‹ Cours complet de météorologieChapitre 158 sur 194 · ORIGINE DE LA GRÊLE · texte numérisé non relu

ORIGINE DE LA GRÊLE

formation que celui des goutles d’eau gelées qui tombent pendant l’hiver lorsque le dégel succède brusquement à un froid rigoureux. Un grêlon de ce genre traverse-t-il plusieurs couches de nuages séparées par des espaces non remplis de vapeur d’eau, si les nuages ne sont pas chargés par des gouttes de pluie, alors il se forme des couches concentriques qui sont alternativement composées de neige et de glace, comme on l’a fort souvent observé.

Le décroissement rapide de la température est donc la condition principale de la formation de la grêle, et il en résulte que c’est dans la belle saison et pendant les jours les plus chauds qu’elle doit se former spécialement, parce qu’alors le courant ascendant est très-énergique. Toutefois il peut tomber de la grêle dans les autres saisons ; car si les vents du sud régnent avec une certaine continuité, les cirrus s’accroissent le soir ou pendant la nuit; si les vents du nord commencent alors à souffler avec violence, il tombera de la grêle pendant la nuit, circonstance rare parce qu’il n’y a pas de courant ascensionnel. Ceci nous explique aussi pourquoi la grêle est plus rare entre les tropiques que dans les latitudes moyennes ; cela tient à ce que dans le voisinage do l’équateur le décroissement de la température avec la hauteur n’est pas aussi rapide.

La lutte des vents opposés explique aussi certaines particularités des orages accompagnés do grêle. Tout ce qui tend à mettre l’air en mouvement favorise la formation de la grêle. Voilà pourquoi elle est plus commune dans les montagnes où la rapidité des courants atmosphériques s’accroît dans les vallées. Si la marche des orages était connue par des observations embrassant une série de plusieurs années, on pourrait, en les rapprochant des dispositions locales, découvrir pourquoi certains pays sont souvent ravagés par la grêle, tandis que d’autres sont presque toujours épargnés. Des vallées étroites entourées de hautes montagnes, telles que le Vallais et la vallée d’Aoste , sont rarement visitées par la grêle : ces vallées sont tellement chaudes que les grêlons fondent avant de toncher le sol. En outre, les hautes montagnes qui les dominent empêchent la lutte des vents opposés, ou la limitent aux hautes régions de l’atmosphère, ce qui s’oppose à ce que les grêlons acquièrent un volume considérable. Mais au débouché des vallées, dans la plaine, les orages acc.ompagnés de grêle sont d’autant plus violents (principalement sur le versant méridional des Alpes) que les vents du sud sont arrêtés par les montagnes, tandis que les vents du nord, quand ils les ont traversées, se précipitent impétueusement dans la plaine.

392 ÉLBCTRICITÉ.

Reste à expliquer pourc|uoi la plupart des chutes de grôle s’étendent sur un espace très-long et fort peu large, comme l’orage du 13 juillet 1788, qui marcha de la France occidentale Jusqu'en Hollande. Les observations manquent pour résoudre ce problème. Cependant, en consultant les Ephémérides de Mannheim, on arrive presque à conclure qu’il y avait une lutte entre les vents du nord et ceux du sud. Déjà à partir du 11 juillet le baromètre baissait et * d’autant plus (|u’on se rapprochait plus île la F'rance. En Bavière, l'abaissement du 11 au 12 ne fut en moyenne que de à Bruxelles, Middlebourg, La Rochelle; de 1“"“,3. Du 12 au 13 le baromètre descendit en Bavière de 3"“”, 4, mais à Rochelle il avait déjà haussé de 2“™,0 ; tandis qu'il baissait à Bruxelles et à Middelburg de 2™'“, 2. Du 13 au 14 le baromètre monta partout en Bavière de 2““’ et plus; en Hollande, de 3"’“, 3. Il est donc probable que le vent du sud a été refoulé par le vent du nord, et sur toute la ligne où la lutte s’engagea il y eut des rafales brusques mais violentes qui précipitèrent des grêlons et déracinèrent de gros arbres. Rarement cet ensemble de phénomènes se montre sur une grande étendue, le plus souvent il est circonscrit dans un espace limité; mais toujours la grêle se forme au point do rencontre de deux vents opposés. De môme que pendant une année la j)luie tombe principalement des nuages amoncelés par le vent du nord, et dans une autre de ceux qui sont amenés par le vent du midi, de môme les conditions de la formation de la grôle no se retrouvent pas tous les ans : de là la fréquence de la grêle pendant certaines années et sa rareté dans quelques autres.

SES TROMBES. — Les tourbillons de vent qui se manifestent à l’approche des orages-ont souvent une grande force; on les désigne sous le nom de trombes { Wasserhosen, Sandhosen, Sandwirbel, ail.). Ces tourbillons ont la plus grande analogie avec ceux que l’on observe lorsque deux courants d’eau coulent l’un à côté de l’autre avec une vitesse différente. Par un vent faible on observe souvent de petites trombes près d’une maison ou d’un autre objet isolé. L'air étant tranquille dans un point et agité non loin de là, les particules qui se trouvent sur la limite sont soumises à plusieurs forces. Imaginons une ligne horizontale perpendiculaire au plan de séparation ; parmi les particules situées sur cette ligne il en est qui sont tout à fait immobiles, tandis que d’autres sont entraînées par le vent avec une certaine rapidité. Toutefois il y a quelques transitions entre la dernière molécule immobile et celle qui est animée de la môme vitesse que le vent : de là des tourbillons qui sont en partie entraînés |)ar le vent dominant. On reconnaît les tourbillons parce qu’ils

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