BRUIT PENUANT LA GRÊLE
bruil n’esl ni celui de la tempête, ni le roulement du tonnerre; il est quelquefois tellement fort qu'il couvre celui du tonnerre. C’est ce que Tetsier dit avoir observé en Franco le 13 juillet 1788, et K.alm, à Moscou, le 30 avril 1744. Thîenemann ossurc n'avoir pas entendu ce bruit avant la chute des gréions; d’autres adirment le contraire. Il est dù probablement soit au.x grêlons qui se choquent entre eu.\ ou à la rencontre des vents opposés; ceux-ci sont souvent si violents que les grêlons sont transportés horizoritalement. On remarque que le vent souille par bouffées et que chacune d’elles est accompagnée de tonnerre et de grêle. Si la grêle tombe comme à l’ordinaire dans les intervalles , on voit que les grêlons chassés d’abord horizontalement finissent par se mêler de gouttes de pluie; à la fin il n'y a plus que de la pluie dont les gouttes tombent verticalement à la surface du sol MARCHE SES «TUAGES ORAGEUX CHARGES SE ORÈX.E. — On observe souvent que malgré leur violence et Forage qui les accompagne les averses de grêle sont circonscrites dans un espce très-limité. A quelques myriamètres de l’endroit où la grêle est tombée on n’a pas même senti le vent. Souvent la grêle couvre une zone longue et étroite. Musichenbroeck mentionne déjà cette circonstance, et le petit nombre de descriptions complêies que nous possédons confirment cette idée. Une grêle qui tomba sur les îles ürcades le 24 juillet 1818 était dans ce cas. L’orage du 13 août 1832 venait de la Hollande, traversa la Meuse et détruisit toutes les récoltes le long du Rhin dans un espace de 9 à 10 myrianiétres sur une largeur d’un myriamètre à un myriamètro et demi. Un orage décrit par Tessier frapjw vivement les esprits. Il commença le matin dans le midi de la France et atteignit la Hollande au bout d’un petit nombre d’heures. Les points ravagés par ki grêle formaient deux lignes parallèles dirigées du S.Ü. au N.E., l’uno avait 70, l’autre 80 myriamètres de long. La largeur moyenne de la ligne occidentale était de 16, celle de la ligne orientale de 8 kilomètres. L’espace compris entre les deux lignes et dont la largeur était do 2 myriamètres fut épargné , il y tomba seulement une pluie abondante. Il plut aussi beaucoup à l’orient et à l’occident des deux lignes. L’orage étant précédé d’un obscurcissenaent de la lundére du jour, il faisait environ 66 kilomètres à l’heure, et dans les deux zones sa vitesse était la même. Dans lu zone oaidentale la grêle
• A l’approche d’un orage, M. Pcliîcr étant & Ham, département de la Somme, entendit un hriiit tellement fort, qu'il' pensa qu'un csçadron de cavalerie arrivait au galop sur la place de la ville. Il n'en était rien ; mais, vingt secondés après, une averse de grê'e épouvantable tomba sur cette ville. M.
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lumba à la Uodielle après un orage qui avait duré toute la nuit; à 17 h. 3ü in. en Touraine, prés de Loches; à 18 h. 30 m. près de Chartres; à 19 h. 30 m. à Rambouillet; à 20 h. à Pontoise; à 20 h. 30 ni. à Clermont en Beauvoisis; à 21 h. à Douai; à 23 h. àCourtrai; à 0 h. 30 m., et à Flessingue vers 1 h. 30 m. Dans la zone occidentale, l’orage atteignait Artenay, près d’Orléans , à 19 h. 30 m.; AndouvHIe, dans la Beauce, vers 20 h.; le faubourg Saint- Antoine, à Pans, à 20 h. 30 m.; Crespy , en Valois, vers 21 h. 30 m. ; Cateau-Cambresis, à 23 h. ; Utrecht, à 2 h. 30 m. Sur chaque point la grêle ne tomba que pendant 7 à 8 minutes, mais avec tant de force que toutes les moissons furent hachées. De tous les grands orages de grêle, il n’en est point sur lequel on ait des renseignements aussi exacts, et néanmoins ils sont encore insuflisants; ainsi on n’a point indiqué la direction du vent et celle des nuages avant et apres l’orage, et des deux côtés de l’espace grêlé.
PRESSION ATMOSPHÉRIQUlé PENDANT EA GRÊIÆ. — Du Caria a dit lo premier que la grêle était un phénomène entièrement local. M. de Buoh cst dc la même opinion. Mais si la chute des grêlons est locale , l’orage et les pluies qui l’accompagnent ne le sont pas. 11 résulte de toutes les descriptions de grêle que nous possédons , qu’on doit les attribuer à la lutte des vents du sud et du nord entre eux , et c’est dans le jwint où le choc est le plus violent qu’il y a production de grêle. C’est ce que prouve l’état du baromètre. J’ai extrait des Ephéméride^ de Mannheim les 17 grêles les plus fortes qui soient tombées dans l’Allemagne méridionale, et je les ai comparées aux hauteurs barométriques. Dans trois cas le baromètre a monté depuis la veille jusqu’au moment do la chute des grêlons, mais le maximum de cette ascension a été un millimètre. Dans tous les autres cas il a baissé, et la moyenne des 17 cas donne un abaissement de 2""“,5. Du jour de la grêle au jour suivant il est resté stationnaire dans trois cas, dans deux autres il a baissé de 1'"“,3 au plus; dans tous les autres cas il a monté , mais jamais plus de 2“"', 86. Nous devons conclure de ces oscillations que la grêle est amenée par les vents de sud qui entrent en conflit avec ceux du nord.
