BROUILLARD SEC
se montra, on imagina jtlusieurs liypothèses pour expliquer son origine : LaUnde l’attribuait à la quantité d’électricité développée par un été trè»'Ciiaud qui succédait à un hiver humide; Cotte le regardait comme formé par des émanations métalliiiues unies à l’électricité par suite de la grande chaleur et des nombreux tremblements de terre; d’autres physiciens ont rattaché ce brouillard à l’électricité, sans que je puisse comprendre comment celle-ci pourrait ainsi troubler l’atmosphère. Cependant Veltmann avait montré que ces phénomènes sont concomitants avec les grandes combustions de tourbe qui ont lieu en Westphalie.
Dans cette même année il y eut un violent tremblement de terre en Calabre, et une éruption volcanique en Islande; aussi plusieurs physiciens leur attribuèrent-ils 4’existence de ce brouillard. Il est vrai que rarement les phénomènes volcaniques se montrèrent avec autant de violence; et l’on peut ajouter en faveur de cette opinion que, dans les années où un brouillard sec très-intense remplissait l’atmosphère, les volcans furent en activité : exemple, les années 526, 1721, 1822 et 1834. Cependant le brouillard a plusieurs fois précédé- les éruptions. Sommes-nous autorisés par là à regarder les éruptions volcaniques comme une cause immédiate des brouillards secs? Quoique Ja colonne qui s’élève au-dessus d’un volcan ait la plus grande analogie avec une colonne de-fumée, cependant des recherches plus exactes ont montré qu’elle se comixwe en grande partie- de vapeur d’eau et do cendres volcaniques, aux- . quelles se mêlent, en plus ou moins grande quantité, dès gaz transparents: personne n’a oliservé de vériiable fumée. Mais quand la lave coule sur les flancs de la montagne, elle carbonise tout ce qu’elle rencontre, et un immense nuage de fumée s’élève dans l’air. Si nous songeons à l’immense quantité do végétaux qui furent consumés en Islande, ainsi que dix-sept villages, nous comprendrons que la lave, coulant sur un sol couvert de végétaux, ait pu produire cette fumée,, que les vents du nord répandirent ensuite sur une grande partie de l’Europe. Ajoutez à cela que les combustions de tourbe et les incendies de forêts furent aussi fréquents cette année que pendant toutes celles qui se distinguent par une sécheresse excessive : c’est à cette dernière cause qu’il faut rapporter l’odeur que l’on sentit spécialement en Hollande.
Les habitants de l’Europe occidentale et septentrionale, attribuent au brouillard sec une grande influence sur l’état de l’atmosphère : ils rattachent à son existence la prédominance des vents du nord qui régnent alors, et disent qu’il chasse la pluie, les orages et qu’il e.-st une cause du froid. Il est vrai que les choses se passent ainsi à
l'époque de la combusUon dos tourbières, mais je doute qu’il faille les allribiier à cette cause ; cette opinion, si généralement répan^ duo dans ces contrées , tient à ce qu’on considère un phénomène général sous un {>oint de vue d’étroite localité. C’est ainsi qu’on croit, sur les côtes de la Poméranie, que le froid qui arrive subitement avec les vents du nord tient au voisinage do la mer; et on l’accuse de bien des méfaits dont elle est innocente, puisqu’on éprouve la même chose dans le centre de l’Allemagne. Ces vents soufllent dans toute l’Allemagne, accompagnés de nuits froides, de sécheresse de l'air, et les jeunes plantes en souffrent beaucoup. Quant à la dispersion des orages par le brouillard sec ou à leur transformation en brouillard, je serais tenté de croire qu’on a pris des masses épaisses de brouillard sec accumulées à l’horizon pour des nuages orageux dont le spectateur reconnaissait la véritable nature quand elles s’approchaient de lui.
éTOXX.ES FU.AKTBS ET PIERRES MÉTéORlQUES [Slernschnuijpen und Meteorsteine^. — Les étoiles filantes s’observent pendant les nuits sereines. Dans une région du ciel un point lumineux se montre sous la forme d’une étoile plus ou moins brillante, se meut à travers l’espace, et s’éteint ensuite subitement; mais son éclat diminue au moment où elle va disparaître. Quelquefois l’étoile laisse sur son passage une traînée lumineuse, eependant eda n’est pas constant; quelquefois aussi l’étoile lance des étincelles. Les anciens regardaient ces météores comme de véritables étoiles qui tombaient : quand ils sont considérables, on les nomme méléores ignés, bolides, globes enflammés (Feuerkugetn , Feuermeteore). On voit d’abord un point lumineux semblable à une étoile filante ou un petit nuage clair qui ne tarde pas à s’enflammer, ou bien une ou plusieurs stries parallèles qui forment bientôt un gros globe flamboyant. Ce globe se meut avec une vitesse égale à celle des astres, quelquefois par bonds, qui prouvent une impulsion originelle ou sont un effet de l’attraction terrestre; il grossit et devient un globe enflammé lançant des flammes, de la fumée et des éliurelles. Ce globe dumineux traîne ordinairement après luj une queue lumineuse qui s’allonge en pointe et se termine par un nuage de fumée. Celte queue parait être formée par la substance étirée de la boule elfe-mômo , ou bien elle est accompagnée de petits satellites qui deviennent eux-mêmes de petits globes lumineux ; enfin cette boule éclate avec beaucoup de fracas. Ces éclats se brisent souvent encore une fois, et alors les parties constituantes qui n’ont [«JS été volatilisées tombent sous forme de masses do fer ou de pierre. Ces pierres météoriques ou aérolilhes sont d’une compo-