiques tonus sur les Alpes ou dans les environs, on voit que la grêle n'est pas un phénomène rare dans les montagnes. Voici quelques faits au milieu d’un grand nombre empruntés aux Ephém^ides de Mannheim.

Le 10 et le 3t mai, le 8 et le 9 août 1782, orage et grêle en Bavière, neige sur le Saint-Gothard. Le 26 et le 27 mai 1783, orage et grêle en Bavière, beauœup de neige et de grêle sur le Saint-Gothard. Le 23 juillet 1784, orage à Munich, neige sur le Saint-Gothard, où le thermomètre était encore au-dessous de zéro à 7 heures du matin. Le 10 août, grêle dans plusieurs pays; sur le Saint- Gothard le thermomètre ne s’éleva pas au-dessus du point de congélation. Neige. Le 23 août, mêmes phénomènes. Le 29 mai 1787, orage et grêle à Padoue toute la journée ; neige sur le Saint- Bernard et le Monte-Baldo. Le 27 mai, même chose à Genève et sur le Saint-Gothard. Le 7 juin 1789, grêle dans le nord de l’Italie; neige sur les Alpes. Mêmes phénomènes dans les derniers jours do juin, le 14 juillet 1790 et le 28 judlet1792*.

GRÉX.1: EITTRE X.BS TROPIQUES. — Elle y est fort rare et tout à fait inconnue à Cumana. Une grêle qui tomba en 1721 à la Martinique excita , au dire de Chanvallon, le plus grand étonnement. Benham et Clapperton virent tomber de la grêle dans l’intérieur du continent africain. A Tatta, près de l’embouchure de rindus , Burnei cssuya une grêle , et il vit tomber près de Peschawer des gréions de la grosseur de biscaïens.

A 600 ou 600 mètres plus haut, la grêle devient plus commune suivant les observations de MM. de Humboldt, à Caracas; Pentland, au Pérou; de Heyne, à MySOra; Bruce et Rüppel, à Ha— besch.Gl y a plus, le 17 août 1830 il tomba une grêle tellement abondante à Mexico , que dans les rues de la ville les chevaux en avaient à mi-jambe. Ainsi donc, si la grêle est si rare dans les plaines, c’est que les grêlons fondent pendant leur chute.

BRUIT pendant X.A GRÈBE. — Quelques auteurs anciens, tels qu'Aristote et Bucrèce, Ont déjà dit qu’on entendait un bruit très-fort lorsqu’un nuage chargé de grêle s’approche du zénith. Des observateurs modernes ont confirmé celte assertion. Ce

' Du 27 au 31 Juillet 1842, le temps fut tempétueux et très-variable sur le Faiilliorn. Pendant les journées du 27 et du 30, M. rdiier observa au moins vingt alternatives de neige et de grésil dans chacun de ces jours. Toutes les fois que le nuage ou brouillard qui enveloppait la montagne était blanc , l'électricité était puissamment positive et la neige tombait en abondance. Ce nuage était bientôt suivi d’un nuage gris qui donnait du grésil, et dont l'électricité avait une ci grande tension négative mi'aucun de scs instruments ne pouvait la mesurer M. rdtier pense qu’il faut distinguer le grésil de lu grêle véritable qui tombe dans les plaines, et qui a toujours des aspérités. M.

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