Ceci nous explique un fait qui reste incompréhensible si l’on considère la grêle comme un phénomène tout à fait local. On remarque souvent qu'à la suite de la grêle le temps est dérangé pour des semaines entières; en particulier, elle est suivie de froid. Mais la grêle elle-même étant produite par le conflit de deux vents opposés, celui qui repousse l’autre change le temps pour longtemps. L’ascension du baromètre prouve que c’est souvent le vent
Baromètre pexüant la grêle. 385
du nord qui l’emporte , et alors le thermomètre baisse , et d’autant plus qu’en fondant la grêle absorbe une quantité de chaleur très-notable. ^
On est d’autant plus frappé de ce contraste que la grêle est souvent précédée de fortes chaleurs. En moyenne, la température observée avant les averses de grêle, à Genève, Munich et l’adoue, pendant l’espace de dix ans, a été supérieure à 20” vers deux heures de l’après-midi. Une fois elle s’est même élevée h 30 degrés. Peu de temps après la grêle tombait. Ü’où provient, dira-t-on, cette tcmj)érature assez basse pour produire des masses de glace aussi considérables; car un calcul rigoureux en apparence fait voir que le froid des régions supérieures ne saurait être très-intense. 11 faut en effet s’élever de 1 95 mètres environ pour que la température baisse de 1®, et par conséquent si la chaleur est seulement do 20® dans la plaine, ce n’est qu’à la hauteur de 3900 mètres qu’on trouvera une température de zéro. Or , les nuages orageux étant souvent beaucoup plus bas , on ne comprend pas comment des grêlons pourraient se former à cette élévation. Mais si l’on avait étudié avec plus de soin le décroissement de la température parle temps de grêle , on aurait trouvé que celte température élevée est limitée aux zones inférieures de l’atmosphère, tandis que les supérieures sont beaucoup plus froides. Sur dix orages de grêle qui ont eu lieu à Padoue p>endant les mois d’été , la température moyenne sur le Saint-Golhard n’était, à 2 heures de l'après-midi, que de 3®,o, c’est-à-dire à plusieurs degrés au-dessous de la moyenne du mois. Plusieurs fois dans l’après-midi le thermomètre descendit audessous de zéro, et le soir il baissait souvent jusqu’à 5® au-dessous du point do congélation. Jamais il ne s’est élevé à 9® au-dessus. Si nous cherchons de combien il fallait s’élever pour avoir un abaissement de température de 1®, nous trouvons pour l’après-midi ;
Genève et Saint-Golhard ^14'",4
Padoue et Sainl-Golliard 1U ,4
Munich et Saint-Golhard 1 1 1 ,2
Moyenne 113 ,3
Quelquefois le décroissement de la température est encore plus rapide; ainsi le 27 juin 1790 le thermomètre de Munich était à 26®,5; il marquait 5®,1 sur le Saint Golhard , et le décroissement de la température était de 1® pour 73 mètres. Dans la journée de grêle la plus chaude à Padoue, la température était de 29",4; sur le Saint-Golhard, do o®,8, ce qui donne un décroissement de 1® • X. 33
pour 87'“, 8. Donc ce jour-là, en moyenne, la température de zéro se trouvait à la hàuteur de 2600 mètres. Le même Jour il devait régner à la hauteur de 3900 mètres une température de — 9°, et à 5850 celle de — 26°, 5, nombres qui diffèrent beaucoup de ceux qu’on a généralement adoptés.
THÉoaxG DB X.A CRÉBE BB VOX.TA. — Cette théorie étant la* seule qui tienne compte de toutes les circonstances du phénomène , je vais l'exposer avec quelques détails. Pour expliquer comment la grêle peut se former au-dessous de la région des neiges éternelles et pendant la saison la plus chaude , U admet qu’elle est due : 4° à l’évaporation favorisée par les rayons solaires qui frappent la partie supérieure du nuage; 2° à la sécheresse de l’air qui est au-dessus et que de Saunere et Seluo ont constatée à plusieurs reprises; enfin à la tendance des vésicules de vapeur à passer à l’état élastique puisqu’elles se repoussent entre elles; 3° enfin à l’état électrique du nuage qui, dit-il , favorise l’évaporation. La sécheresse de l’air qui se trouve au-dessus du nuage est une condition essentielle de la formation de la grêle, car sans cela la vapeur élastique se coiSdense à mesure qu’elle se forme, dégage une grande quantité de chaleur latente et le refroidissement n’est plus aussi intense. Voita admet en outre la condition que le soleil fra[>pe la partie supérieure du nuage , et rend compte de cette manière pourquoi lu grêle tombe presque toujours pendant le jour. Sous ces iiillueiiccs il se forme des flocons de neige qui sont pour ainsi dire les embryons dos grêlons. Pour expliquer leur accroissoment il admet l'e.vistence nécessaire de deux nuages superposés; le nuage supérieur est formé par la condensation de la vapeur provenant de la couche inférieure!. Les deux couches se chargent d’électricité opposée, la supérieure devient positive, l’inférieure, dont les [larticules s’évaporent, négative. Pour se rendre compte de la formation des gréions, Volta se fonde sur l’expérience bien connue de la danse des pantins. On sait en effet que, si l’on fixe au conducteur d’une machine électrique une placjuede cuivre horizontale et qu’on place à quelque distance une autre plaque communiquant avec le nnl, des corps légers placés entre les deux plaques étant alternalivemenl attirés et repoussés s’élancent continuellement d’une plaqua à l’autre. Suivant Voita, la même chose se passe entre les nuages orageux. Les flocons de neige de la couche inférieure de nuages sont électrisés comme elle; ils sont donc repoussés et attirés par !c Buage supérieur. Dès qu’ils le louchent ils partagent son électriciié, sont repoussés, retombent sur le nuage inférieur dans lequel iis pénètrent; alors ils sont de nouveau repoussés, et ainsi de suite.
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